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samedi 1 juin 2013

Le baroud d'honneur de Mustapha Adib


Par Jeune Afrique, 18/5/2013


C'est l'histoire d'un naufrage humain et politique. En 1998, Mustapha Adib est encore un jeune officier idéaliste. Capitaine dans l'armée de l'air marocaine (affecté à la base d'Errachidia), il a la trentaine, le visage poupin et les yeux qui brillent. Servir « son roi et sa patrie », c'est la mission qui lui tient à coeur.  Mais, aujourd'hui, il n'est plus que « l'ex-capitaine Adib ». Il n'habite plus son pays, vivote entre Paris et sa banlieue. Découragé par une série d'échecs, amer et conscient d'avoir été utilisé, il a renoncé à chercher un emploi en juin dernier. Il n'a plus ni argent ni illusion. Et, surtout, s'estime sali. 
Les raisons de sa chute, les Marocains s'en souviennent. L'affaire avait fait grand bruit. Il y a dix ans, Mustapha Adib dénonce, dans une lettre à celui qui deviendra Mohammed VI, un trafic de carburant organisé par le lieutenant-colonel de sa base. Prince héritier et numéro deux des Forces armées royales (FAR) à l'époque, le futur souverain diligente une enquête. Le coupable est condamné à dix-huit mois de prison. Le jeune capitaine, lui, a le sentiment du devoir accompli et se sent soutenu par la monarchie. Mais pour un temps seulement.
 Dans la foulée de la condamnation de son supérieur, il est muté deux fois sans raison et subit brimade sur brimade. Il n'est pas bon que les petits officiers dénoncent leurs chefs. Dépité, Adib s'en ouvre à la presse étrangère : dans les colonnes du quotidien français Le Monde, il dénonce le système de corruption qui, selon lui, gangrène les FAR et les représailles dont il est victime. Une confession qui lui vaudra d'être jugé par un tribunal militaire, radié de l'armée, puis de passer deux ans et demi en prison pour « outrage à l'armée » et « violation des consignes militaires ». Adib se sent lâché. 
Libéré en mai 2002, le désormais ex-capitaine commence par chercher un emploi au Maroc. Peine perdue. De guerre lasse, il part alors tenter sa chance en France, où il reprend des études à l'École nationale supérieure des télécoms (ENST). Depuis qu'il a obtenu son diplôme, en 2004, il va de stages en petits boulots et dit n'avoir toujours pas reconstruit sa vie. « À cause d'une injustice. » 
Dans l'interview qui suit, recueillie en banlieue parisienne, il lève un coin du voile sur une période troublée et complexe : celle du début des années M6, quand des personnalités aussi opposées que le « prince rouge » Moulay Hicham et l'ex-grand vizir de Hassan II Driss Basri conjuguèrent en vain leurs efforts pour déstabiliser le nouveau souverain, quitte à accréditer à cet effet l'existence de mouvements fantômes comme celui des « officiers libres ». De l'affaire Mandari à l'affaire Adib, le fil rouge est le même et le gâchis humain identique. 


Jeune afrique : Après un long silence, vous venez de publier une lettre dans laquelle vous dénoncez l'attitude de certaines personnalités marocaines. Pourquoi avoir attendu ? 

Mustapha Adib : Jusqu'à maintenant, je me suis surtout préoccupé de ma vie professionnelle. Mais aujourd'hui, il est temps que je tire la sonnette d'alarme. Il n'y a aucun calcul politique derrière ma lettre. J'ai seulement reçu des promesses de certaines personnes qui ne les ont pas honorées. J'avais à coeur  de dénoncer ces fausses promesses. 


Dans cette lettre, vous affirmez que le prince Moulay Hicham [le cousin de Mohammed VI, NDLR] n'a pas tenu ses engagements. Que vous a-t-il promis ? 

En novembre 2007, je suis entré en contact avec lui par mes propres réseaux. J'avais des difficultés financières. Il m'a demandé : « Tu as besoin de combien ? » Je lui ai répondu. Il m'a promis de faire le nécessaire très rapidement. Finalement, il ne m'a donné que le quart de la somme qu'il m'avait promise. Je l'ai relancé plusieurs fois, en vain. Le fait qu'il ne tienne pas ses engagements alors que sa démarche était libre et volontaire m'a surpris. 


Quelle somme lui avez-vous demandée ? 

Je préfère ne pas révéler le montant. Mais je peux vous dire qu'il est inférieur à 100 000 euros. 


Est-ce pour qu'il vous aide que vous dénoncez aujourd'hui son attitude ? 

Non, mais son aide serait la bienvenue et j'en serais honoré, car je le respecte. 


L'avez-vous déjà rencontré physiquement ? 

Non, nous avons uniquement parlé au téléphone. 


Pourquoi, d'après vous, s'est-il engagé à vous aider ? 

C'est quelqu'un qui œuvre  pour la démocratisation au Maroc, et j'ai été victime d'une injustice. Peut-être voulait-il la réparer. 


