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samedi 25 janvier 2014

Clôture en beauté du cycle du cinéma marocain à Madrid


Clôture en beauté du cycle du cinéma marocain à Madrid
Le cycle du cinéma marocain à Madrid, organisé du 9 au 15 janvier à Madrid, a été clôturé en beauté, mercredi soir, avec la projection du long-métrage "Les Chevaux de Dieu" du réalisateur Nabil Ayouch.
 Tenue à l'initiative de l'Association pour l'action interculturelle universitaire citoyenne (APAIUC) et de la Fondation de la société espagnole générale d'auteurs et éditeurs, cette manifestation a connu un "succès éclatant", ont souligné les organisateurs, précisant que la salle "Berlanga", qui a abrité ce festival, est devenue bien petite pour accueillir les centaines de spectateurs venus suivre les films projetés et les débats avec la participation de professionnels marocains et espagnols.
Le public espagnol a pu constater l'évolution du cinéma marocain et la qualité des films projetés qui traitent de tous les sujets de l'actualité politique, sociale et économique du Royaume, a-t-on souligné de même source.
Outre "Les Chevaux de Dieu", une quinzaine de films marocains ont été projetés dans le cadre de cette manifestation cinématographique tenue sous le thème "Après Tanger : un regard éthique sur le mouvement cinématographique".
Parmi ces films figurent "Les yeux secs" de Narjisse Nejjar, "Nos lieux interdits" de Leila Kilani, "Zéro" de Nour-Edine Lakhmari, "A Casablanca, les anges ne volent pas" de Mohamed Asli et "Courte vie" de Adil Fadili. Ce cycle, marqué également par des débats sur le 7ème art marocain, avait pour principal objectif de faire connaître au public espagnol l'évolution et l'actualité cinématographique au Maroc, ainsi que les grands changements enregistrés depuis plus d'une décennie dans le cinéma marocain. 
  http://www.libe.ma/Cloture-en-beaute-du-cycle-du-cinema-marocain-a-Madrid_a46066.html

dimanche 3 mars 2013

Allez voir Les Chevaux de Dieu de Nabil Ayouch

 
Pour celles (et ceux) qui le peuvent, allez voir le nouveau film de Nabil Ayouch ''Les Chevaux de Dieu'' (يا خيل الله)

Un regard neutre, mais pas indifférent, sur le terrorisme. L'un des rares films qui traitent du sujet sans stigmatiser l'Islam, une religion victime de certains de ses adeptes.

Un regard qui va au-delà des maux pour en dévoiler les germes. Les coupables ne sont en fin de compte que des victimes de mots venus se greffer sur une âme fragilisée par la pauvreté, l'ignorance, la frustration et sur un corps effacé par le feu du dédain.

Un film dur...mais la vie l'est...mais sa dureté n'enlève rien à sa beauté...les acteurs y sont tout simplement époustouflants.
Excellent moment de cinéma !

Note : A Casablanca, le film passe actuellement au Cinéma Lynx et au Cinéma Mégarama
Qu'avez vous pensé de la prestation du tout jeune Said Lalaoui dans le rôle de Hamid (13 ans) ?
Qu'avez vous pensé de la prestation du tout jeune Said Lalaoui dans le rôle de Hamid (13 ans) ?

Dire Li Bghiti La bande d'annonce du film :
http://www.youtube.com/watch?v=nzJs1w9upb4

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Les Chevaux de Dieu de Nabil Ayouch projeté au Fespaco

misère et violence au galop

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le 27.02.13
 
 Quand des jeunes Marocains basculent dans le côté obscur.
| © D. R.
Quand des jeunes Marocains basculent dans le côté obscur.

Dans Les Chevaux de Dieu, le cinéaste marocain Nabil Ayouch évoque, sans réécrire l’histoire, les raisons des attentats meurtriers de 2003 à Casablanca.

