- Par Ali Fkir , 27/4/2013Mohammedia le samedi 27 avril 2013.Dans le cadre des accords du partenariat qui lie le ministère de l'éducation nationale et les organisations des droits humains, les militants de l'AMDH (section de Mohammedia) Morad Kardachi et Ali Fkir étaient dans un collège pour deux interventions ayant pour thème: LA TOLÉRANCE.- Des élèves d'un groupe ont réservé une agréable surprise aux visiteurs: un aperçu historique sur la démocratie et ce, de leur propre initiative et selon leurs recherches personnelles.- Les élèves étaient simplement extraordinaires dans leurs intervention: la tolérance, l'égalité entre la femme et l'homme, la liberté de croyance, la laïcité, la démocratie...Les visiteurs ont distribué aux jeunes collégiens le document contenant la "déclaration universelle des droits de l'Homme" qui ont discuté la plupart des articles.Merci jeunes, vous êtes simplement extraordinaires ! vous êtes adorables!Merci Madame la prof , Madame la directrice et Monsieur le surveillant général,pour votre chaleureux accueil!Visionner, surtout la deuxième qui contient plus d'interventions
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dimanche 28 avril 2013
dimanche 16 octobre 2011
Le Maroc est en danger de tentation sisyphienne
La monarchie a toujours joué sur la division du peuple pour maintenir son régime autoritaire, injuste et corrompu.
Aujourd'hui, le peuple mène une lutte d'un genre nouveau contre le Makhzen pour arracher enfin sa liberté et sa dignité de manière pacifique. Un signe qui ne trompe pas de sa grande maturité.
Malheureusement, certains acteurs actifs au sein du Mouvement du 20 février font actuellement le jeu du régime autoritaire.
Les uns ont cru que l'heure de lever le voile sur un agenda berbériste ethnicisant les relations sociales était arrivée.
Les autres imaginent déjà que se profile à l'horizon le moment de la prochaine république islamiste au Maroc. Certains des leurs n'hésitent même plus déjà à menacer les non-islamistes de leur foudre.
Les uns et les autres se gourent royalement.
Ces deux groupes sont, quoi qu'ils en diront, les meilleurs alliés du Makhzen. Ils concourent à sa stratégie divisionniste pour durer encore et encore. Au détriment de notre peuple. Que lui diraient-ils demain pour se justifier si jamais tout le travail fourni par tous depuis le 20 février se perdait en chicanes de chiffonniers? Si cela devait se produire (que dieu nous en préserve), alors ces deux-là porteraient l'odieux fardeau d'une telle issue dramatique pour tous. À jamais.
Aussi, est-ce un Maroc d'intolérance que nous voulons et pour lequel nous luttons?
Pour ma part, ce n'est pas et ce ne sera jamais mon Maroc.
Mon Maroc à moi est un pays fait de citoyens libres et vivant en dignité.
Mon Maroc à moi sera un endroit où il fait bon vivre pour toutes les composantes du peuple: Arabophones, Amazighophones, biculturels, Drawa, Sahraoua, Juifs, Chrétiens, agnostiques, athées...
Mon Maroc à moi s'assumera non comme un pays exclusivement arabe ou amazighe (ce qui serait une aberration, vu les différents échanges économiques, culturels et matrimoniaux entre ces deux groupes à travers l'histoire commune), mais plutôt comme un pays multiple et un.
Reconnaître et assumer une diversité ouverte et dynamique sera une force pour nous tous et non une tare honteuse.
mardi 10 novembre 2009
De la culture du culte à la fragilité de la tolérance.
Je ne voudrais pas que l’enterrement de cette belle liste [maghreb-ddh ] passe inaperçu. Lui rendre hommage est pour moi un devoir car elle m’a permis d’apprendre davantage et de connaître des personnes avec qui je partage le souci du mot. Un grand merci à Fouad Abdelmoumni de m’avoir fait découvrir ce beau monde des Droits Humains.
Voici une modeste réflexion en signe d’hommage à liste maghreb ddh. La liste s’en va mais l’écriture demeure.
L’enseignement qu’on peut tirer de l’affaire MALI ( Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles) réside dans le fait que cet événement remet en question le positionnement de la religion par rapport à la constitution, le rôle que devraient jouer ceux qui prétendent être modernistes sans le démontrer et enfin la problématique de la laïcité en tant que notion dont la portée est parfois conjuguée au mépris de la religion.
Dans une interview accordée au Journal HEBDOMADAIRE No 410, Michèle Zirari, en réponse à une question sur la discordance de l’article 222 de la constitution avec les libertés individuelles, a expliqué la problématique liée à la religion et à l’exercice du culte musulman. « Vous savez que vous n’avez pas le droit au Maroc de dire « je ne suis pas musulman ». Pourquoi ? Parce que vote père est musulman ».
