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samedi 23 janvier 2016

Des ONG sahraouies dénoncent l’expulsion par le Maroc de 67 observateurs étrangers des territoires occupés

Algérie Presse Service , 21/1/2016

EL AAYOUN (territoires sahraoui occupés) - Le Collectif des défenseurs des droits humains sahraouis (CODESA) et l’Union de la jeunesse de Saguia alHamra et du rio de Oro (UJSARIO) ont dénoncé l’expulsion de 67 observateurs étrangers de différentes nationalités par les autorités marocaine des territoires occupés du Sahara Occidental, a rapporté jeudi l'agence de presse sahraouie (SPS).

Le CODESA a exprimé "son indignation" devant cette expulsion et l'empêchement des observateurs étrangers de visiter et d'entrer dans les villes du Sahara Occidental occupé, considérant cette politique "répressive menée par le Maroc, d’intimidation contre les délégations étrangères pour leur soutien au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance", a-t-on ajouté de la même source.
Il a adressé un appel pressant en direction de la communauté internationale afin d'agir en urgence pour le respect des droits de l'homme dans les villes occupées du Sahara Occidental, et la mise en place d'un mécanisme de l'ONU pour surveiller et rapporter la situation des droits de l'homme dans ce territoire en processus de décolonisation inachevé.
Le CODESA a également fait appel à œuvrer pour l'ouverture des territoires occupés devant les observateurs internationaux et les organisations et organismes des droits humains et les médias internationaux, la levée de l’état de siège imposé sur les territoires sahraouis occupés et le démantèlement du mur de la honte qui divise le peuple sahraoui et menace la vie des Sahraouis et leur cheptel, en raison des mines et engins de guerre parsemés tout le long de cet obstacle érigé en sable.
Pour sa part, L’UJSARIO a dénoncé, dans un communiqué, l'expulsion des observateurs, qualifiée d'"action inhumaine et en particulier les violations persistantes des droits de l'Homme dans les territoires occupés".
Elle a également lancé un appel pressant à toutes les organisations de défense des droits de l’Homme, organismes et organisations de jeunesse, afin de briser le mur du silence imposé au peuple sahraoui dans les villes occupées, appelant à contribuer à trouver une solution qui permette au peuple sahraoui, l’exercice de son droit à l'autodétermination, à la liberté et à l'indépendance.
Les autorités marocaines ont expulsé entre dimanche et mardi derniers plus de 67 observateurs étrangers de différentes nationalités des territoires occupés du Sahara Occidental et du sud du Maroc.
L'expulsion de visiteurs étrangers s'est déroulée dans 20 incidents différents. Ils étaient de la Norvège, Suède, Pays-Bas, Lituanie, Etats-Unis, Canada et de la Pologne, selon le Comité norvégien de soutien au Sahara Occidental, rappelle-t-on.
Aucune justification n'a été donnée par les autorités marocaines aux délégations visées par cette mesure, qui va à l'encontre des principes des droits de l'homme et des libertés.
Ce n'est pas la première fois que le Maroc procède à ce genre d'intimidation contre les délégations étrangères en raison de leur soutien au droit du peuple sahraoui à l'autodétermination et à l'indépendance.
Publié dans: MONDE

lundi 15 septembre 2014

Le Maroc, violeur de ddH au Sahara Occidental, veut mettre la pression sur Christopher Ross avant d’autoriser sa visite



Christopher Ross avec le roi Mohammed VI / Ph. MAP
Contrairement ce qui a été avancé par des médias algériens et polisariens, la tournée attendue de Christopher Ross dans la région, prévue en ce mois de septembre, pourrait accuser du retard. Le Maroc exige, au préalable, de l’envoyé personnel de Ban Ki-moon des réponses écrites au questionnaire que le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères lui avait remis le 18 juin à New York. Une revendication réitérée, aujourd’hui, par Mezouar.

La question du Sahara occidental est toujours dans l’impasse. Difficile dans ce contexte de tenir la réunion du Conseil de sécurité, prévue en octobre, censée être dédiée à l’évaluation de la situation sur la base d’une nouvelle tournée de Christopher Ross. A un mois de cette échéance, la visite de l’envoyé personnel de Ban Ki-moon serait compromise. Les conditions exigées par le Maroc permettant sa réalisation n’ont pas encore été satisfaites.
Dans des déclarations à l’édition d’aujourd’hui du quotidien Al Ahdath Al Maghribia, le chef de la diplomatie affirme attendre toujours du médiateur américain des « éclaircissements sur les limites de sa mission ». Mezouar a rappelé que Rabat a exprimé à Ross qu’elle veut de lui des « réponses écrites » à des questions se rapportant essentiellement à ses tournées dans la région. Jusqu’à présent, l’Américain ne s’est pas encore plié à la demande marocaine.

