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vendredi 23 août 2013

Cérémonie d’allégeance : Khalid Tchikitou, député de l'Istiqlal, refuse de s'incliner devant le roi


L’an dernier la cérémonie d’allégeance a été perturbée par une manifestation, à Rabat, d’un groupe d’opposants à ce rituel. Une première. Cette année, en l’absence de sit-in de ce genre, c’est le refus d’un député istiqlalien d’assister à cet acte qui a ravi la vedette. Son parti, par la voie de la jeunesse de la Balance, vient de prendre ses distances avec la décision de l’un des leurs.

Réputé pour être une formation plus royaliste que le roi, le parti de l’Istiqlal confirme, encore une fois, cette réalité. Il vient de prendre ses distances avec le député, Adil Tchikitou, qui a refusé d’assister à la cérémonie d’allégeance du 2 août. Si sur ce dossier Hamid Chabat, l’homme fort du parti, d'habitude volubile sur de nombreux sujets, a opté, par miracle, pour le silence, il a laissé à la jeunesse du PI, à laquelle appartient l’élu frondeur, le soin d’exprimer l'avis général.
« C’est une manière pour le secrétaire général de calmer le jeu et surtout de circonscrire l’onde de choc de ce qui est désormais appelée l’affaire Tchikitou et la Beiya », indique sous couvert d’anonymat une source au sein de la Balance.

« L’allégeance est un contrat religieux et politique »
Hier, un communiqué du bureau exécutif de la jeunesse de l’Istiqlal a expliqué que la beiya est « un contrat religieux et politique, la cérémonie d’allégeance est une occasion nationale et religieuse pour tout le peuple marocain de le renouveler ».
L’organisation présidée par Abdelkader El Kihel, également député et considéré être un fidèle de Hamid Chabat, a réitéré son attachement aux valeurs sacrées de nation dont notamment « le régime monarchique basé sur l’allégeance au commandeur des croyants sa majesté le roi Mohammed VI, que Dieu le préserve ». La messe est dite

« J’ai présenté des excuses sans renier ce que j’ai fait »
La réunion, du mercredi 14 août, du bureau exécutif de la jeunesse de la Balance a connu la présentation des excuses de Adil Tchikitou aux autres membres de l’organisation sur un seul point : la non-concertation avec eux avant qu’il ne prenne sa décision. Le député le reconnaît, d’ailleurs, sur sa page Facebook.
Toutefois, il a tenu à préciser qu’il n’a pas révisé sa position initiale de refuser de se prosterner devant le roi Mohammed VI. Et d’ajouter qu’il a décidé de ne pas trop s’étaler sur cette affaire dans des déclarations à la presse. Une autre manière pour le parti de l’Istiqlal de mettre un terme au feuilleton Tchikitou et la beiya.

http://www.yabiladi.com/articles/details/19007/ceremonie-d-allegeance-jeunesse-l-istiqlal-prend.html 
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Khalid Tchikitou, député de l'Istiqlal (suite)

Le refus du député de l'istiqlal Adil Tchikitou de participer à la cérémonie d'allégeance en affirmant son refus de s'incliner devant le roi continue d'alimenter la toile et l'actualité. La jeunesse Istiqlalienne avait critiqué son attitude mais ce matin son frère vient d'être arrêté à Témara pour vol d'un sac de sucre.

Selon un sondage du site LaKome.com auquel ont participé plus de 7600 personnes, 83% considèrent que la cérémonie d'allégeance et le baise main du Roi sont des pratiques qui portent atteinte à la dignité des citoyens et doivent être abandonnées

AufaitMaroc
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 Le frère d'Adil Tchikitou interpellé par la police

Adil Tchikitou

Le petit frère d'Adil Tchikitou, le député de l'Istiqlal qui avait refusé de participer à la cérémonie d'allégeance, a été interpellé à Témara par la police ce lundi. Motif : il est soupçonné d'avoir participé à un vol de pains de sucre en décembre dernier. Son frère parle d'un «message» qui lui est envoyé.

Le frère d'Adil Tchikitou, Oussama, âgé de 24 ans, a été interpellé ce lundi à Témara par la police. Contacté par Lakome, le député de l'Istiqlal confirme l'arrestation et explique que son frère est accusé de vol et de participation à une bande criminelle.
Selon lui, l'affaire en question remonte en décembre dernier quand une caisse chargée de pains de sucre a été volée à Témara. Les suspects interpellés par la police auraient alors mentionné dans le procès-verbal le nom du jeune frère d'Adil Tchikitou mais aucune suite n'avait été donnée.
Plus de six mois après, la police a donc décidé de l'interpeller. Cette arrestation intervient quelques jours après la décision d'Adil Tchikitou de ne pas participer à la cérémonie d'allégeance, décision qui a provoqué un tollé au sein de son parti, l'Istiqlal. C'est la première fois qu'un député marocain refusait de se courber devant le roi.

