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jeudi 10 mars 2016

RAPPORT SUR LE PROCÈS NON ÉQUITABLE DES ORGANISATEURS DU SIT-IN D’IMIDER AU MAROC EN 1996






Evénements : causes et faits de la protestation pacifique.


La Tribu autochtone amazigh IMIDER qui fait partie de la confédération des tribus des AIT ATTA de la région de Ouarzazate avait signé un contrat de bail d’une partie de ses terre ( 25 hectares) avec la société minière d’imiter, société constituée de B.R.P.M ( Bureau de Recherche et de participations Minières ) qui appartient à l’Etat marocain et à la société Privé O.N.A ( Omnium Nord-Afrique) « Holding Royal » . Ce Contrat dont la durée portant sur la période allant du 15/09/1992 au 19/09/1995 avait été signé, au nom de la tribu, par le ministère de l’intérieur, Ministère de tutelle des collectivités locales.


Contrairement aux dispositions du dit contrat, la société minière a non seulement étendu, de façon unilatérale, la superficie des terres de prospections à 150 ha environ mais elle a refusé d’embaucher les membres de la commune, comme elle en avait convenu avec la confédération. Et nous rappelons ici, qu’en pareil cas, le droit stipule que 75% de la main-d’œuvre doit être local.


Cette extension de la zone des travaux a eu des conséquences catastrophiques sur l’environnement et les conditions de vie de la tribu, la pollution et l’exploitation effrénée des nappes phréatiques a gravement endommagé le cheptel, principale source de vie des habitants, et a contribué au tarissement des puits, unique source d’eau dans la région. Même si la société minière a produit et vendu (environ 5$ l’once) 200 tonnes de minerai d’argent pour la seule année 1993, elle a carrément refusé de payer le surplus qu’elle devait à la collectivité pour les 150 ha supplémentaires, et ceci sous les yeux du ministère, de tutelle.


Dans ces conditions, les habitants ont déposé plusieurs plaintes auprès des responsables et du ministère de l’intérieur. Leurs doléances étant restées sans réponse, ils ont décidé d’observer un sit-in ouvert de 45 Jours, sur leurs terres et sur la route qui y mène sous leurs tentes, ils portaient des banderoles sur lesquelles étaient écrites leurs revendications, leur objectif n’était autre que d’attirer l’attention des responsables.