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samedi 15 novembre 2014

Maroc Wikileaks : Réunion avec Ross du 18 juin 2014 (selon le Maroc)


  Par  Diaspora sahraui

Maroc Wikileaks : Réunion avec Ross du 18 juin 2014

New York, 18 Juin 2014 
Une délégation marocaine, présidée par M. Nasser Bourita, Ambassadeur, Secrétaire Général du ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération, et composée de Monsieur Omar Hilale, Ambassadeur, Représentant Permanent du Maroc auprès des Nations Unies à New York, de M. Hamid Chabar, Wali, Directeur de la Coopération Internationale au Ministère de l’Intérieur et de M. Lotfi Bouchaara, Chef de Cabinet de Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, a tenu, aujourd’hui, au siége de la Mission Permanente du Maroc, une réunion avec l’Envoyé Personnel du Secrétaire Général pour le Sahara Marocain, M. Christopher Ross. 

 Le déplacement de cette délégation avait pour objectif de neutraliser le projet de M. Ross, annoncé dans sa lettre au Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, d’effectuer, au cours du mois de Juin, une tournée régionale, y compris au Maroc. La délégation marocaine a rejeté d’emblée les dérapages du dernier rapport du Secrétaire Général et des déclarations de l’Envoyé Personnel devant le Conseil de Sécurité, dénoncé le parti pris du Secrétariat de l’ONU et exigé que : 
 - Il faut en finir avec « l’approche schizophrénique » de M. Ross, consistant en privé, à tenir des propos apaisants et positifs à l’endroit du Maroc et exactement l’inverse dans le rapport du Secrétaire Général et dans ses entretiens avec les autres interlocuteurs. 
- L’Envoyé Personnel doit faire preuve de cohérence et de clarté, faute de quoi, le processus qu’il conduit est condamné à l’échec. 
- Le Maroc ne tolérera plus ni dérapages, ni double langage. L’ère de l’ambivalence est révolue. - Des clarifications et des explications sur la direction politique du processus de négociations devraient nécessairement être apportées.

 1- Dérapages du rapport du Secrétaire Général et du briefing de M. Ross au Conseil de Sécurité : les points suivants ont été soulevés par la partie marocaine : - Le Maroc exprime sa déception profonde, sa colère réelle et son incompréhension totale à l’égard du contenu biaisé et tendancieux du rapport. - Ce rapport est scandaleux et contient des dérives dangereuses. Il est caractérisé par le manque de transparence dans sa rédaction et l’absence de neutralité dans son contenu. 
 - Le Maroc rejette catégoriquement le ton et les conclusions du rapport. 
- La délégation a réitéré l’opposition du Maroc à l’égard des références aux : « statut de territoire non autonome », Chapitre VII, date buttoir d’Avril 2015, surveillance des droits de l’Homme, ressources naturelles, parité entre le Maroc et le « polisario », dédouanement de l’Algérie et du « polisario », parti pris et doubles standards du Secrétariat et tentative de M. Ross de s’ériger en médiateur, en vue de formuler sa propre proposition. 
2- Réponses de M. Ross: - Il n’est responsable que de la partie du rapport relative au processus politique. Il a reconnu, toutefois, qu’il a été consulté sur d’autres chapitres du rapport. 
 - Le rapport n’a rien changé du cadre de son mandat qui relève exclusivement du Conseil de Sécurité. 
 - Il demeure dans l’état d’esprit que l’autonomie et la solution idoine, mais en tant que facilitateur, il ne peut pas se prononcer publiquement sur la nature de la solution définitive. 
- Le manque de progrès a créé chez lui frustration et déception. La référence à la date d’Avril 2015 était, dans son esprit, une manière de faire pression sur les parties. 
 - Il a reconnu avoir fait une grosse erreur en se référant au Chapitre VII. 
 - Le secrétariat s’est référé au territoire non-autonome pour rappeler « le statut du Sahara ». Il a qualifié cette référence de normale, tout en rejetant sa paternité. Toutefois, il a avoué ne pas avoir saisi, à ce moment, toute la portée et les dangers de cette référence. 
 - Il a reconnu avoir enlevé du rapport, toute mention de l’Algérie, afin de ne pas l’indexer en public, en vue de l’amener à s’investir dans le processus. 

