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samedi 15 mars 2014

Le Makhzen dans tous ses états à la veille de la réunion du Conseil de sécurité… vers la fin de l’occupation du Sahara occidental ?


Par Amis de la RASD mars 2014

Est-il utile de revenir sur la crise diplomatique entre la France et le Maroc ? Seulement pour la relier au rendez-vous d'avril à New York, où le Conseil de sécurité va à nouveau se réunir pour renouveler le mandat de la MINURSO, Mission de paix des Nations unies au Sahara occidental.
La nouvelle « tournée » de l'Ambassadeur Christopher Ross dans la région, Algérie, Maroc, Mauritanie, campements sahraouis n'a pas rencontré autant d'intérêt médiatique, tant au Maroc qu'en France. Cependant cette nouvelle démarche de l'envoyé personnel du Secrétaire général était destinée à préparer le rapport qui sera adressé en avril au Conseil, lourd de l'avenir d'une région et d'un peuple. L'Ambassadeur a été chaleureusement reçu partout sauf à Rabat, où seul le Secrétaire général du Ministère des Affaires Etrangères a été désigné pour le recevoir ! Son rapport à venir serait-il contraire aux intérêts marocains ?
La réaction marocaine à l'égard de la France, qualifiée «d'hystérique» par certains observateurs, n'est –elle pas liée à l'inquiétude du Maroc à la veille de la réunion du Conseil de sécurité ? Brahim Ghali, ambassadeur de la RASD à Alger, estime quant à lui dans une récente dépêche SPS que : «Rabat avec cette affaire fait chanter Paris car la position française fait peur au Maroc et il craint que la France laissera passer le prochain projet en avril».
Carlos Ruiz Miguel rappelle de son côté dans son blog que François Hollande n'était pas le candidat des Marocains, que l'Elysée a donné de strictes consignes pour refuser tous les « pots de vin » venant du Makhzen et que les récentes déclarations de JM Ayrault à Alger avaient déjà fortement mécontenté le pouvoir marocain.
La grande prudence de notre diplomatie à l'égard du pouvoir marocain, qui l'a conduit au non respect de l'indépendance de la justice en dépit de ses déclarations d'intention, n'est-elle liée qu'à ce contexte particulier ? Notre diplomatie va-t-elle enfin pratiquer la cohérence, favoriser un processus politique au Sahara occidental en donnant aux Sahraouis des territoires occupés la possibilité de s'exprimer en toute sécurité ? Le Royaume Uni par la voix de son Ambassadeur à Alger, Martyn Roper, vient, de son côté de rappeler son attachement à l'autodétermination, de même le Ministre espagnol des Affaires étrangères.
L'Afrique aussi rentre davantage dans le jeu. Mohamed VI vient de faire une série de visites en Afrique sub-saharienne pour resserrer les liens politiques, faire des affaires et recueillir quelques déclarations en faveur de la marocanité du Sahara. Mais les Etats africains respectueux du droit et des Chartes ne sont pas inactifs. Ainsi le Nigéria qui présidera en avril le Conseil de sécurité, vient de déléguer dans les campements une Ministre d'Etat chargée de remettre l'aide humanitaire que la Première Dame nigérianne, Madame Patience Jonathan, a souhaité offrir aux femmes sahraouies.
Les associations des droits de l'homme sahraouies dans les territoires occupés préparent elles aussi ce rendez-vous d'avril, avec des rassemblements réguliers et des adresses à la Communauté internationale. Avec elles souhaitons, pour avril, pour le peuple sahraoui, un premier pas vers l'autodétermination et l'indépendance en commençant par la libération de tous les prisonniers politiques !