Le fait de ne pas avoir le droit de dire qu’on n’est pas musulman parce que son père l’est, représente une anomalie dans la perception de la notion de culture et celle de la nature. D’où l’incompatibilité des lois restrictives de la liberté individuelle, notamment l’article 222 avec la déclaration des Droits Humains qui stipule que les gens naissent libres.
Être ou ne pas être musulman ne relève pas du biologique. Renvoyer la conscience ou la confession au lien parental c’est en quelque sorte adapter l’inadaptable en transposant la culture, l’acquis à la nature, l’innée. Autrement dit : Est-ce qu’on nait juif, chrétien ou musulman, ou même athée ?
La religion fait partie d’un réseau moral qu’on apprend par le biais de l’éducation. Prétendre que la confession est d’ordre biologique, héritée par le lien paternel est contraire à la notion d’acquisition dont la religion représente une composante d’un tissu culturel complexe.
En dépit de la difficulté matérielle de discrimination ente la nature et la culture, Claude Levis Strauss propose une méthodologie qui permet d’élucider les caractéristiques des deux concepts constituants la nature humaine. Il s’agit de la Règle et de l’Universel. Ce qui fait que tout ce qui est Universel appartient à la nature. En revanche, chaque fois que la Règle émerge, on est sans doute au stade de la culture. Du coup, la Règle est variable du moment qu’elle sert de discrimination culturelle entre les collectivités tandis que l’Universel, biologiquement parlant, est constant, dans la mesure où il représente les caractéristiques communs de la nature de l’individu.
S’agissant du culte ; puisqu’il est soumis à la Règle, on est dans la culture au sens variable du terme. Au final la religion n’est pas assujettie à l’héritage biologique. D’autant plus que la liberté de conscience résulte d’un choix conformément à la notion de la culture. Laisser le choix à l’individu de croire est à mon avis, marquer la différence culturelle laquelle ne peut être que bénéfique pour le développement de la collectivité. Et c’est à l’école d’accomplir ce rôle civique.
Le fait de considérer que la confession est un acte culturel puisqu’il relève de l’acquis nous renvoie à la question de la laïcité. Force est de constater avec Henri Pena – Ruiz que « la laïcité est un principe de droit politique. Le mot qui désigne le principe. En Grec Laos, telle qu’elle se comprend, dés lors qu’elle se fonde sur trois exigences indissociables : la liberté de la conscience, la liberté des citoyens quelles que soient leurs convictions spirituelles, leur sexe ou leur origine, et la visée de l’intérêt général du bien commun à tous, comme seule raison d’être de l’Etat. »
Il est clair que la notion de laïcité entant que facteur unificateur des citoyens demeure dans la raison d’être de l’Etat, lequel doit être le garant de la pluralité engendrée par le Laos. Cette pluralité s’exprime par la liberté de conscience. En d’autres termes ; chaque citoyen est libre de choisir sa conviction spirituelle, tout en respectant la différence dans l’unité et le choix d’autrui qui favorise la cohabitation du Laos avec la pluralité. Ceci contribue au renforcement de la raison d’être de l’Etat, synonyme d’objectivation de l’intérêt général et à la consolidation de la primauté du Droit.
Toutefois, toute perception de la liberté de conscience qui croit en une seule vérité et lui assigne un sens projecteur d’un discours pariant sur un imaginaire social démuni du questionnement et incapable de tailler le concept, écorne l’universalité Humaine du Droit entant que garant de la multiplication du choix et fait perdre « la souveraineté de chaque homme sur ses pensées ».
La tolérance ne peut être à mes yeux perçue qu’en relation avec la liberté, sinon on risque davantage de la fragiliser. Il s’ensuit que « la tolérance reste en position d’infériorité par rapport à ce qui est donné comme norme », dans la mesure où cette tolérance dépend du tempérament de l’autorité qui prescrit les normes du culte dominateur. La tolérance dans ce cas revêt une forme de pardon exprimant une certaine « souplesse » passagère de la part des détenteurs du pouvoir politico-religieux vis-à-vis d’un acte ou idée qui risquent de nuire au sacré. Du coup la tolérance reste en deçà de ce qui est donné comme norme, pour paraphraser Henri Pena-Ruiz.
En revanche, le respect de l’égalité des citoyens dans le pluralisme spirituel qui n’est autre que le renforcement de la liberté, préserve la tolérance non seulement comme disposition éthique à l’écoute et au dialogue mais aussi comme disposition juridique dont l’Etat est l’assureur du Droit à la différence et au pluralisme culturel. Seule l’uniformité favorise le désordre et susceptible d’alimenter l’imprévisible. La tolérance ne peut donc évoluer qu’au sein de la laïcité qui n’est pas, encore une fois, contraire à la liberté de conscience que l’Etat de Droit doit sauvegarder.
Pour le partage du savoir
A.M.
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