Vous reprochez également à Driss Basri [ministre de l'Intérieur de Hassan II, décédé à Paris en août 2007, NDLR] de n'avoir pas honoré son engagement

C'était au début de 2007. J'avais l'idée de lui exposer ma situation financière. J'ai consulté des militants des droits de l'homme au Maroc, qui m'ont conseillé d'aller le voir. Alors je l'ai appelé, et il m'a reçu chez lui, dans le 16e arrondissement de Paris. Je lui ai fait part de mes besoins. Là encore, je ne vous révélerai pas le montant. Il m'a dit que je recevrai le tout dans sept à dix jours. Mais il ne m'a rien versé du tout. 


Pourquoi Driss Basri, à qui on impute bien des injustices, aurait-il volé à votre secours ? 

Peut-être pour se racheter des années de plomb, c'était la fin de sa vie. 


Pourquoi, d'après vous, Moulay Hicham et Driss Basri se sont-ils finalement rétractés ? 

J'ai beau chercher une explication, je ne sais pas. 


Avez-vous sollicité d'autres responsables marocains ? 

Non, uniquement Driss Basri et Moulay Hicham. 


Pourquoi avoir pensé à eux ? 

Je ne peux pas vous le dire, ça s'est trouvé comme ça. 


Vos explications ne sont guère convaincantes. On dirait que votre démarche n'était pas spontanée, que vous agissiez pour le compte de quelqu'un…

Non, je n'ai été manipulé par personne. Comme je vous l'ai déjà dit, j'ai seulement pris conseil auprès de militants des droits de l'homme avant de m'adresser à Driss Basri. C'est tout. 


Vous pointez également du doigt les « pratiques minables et contraires à la supposée nouvelle ère » des services secrets marocains. À quoi faites-vous allusion ? 

J'ai longtemps cherché du travail au Maroc, dans les télécoms, car je suis ingénieur télécoms de formation. Je me suis notamment tourné vers Méditel et Maroc Télécom, qui m'ont opposé une fin de non-recevoir. Je suppose que leurs patrons ne voulaient pas prendre de risques. J'ai aussi postulé chez Wana. Sa direction m'a dit qu'elle devait attendre le feu vert avant de me recevoir. J'ai finalement été reçu à Casablanca, on m'a dit que j'avais un profil intéressant et que je devais passer deux entretiens. Mais je n'ai eu aucun rendez-vous. J'ai de nouveau sollicité la direction, qui m'a annoncé que, finalement, elle ne donnait pas suite à ma demande. Je n'ai reçu aucune autre explication. Je pense que les services secrets marocains sont intervenus pour empêcher ma candidature d'aboutir. 


Pourquoi ? 

Je pense que les généraux, dont j'ai révélé les pratiques, veulent tout simplement me nuire. 


Selon vous, l'armée était gangrenée par des pratiques de corruption. Est-ce encore à l'ordre du jour ? 

Bien sûr, elles perdurent. Je le sais, car j'ai encore beaucoup de contacts avec des officiers. Rien n'a été entrepris pour les éradiquer. 


Souhaiteriez-vous réintégrer l'armée ? 

Si on m'y invite, oui. Rien n'est impossible tant que je n'ai pas 60 ans. Mais à la condition qu'une commission éclaircisse les crimes et les délits commis par les officiers. 


Mais avec toutes les accusations que vous lancez, n'avez-vous pas peur de devenir un paria ? 

Je n'ai plus rien à perdre.
 http://www.jeuneafrique.com/Article/LIN24088lebarbidaah0/
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Mustapha Adib contre « Sidi le Préfet » et « Lalla Colette »

Par Demainonline, 28/5/2013


Lalla Colette
Incroyable mais français ! L’ex-capitaine Mustapha Adib, qui veut manifester pacifiquement dans les rues de la commune de Betz où se trouve le château « royal » de Betz, ne peut le faire sur décision du préfet de l’Oise, Nicolas Desforges, un larbin du ministre de l’intérieur, Manuel Valls.
Dans cette affaire, le préfet Desforges, ainsi que la maire de la ville, Colette Thellier, une secrétaire de mairie retraitée, apparemment tellement dépassée par les événements qu’elle s’est barricadée dans le siège du consistoire pour ne pas recevoir Adib, se comportent comme de vulgaires sujets du sultan du Maroc.
« Sidi Nicolas » et « Lalla Colette » ont purement et simplement « interdit de circulation » Mustapha Adib. Une décision inouïe dans une république qui se prétend initiatrice et sanctuaire du beau concept des « droits de l’homme ».
Pour Sidi Nicolas Desforges, on ne passe pas !Alors qu’une grande partie de  la presse française, tagines et invitations à la Mamounia obligent, se tait, le quotidien Le Parisien (voir ci-dessous) sauve quelque peu l’honneur.

