L'émission de France Inter du jeudi 6 septembre 2012
Un reportage de Léa-Lisa Westerhoff à Tanger, au Maroc
La naissance de ces enfants
n'était, pour la plupart, pas désirée. Pourquoi ? Parce qu’ils sont nés
de couples non mariés et qu’au Maroc,
les relations sexuelles avant le mariage -tout comme l’avortement- sont
Logo 100% mamans
© 100% mamans - 2012
interdits. Les
femmes qui tombent enceintes de cette façon représentent au moins 4% de
la
population marocaine, mais aucun programme d’Etat ne leur vient en aide.
Alors,
ce sont des associations qui se battent pour la dignité des mères
célibataires. Nous sommes allés dans l'une d'entre elles, à Tanger, dans
le nord du Maroc.
Une crèche aux murs bleu ciel, dans un quartier
populaire. Assise dans un coin de la pièce, visage souriant, traits tirés, Fatemzahara,
24 ans, berce son fils. Voilà deux mois qu’il est né, dans la douleur.
Fatemzahara : « Ça a été très difficile pour moi, je ne suis pas mariée, je suis toute
seule. Ma famille est conservatrice, il y a des règles, tu comprends ?
Surtout pour nous les filles ! Quand
je suis tombée enceinte pour eux c’était un très gros problème, ils ne
pouvaient pas comprendre, pour eux c’est honteux, tu dois nécessairement te
marier…
-Et si tu leur avais dit que tu étais enceinte?
- Ils
auraient pu me tuer... »
Son histoire, Fatemzahara la raconte en ravalant ses
larmes. Elle est loin d’être une exception : comme elle, chaque année, des
centaines de milliers de Marocaines tombent enceintes alors qu’elles ne sont
pas mariées.
Un interdit absolu dans l’islam, qui force la plupart de ces
femmes à se cacher ou à vivre exclues, comme le raconte cette autre jeune mère
tombée enceinte à 20 ans.
Autre jeune mère : « Au départ, mon ventre ne se voyait pas trop et je pouvais travailler,
mais dès qu’on a commencé à voir que j’étais enceinte, j’ai eu des problèmes. Personne
ne voulait plus m’employer ou même me louer un appartement. J’étais presque à
la rue, nulle part ou aller… »
Installée aujourd’hui autour d’une table avec cinq
autres jeunes mamans, Fatemzahra suit une formation d’aide cuisinière. Elle a
fini par entendre parler de l’association à Tanger et y a trouvé refuge le
temps d’accoucher.
Mais Claire Trichot, fondatrice de l’association « 100%
maman » confirme : si les médias parlent plus ouvertement de ce problème
de société aujourd’hui, ces mères célibataires sont toujours victimes de
discrimination au quotidien, au travail, à l’hôpital, dans la rue…
Claire Trichot : « Ce sont des situations dramatiques, elles ne savent plus à qui
s’adresser… Les familles les excluent, le père biologique disparait… Nous
sommes toujours confrontés à cette réalité et nous avons toujours du mal à
travailler réellement l’insertion sociale de la maman auprès de la société, de
la famille, d’un employeur… Je ne vois pas de différence en six ans d’existence »
Le chemin pour la reconnaissance des mères
célibataires est encore long, très long. Aujourd’hui, seul un tiers d’entre
elles sont prises en charge faute de structure d’accueil. A Tanger, « 100%
maman » est la seule pour tout le nord du Maroc. Quinze mères peuvent y
trouver refuge le temps d’accoucher.
Commentaires
Paviot (anonyme),7/9/2012
L'association malouine Enfants du Maroc s'est engagée à soutenir cette association animée par une équipe et des bénévoles qui ne ménagent pas leurs efforts afin d'aider ces mamans célibataires. La transparence des comptes de 100% Mamans est exemplaire, nous ne pouvons qu'encourager les donateurs à les soutenir.

Je me suis rendue à l'association et ai remis aux responsables les affaires qui m'ont été données.
Toujours reçue avec gentillesse, une responsable a fait visiter les locaux à Yannick Valette, responsable de l'association "servir sans frontière" d'Albi.
Nous avons aussi visité les logements dans lesquels quelques mamans sont hébergées.
Je rencontrerai Claire Trichot dans la semaine.
Les photos sont pour bientôt.....quand Yannick me les aura faites parvenir.
Faire des collectes dans crèches et écoles en France est possible mais, le grand problème est le transport.
Aidez nous à les aider.