Le Maroc veut des réponses écrites de Ross
Pour mémoire, c’est à l’issue d’une rencontre, tenue le 18 juin à New York, entre Ross et le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Nasser Bourita, que le Maroc a remis officiellement, au diplomate onusien ce fameux questionnaire. Il portait sur les différents aspects du processus de négociations, en cours depuis janvier 2009, date de la nomination de Ross à la place du Néerlandais Peter Van Walsum qui avait démissionné de son poste à cause de la pressions du Polisario et de l'Algérie.
Trois mois plus tard, les fameuses réponses de Ross ne sont pas encore parvenues au siège du ministère des Affaires étrangères, même si, comme le révélait Omar Hilal, l’ambassadeur du royaume à l’ONU, en août dernier, le médiateur s’est engagé de les remettre dans la semaine qui suit ses entretiens avec le n°3 de la diplomatie marocaine.
Ce refus de recevoir Christopher Ross n’est que la conséquence du rejet marocain de ses positions favorables à un élargissement du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’Homme au Sahara occidental. Des positions que le secrétaire général de l’ONU a fait siennes dans son dernier rapport rendu public, mi-avril, et présenté au Conseil de sécurité.

Copyright Yabiladi.com
http://yabiladi.com/articles/details/29411/sahara-maroc-pression-christopher-ross.html
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Sahara Occidental : le Maroc refuse de coopérer 

avec l’ONU


Comme indiqué dans un article d'Algeriepatriotique, la tendance du Maroc à vouloir saboter la mission du représentant spécial du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara Occidental, Christopher Ross, se confirme. «L'acceptation du bout des lèvres de la visite de Christopher Ross sera précédée et suivie de plein d'embûches», avions-nous écrit. 

Pour comprendre cette attitude du Makhzen, il faut rappeler que l'envoyé personnel du SG de l'ONU travaille dans le cadre de la légalité internationale et sur la base du principe du droit du peuple sahraoui à l'autodétermination. Or, comme ont pu le constater tous les observateurs qui suivent la question de la décolonisation du Sahara Occidental, le Maroc utilise n’importe quel subterfuge pour faire fi de la légalité internationale, croyant que cette attitude va lui permettre de maintenir sa domination sur ce territoire tant que le processus référendaire n’est pas mis en œuvre. 

Il croit également se soustraire ainsi de la contrainte internationale qui finira par lui imposer, d’une façon ou d’une autre, de se retirer du Sahara Occidental. Comme l’a souligné Pierre Galand dans l’interview qu’il a accordée récemment à Algeriepatriotique, «le référendum est défini par les Nations unies depuis 1990. Il devait être organisé en 1992 et c’est la politique marocaine qui a retardé sa mise en œuvre». 

Pierre Galand a fait état dans cette interview de l’éventualité, pour le Conseil de sécurité, d’une «prise d’une décision conforme aux règles des Nations unies concernant les droits des peuples non autonomes à obtenir leur indépendance ». 

Le Maroc, qui a inventé sa proposition d’autonomie pour gagner du temps, sait parfaitement que si Christopher Ross remplit sa mission et fait son rapport au secrétaire général des Nations unies, ce sont les droits fondamentaux du peuple sahraoui à l’autodétermination qui triompheront. Dans ce but, usant sans limites de mauvaise foi et de duplicité, le Maroc veut à tout prix saboter la tournée que Christopher Ross doit effectuer, à la mi-octobre, dans la région. 

Cette fois, le ministre marocain des Affaires étrangères, Abdellatif Mézouar, a évoqué le préalable d’«éclaircissements sur les limites de sa mission» exigées de Christopher Ross auxquelles ce dernier n’aurait pas encore répondu. Mezouar veut des «réponses écrites». 

Ainsi, l’envoyé spécial de l’ONU, pour continuer sa mission, est sommé de répondre à un questionnaire que lui impose le Maroc. Des observateurs font remarquer que si le Maroc ne désire pas revoir Christopher Ross dans la région, c’est surtout à cause de ses positions favorables à un élargissement du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’Homme au Sahara Occidental qui ont été évoquées par le secrétaire général de l’ONU dans son dernier rapport rendu public mi-avril et présenté au Conseil de sécurité. En fait, le Makhzen est convaincu, et c’est ce qu’il redoute, que la mission de Ross, si elle est menée à son terme, ne peut aboutir qu’à faire progresser la solution du conflit vers le référendum d’autodétermination et donc la fin de l’occupation


samedi 5 avril 2014

Les droits de l’homme au Sahara occidental vus par Malaïnine Lakhal


“Personne ne peut ignorer l’ampleur des violations marocaines”

Par : Hafida Ameyar, 3/4/2014
 
Le secrétaire d'État américain, John Kerry, effectue, aujourd’hui, une visite de deux jours, en Algérie, avant de se rendre au Maroc. Cette tournée précède la prochaine réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, qui doit décider de la prolongation du mandat de la mission onusienne en charge de l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso). Ayant travaillé sur la question des droits de l’Homme dans l’ex-colonie espagnole, y compris dans la période 2010-2013, en qualité de représentant de la Fédération internationale de la jeunesse démocratique (WFDY), à Genève, le journaliste sahraoui Malaïnine Lakhal, également membre de l'Observatoire des ressources naturelles au Sahara occidental (SNRW), s’exprime sur la situation au Sahara occidental, en particulier sur celle des droits de l’Homme.

