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jeudi 21 août 2014

Maroc : vers l'interdiction, une fois de plus, de l’emploi des enfants de moins de 15 ans

A votre avis, est-ce la fin des "petites bonnes" ?


Annoncé depuis 2005 déjà, le texte interdisant le travail des enfants de moins de 15 ans revient à la prochaine session parlementaire. Au menu, contrat de travail, bulletin de paye et même congé annuel payé. Du moins en théorie.

Il a fallu des scandales et des morts pour que l’État réagisse à la problématique du travail des enfants, et surtout celles que l’on appelle au Maroc « les petites bonnes ». Dès la prochaine rentrée parlementaire, un projet de loi fixant les conditions d’emploi de mineurs passera en commission de la justice à la Chambre de conseillers.
Le texte, déjà adopté en juin 2013 en conseil du gouvernement, prend beaucoup de retard au parlement. Interrogée par le journal le Matin, Zoubida Bouayad, membre de la commission, indique : « L’heure est à l’examen des recommandations émises par les deux instances (ndlr:Conseil national de droits de l’Homme et Conseil économique, social et environnemental.). Notre objectif est d’améliorer l’esprit de la loi et l’aligner sur les dispositions prévues dans le cadre du Code de travail ainsi que les conventions internationales de droits de l’Homme ». Si le texte est voté et respecté, il placera le Maroc « parmi les pays les plus respectueux des dispositions liées aux droits de l’homme ».
En détail, le texte prévoit de nouveaux droits pour les enfants mineurs. Il y aura dorénavant l’obligation d’établir un contrat de travail écrit en bonne et due forme, qui plus est devra être en accord avec la loi. En plus de ce contrat, l’employé aura un repos hebdomadaire d’au moins une journée (24 heures pleines) et pourra bénéficier d’un congé annuel payé.
Pour pouvoir employer un jeune entre 15 et 18 ans, il faudra obligatoirement obtenir l’autorisation de son représentant légal. Si cette disposition n’est pas respectée, le futur employeur s’exposera à des amendes très lourdes (25.000 à 30.000 dirhams). De quoi en refroidir plus d’un.
Une étude réalisée par le Collectif associatif pour l’éradication du travail des petites bonnes en 2012, estimait leur nombre à plus de 30.000 à travers le Maroc. Ces enfants, pour la plupart âgées entre 8 et 15 ans, sont victimes de violences sexuelles, corporelles et psychologiques.
- Par: Bladi.net

samedi 30 novembre 2013

Près de 827 000 femmes marocaines victimes de violence sexuelle

Au Maroc, près de 8,7% des femmes âgées de 18 à 64 ans, soit 827 000, ont été au moins une fois victime d’un acte de violence sexuelle. C’est ce que vient de révéler le Haut-commissariat au Plan marocain, qui vient de publier une enquête réalisée en 2009 sur la question. 

827 000 femmes au Maroc, âgées de 18 à 64 ans, ont fait l’objet, au moins une fois au cours de leur vie, d'un acte de violence sexuelle avec attouchement. 
Le chiffre est fourni par le Haut-commissariat du plan (HCP), sur la base d’une enquête nationale sur la prévalence de la violence à l'égard des femmes réalisée en 2009, rapporte ce jeudi 28 novembre l'agence de presse marocaine MAP. 
Sa publication coïncidait avec la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, célébrée chaque 25 novembre de l’année.
Dans son étude, le HCP révèle également que « ce taux est de 9,8 pc en milieu urbain et de 7,1% en milieu rural ».  Il y a, toutefois, plus inquiétant. 38 000 femmes au Maroc ont subi au moins une fois, un rapport sexuel forcé, soit « un taux de prévalence de 0,4 %». Mais ce n’est pas tout.

Les épouses, victimes de viol de leur mari
Parmi les victimes de violences sexuelles sous toutes ses formes, il y a des femmes mariées et leurs malfaiteurs ne sont autres que leurs époux.
« Dans le domicile conjugal, le taux de prévalence des violences sexuelles avec attouchement a touché 6,6%  des femmes, soit 444 000 femmes » au Maroc, a fait savoir le HCP, précisant que « 45,1% de ces actes concernent des pratiques sexuelles imposées par l'époux et non désirées par la femme, soit 415 000 femmes ».
En général, les femmes les plus touchées par les violences sexuelles au Maroc sont les plus jeunes, à savoir celles âgées de 18 à 24 ans. Un constat alarmant qui mérite certainement plus d'attention de la part des responsables marocains.
 
