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mercredi 19 février 2014

Les intimidations d'un groupe pro-monarchie lors de la conférence de Khadija Ryadi à Montpellier.




 http://youtu.be/OwEY1LZL-Ug

Publiée le 16 févr. 2014
 
Lors de la conférence sur "le tabou de la répression au Maroc" avec la présence de Khadija Ryadi(Ex-présidente de l'Association Marocaine des Droits de l'Homme et prix de l'ONU 2013 des droits de l'homme)
Les intimidations d'un groupe pro-monarchie lors de la conférence de Khadija Ryadi à Montpellier.

jeudi 5 août 2010

Khadija Ryadi, présidente de l’AMDH : «L’Etat doit respecter les conventions internationales»

Par Al Bayane, 4/8/2010
Khadija Ryadi, présidente de l’AMDH brosse un tableau presque sombre de la situation des droits de l’Homme au Maroc, taxant le CCDH d’être juste un défenseur de la politique officielle de l’Etat. Pour elle, la première revendication de son association, c’est que l’Etat doit d’abord respecter les conventions internationales relatives aux droits humains.
Al Bayane : Quelle évaluation faites-vous de la situation des droits de l’Homme au Maroc, notamment les actions entreprises par les institutions officielles, tel le CCDH ?
Khadija Ryadi : l’AMDH a toujours refusé d’être représenté au sein du CCDH. Et pour cause, nous considérons que cette instance n’est nullement dotée des normes et de fondements conformes à la culture des droits de l’Homme. Pis !
Cette institution s’est transformée ces dernières années en un porte-parole de l’Etat, donnant un blanc-seing aux diverses actions de violation des droits de l’Homme. On peut également avancer, qu’elle est devenue l’un des défenseurs de la politique officielle de l’Etat.
Vous avez récemment publié un rapport de l’année 2009 et du début de l’année 2010 où vous évoquez plusieurs échecs en matière des droits de l’Homme, pouvez-vous nous éclairer encore plus ?
Notre première revendication c’est que l’Etat doit d’abord respecter les conventions internationales qu’il a signées et relatives aux droits humains. Nous avons en outre relevé divers dépassements, voire une régression : des procès iniques, enlèvements, tortures, conditions désastreuses dans les prisons, entre autres. Je fais allusion à titre d’exemple à Chakib El Khiyari.
Dans cette optique, je souligne que le procès de ce qu’on appelle « l’affaire Belliraj » constitue une mascarade. Nous avons la ferme conviction que les 6 détenus ont été jugés à cause de leurs convictions politiques.
Idem pour les dossiers du terrorisme. La majorité des détenus ont été jugés sans qu’on retienne contre eux des preuves d’accusation.
Comment considérez –vous l’appel du CCDH de donner de l’importance à une nouvelle génération des droits économiques et sociaux, sachant que plusieurs voix s’élèvent encore, indiquant que les droits fondamentaux, politiques et civiques n’ont pas encore eu la place qu’ils méritent ?
D’abord, je dois souligner que les droits de l’Homme sont UN.
Toute distinction entre les droits socio-économiques et les droits civiques et politiques serait absurde. Il n’en demeure pas moins que le Maroc a réalisé des avancées en matière des droits civiques, contrairement aux droits socio-économiques. Personne ne peut nier aujourd’hui que l’indicateur du développement humain est en dégringolade, suite aux choix de l’Etat depuis les années 80. L’accès à la santé n’est plus gratuit aujourd’hui. Au sein de l’AMDH on a enregistré plusieurs cas de décès dans les villes de Casablanca, Rabat, et El Jadida. (Cas de Khadija Lahdichi : Hôpital de Rabat). Le Maroc enregistre également l’un des taux les plus élevés concernant les naissances : 270 cas de décès sur 100 mille accouchements). Dans le domaine de l’emploi, n’en parlons plus. Seulement 15% des employeurs respectent le code du travail.
Comment évaluez-vous la relation entre le politique et les droits humains, surtout après les événements qu’a connus votre dernier congrès ?
Je dois mentionner que l’association a été toujours accusé d’être une section du parti Attaliâa, et ce depuis les années 80. Actuellement, il y a une reconnaissance internationale que nous sommes une organisation indépendante. S’agissant du dernier congrès, certains opportunistes ont voulu pêcher en eau trouble. On nous a accusé d’avoir reçu une délégation du polisario, et l’appui de l’autodétermination. Ce qui est archi-faux. Notre attitude n’a pas changé. Le pire, c’est que certains journalistes n’ont même pas pris le soin de lire le communiqué final.
Il est certain que d’autres voient en nous une association qui s’adonne à la politique. Ce qui est tout à fait normal. En l’absence des positions claires prises par les autres acteurs envers la politique de l’Etat en matière des droits humains, toute action entreprise par nous est vue d’un mauvais œil.
Avez-vous des propositions concrètes pour donner une nouvelle dynamique à la défense des droits de l’homme avec les autres acteurs ?
A mon avis, la Constitution actuelle demeure un handicap de taille pour donner un coup de pouce aux droits de l’Homme et instaurer par conséquent l’Etat de droit. Nous appelons à la mise en place d’une Constitution démocratique, où il y aurait une nette séparation entre l’Etat et la religion.
Nous plaidons en outre pour une véritable séparation entre les pouvoirs. Aussi, la justice doit-elle être reconnue constitutionnellement en tant que pouvoir. A cela s’ajoute la problématique de la langue. Nous demandons que l’amazighité soit incluse dans la Constitution en tant que langue officielle… Bref, notre action s’inscrit dans le référentiel international des droits de l’Homme.

