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jeudi 27 mars 2014

Nouvel accord pour l'égalité femme-hommes à l'ONU


  Rédaction par Arnaud Bihel, 24/3/2014

La 58ème Commission de la condition du statut de la femme fixe un nouveau cap pour des objectifs d'égalité entre les femmes et les hommes. Un accord qui n'était pas gagné d'avance.



La déclaration adoptée à l'issue de 58ème Commission de la condition du statut de la femme à l'ONU (CSW58), samedi 22 mars, représente « une étape décisive » pour les femmes et les filles, se félicite la directrice exécutive d'ONU Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka. La plupart des ONG ayant participé à la conférence disent également leur satisfaction.
CSW58En 2013, la commission avait abouti sur un texte considéré comme un succès, qui était parvenu à dépasser les oppositions religieuses pour soutenir la lutte contre les violences (Voir : L'ONU s'accorde contre les violences de genre).

Un objectif unique pour l'après-2015
Cette année, la thématique concernait les Objectifs du millénaire pour le développement, et les moyens d'aller plus loin que ces objectifs qui arrivent à terme en 2015, avec des résultats inégaux. Et, malgré les craintes, après 10 jours de négociations, cette CSW58 a pu aboutir à un nouveau consensus.
La déclaration finale d"une vingtaine de pages déplore la « persistance de la pauvreté féminine » et insiste ainsi sur ce point : le programme de développement pour l’après-2015 doit comprendre un objectif clair et unique pour l’égalité entre les sexes et l'autonomisation des femmes. C'est une demande de longue date portée par ONU Femmes. Sa directrice par intérim le développait en mai dernier dans une tribune publiée par Les Nouvelles NEWS.

Orientations précises
Plus en détails, la déclaration finale insiste sur le fait que les futurs objectifs pour le développement devront faire référence à l'élimination de la violence envers les femmes et les filles. Elle appelle clairement à la fin des mutilations génitales féminines et des mariages précoces.
Le texte insiste également sur le poids des « normes sociales et des stéréotypes de genre discriminatoires ». Il évoque la nécessaire égalité des revenus, et une meilleure conciliation entre travail rémunéré et responsabilités domestiques, à la fois pour les femmes et les hommes. Et souligne l'enjeu de la participation des femmes à tous les niveaux de prise de décision. Pour ce faire, la déclaration va jusqu'à recommander « des mesures spéciales temporaires » - une façon de ne pas mentionner explicitement les quotas.

Consensus sur les droits sexuels
Surtout, et ce n'était pas gagné d'avance, la déclaration finale évoque clairement le devoir pour les États de fournir « des services, des informations et une éducation de qualité sur les soins reproductifs et sexuels », en précisant qu'ils doivent inclure « des méthodes modernes et efficaces de contraception et de contraception d'urgence, des programmes de prévention des grossesses adolescentes ». Le droit à l'avortement est lui aussi évoqué même si, fruit d'un compromis avec les pays les plus conservateurs, le document le réserve aux cas où « de tels services sont autorisés par les lois nationales ».
La nécessité du compromis a également fait disparaître du texte toute référence à l'orientation sexuelle et l'identité de genre. La question, également sensible, de l'éducation sexuelle, figure quant à elle dans la déclaration finale. Mais avec des nuances. Il est précisé qu'elle doit être prodiguée « selon les orientation et conseils appropriés des parents ou tuteurs légaux ».
Photo : Session de la CSW58 le 11 mars 2014 © UN Women/Ryan Brown

mardi 16 octobre 2012

Le mouvement fémininiste en colère contre Bassima Hakkaoui

3e Forum pour la démocratie et l'égalité

 Par Salma Raiss, AufaitMaroc,
Bassima Hakkaoui, ministre de la Solidarité, de la femme, de la famille et du développement. /DR
Bassima Hakkaoui, ministre de la Solidarité, de la femme, 
de la famille et du développement. /DR
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Lors du 3e Forum pour la démocratie et l’égalité organisé par l’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM), samedi à Casablanca, les membres de l’association ont exprimé leur mécontentement et leur désapprobation face au plan élaboré par la ministre de la femme, présenté lors d’une conférence de presse, tenue la semaine dernière à l’occasion de la Journée nationale de la femme.

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Apparemmen, Bassima Hakkaoui, ministre de la Solidarité, de la femme, de la famille et du développement social, a encore du pain sur la planche pour en finir avec les critiques qui lui sont adressées. Le 3e Forum pour la démocratie et l’égalité, organisé par l’AFDM, en est bel et bien la preuve.
En effet, ce forum a été l’occasion pour des militantes d’associations féminines, soutenues par des parlementaires et des ex-ministres, de critiquer la stratégie gouvernementale menée par la ministre, en l’accusant de “manquer de vision et de clarté et de n’apporter aucune nouveauté à la question de la femme marocaine”.