Liberté : La Minurso est l’une des rares missions de l’ONU, sinon l’unique, à ne pas être mandatée pour observer et protéger les droits de l’Homme. Pourquoi ?
 
Malaïnine Lakhal :
Cette défaillance dans le mandat de la Minurso jette la lumière sur un grand problème dans le système international. Celui-ci intervient sans réserve dans des conflits, comme il l’a fait au Koweït face à l’Irak, ou dernièrement en Libye, en Syrie, au Mali, en Côte d’Ivoire, en Afrique centrale, au Darfour, etc.

Mais, il tergiverse dans la résolution politique d’un conflit clairement identifié comme la question de décolonisation du Sahara occidental, et hésite aussi à protéger sa population contre des violations flagrantes des droits politiques, civils, économiques, sociaux et culturels.
Cela est d’autant plus grave lorsque l’on sait que presque toutes les organisations internationales des droits de l’Homme, dont HRW, Amnesty et Front Line, informent et préviennent depuis plus de 20 ans sur ces atteintes.
Autre chose : comme tout le mode sait maintenant que c’est la France, membre permanent du Conseil onusien de sécurité, qui fait obstacle à toute tentative d’introduire le volet protection des droits de l’Homme dans le mandat de la Minurso. Cela est dû au refus marocain et à l’ampleur des violations marocaines dans les territoires occupés sahraouis. Le dernier bras de fer sur la question a eu lieu en avril 2013, quand les USA ont proposé un texte de résolution soutenant l’intégration de cet aspect. À la fin, l’administration Obama a changé le texte, pour ne pas avoir à faire face au veto français.

Avez-vous une explication concernant la difficulté qu’a l’ONU à exposer franchement l'ampleur des violations perpétrées par le Maroc sur la population sahraouie civile ?
Le problème reste un problème politique et d’agenda. C’est aussi un problème d’intérêt et de calculs pour la France, surtout en Afrique du Nord. Aujourd’hui, personne ne peut prétendre ignorer l’ampleur et même les plus petits détails des violations marocaines au Sahara occidental. À titre d’exemple, en janvier et février de cette année, il y a eu plus de 3 rapports sur la situation au Sahara occidental émanant du State département des US, d’Human Rights Watch et du Conseil africain de paix et sécurité ; cela, sans oublier les 3 ou 4 délégations internationales qui ont visité les territoires occupés et qui ont pu assister aux exactions marocaines et à l’oppression contre les Sahraouis. En France, la présidente de la fondation Robert-Kennedy, Mme Kerry Kennedy, avec l’activiste sahraouie, Aminatou Haïdar, et l’acteur international, Javier Bardem, ont fait la Une de plusieurs journaux français et ont parlé de la situation des droits humains… Je peux citer des centaines d’autres actions dans d’autres pays. Alors, dire que les gouvernements du monde ne sont pas au courant de la situation est un grand mensonge !
Au sein de l’ONU, le Conseil des droits de l’Homme, à travers plusieurs de ses rapporteurs spéciaux, est informé sur les violations des droits de l’Homme au Sahara occidental. Celles-ci sont visibles pour tout le monde. Le Conseil aurait même conseillé le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, de pousser vers l’élargissement du mandat de la Minurso pour qu’il inclue la protection des droits de l’Homme. Mais la France bloque et va continuer à le faire.
En gros, je crois que le vrai problème au Sahara occidental réside dans le refus français de laisser tomber son protégé, le royaume du Maroc. Mais aussi dans le besoin de continuer à exploiter les ressources naturelles sahraouies, sans devoir payer les vrais prix aux vrais propriétaires. C’est aussi simple que ça.
J’ajouterai que le Maroc n’a aucun statut légal au Sahara occidental. Il n’a pas de souveraineté sur le territoire ; cela n’a pas besoin d’être discuté, puisque le Sahara occidental est considéré par l’ONU comme territoire non autonome sur la liste de la décolonisation. De plus, le Maroc n’est même pas “une puissance administrante” du territoire et n’apparaît pas dans la liste de la 4e Commission comme tel. Le Maroc est une puissance d’occupation illégale, qui impose un fait colonial.