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lundi 11 mai 2015

Maroc : Les militaires et les gendarmes privés de Facebook et Twitter?

Par Mohammed Jaabouk, 10/5/2015
 
Les sous-officiers des FAR très actifs sur les réseaux sociaux sont dans le viseur de la hiérarchie des FAR. Détails.
Archive - DR
Sur instruction des généraux Bouchaib Arroub et Hosni Benslimane, les militaires et les gendarmes ont désormais l'interdiction de surfer sur les réseaux sociaux. C’est la riposte de la hiérarchie à la prolifération de pages de sous-officiers, indique le quotidien Al Massae dans son édition du week-end. Les membres des deux corps de l’armée ayant déjà des comptes sur Facebook et Twitter sont tenus d’en informer leurs supérieurs, ajoute la même source.

Eviter le précédent du blog des policiers
Ce tour de vis est destiné à empêcher la diffusion sur le net de plaintes et récriminations des hommes et des femmes en uniforme. Une mesure préventive afin de tuer dans l’œuf toute contestation. Elle vise surtout à éviter l’épisode de colère des policiers qui avaient créé un blog en 2007. Un espace qui avait remporté un franc succès auprès des éléments de la direction générale de la sûreté nationale. Une fenêtre de liberté de parole, de commentaires, de dénonciations de gradés véreux et parfois de règlements de compte qui n'avait pas fait long feu.
Depuis, policiers, gendarmes et soldats se sont rués sur les réseaux sociaux et YouTube pour s’exprimer, postant toutes sortes de messages. Du gendarme qui donne son uniforme à sa petite amie pour prendre une photo assez osée jusqu’au cas d’Oussama Gharbal, un autre gendarme de Khémisset qui a eu le courage d’enregistrer des vidéos mettant à nu la corruption de ses collègues.

Que faire des forums au sujet des FAR ?
Les officiers des différents corps des Forces armées royales seront-ils logés à la même enseigne que les sous-officiers ? Bien avant la révolution des réseaux sociaux, des forums de discussions regroupent des passionnés et des membres des FAR, où ils débattent librement, le plus souvent dans la langue de Molière. Ils ont pris l'habitude d'y échanger entre-eux des informations sur les dernières acquisitions d'armement par le Maroc.
Mais ces espaces restent gérés par des modérateurs. Ce qui explique l’absence de protestation d’ordre professionnel. Les détails techniques et une forte présence de sigles sont le point commun entre les messages. Et contrairement à ce qui était avancé par Al Massae, ce sont ces forums qui sont les premiers à révéler « des informations sensibles » sur l’armement marocain.

samedi 1 juin 2013

Le baroud d'honneur de Mustapha Adib


Par Jeune Afrique, 18/5/2013


C'est l'histoire d'un naufrage humain et politique. En 1998, Mustapha Adib est encore un jeune officier idéaliste. Capitaine dans l'armée de l'air marocaine (affecté à la base d'Errachidia), il a la trentaine, le visage poupin et les yeux qui brillent. Servir « son roi et sa patrie », c'est la mission qui lui tient à coeur.  Mais, aujourd'hui, il n'est plus que « l'ex-capitaine Adib ». Il n'habite plus son pays, vivote entre Paris et sa banlieue. Découragé par une série d'échecs, amer et conscient d'avoir été utilisé, il a renoncé à chercher un emploi en juin dernier. Il n'a plus ni argent ni illusion. Et, surtout, s'estime sali. 
Les raisons de sa chute, les Marocains s'en souviennent. L'affaire avait fait grand bruit. Il y a dix ans, Mustapha Adib dénonce, dans une lettre à celui qui deviendra Mohammed VI, un trafic de carburant organisé par le lieutenant-colonel de sa base. Prince héritier et numéro deux des Forces armées royales (FAR) à l'époque, le futur souverain diligente une enquête. Le coupable est condamné à dix-huit mois de prison. Le jeune capitaine, lui, a le sentiment du devoir accompli et se sent soutenu par la monarchie. Mais pour un temps seulement.
 Dans la foulée de la condamnation de son supérieur, il est muté deux fois sans raison et subit brimade sur brimade. Il n'est pas bon que les petits officiers dénoncent leurs chefs. Dépité, Adib s'en ouvre à la presse étrangère : dans les colonnes du quotidien français Le Monde, il dénonce le système de corruption qui, selon lui, gangrène les FAR et les représailles dont il est victime. Une confession qui lui vaudra d'être jugé par un tribunal militaire, radié de l'armée, puis de passer deux ans et demi en prison pour « outrage à l'armée » et « violation des consignes militaires ». Adib se sent lâché. 
Libéré en mai 2002, le désormais ex-capitaine commence par chercher un emploi au Maroc. Peine perdue. De guerre lasse, il part alors tenter sa chance en France, où il reprend des études à l'École nationale supérieure des télécoms (ENST). Depuis qu'il a obtenu son diplôme, en 2004, il va de stages en petits boulots et dit n'avoir toujours pas reconstruit sa vie. « À cause d'une injustice. » 
Dans l'interview qui suit, recueillie en banlieue parisienne, il lève un coin du voile sur une période troublée et complexe : celle du début des années M6, quand des personnalités aussi opposées que le « prince rouge » Moulay Hicham et l'ex-grand vizir de Hassan II Driss Basri conjuguèrent en vain leurs efforts pour déstabiliser le nouveau souverain, quitte à accréditer à cet effet l'existence de mouvements fantômes comme celui des « officiers libres ». De l'affaire Mandari à l'affaire Adib, le fil rouge est le même et le gâchis humain identique. 