Revendications et reproches
La mise en application, réelle et effective, de l’article 19 de la Constitution est la première revendication du mouvement féminin. Contactée par nos soins, Houda Bennani, présidente de l’ADFM, a précisé que la nouvelle Constitution avait apporté du nouveau en matière d’égalité, comme un droit “indivisible” de chacun des deux sexes, qu’il faut respecter et, surtout, mettre en application.
“L’article 19 de la Constitution stipule que l’homme et la femme jouissent à égalité des droits et libertés. Et c’est ce que nous demandons aussi, une égalité absolue entre les femmes et les hommes et non pas une complémentarité”.
Houda Bennani, présidente de l'Association démocratique des femmes du Maroc.
Dans le même sens, Mme Bennani a critiqué l’appellation “Ikram”, que la ministre a donné au plan gouvernemental pour l’égalité des sexes et la parité, en la considérant comme une “humiliation et une offense” à l’égard de la femme marocaine. “En disant Ikram, on a l’impression que les femmes demandent l’aumone ou la charité”, a-t-elle expliqué.
Par ailleurs, Houda Bennani a expliqué que la démocratie, pour laquelle le nouveau gouvernement plaide, devait incontestablement être caractérisée par une certaine modernité afin d’accompagner l’évolution de la société et des mentalités. Dans ce sens, elle a précisé que l'ADFM reprochait à la ministre ses idéologies, qui se basent catégoriquement sur les dispositions et constantes religieuses, et sa stratégie qui repose sur des concepts qui ont déjà été proposés par l’ancien gouvernement, sans apporter aucune avancée à la situation de la femme marocaine.

La ministre se défend
À entendre la version de la ministre, on dirait que tout va pour le mieux en ce qui concerne la situation de la femme marocaine. Lors d’une conférence de presse qu’elle a tenue la semaine dernière, Bassima Hakkaoui avait réfuté toutes les critiques qu’elle ne cesse de recevoir sur le ralentissement du programme gouvernemental pour la promotion des droits de la femme.
Dans ce sens, elle a dressé le bilan de cette action et a affirmé que “toutes les mesures programmées dans ce cadre seront réalisées dans les délais”. Elle a aussi précisé que, d’ici la fin 2013, seront créés l’Observatoire national sur la violence contre les femmes et l’Observatoire pour l’amélioration de l’image de la femme dans les médias. La ministre a, de plus, annoncé l’adoption du projet de loi portant sur la création de l’institution sur la parité et la lutte contre toutes les formes de discrimination contre les femmes.

mardi 13 octobre 2009

Maroc a-t-il levé les réserves sur la CEDAW ? Les ambiguïtés d’un double discours

Communiqué de presse

Par l'Association Démocratique des Femmes du Maroc (ADFM),13/10/2009

Depuis le message royal du 10 décembre 2008 à l’occasion du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme qui annonçait la levée par le Maroc, état partie à la CEDAW* depuis 1993, de ses réserves sur cette convention, nous n’avons pas cessé de recevoir des messages de félicitations de la part de personnalités et organisations nationales et internationales à propos de la nouvelle étape franchie par notre pays en matière de consécration du principe de l’égalité.

Mais à chaque fois que nous sommes sollicitées pour participer à une manifestation, parler de l’expérience marocaine ou pour répondre aux messages de félicitations, nous sommes confrontées à un dilemme. En effet, à ce jour, 10 mois après, aucune information officielle n’a filtré sur les mesures opérationnelles prises par le gouvernement marocain pour la mise en œuvre de cette déclaration.

Tous ceux et celles qui ont eu l’occasion d’écouter les discours des responsables marocains devant les instances internationales à Genève, à New-York ou ailleurs, sont rassurés quant à la volonté réelle du Maroc d’honorer les engagements pris et de répondre aux recommandations du comité CEDAW en matière de levée des réserves….. de toutes les réserves.

Quant à ceux qui suivent la situation de l’intérieur, les informations disponibles laissent croire que le Maroc s’est contenté en réalité de préparer les instruments d’une levée partielle sur les réserves, annoncée déjà en mars 2006 et à l’occasion de la candidature du Maroc au Conseil des droits de l’homme en 2007. Or, selon certaines sources autorisées, les réserves sur les dispositions qui ont directement trait au but et à l’objet de la CEDAW, à savoir les articles 2, 15 et 16 seront maintenues ou, au mieux, remplacées par des déclarations explicatives.

Ainsi, à l’occasion de la célébration de la journée des femmes marocaines qui coïncide cette année avec le 30ème anniversaire de la CEDAW et dans le cadre de la campagne nationale et régionale « Egalité sans réserve », nous sommes en droit de poser les questions suivantes afin d’être en mesure de répondre aux messages de félicitations:

- Faut-il prendre en considération le discours adressé à l’extérieur qui laisse supposer un engagement total de l’Etat marocain en matière de levée de toutes les réserves?
- Ou alors, faut-il plutôt croire au discours dirigé vers l’intérieur qui renvoie, selon toute vraisemblance, à une levée limitée et sans réelle portée de certaines réserves ?



* CEDAW :Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes






Association Démocratique des Femmes du Maroc

ADFM