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dimanche 17 janvier 2016

Vingt-cinq ans de guerres et de fascisation, c’est assez !

Par Nadine Rosa-Rosso

Il y a vingt-cinq ans exactement, nous regardions les images vertes des premières frappes « chirurgicales » sur l’Irak, menées par la coalition internationale sous leadership américain. La première guerre du Golfe venait de commencer, et avec elle s’est ouverte l’ère des guerres sans fin contre les peuples du Tiers Monde. 

Première guerre de la nouvelle ère inaugurée par la désintégration du camp socialiste, premier embargo sans fin annoncée, premiers massacres dont on ne compte même plus les victimes.
Dans notre pays, l’année 1991 sera aussi celle de la première révolte des jeunes des quartiers populaires de Bruxelles, réclamant des droits et l’arrêt des contrôles policiers « au faciès ». C’est aussi la première année de la victoire de l’extrême droite aux élections, avec le « dimanche noir » du 24 novembre et le demi-million de voix pour les formations fascistes.
A la révolte des jeunes, les gouvernants ont répondu par les contrats dits de « sécurité » qui ont enfermé la jeunesse populaire dans l’image de coupables potentiels. A la victoire électorale des fascistes, tous les partis ont répondu en droitisant leur discours au point qu’on peut pratiquement se passer d’eux et obtenir le même résultat.
Vingt-cinq ans de guerres, embargos, politiques sécuritaires et discours fascisants et pourtant voilà nos gouvernants tout stupéfaits d’assister au retour du boomerang : les attentats terroristes qui ne sont pourtant ici que le pâle reflet des guerres que nous menons là-bas depuis un quart de siècle.
La gauche a quant à elle renoncé à prendre pour combat prioritaire la lutte contre les guerres, la discrimination et la fascisation de tout le discours politique. La course électorale et aux étroits sièges parlementaires détermine ce qui peut encore se dire et ce qui doit se taire.
Nous sommes aujourd’hui dans le noir, le noir de la tristesse pour tous ces morts là-bas et ici, sans distinction. Le noir de l’inconnu face à un avenir de plus en plus incertain. A nous de créer la petite lueur de l’espoir, en ayant le courage d’aller à contre-courant de l’idéologie guerrière qui domine la société et façonne nos manières de penser et d’agir. De refuser les politiques menées aujourd’hui au nom de la lutte contre le terrorisme. Et de recréer les liens de solidarité et de résistance dont nous aurons de plus en plus besoin dans les années à venir.





mardi 24 novembre 2015

« Nous payons les inconséquences de la politique française au Moyen-Orient »

@Déclaration Citoyenne Et la République à travers ses silences et les fabuleux contrats signés avec le le Qatar et l'Arabie Wahhabite, occulte totalement le rôle de ces deux États dans la mondialisation de la barbarie et en particulier celle qui frappe la France! Les observateurs avisés et les services de renseignements savent tout cela mais sont contraints à une forme de myopie institutionnelle et de soumission à la raison d'État. Tôt ou tard les sociétés civiles comprendront ce jeu de dupes et appelleront à des mobilisations citoyennes; pour l'heure les Valls et les Juppé s'inclinent devant les États géniteurs de l'islamo-fascisme en pensant aux élections présidentielles, mais gare à l'effet boomerang.


Le Monde | Laurent Fabius et le ministre du pétrole saoudien  Ali al-Naimi  le 8 novembre à Paris.

 image: http://s2.lemde.fr/image/2015/11/17/534x0/4811387_6_555d_laurent-fabius-et-le-ministre-du-petrole_53804d5e590fff94c999eb8101ee0f2c.jpg

 Soyons réalistes, demandons l’impossible, clamaient dans les rues de Paris les utopistes de mai 1968. Etre réaliste aujourd’hui, c’est réclamer à ceux qui gouvernent d’aller aux racines de ce mal qui, le 13 novembre, a tué au moins 129 personnes dans la capitale française. Elles sont multiples, et il n’est pas question d’en faire ici l’inventaire. Nous n’évoquerons ni l’abandon des banlieues, ni l’école, ni la reproduction endogamique d’élites hexagonales incapables de lire la complexité du monde. Nous mesurons la multiplicité des causes de l’expansion de l’islamisme radical.

Comme nous savons à quel point l’étroitesse des rapports entretenus dans tout le monde arabe entre les sphères politique et religieuse a pu faciliter son émergence, nous n’avons aucune intention simplificatrice. Mais, aujourd’hui, c’est la politique internationale d’une France blessée, et de l’ensemble du monde occidental, que nous voulons interroger.
Sur l’islamisme d’abord. Depuis le début de sa montée en puissance, dans les années 1970, les dirigeants occidentaux se sont convaincus qu’il devenait la force politique dominante du monde arabo-musulman. Addiction au pétrole aidant, ils ont renforcé le pacte faustien les liant aux Etats qui en sont la matrice idéologique, qui l’ont propagé, financé, armé. Ils ont, pour ce faire, inventé l’oxymore d’un « islamisme modéré » avec lequel ils pouvaient faire alliance.
Le djihadisme est avant tout l’enfant des Saoud et autres émirs auxquels elle se félicite de vendre à tour de bras ses armements sophistiqués. On ne veut pas voir que la même idéologie les anime
Le soutien apporté ces derniers mois au régime turc de M. Erdogan dont on connaît les accointances avec le djihadisme, et qui n’a pas peu contribué à sa réélection, en est une des preuves les plus récentes. La France, ces dernières années, a resserré à l’extrême ses liens avec le Qatar et l’Arabie saoudite, fermant les yeux sur leur responsabilité dans la mondialisation de l’extrémisme islamiste.