Jeune afrique : Après un long silence, vous venez de publier une lettre dans laquelle vous dénoncez l'attitude de certaines personnalités marocaines. Pourquoi avoir attendu ? 

Mustapha Adib : Jusqu'à maintenant, je me suis surtout préoccupé de ma vie professionnelle. Mais aujourd'hui, il est temps que je tire la sonnette d'alarme. Il n'y a aucun calcul politique derrière ma lettre. J'ai seulement reçu des promesses de certaines personnes qui ne les ont pas honorées. J'avais à coeur  de dénoncer ces fausses promesses. 


Dans cette lettre, vous affirmez que le prince Moulay Hicham [le cousin de Mohammed VI, NDLR] n'a pas tenu ses engagements. Que vous a-t-il promis ? 

En novembre 2007, je suis entré en contact avec lui par mes propres réseaux. J'avais des difficultés financières. Il m'a demandé : « Tu as besoin de combien ? » Je lui ai répondu. Il m'a promis de faire le nécessaire très rapidement. Finalement, il ne m'a donné que le quart de la somme qu'il m'avait promise. Je l'ai relancé plusieurs fois, en vain. Le fait qu'il ne tienne pas ses engagements alors que sa démarche était libre et volontaire m'a surpris. 


Quelle somme lui avez-vous demandée ? 

Je préfère ne pas révéler le montant. Mais je peux vous dire qu'il est inférieur à 100 000 euros. 


Est-ce pour qu'il vous aide que vous dénoncez aujourd'hui son attitude ? 

Non, mais son aide serait la bienvenue et j'en serais honoré, car je le respecte. 


L'avez-vous déjà rencontré physiquement ? 

Non, nous avons uniquement parlé au téléphone. 


Pourquoi, d'après vous, s'est-il engagé à vous aider ? 

C'est quelqu'un qui œuvre  pour la démocratisation au Maroc, et j'ai été victime d'une injustice. Peut-être voulait-il la réparer. 


Vous reprochez également à Driss Basri [ministre de l'Intérieur de Hassan II, décédé à Paris en août 2007, NDLR] de n'avoir pas honoré son engagement

C'était au début de 2007. J'avais l'idée de lui exposer ma situation financière. J'ai consulté des militants des droits de l'homme au Maroc, qui m'ont conseillé d'aller le voir. Alors je l'ai appelé, et il m'a reçu chez lui, dans le 16e arrondissement de Paris. Je lui ai fait part de mes besoins. Là encore, je ne vous révélerai pas le montant. Il m'a dit que je recevrai le tout dans sept à dix jours. Mais il ne m'a rien versé du tout. 


Pourquoi Driss Basri, à qui on impute bien des injustices, aurait-il volé à votre secours ? 

Peut-être pour se racheter des années de plomb, c'était la fin de sa vie. 


Pourquoi, d'après vous, Moulay Hicham et Driss Basri se sont-ils finalement rétractés ? 

J'ai beau chercher une explication, je ne sais pas. 


Avez-vous sollicité d'autres responsables marocains ? 

Non, uniquement Driss Basri et Moulay Hicham. 


Pourquoi avoir pensé à eux ? 

Je ne peux pas vous le dire, ça s'est trouvé comme ça. 


Vos explications ne sont guère convaincantes. On dirait que votre démarche n'était pas spontanée, que vous agissiez pour le compte de quelqu'un…

Non, je n'ai été manipulé par personne. Comme je vous l'ai déjà dit, j'ai seulement pris conseil auprès de militants des droits de l'homme avant de m'adresser à Driss Basri. C'est tout. 


Vous pointez également du doigt les « pratiques minables et contraires à la supposée nouvelle ère » des services secrets marocains. À quoi faites-vous allusion ? 

J'ai longtemps cherché du travail au Maroc, dans les télécoms, car je suis ingénieur télécoms de formation. Je me suis notamment tourné vers Méditel et Maroc Télécom, qui m'ont opposé une fin de non-recevoir. Je suppose que leurs patrons ne voulaient pas prendre de risques. J'ai aussi postulé chez Wana. Sa direction m'a dit qu'elle devait attendre le feu vert avant de me recevoir. J'ai finalement été reçu à Casablanca, on m'a dit que j'avais un profil intéressant et que je devais passer deux entretiens. Mais je n'ai eu aucun rendez-vous. J'ai de nouveau sollicité la direction, qui m'a annoncé que, finalement, elle ne donnait pas suite à ma demande. Je n'ai reçu aucune autre explication. Je pense que les services secrets marocains sont intervenus pour empêcher ma candidature d'aboutir. 