3- Demande de clarifications : la délégation marocaine a démontré par des exemples concrets et dénoncé l’ambivalence du discours de l’Envoyé Personnel et les contradictions de ses propos par rapport à des aspects fondamentaux du dossier. Afin de travailler sur des bases saines, claires et transparentes, il a été demandé à M. Ross de clarifier par écrit, sa position sur un ensemble de questions, portant notamment, sur les paramètres de son mandat, la conduite du processus politique, le nécessaire respect des lignes rouges du Maroc et les modalités d’élaboration du rapport annuel du Secrétaire Général. L’Ambassadeur Omar Hilale lui remettra le questionnaire, en annexe, auquel il a accepté de répondre, également, par écrit. 

 4- Partialité de l’ONU : la délégation marocaine a relevé les dérapages du Secrétariat et son attitude cavalière envers le Maroc, dont le dernier est la nomination par le Secrétaire Général, de Mme Kim Bolduc, comme son Représentant spécial pour le Sahara, sans aucune consultation préalable avec le Maroc. La délégation a précisé que tant que le processus de consultations n’est pas mené en bonne et due forme*, Mme Bolduc ne pourra pas se rendre au Maroc, ni compter sur la coopération des autorités marocaines. Elle a fait remarquer que cette attitude contraire à la pratique établie, serait fatale pour la présence de la MINURSO et la poursuite du processus politique. 

 A la fin de la réunion, la délégation a rappelé les fondements de la position marocaine notamment, que la souveraineté du Maroc sur son Sahara n’est pas négociable, que l’autonomie est la seule solution envisageable à ce différend régional, que toute ingérence de l’Union Africaine est inacceptable, que le Maroc réagira fermement à tout nouveau dérapage et mettra en exécution ses décisions et qu’il ne se soumettra aux dictats de personne. 
5- Commentaires : 
 - Les interventions des membres de la délégation marocaine étaient fermes et sans concession. 
 - Tout au long de la réunion, l’Envoyé Personnel a été perturbé et sur la défensive. Il a vainement manoeuvré, la veille, afin d’éviter la réunion, ainsi que sa tenue à la Mission Permanente du Maroc et a tenté de détourner son ordre du jour. 
- Il a marqué des signes apparents de nervosité en déclarant ne pas pouvoir continuer si sa neutralité est mise en doute. - Il était confus et à court d’arguments face au plaidoyer de la délégation marocaine. Tantôt, il a reconnu ses erreurs, tantôt, il a amputé la responsabilité au Secrétariat. 
- Il n’a ni vision claire, ni objectifs précis pour l’avenir et s’embourbe dans ses propres contradictions. 
- La réunion a atteint les objectifs escomptés : " Le message ferme du Maroc a été bien saisi par l’Envoyé Personnel. " Il a été contraint d’accepter de s’engager à clarifier par écrit, les paramètres de son mandat, loin de toute ambiguïté, ou ambivalence. 
- La balle est dans son camp. Toute reprise du processus est désormais, tributaire des clarifications qu’il est tenu d’apporter.
SOURCE : 
http://www.4shared.com/web/preview/pdf/TF4qhpGKba

*selon la politique du Maroc. Que voilà des bases sereine pour des négociations à la Marocaine ! (ndlr)

mardi 13 septembre 2011

Comment le 11 Septembre a changé le Maroc

par Ali Amar, Slate, 9/9/2011
Rabat a toujours été proche des États-Unis. L’après-11 Septembre en a fait un allié dans la lutte contre la terreur et un modèle dans un monde arabe en effervescence. A quel prix?
Mohammed VI et George W. Bush, le 23 septembre 2033 à New York
REUTERS/Larry Downing


«Soyez certain, Monsieur le Président, que le Maroc fera tout pour soutenir les États-Unis dans leur guerre contre la terreur».