Ce timing n'est pas anodin selon Adil Tchikitou, qui explique à Lakome que l'arrestation de son frère est sans doute un «message» qui lui adressé «pour lui tirer les oreilles».

samedi 15 juin 2013

Maroc : La crise gouvernementale perdure

aufait/AFP ,

Simple remaniement ou élections anticipées? Un mois après avoir annoncé son retrait du gouvernement, le principal allié des islamistes n'a toujours pas mis sa décision à exécution, affirmant attendre un “arbitrage” du Roi, toujours en séjour privé à l'étranger.

Hamid Chabat (G) et Abdelilah Bekirane. /DR
Hamid Chabat (G) et Abdelilah Bekirane. /DR
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Chef d'une coalition composée, faute de majorité, avec trois autres formations, dont l'Istiqlal, Abdelilah Benkirane est aujourd'hui face à ce parti qui a décidé depuis près d'un mois, de mettre un terme à   l'expérience de cohabitation, ouvrant la voie à un remaniement voire à des législatives anticipées.

Un statu quo qui dure...
Hamid Chabat secrétaire général de l'Istiqlal et de l'Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM), dit reprocher au PJD un manque d'action et de concertation.
Mais depuis un échange téléphonique avec le Roi, qui selon le porte-parole du parti, Adil Benhamza, a demandé à Chabat de reporter sa décision, c'est le statu quo. L'Istiqlal affirme attendre un “arbitrage” définitif du Roi lequel se trouve en séjour privé en France depuis plus d'un mois. Interrogé ce mardi par l'agence France Presse, cette position a été confirmée par un député istiqlalien.
“Nous attendons toujours son retour (...) et nous n'avons pas changé de position”.
Adil Tchikitou, député et membre du Conseil national de l'Istiqlal, à l'AFP
Les médias se perdent en conjectures
Et en l'absence de communication officielle, les médias se perdent en conjectures.
Lundi, le quotidien L'Economiste a estimé que Mohammed VI devrait “probablement” recevoir M. Chabat “dans les jours qui viennent”. Le 27 mai, Le Soir Echos avait déjà prévu un développement imminent.
“Les ministres sont suspendus” à cet arbitrage “qui ne serait pas pour l'heure à l'ordre du jour”, a pour sa part avancé Libération.
L'Economiste, évoquant une “interprétation libérale” de la Constitution, avance que le Roi “s'est donné pour règle de ne pas intervenir dans les conflits entre acteurs politiques”.
En résumé, il ne serait donc pas pressé d'intervenir: “Si le roi avait voulu trancher la question tout de suite il l'aurait fait. Donc cela peut durer”, affirme pour sa part à l'AFP Pierre Vermeren, spécialiste du Maghreb.
Selon lui, l'Istiqlal a “peut-être cru voir des signes encourageants sur le fait que l'expérience PJD allait être terminée. Ceux qui n'aiment pas les islamistes voient qu'ils ont des difficultés en Egypte, en Tunisie... Ils se disent que c'est peut-être le moment de reprendre les choses en main”.

“Attention, le temps passe”
Du fait de cette attente, la presse marocaine s’inquiète des risques de paralysie du gouvernement, pressé d'engager des réformes à haut risque.
Celui-ci bénéficie de la “confiance” du Roi et “poursuivra son action”, a de son côté assuré son porte-parole, Mustapha Khalfi.
“Si l'on arrête de réfléchir aux grands problèmes du pays, le compteur, lui, continue de tourner”, a toutefois prévenu le quotidien Akhbar Al-Yaoum, dans un édito titré “Attention, le temps passe”.

La crise politique, principale entrave de la réforme ?
Malgré une solide croissance, le Maroc est notamment confronté à une dégradation de ses comptes publics (7% de déficit en 2012), en partie liée au gouffre de la caisse de compensation.
La réforme promise tarde à venir et une équipe du Fonds monétaire international (FMI) vient d'effectuer une nouvelle visite. Le chef de l'exécutif a reconnu samedi que les responsables du FMI “pensent que notre façon de faire la réforme n'est pas claire et est hésitante”.
Dans ce contexte, l'économiste Najib Akesbi se montre lui alarmiste.
“Même si on arrive à régler la question politique et que ce gouvernement commence à mettre en œuvre des réformes, chacun sait que les résultats ne tomberont pas avant 2015-16.”
Najib Akesbi, dans une déclaration à l'AFP.
Ce dernier va même plus loin, en jugeant que “les réformes n'ont pas lieu parce qu'il y a une crise politique... Et la crise politique est là pour éviter de faire les réformes.”