http://www.yabiladies.com/articles/details/21294/maroc-pres-femmes-victimes-violence.html?utm_source=rss_yabiladi

mardi 8 juin 2010

Violences sexuelles au Maroc, un fléau préoccupant

Par Ana Lopes, Au Fait, 8/6/2010
Le 4 juin, c'est la Journée internationale des enfants victimes innocentes d'agression. Une journée initiée au départ pour soutenir les enfants palestiniens et libanais victimes des actes d'agression de la part d'Israël. Au Maroc aussi, les agressions contre les enfants représentent un véritable drame social: en 2009, rien que les violences sexuelles étaient estimées à 94.
Ce sont les enfants en situation difficile comme les jeunes travailleuses domestiques, les enfants abandonnés et les enfants internés dans des établissements qui sont le plus concernés par les abus sexuels.
Depuis 1982, l'Organisation des Nations Unies avait instauré le 4 juin comme Journée internationale des enfants victimes innocentes d'agression en soutien au “grand nombre d'enfants palestiniens et libanais qui ont été les victimes innocentes des actes d'agression d'Israël”. Pour nous, c'est surtout l'occasion de revenir sur l'un des plus préoccupants phénomènes de société au Maroc, à savoir les maltraitances à l'égard des enfants et plus particulièrement, les violences sexuelles.
Selon les statistiques de l'Unité marocaine pour la protection de l'enfance relevant du Ministère du développement social, 470 cas d'agression à l'égard des enfants ont été recensés pour la seule ville de Casablanca en 2009. Ces agressions sont réparties en violences sociales (travail domestique, maltraitance des parents...), violences psychologiques et violences sexuelles.
Entre 2007 et 2010, l'Association "Touche pas à mes enfants", basée à Rabat, a enregistré “plus de 1.000 cas d'agression sur les enfants dont la plupart sont des violences sexuelles, surtout de la pédophilie avec 70% des cas recensés”, nous apprend Najia Adib, présidente de cette association.
Violences sexuelles, un fléau préoccupant
D'après les chiffres officiels du Ministère du développement social, 94 cas de violences sexuelles à l'égard des enfants ont été enregistrés l'an dernier. Sur ces 94 cas, 52% sont commis par des proches: 42% par des proches de la famille ou des voisins, 8% par des parents et 2% par des éducateurs, avait révélé la ministre Nouzha Skalli.
“Ce phénomène touche toutes les catégories d'âge et ce sont les enfants en situation difficile qui sont les plus touchés comme les jeunes travailleuses domestiques, les enfants abandonnés, et les enfants internés dans des établissements.” Nouzha Skalli, ministre du développement social, de la famille et de la solidarité
Un véritable drame social quand on mesure les conséquences qui se répercutent sur la santé physique mais surtout psychologique des enfants victimes d'agression: inattention, recroquevillement sur soi, manque d'appétit, agressivité, panique, peur, dépression...
Une loi existe; elle condamne les agresseurs selon les circonstances, à des peines allant de 5 ans à 30 ans de prison. Certains défenseurs de la protection de l'enfance estiment que “les jugements ne sont pas à la hauteur du crime” et d'autres pointent du doigt l'application même de cette loi.
“Tout le problème réside dans l’application de cette loi. Outre la corruption qui empêche parfois une application sévère et sereine de la loi, le juge ne l’adapte pas toujours selon les intérêts des victimes”, s'insurgeait dans un hebdomadaire local un avocat qui a défendu les victimes dans plusieurs affaires de pédophilie à Marrakech.
L'éducation sexuelle, seule arme pour protéger nos enfants
“En dehors des peines privatives de liberté, je pense qu'il est fondamental que nous fassions de la prévention via une éducation sexuelle adaptée à toutes les catégories sociales”, explique Najia Adib. “Il faudrait faire des campagnes de sensibilisation au niveau des orphelinats, des écoles, des colonies de vacances”, ajoute t-elle.
Touria Tazi, présidente de la Ligue marocaine pour la protection de l'enfance, se dit elle aussi “favorable à l'instauration d'une éducation sexuelle pour lutter contre le phénomène en amont, c'est-à-dire, lutter avant tout contre le phénomène des mères-célibataires car ce sont ces enfants qui se retrouvent abandonnés dans la rue et qui sont le plus exposés aux agressions”.
“Nous souhaiterions par dessus tout la légalisation des interruptions volontaires de grossesse car c'est par là que tout commence. Une fois ce problème enrayé, il n'y aura plus de place pour ce cercle vicieux.”Touria Tazi
Le département du développement social se penche actuellement sur la réalisation de deux enquêtes expérimentales dans la ville de Casablanca sur les enfants de la rue et les petites bonnes dont les résultats seront publiés dans le courant de l'année. Nous en saurons alors sûrement un peu plus sur l'impact de ce phénomène et sur l'éventuelle stratégie à adopter.



Dernière mise à jour : 31.05.2010 à 09:53