Ouagadougou
De notre envoyé spécial
Fayçal Métaoui

Le radicalisme islamiste est à la mode dans le cinéma maghrébin. Après Making off et Beautés cachées  du Tunisien Nouri Bouzid, Parfums d’Alger de l’Algérien Rachid Benhadj, le Marocain Nabil Ayouch plonge, lui aussi, dans ce vaste territoire à plusieurs trous. Dans Ya khil Allah (Les chevaux de Dieu), en compétition officielle au 23e Festival panafricain de cinéma et de télévision
(Fespaco), projeté, lundi soir devant un public nombreux à la salle Burkina de Ouagadougou, le cinéaste tente de comprendre les raisons profondes des attentats terroristes du 16 mai 2003 à Casablanca.
A cette date, une douzaine de kamikazes, venus d’un bidonville, s’étaient attaqués au restaurant Casa de Espana, à un cimetière juif, au consulat de Belgique et à un bâtiment de l’Alliance israélite. Une quarantaine de personnes ont trouvé la mort lors de cette série d’attentats qui, pour Nabil Ayouch, visaient «la destruction» de la diversité culturelle du Maroc. Le réalisateur de Ali Zaoua  est retourné sur les lieux ressemblant aux «décors» de son précédent film (sorti en 2001, Ali Zaoua a représenté le Maroc aux Oscars) pour suivre le quotidien difficile du bidonville de Sidi Moumen. Là, dans une insouciance totale, des enfants jouent au football sur un terrain vague, comme la vie future qui les attend.
La caméra les suit à ras de terre, puis en hauteur, dans leur course vers le quartier misérable. Les enfants lâchent des gros mots comme des crachats de sang. Vite, on comprend que les uns sont des caïds en puissance, d’autres condamnés à la soumission, d’autres encore à la violence. C’est un univers où tous les coups sont permis. Les enfants sont les premières victimes de l’absence de repères et de la désarticulation sociale. A l’âge adulte, les stigmates sont là, apparents. La caméra psychologique de Nabil Ayouch pénètre le monde intérieur de deux frères, Hamid et Yacine (Abdelilah Rachid et Abdelhakim Rachid). L’un est emprisonné pour affaire de drogue, l’autre tente de gagner sa vie en vendant des oranges.
Le père souffre d’une maladie mentale. Curieusement, plusieurs films maghrébins, sortis ces dernières années, partagent cette idée du père absent, du père coupable, du père démissionnaire... Les jeunes de Sidi Moumen, comme dans une immense prison, tournent en rond, rêvent des lumières de la ville et d’amours évanescentes. La violence, l’agressivité, la méchanceté, l’arbitraire sont bien les enfants légitimes d’un système social oppresseur, impitoyable. Le champ est fertile pour l’endoctrinement religieux. Les deux frères basculent graduellement, avec facilité, dans l’extrémisme islamiste, bien pris en charge par des prêcheurs «professionnels» à l’image de Abou Zoubeïr, considéré comme un «émir».
Des barbus qui usent d’un langage violent intensifié, d’une manière quelque peu exagérée, par Nabil Ayouch. Tout y est : promesse de Paradis dans l’au-delà, rejet du monde impie, haine de l’Occident, des chrétiens et des juifs, dénonciation de «complot». Tout cela, on le sait. Le cinéaste le rappelle sans apporter un plus et sans prendre position. Il ne condamne personne. Le cinéaste est là, à reprendre autrement le réel, sans trancher. D’où l’intérêt de la fiction. On voit bien que le frère d’un kamikaze n’est pas totalement convaincu par l’opération ordonnée par le chef. Il essaie de dissuader son frère : «Pense à notre mère», lui dit-il. L’autre est déjà conditionné, monté et remonté pour tuer au nom de l’islam. L’échange qu’il a avec son frère relève presque du «prêt à penser».
Tout ce que les radicaux se disent entre eux est un discours traité jusqu’à l’os par les médias, répété à l’infini depuis les attentats du 11 Septembre 2001. D’où l’impression que Les Chevaux de Dieu ne va pas au-delà de ce que l’on sait déjà : la misère et la marginalisation nourrissent la violence, la violence facilite l’extrémisme. Et les deux fléaux irriguent le terrorisme religieux, lequel n’est pas le résultat du néant. Nabil Ayouch tente de donner des visages à la violence pour casser l’idée d’un phénomène diffus, vaporeux, collé aux sociétés du Sud et aux pays musulmans.
Cependant, il y a un problème : pourquoi les intégristes s’étaient installés au cœur du bidonville de Sidi Moumen pour y recruter des candidats à la mort ? Seulement cela ? Nabil Ayouch n’est pas allé loin. Les kamikazes de Casablanca étaient également des êtres humains qui avaient leurs espérances et leurs rêves. Le cinéaste, qui ne mène aucune «croisade» ou règlement de comptes, fait un effort pour comprendre même s’ il a, quelque part, failli tomber dans le piège du «politiquement convenu». Il s’est appuyé, aidé par le scénariste Jamal Belmahi et du roman de Mahi Binebine, Les Etoiles de Sidi Moumen, pour construire son histoire. Une histoire inévitablement contemporaine où la relation groupe/individus est explorée avec finesse. Le radicalisme religieux infeste certes les rapports sociaux, mais pas autant que cela. A Sidi Moumen, les intégristes n’ont pas pu avoir l’adhésion totale (ou facile) qu’ils espéraient. Donc il n’y a pas de fatalisme.
Le public international de la salle Burkina réagissait avec des «oh !» et des «ah !» à certaines répliques du film. La plus populaire : «Rendez-vous au Paradis !», dit le chef terroriste au futur kamikaze. Cela veut dire simplement qu’il y a encore un grand effort à déployer pour éliminer les préjugés et les idées reçues sur les musulmans et l’islam. Ce n’est pas forcément le rôle du cinéma...
Primé dans plusieurs festivals, Les Chevaux de Dieu est sorti en salle au Maroc, en Belgique et en France. Le film a été sélectionné, en 2012, dans la section «Un certain regard» au Festival international de Cannes.
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jeudi 7 février 2013