Interdit de circulation dans la commune et de manifestation



Pour Sidi Nicolas Desforges, on ne passe pas !
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Le roi du Maroc aurait été « menacé de mort »
Depuis plusieurs jours, la commune de Betz est cernée par les gendarmes, en raison de la présence du roi du Maroc, Mohamed VI. Une dizaine de militaires sont mobilisés à différents endroits pour assurer la surveillance et la protection de la résidence et de nombreux contrôles d’automobilistes sont effectués.
Chateau de Betz
Si cette présence est aussi importante c’est parce que le Collectif pour la dénonciation de la dictature au Maroc menace de venir manifester devant la résidence.

Selon certaines informations, Mohamed VI aurait même reçu des menaces de mort par courrier.

Les manifestants étaient déjà venus à Betz en octobre, mais face au dispositif des forces de l’ordre, ils n’étaient finalement restés qu’une heure ou deux.
Source Le Parisien

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 Salah Elayoubi
Ils ont trouvé une nouvelle idée de manipulation. Le roi aurait été menacé ! Le prochain coup, ils vont procéder à quelques arrestations, histoire de donner le change et faire oublier l'action de Betz menée par le collectif contre la dictature et les charges véritables qui pèseraient contre ce grand prédateur, si nous étions une démocratie: incitation à des actes de torture, complicité de meurtre, recel de vol et de détournements, blanchiment de fonds provenant d'une infraction a la loi des changes, corruption........





dimanche 1 novembre 2009

PETITION DE SOLIDARITE AVEC LES 7 GREVISTES DE LA FAIM A TAROUDANT

Par Amal Lahoucine, 30/10/2009

La grève de la faim jusqu'à la mort ou le travail !

Sous ce slogan Sept militants de la section de l'ANDCM de Taroudant mènent une grève de la faim illimitée, depuis le 19 octobre 2009 au siège de l'UMT à Taroudant. Cette décision a été prise après l'arrêt des négociations sur le droit au travail dans le secteur public, entre la section de l'ANDCM et les autorités provinciales de Taroudant.

La région de Taroudant comprend 89 communes dont 8 municipalités, elles offrent un nombre d'embauches très important. La politique suivie dans les communes locales a un caractère intégriste, avec la coordination des conseils communaux et des autorités provinciales pour éliminer l'ANDCM des embauches.
Depuis la création de la section de l’ANDCM en 1992, les autorités de Taroudant n’ont embauché que 8 de ses militants.
Les féodaux et les compradors mènent une politique proche de l'esclavage concernant le travail dans le Souss. Après avoir implanté leurs domaines sur les terres arrachées aux paysans pauvres, ils ont transformé ceux-ci en ouvriers agricoles qui subissent la double exploitation sans bénéficier d'aucune application minimum des statuts de travail. Les communes locales, qui sont occupées par les agents des féodaux et des compradors, jouent le rôle complémentaire de cette double exploitation.
La ségrégation menée par l'intervention du régime intégriste et la corruption qui règne dans le secteur public, constituent la plate-forme du ravage des biens publics. Les conseils communaux restent un moyen d'appliquer l'effet du régime intégriste, dans le but de dominer tout le territoire de la région et de contrôler le mouvement social à Taroudant.

Les militants de la section de l'ANDCM de Taroudant ont organisé ces dernières années plusieurs manifestations (meetings, sit-in, marches), qui ont ont été écrasées par les forces de répressions. Les militants sont torturés, détenus, poursuivis et condamnés au tribunal de Taroudant.
Les sept militants grévistes veulent fortement alerter l'opinion publique nationale et internationale sur les atteintes au droit au travail à Taroudant. Ils mènent cette grève illimitée de la dignité qui a besoin du soutien national et international.

Il serait souhaitable que de nombreux militants envoient une lettre inspirée ou copiée du message ci-dessous pour protester contre cette atteinte au droit au travail :

NOUS VOULONS EXPRIMER NOTRE SOLIDARITÉ AVEC LES 7 MILITANTS DE L’ANDCM GREVISTES POUR DEFENDRE LEUR DROIT AU TRAVAIL.
NOUS PROTESTONS CONTRE LES METHODES DE SEGREGATION MENEES AU NIVEAU DU TRAVAIL CONTRE LA SECTION DE L’ANDCM DE TAROUDANT.

MESSAGE À ENVOYER À :
M. Le Premier Ministre : Fax : 00 212 0537761777
M. Le Ministre de l’Intérieur : Fax 00 212 0537766861 ou bien 212 0537767404
M. le gouverneur de Taroudant : Fax 00 212 0528852018
M. le Wali (Préfet) d’Agadir Fax 00 212 0528840249
Si vous n'avez pas de fax, vous pouvez essayer d' envoyer un mail de protestation :
- au premier ministre : courrier@pm.gov.ma
- au ministre de la justice : courrier@mj.gov.ma
- au ministre de l'intérieur : courrier@mi.gov.ma

Ou bien aux adresses suivantes :
le ministre de l'intérieur :
http://www.interieur.gouv.fr/sections/contact/ministre/ministre
Le premier ministre :
http://www.pm.gov.ma/fr/contact.aspx

Merci pour eux !