Pourquoi ? 

Je pense que les généraux, dont j'ai révélé les pratiques, veulent tout simplement me nuire. 


Selon vous, l'armée était gangrenée par des pratiques de corruption. Est-ce encore à l'ordre du jour ? 

Bien sûr, elles perdurent. Je le sais, car j'ai encore beaucoup de contacts avec des officiers. Rien n'a été entrepris pour les éradiquer. 


Souhaiteriez-vous réintégrer l'armée ? 

Si on m'y invite, oui. Rien n'est impossible tant que je n'ai pas 60 ans. Mais à la condition qu'une commission éclaircisse les crimes et les délits commis par les officiers. 


Mais avec toutes les accusations que vous lancez, n'avez-vous pas peur de devenir un paria ? 

Je n'ai plus rien à perdre.
 http://www.jeuneafrique.com/Article/LIN24088lebarbidaah0/
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Mustapha Adib contre « Sidi le Préfet » et « Lalla Colette »

Par Demainonline, 28/5/2013


Lalla Colette
Incroyable mais français ! L’ex-capitaine Mustapha Adib, qui veut manifester pacifiquement dans les rues de la commune de Betz où se trouve le château « royal » de Betz, ne peut le faire sur décision du préfet de l’Oise, Nicolas Desforges, un larbin du ministre de l’intérieur, Manuel Valls.
Dans cette affaire, le préfet Desforges, ainsi que la maire de la ville, Colette Thellier, une secrétaire de mairie retraitée, apparemment tellement dépassée par les événements qu’elle s’est barricadée dans le siège du consistoire pour ne pas recevoir Adib, se comportent comme de vulgaires sujets du sultan du Maroc.
« Sidi Nicolas » et « Lalla Colette » ont purement et simplement « interdit de circulation » Mustapha Adib. Une décision inouïe dans une république qui se prétend initiatrice et sanctuaire du beau concept des « droits de l’homme ».
Pour Sidi Nicolas Desforges, on ne passe pas !Alors qu’une grande partie de  la presse française, tagines et invitations à la Mamounia obligent, se tait, le quotidien Le Parisien (voir ci-dessous) sauve quelque peu l’honneur.

Interdit de circulation dans la commune et de manifestation



Pour Sidi Nicolas Desforges, on ne passe pas !
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Le roi du Maroc aurait été « menacé de mort »
Depuis plusieurs jours, la commune de Betz est cernée par les gendarmes, en raison de la présence du roi du Maroc, Mohamed VI. Une dizaine de militaires sont mobilisés à différents endroits pour assurer la surveillance et la protection de la résidence et de nombreux contrôles d’automobilistes sont effectués.
Chateau de Betz
Si cette présence est aussi importante c’est parce que le Collectif pour la dénonciation de la dictature au Maroc menace de venir manifester devant la résidence.

Selon certaines informations, Mohamed VI aurait même reçu des menaces de mort par courrier.

Les manifestants étaient déjà venus à Betz en octobre, mais face au dispositif des forces de l’ordre, ils n’étaient finalement restés qu’une heure ou deux.
Source Le Parisien

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 Salah Elayoubi
Ils ont trouvé une nouvelle idée de manipulation. Le roi aurait été menacé ! Le prochain coup, ils vont procéder à quelques arrestations, histoire de donner le change et faire oublier l'action de Betz menée par le collectif contre la dictature et les charges véritables qui pèseraient contre ce grand prédateur, si nous étions une démocratie: incitation à des actes de torture, complicité de meurtre, recel de vol et de détournements, blanchiment de fonds provenant d'une infraction a la loi des changes, corruption........





mardi 27 novembre 2012

Un ancien militaire s’en prend aux FAR et aux généraux prédateurs

Par Demainonline, 27/11/2012

Le militaire qui dénonce les tares de la corruption dans les FAR.

Un ancien militaire marocain, qui a pris soin de se draper dans le drapeau national (on ne s’est jamais !)l, s’adresse au « chef suprême », c’est-à-dire le roi Mohamed VI, même s’il ne prononce pas le nom.
Il ne donne pas non plus son nom ni son grade. Mais pour ça on peut faire confiance à la DST et à la DGED du copain du roi pour le savoir.
Cet ex-militaire dénonce la corruption dans l’armée, le détournement des fonds publics, les marchés etc., et l’abandon dans lequel se trouvent les anciens militaires dont beaucoup ont combattu pour leur pays dans le passé.
Il se demande pourquoi le général Achahbar n’a rendu aucun compte de ce qu’il a piqué à l’armée et rappelle une déclaration de Hassan II où il disait : « Pour moi, l’armée c’est les officiers, le reste c’est un ramassis de chômeurs ».
Les intéressés, surtout ceux qui sont morts pour le Sahara, ont dû sûrement apprécier. Personne n’a jamais protesté.