Le 23 avril 2002, dans le bureau ovale, ces quelques mots de Mohammed VI, quelque peu intimidé par la forêt de micros que lui tend la presse, provoquent un large sourire de George W. Bush. Il sait que ce jeune roi arabe qui lui rend visite se pliera aux volontés de l’Amérique vengeresse, encore groggy des attaques de Ben Laden sur le World Trade Center et le Pentagone.

Un allié contre la terreur

A la veille de l’investiture de Barack Obama à la présidence américaine, Thomas Riley, l’ambassadeur des États-Unis à Rabat confirmait que l’engagement pris par le successeur de Hassan II serait toujours honoré:
«Dans le combat contre l’extrémisme et le terrorisme, le Maroc est un modèle dans la région».
Ces échanges d’amabilité résument à eux seuls les relations entre la première puissance du monde et son allié nord-africain durant cette décennie 11 Septembre. Un allié qui, en contrepartie de son alignement, compte sur le soutien de Washington pour assurer la pérennité de son régime et convaincre la communauté internationale du bien-fondé de l’annexion du Sahara occidental au royaume depuis 1975, handicap majeur de sa diplomatie, mais surtout fermement propagandiste de l’unité nationale autour du trône.
Sous-traitance de la torture
21 juillet 2002. Un jet d’affaires Gulfstream V immatriculé N379P venant d’Islamabad au Pakistan atterrit sur la piste de l’aéroport de Rabat-Salé. A son bord, Mohamed Binyam Al Habashi, citoyen britannique d’origine éthiopienne, yeux bandés et pieds entravés, n’a aucune idée d’où il se trouve, ni de ce qu’il va endurer dans les cachots de la prison verte de Témara, siège de la DST marocaine et centre de détention secret. Il y passera dix-huit mois de calvaire avant d’être transféré comme des centaines d’autres à Guantanamo.

Binyam est, pour l’administration Bush, un «combattant illégal d’al-Qaida», qui a eu le malheur de tomber entre les mains de la CIA et du MI5 britannique qui l’expédient au Maroc, un des pays qui a accepté de participer au programme «restitutions extraordinaires» pour les interrogatoires musclés de djihadistes capturés en Afghanistan. Un programme révélé dès 2002 par le Washington Post et qui incluait la sous-traitance de la torture à des pays peu regardants en matière de droits de l’homme. A Témara, durant sa longue captivité, rapporte son avocat Stafford Smith, patron de l’ONG Reprieve, Binyam y a subi les pires supplices.

Des «pratiques médiévales»: scarifications au scalpel sur les parties génitales, privation prolongée de sommeil, températures excessives, administrations forcées de drogues et musique rock à plein volume, écouteurs plaqués sur les oreilles jour et nuit. Binyam a décrit divers centres secrets où il a été détenu au Maroc. Entre juillet 2002 et janvier 2004, il a été torturé à maintes reprises par une équipe d’interrogateurs américains et britanniques ainsi que d’autres agents, pour la plupart marocains. Son cas a été reconnu par un tribunal de Londres, mais jamais au Maroc…
Rabat face au «péril vert»
Selon le rapport de la commission du Parlement européen chargée d’enquêter sur les vols secrets de la CIA en Europe, les avions qui ont transporté des supposés terroristes vers des «sites noirs de torture» ont effectué 40 escales au Maroc entre 2001 et 2005.

Rabat s’était rallié sans conditions à la «guerre contre le terrorisme» menée par George W. Bush et son administration, le régime de Mohammed VI se sentant tout aussi menacé par le «péril vert». Les attentats de Casablanca en 2003 et 2007 et plus récemment celui du café Argana de Marrakech abondent dans ce sens, mais leurs circonstances demeurent toujours opaques.

Avec l'implication de Rabat dans des activités illégales commandées par les stratèges de Washington, la question du fonctionnement de ses services de sécurité revêt une importance particulière. Le cas de Binyam n’est pas le seul répertorié: de nombreux témoignages de «déportés de la torture» au Maroc existent, mais aussi de salafistes locaux. Ces affaires prouvent que le régime marocain ne s'est ménagé aucune peine pour éradiquer la menace islamiste, mais également pour plaire et se plier aux exigences de l’Amérique.