dimanche 13 décembre 2009

Khadija Ryadi et Abdel-ilah Benabdesselam victimes d'intimidations


Par l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme, Paris-Genève, 9/12/ 2009
APPEL URGENT

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la Torture (OMCT), vous prie d’intervenir d'urgence à propos de la situation suivante au Maroc.
Description de la situation :
L’Observatoire a été informé de sources fiables d'actes d'intimidation exercés contre Mme Khadija Riyadi, présidente de l'Association marocaine des droits humains (AMDH), et M. Abdel-ilah Benabdesselam, vice-président de l’AMDH et membre de l’Assemblée générale de l’OMCT, par des hauts fonctionnaires de l'administration pénitentiaire.
Selon les informations reçues, le 2 décembre 2009, Mme Khadija Riyadi a reçu un appel de M. Hafid Benhachem, délégué général de l'administration pénitentiaire, qui l'a convoquée à son bureau pour le jour même. Mme Riyadi s'est rendue au bureau de ce dernier en compagnie de M. Abdel-ilah Benabdesselam à 14h. A 14h30, ils ont été reçus par M. Benhachem et M. Mostapha Hilmi, directeur de la réinsertion. MM. Benhachem et Hilmi ont alors commencé à accuser les deux défenseurs des droits de l'Homme de publier des rapports négatifs sur le Maroc et ce, afin « d'obtenir des fonds » et de « trahir leur pays » en écrivant de tels rapports. Ils les ont en outre « conseillés » quitter le Maroc « s'ils n'étaient pas contents ».
Cette convocation fait suite à la publication par l'AMDH le 25 novembre 2009 de deux lettres dénonçant les conditions de détention des prisonniers dans les centres de Casablanca et de Settat.
L'Observatoire dénonce ces actes d’intimidation à l’encontre de Mme Khadija Riyadi et de M. Abdel-ilah Benabdesselam, qui visent à sanctionner leurs activités de défense des droits des prisonniers, et rappelle qu'au terme des points 1 et 2 de l'article 12 de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, « Chacun a le droit, individuellement ou en association avec d'autres, de participer à des activités pacifiques pour lutter contre les violations des droits de l'homme et des libertés fondamentales » et que « l’Etat prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration ».
Actions requises
Merci d’écrire aux autorités marocaines afin de leur demander de :
i. Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de Mme Khadija Riyadi et de M. Abdel-ilah Benabdesselam ainsi que de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme au Maroc ;
ii. Mettre un terme à toute forme d'intimidation, de pression ou de harcèlement à l’encontre de Mme Khadija Riyadi et de M. Abdel-ilah Benabdesselam ainsi que de tous les défenseurs des droits de l’Homme au Maroc, afin qu’ils puissent mener leurs activités de défense des droits de l’Homme librement et sans entrave ;
iii. Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme des Nations Unies et plus particulièrement à son article 6.b. et c. qui dispose que « (b.) Chacun a le droit, individuellement ou en association avec d'autres: Conformément aux instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme et autres instruments internationaux applicables, de publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des idées, informations et connaissances sur tous les droits de l'homme et toutes les libertés fondamentales; et, (c)D'étudier, discuter, apprécier et évaluer le respect, tant en droit qu'en pratique, de tous les droits de l'homme et de toutes les libertés fondamentales et, par ces moyens et autres moyens appropriés, d'appeler l'attention du public sur la question » ainsi que son article 12.2 susmentionné ;
iv. Plus généralement, se conformer en toutes circonstances aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et des instruments internationaux relatifs aux droits de l’Homme liant le Royaume du Maroc.
Adresses
• Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Ibn Al Hassan, Roi du Maroc, Palais Royal, Rabat, Maroc, Fax : + 212 37 73 07 72
• M. Abbas El Fassi, Premier Ministre, Bureau du Premier Ministre et Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, Palais Royal, Rabat, Maroc, + Fax : 212 37 76 99 95 / 91 95 / 77 68 37
• M. Abdelwahed Radi, Ministre de Justice, Ministère de la Justice, Place Mamounia, Rabat, Maroc, Fax: +212 37 73 07 72/ +212 37 72 37 10
• M. Chakib Benmoussa, Ministre de l’Intérieur, Quartier Administratif, Rabat, Maroc, Fax : 212 37 76 20 56
• M. Taieb Fassi Fihri, Ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Ministère des Affaires étrangères et de la coopération, avenue Franklin Roosevelt, Rabat, Maroc. Fax: +212 37 76 46 79/ +212 37 76 55 08, Email: mail@maec.gov.ma
• M. Ahmed Herzenni, Président, Conseil Consultatif des Droits de l’Homme (CCDH), Place des Chouhada, B.P. 1341, Rabat, Maroc. Fax : + 212 37.72.68.56. E-mail: ccdh@ccdh.org.ma
• Mission permanente du Royaume du Maroc auprès des Nations unies à Genève, Chemin François-Lehmann 18a, Case postale 244, 1218 Grand-Saconnex, Suisse, E-mail : mission.maroc@ties.itu.int, fax: +41 22 791 81 80
• Mission diplomatique du Royaume du Maroc à Bruxelles, 2 avenue F.D. Roosevelt, 1050 Bruxelles, Belgique, Fax : + 32 2 626 34 34.
Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques du Maroc dans vos pays respectifs.
***
Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.
L’Observatoire, programme de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible.
L’Observatoire a été lauréat 1998 du Prix des Droits de l’Homme de la République Française.
Pour contacter l’Observatoire, appeler La Ligne d’Urgence:
• E-mail : Appeals@fidh-omct.org
• Tel et fax FIDH : + 33 1 43 55 20 11 / 33 1 43 55 18 80
• Tel et fax OMCT : +41 22 809 49 39 / 41 22 809 49 29