Association des Amis de la RASD 356 rue de Vaugirard 75015 Paris
www.sahara-info.org / www.ecrirepourlesliberer.com


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samedi 6 juillet 2013

La Mauritanie face au Sahara occidental



Bâillonnée par sa neutralité dans la question du Sahara occidentale, la Mauritanie a quand même été invitée à la dernière réunion tenue sur le territoire américain entre Marocains et Sahraouis.
Elle a fait office d’observateur au même titre que l’Algérie.
La Mauritanie officielle continue de s’enfermer dans un mutisme total, dicté par ses engagements politiques et les excellentes relations qu’elle entretient avec l’ensemble des acteurs concernés, Maroc, RASD et Algérie. C’est compte tenu de sa position géographique et du rôle historique qu’elle a joué dans la région qu’elle a certainement été invitée à la table des négociations tenues il y a quelques jours aux Nations Unies. 
D’aucuns ont compris qu’un règlement définitif de la question ne peut être trouvée en excluant la Mauritanie. Notre pays n’en demeure pas pour autant neutre. Il a même, à un moment de son histoire, essayé de s’exclure du problème.
D’abord partie prenante, la Mauritanie s’était désengagée en 1978, quand l’Armée renversa Moktar Ould Daddah et restitua l’ensemble de ses possessions sahraouies, des territoires que le Maroc avait automatiquement récupérés. Un peu plus tard, elle devait revenir sur ses positions politiques et militaires. L’amorce se produit entre 1980 et 1984, avec le soutien engagé de l’ancien Président Mohamed Khouna Ould Haidalla aux côtés du Front Polisario, ce qui déboucha à l’époque sur une crise ouverte avec le Maroc de Hassan II et la Mauritanie.
Depuis lors, la Mauritanie s’est réinstallée dans son fauteuil d’observateur neutre, attentif et non désintéressé par rapport aux évènements qui se déroulent dans ses frontières nord. Mais si une telle attitude peut se comprendre pour un Etat qui cherche à ménager ses alliances politiques et à sauvegarder ses intérêts géostratégiques, il en est autrement de la société civile, de la classe politique et intellectuelle qui doivent contribuer, par la réflexion et l’implication directe, à la recherche d’une solution satisfaisante pour toutes les parties. Cela ne se passe pas !
Par delà l’aspect politique qui le confine dans une neutralité de jure, la position géographique de la Mauritanie par rapport aux parties en conflit ainsi que l’interpénétrabilité socioculturelle et civilisationnelle qui le lie aux populations du Sahara, en font un acteur impliqué quelle que soit sa volonté. Ne serait-ce que pour la question de Laguerra dont le règlement est partiellement mis en sourdine, pour des considérations d’ordre politique voire économique , la Mauritanie ne peut être indifférente à toutes les solutions qui seront apportées dans ce dossier.
Placée sur la ligne de front, face au sud marocain, au sud algérien et aux combattants de la RASD, la Mauritanie ne serait pas à l’abri, en cas de conflit, aux vagues de réfugiés, aux droits de poursuite sur son territoire et à la réactivation du dossier de Laguerra, petite localité située à quelques encablures de la cité économique Nouadhibou.
C’est dans ce cadre que l’on peut avancer que le règlement global du conflit sahraoui ne peut se décréter par ordonnance. Il passe nécessairement par le consensus et l’avis du peuple sahraoui à travers un référendum d’autodétermination, tel que prôné par l’Organisation des Nations Unies et la défunte OUA. C’est d’ailleurs ce que prônent pour l’heure les parties directement concernées.
Débarrassés du joug colonial espagnol, les habitants sahraouis doivent pouvoir se prononcer, après trente ans de combat politique et de lutte armée, en toute impartialité sur leur destin : une large autonomie au sein du Royaume marocain ou l’indépendance totale dans le cadre d’un Etat souverain. Sinon, on continuera à cautionner une colonisation de fait, aux corps défendant d’une population nourrie par le cordon ombilical d’une mère nourricière certes, mais pas naturel. C’est à ce problème que les experts se sont penchés la semaine dernière. Pour l’heure, la réponse à la question ne semble pas être à portée de main.
MOMS.
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