Une vassalisation contrainte
Deux raisons expliquent cette vassalisation. La géostratégie d'abord. Le Maroc est un petit pays dans le concert des nations. Embarrasser les États-Unis peut lui être dommageable. A l’époque, Paul Wolfowitz, un des faucons néoconservateurs, avait été placé à la tête de la Banque mondiale par Bush. Le Maroc ne pouvait alors se mettre à dos l’institution qui l’accompagne dans ses réformes économiques.

Et puis, il y a encore et toujours l'affaire du Sahara occidental. Avec une Algérie qui soutient les irrédentistes du Front Polisario, forte de ses pétrodollars et donc plus solvable que le Maroc —acheteuse massive d'armes de surcroît et tout aussi prête à aider Washington dans sa croisade contre Ben Laden —, la marge de manœuvre était vraiment faible.

Le risque politique pris par Mohammed VI vis-à-vis de son opinion publique n’est pas négligeable. Depuis une certaine révolution iranienne, tout le monde sait ce qu'il en coûte à une monarchie absolue en terre d’Islam de trop se prosterner devant les Américains. La deuxième raison est liée aux tensions que subit l'appareil sécuritaire dans sa relation avec le jeune roi. Il n'est un secret pour personne que la rhétorique des droits de l’homme si chère au roi a toujours rendu nerveuse sa garde prétorienne.

Les piliers militaires de Hassan II, sur lesquels s'appuie toujours Mohammed VI, ne se sentent plus en totale impunité. La volonté ostentatoire du général Hamidou Laânigri, alors patron de l’antiterrorisme marocain, à collaborer étroitement avec les Américains, faisait dire qu'il se cherchait une assurance-vie. En exécutant les basses besognes de l'administration Bush, il était ce que Roosevelt disait de Somoza: «C'est un salopard, mais c'est notre salopard».
La nouvelle Constitution qui sanctuarise l’appareil sécuritaire (forces de police, renseignement et armée) a sans aucun doute apaisé les craintes des caciques du régime. D’ailleurs, depuis les premiers attentats de 2003, vécus dans le royaume comme un «mini 11 Septembre», le Maroc a pris un tournant sécuritaire qui en plus de vouloir endiguer l’islamisme rampant a surtout fortement réduit les maigres espaces de liberté, au point que la monarchie est sur cet aspect et sur celui de l’affairisme accusée de «bénalisation», du nom de l’ex-dirigeant tunisien.
La rue marocaine «anti-impérialiste»
Les candidats au protectorat de la Maison-Blanche oublient cependant que les administrations américaines changent et que les crimes restent. La loi internationale permet l'arrestation de chefs d'État et d'anciens généraux comme de vulgaires petits délinquants. Le risque pour le roi et ses hauts gradés a toujours été quasi nul, mais il existe dans l’absolu lorsque l’on constate les actions de justice engagées contre les dictateurs et les criminels de guerre.

Sur cette question, le régime a toujours su réprimer brutalement sans dépasser les limites de l’acceptable aux yeux d’un Occident indulgent et bienveillant. Mohammed VI n’est certes pas Kadhafi ou Assad…

A la possibilité d'une pression internationale s'ajoute celle de la rue marocaine, qui exècre voir ses sécuritaires jouer les valets de service d'une Amérique honnie. Elle aussi commence à demander des comptes.

Les plus grandes manifestations qu’a connues le pays depuis des années, rassemblant des millions de personnes battant le pavé des artères des grandes villes ont souvent été en réaction à la politique américaine au Proche-Orient, jugée impérialiste, arrogante et systématiquement pro-israélienne. Mais depuis les révolutions arabes, c’est le régime lui-même qui est pris à parti, notamment par le Mouvement du 20 février.

Des aides militaires substantielles
Dans les années 70, quand Hassan II a voulu remettre sur pied une armée décapitée par deux tentatives de coup d'État et se lancer dans l'aventure du Sahara, il a demandé le soutien de son vieil ami Vernon Walters, ex-patron de la CIA, pour convaincre le Congrès américain de lui permettre de moderniser son arsenal militaire. Le lobbying marocain à Washington n'avait besoin que d'un coup de fil à la Maison-Blanche, la logique de la Guerre froide s'occupait du reste.

