Par APS28/9/2013
PARIS- Des manifestants se sont
rassemblés samedi place du Trocadero à Paris pour dénoncer "répression
sanglante" marocaine dans les territoires occupés du Sahara occidental,
appelant à la mise en place d’une commission d’enquête "indépendante"
sur la mort d’un manifestant sahraoui dans la ville marocaine d’Assa.
Regroupés sur le parvis des droits de
l’homme, les manifestants scandaient à tue-tête des mots d’ordre comme
"Une seule solution : arrêtez l’occupation", "Sahara massacré, la France
sans pitié" et "Pas d’alternative à l’autodétermination".
Les manifestants ont déployé des banderoles sur lesquelles on pouvait
notamment lire "Libération de tous les prisonniers politiques sahraouis
dans les prisons marocaines", "Oui à un mécanisme international de
surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental" et "La France
doit changer de position sur la conflit sahraoui et soutenir la droit
inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination".
De nombreux manifestants arboraient des portraits de militants
disparus ou emprisonnés, pour certains depuis 30 ans, dans les geôles
marocaines, ou de récentes victimes "d’interventions musclées" des
forces de l’ordre marocaines dans les territoires occupés.
Un membre de l’Association de la communauté sahraouie en France a
évoqué les "évènements tragiques" qui avaient émaillé le démantèlement
du camp de manifestants de sahraouis à Tzimi, dans les territoires
occupés, le 21 septembre dernier et la manifestation de protestation qui
s’en est suivie à Assa.
"Lors de cette manifestation, un jeune sahraoui, Rachid Chine (21 ans)
est décédé, tué de deux balles dans le dos", a-t-il déploré, exigeant
une commission d’enquête "indépendante" sur cette mort et la libération
des prisonniers politiques qui croupissent encore dans les prisons du
Royaume.
Une militante de l’association des Amis de la République arabe
sahraouie démocratique (RASD), Fabienne Reberioux, a indiqué à l’APS que
depuis le soulèvement qui avait suivi le démantèlement en 2010 du camp
de Gdeim Izik, les manifestations dans les territoires occupés pour le
droit à l’autodétermination sont devenues "quotidiennes, se traduisant
surtout par des tags de drapeaux sahraouis dans les rues, des sit-in
revendiquant les respects des droits de l’Homme et le brandissement en
plein jour de l’emblème sahraoui".
Elle s’était rendue, en juillet dernier, dans les territoires occupés
dont Assa, pour s’enquérir, en compagnie d’un groupe d’observateurs des
droits humains, des conditions carcérales de détenus sahraouis, privés,
a-t-elle dit, de courrier, et de l’activité des associations sahraouies
sur place.
Pour le représentant de l’Association des familles des prisonniers
disparus sahraouis, Bachir Moutik, la symbolique du rassemblement est
double : manifester une solidarité avec la famille du jeune sahraoui tué
à Assa et toutes les familles sahraouies des territoires occupés, et
exiger du gouvernement français de revoir sa position sur le conflit
sahraoui et d’arrêter son soutien indéfectible au régime marocain et sur
l’aspect des droits de l’homme.
"On ne peut pas comprendre aujourd’hui que la France, normalement
pays des droits de l’Homme, soit en retard sur cette question, alors que
le dernier rapport du Département d’Etat américain à ce propos est très
en avance", a-t-il dit, appelant le gouvernement français à appuyer le
droit des Sahraouis à l’autodétermination, ce qui, selon lui, "honorera
la France, en tant que pays membre permanent du Conseil de sécurité et
bastion des droits de l’Homme".
Le rassemblement qui a pris fin par un sit-in de plus d’une heure
devant l’ambassade du Maroc à Paris, a été organisé à l’appel d’une
dizaine d’associations sahraouis et françaises soutenant la cause
sahraouie, aux côtés de partis politiques de gauche, du Collectif Sortir
du Colonialisme et du Mrap.