Les étoiles de Sidi Moumen crèvent l'écran

Cette fois, les quatre amis d'enfance ne pourront plus rebrousser chemin et trouver une sortie de secours à leur destin. /DR
Cette fois, les quatre amis d'enfance ne pourront plus rebrousser chemin et trouver une sortie de secours à leur destin. /DR

  Ovations et remerciements pour le cinéaste Nabyl Ayouch, auteur de 'Les chevaux de Dieu', ont ponctué l'avant-première casablancaise mardi soir, de ce qui s'annonce déjà comme l'un des films de l'année dans nos salles obscures. 
 Petites histoires dans la grande Histoire où le parcours de jeunes Marocains en soif de reconnaissance, va les mener au sacrifice absurde de leurs vies -et de celles des victimes- des attentats qui secouèrent Casablanca en 2003.

Après avoir sillonné les festivals du monde entier avec le succès que l'on connaît, Les chevaux de Dieu se dévoile enfin dans nos salles. Son réalisateur Nabil Ayouch nous immerge dans la vie de quatre jeunes parmi les 12 kamikazes qui se sont fait sauter à Casablanca le 16 mai 2003. Tous issus des bidonvilles de Sidi Moumen.
Immersion à Sidi Moumen
Nabil Ayouch ne nous épargne rien du passé de ces désespérés de la vie qui trouvent dans le jihad une échappatoire à la rue. Sans emphase, le réalisateur nous livre une partie de la vérité de ces hommes. Il ne leur cherche pas d'excuses, tout comme l'avait fait en 2010 Mahi Binebine dans son roman Les étoiles de Sidi Moumen, dont le film est tiré.
Mais le cinéaste, à qui l'on doit Ali Zaoua (film qui l’a fait connaître en 2000,) et l'étonnant documentaire My Land (2012), à défaut de faire un documentaire, nous tisse les fils de cette histoire avec une précision chirurgicale. Sa mise en scène est dynamique et élégante, insufflant de la force au récit, malgré quelques grandiloquences lorsqu'il s'agit de survoler les bidonvilles qui s'étendent à mesure que les personnages du film deviennent des hommes.

Ayouch le passeur
Pour ces jeunes hommes amers, englués dans leur “misérable” quotidien, l'islam devient, après la sortie de prison de l'un des deux frères, une échappatoire pour ces étoiles qui n'ont plus la force de briller.
Mais alors, Ayouch ne durcit pas le ton: sa caméra, tout comme le metteur en scène, prend de la distance et les plans se font moins serrés, comme pour signifier que quelque chose lui échappe, nous échappe...
À aucun moment, que ce soit dans la description de la dure réalité des bidonvilles ou dans celle de l'apprentissage de l'islam radical, le cinéaste ne tombe dans le piège des stéréotypes, ni dans la démonstration. Il n'est que le passeur.
Les images doivent se suffire à elles-mêmes, comme c'est le cas dans le film Paradise Now (2005) de Hany Abou Assad, qui évoque les dernières 24 heures de deux kamikazes palestiniens.

Une histoire contemporaine du Maroc
Certains reprocheront au cinéaste de ne pas juger ces hommes qui ont ensanglanté Casablanca. Seul le recul permet à Ayouch de le faire, d'avoir mûri cette histoire et non de dénoncer à chaud. Le spectateur ressort de la salle avec la désagréable sensation d'avoir été pris au piège et d'éprouver quelque empathie pour ces “fous de Dieu”.
N'est-ce pas là que réside parfois la magie “noire” du cinéma?
Nabil Ayouch a su prendre le pouls de l'histoire contemporaine marocaine. Peu de réalisateurs dans le monde peuvent se targuer de livrer un tel regard analytique sur la société qui les entoure.
Les chevaux de Dieu n'apporte pas toutes les réponses, mais livre un simple constat: quelquefois, les victimes deviennent aussi des bourreaux.

Frères de sang
Mention toute particulière à la sobriété des quatre acteurs principaux (Rachid Abdelhakim (Yacine), Rachid Abdelilah (Hamid), Hamza Souidek (Nabil), Ahmed El Idrissi Amrani (Fouad)), et à la prestation des acteurs non professionnels du film, qui jouent les personnages enfants. La relation entre frères a rarement atteint une telle intensité, comme c'est le cas à travers les simples regards échangés entre Yacine et Hamid!
On connaissait l’habileté de Nabil Ayouch pour diriger de jeunes comédiens depuis Ali Zaoua, et on ne peut que saluer sa maîtrise impressionnante dans cette nouvelle réalisation.