Depuis, la donne géostratégique a beaucoup changé et Mohammed VI n'a plus les coudées franches avec son chaperon de toujours, même s’il reçoit autant d’aides substantielles. Au crépuscule de son long règne, Hassan II avait fini par assimiler que l'idée d'un Maroc tête de pont du «monde libre» au Maghreb avait, depuis la chute du mur de Berlin, fait son temps. Les rapports d’ONG internationales comme Amnesty et Human Rights Watch comparant le roi du Maroc aux plus infréquentables dictateurs de la planète n’étaient plus inaudibles aux oreilles de l’Occident, et des États-Unis en particulier.

Un «pays modèle», à quel prix?
Mais la nouvelle doctrine américaine, née sur les décombres du 11 Septembre, a donné davantage d'opportunités aux lobbyistes pour promouvoir un Maroc « modèle» dans un monde arabe en effervescence. Jusqu’au «printemps arabe», les régimes autoritaires de la région ont largement profité chacun à sa manière de l’épouvantail islamiste, notamment Ben Ali en Tunisie et Moubarak en Égypte.

En décembre 2004, le Forum pour l’Avenir se tenait à Rabat. Il était l’émanation de la politique du «Grand Moyen-Orient» des conseillers de Bush, qui voulaient instaurer un calendrier de réformes politiques à pas forcés de Rabat à Islamabad. Ce sera un échec cuisant: des poids lourds comme l’Égypte rejetteront l’initiative et ce n’est pas un hasard si Obama a décidé de relancer ce processus à sa manière à partir du Caire.

Le Maroc accepte, pour sa part, tout de son allié, comme par exemple un accord de libre-échange qui menace pourtant des pans entiers de son économie. Les Américains, plus intrusifs que jamais demandent d’intervenir directement dans le champ religieux, orientant la réforme de l’islam officiel et s’impliquant dans la confection des programmes scolaires. Ils obtiennent des fréquences FM pour Radio Sawa, qui en plus de l’antenne de Voice of America est censée contrecarrer l’influence des chaînes satellitaires panarabes comme Al Jazeera. Les installations près de Tanger du système d’écoute mondial Echelon sont renforcées.

Depuis 1972, les bases américaines, celle aéronavale de Kénitra en particulier avaient été fermées. Cependant, l’imposant camp retranché de Ben Guerir, près de Marrakech, a toujours accueilli des GI’s, des pilotes de l’US Air Force et une piste aérienne stratégique pour les navettes spatiales de la Nasa.

Mais après le 11 Septembre, les États-Unis ont eu l’ambition de reprendre pied sur le continent pour abriter leur commandement africain (Africom) installé temporairement en Allemagne. Les risques de voir s’installer dans le ventre mou du Sahel des cellules d’al-Qaida chassées d’Afghanistan et l’allégeance de groupuscules salafistes en Algérie à Ben Laden les ont convaincus. Le Maroc, encore une fois, est tout désigné comme candidat à un retour de l’US Army au Maghreb.

Ce que Washington veut, Dieu veut
Rien ne peut être refusé aux États-Unis contre leur indéfectible soutien au rythme des réformes voulues par le Palais et face à l’Algérie et au Polisario sur la question du Sahara Occidental. La politique marocaine va alors se draper de tout ce qui peut paraître positif aux yeux d'une Amérique à l'idéologie conquérante: réformettes institutionnelles, négociations directes avec les séparatistes sur le sol américain, plan d’autonomie des provinces du Sud, régionalisation, etc.

Malgré des rapports américains confidentiels qui prophétisent une déferlante islamiste ou la révélation par WikiLeaks de câbles diplomatiques peu avenants pour Mohammed VI, Rabat a toujours su se ménager les appuis de son suzerain impérial et profiter des aides économiques et militaires récompensant ses plus fidèles alliés de la région. Et ce n’est pas l’enlisement perceptible des transitions politiques en Tunisie, en Égypte, en Libye ou demain en Syrie qui changeront la donne.