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lundi 6 juin 2011

La situation politique au Maroc et la perspective d’une constitution démocratique.

Par JAITE Mohamed, pour le bureau des Amis de l'AMDH-Paris, 6/6/2011

Quel est l’impact du mouvement du 20 février sur l'évolution des évènements au Maroc? Comment peut-on analyser le projet de réforme constitutionnelle au regard des expériences passées ? Est-ce une avancée vers la démocratie ou s’agit-il seulement d’une tentative pour calmer la rue et contourner les revendications de plus en plus radicales des manifestants?  
Si le Roi a décidé de nommer les membres de la commission Mennouni, parallèlement à la mise en place d’une commission politique présidée par son conseiller Moâtassim, quelles pourraient être les autres alternatives possibles pour élaborer et mettre en place une réelle constitution démocratique au Maroc ? Quels seraient les principes et les fondements sur lesquels se construirait une telle constitution? Quelles sont les mesures constitutionnelles pouvant garantir une vraie justice sociale, l’égalité homme-femme et la reconsidération de la langue et de la culture Amazigh ?


Pour répondre à ces questions nous invitons pour une conférence-débat :


· Larbi Maâninou : Membre du comité France de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH)
· Said Sougty : Membre du comité Europe d’Annahj Addimocrati (Voie Démocratique).
· Mohammed Moubaraki : Membre du comité France du Parti Socialiste Unifié (PSU)
· Abid Al khatabi : Président de l’Association de Défense des Droits de l'Homme au Maroc (ASDHOM)

Pour assurer un échange constructif avec la salle, une modératrice introduira et animera le débat : Safae Faraji : Membre du bureau des Amis de L’Association Marocaine des Droits Humains -Paris.


Vendredi 10 juin à 18h 
Bourse du Travail,
3, rue de château d'eau (à côté de la Place de la république), 
salle : Ambroise-Croisat, Station République
(Lignes : 3, 5, 8, 9, 11,) ou station Jacques Bonsergent: (ligne : 5).
Tél : 06.12.84.33.64

samedi 9 avril 2011

Voie Démocratique : rejet de la Constitution octroyée

Par la Voie Démocratique,Casablanca, le 10 mars 2011

COMMUNIQUE

La Voie Démocratique rejette la formulation officielle annonçant l’amendement de la constitution et appelle au renforcement et à la continuité du mouvement de lutte pour un système démocratique.

Le Secrétariat National a examiné la formulation officielle, annoncés le jeudi 9 mars 2011 dans le discours du roi, pour introduire des amendements constitutionnels, et déclare :
1) Cette initiative consacre une fois encore la méthode ascendante des constitutions octroyées, où l’autocratie accapare l’autorité constitutionnelle, dans la continuité de la ligne suivie par le régime depuis la première constitution de 1962. Au niveau du contenu, celle-ci ne permet pas une rupture avec le régime du despotisme et de l’autocratie absolue, dans lequel le roi conserve le titre du « commandeur des croyants » et des prérogatives illimitées en vertu de l’article 19 de l’actuelle constitution, en contradiction avec le principe de responsabilité selon lequel celui qui gouverne accepte d’être évalué et jugé.
2) Cette initiative ne représente pas une réponse convaincante et n'englobe aucunement les revendications du mouvement de lutte pour la démocratie et la justice sociale qui a émergé suite aux mouvements du 20 février 2011. Elle limite la question de la constitution à son amendement d’une manière qui ne touche pas l’essence du régime politique tandis que la demande concerne son changement radical conformément aux revendications du mouvement démocratique pour la dissolution du Parlement, des différents Conseils et du gouvernement ainsi que l’isolement des symboles de la mafia makhzeniènne responsables des crimes politiques et économiques. Elle vise, en réalité, à récupérer ce mouvement et le pousser à l’attentisme et semer en son sein des illusions afin de le diviser et faciliter sa répression.
3) Le changement démocratique que nous souhaitons est un changement global et radical dans tous les domaines ; nous rappelons ses conditions de réalisation minimales :
- L’élaboration d’une constitution démocratique par une Assemblée Constituante élue, qui représente la volonté du peuple marocain garant de sa souveraineté et source de l’autorité, coupe avec le régime autocratique absolu, approuve l’égalité entre la femme et l’homme, et reconnait al amazigh en tant que culture nationale et langue officielle.
- La dissolution de tous les appareils répressifs secrets et parallèles responsables des crimes politiques et le jugement de leurs dirigeants.
- Le jugement de tous les corrompus et les pilleurs des finances publics et des richesses nationales et la saisie de leurs biens.
- La dissolution de toutes les institutions « élues » et de l’actuel gouvernement qui ne bénéficient pas d’une légitimité populaire et démocratique.
- L’organisation des élections libres et équitables assurant l’égalité des chances entre toutes les forces, et évitant l’intervention du Ministère de l’Intérieur dans la vie politique.
- L’arrêt définitif de l’économie de rente et la mise en place d’une politique économique et sociale qui répond aux besoins du peuple marocain et fournit les services sociaux et l’emploi pour tous.
- La libération des médias publics de la domination de la réaction et de la pensée unique , son ouverture sur toutes les opinions et les visions, et sa participation dans la diffusion des valeurs du dialogue, de la démocratie et de la liberté.
- Le développement de la culture nationale et de toutes ses composantes et son ouverture aux valeurs progressistes et humanistes.
4) En se basant sur ce qui précède le Secrétariat National appelle les masses populaires aspirant à la liberté, à la dignité et à la démocratie ainsi que leurs forces militantes à veiller au maintien de l’unité du mouvement et à sa continuité, à s’opposer à toutes les manœuvres visant son avortement, et réaffirme la participation de la Voie Démocratique à toutes les initiatives militantes et particulièrement les manifestations prévues le 20 mars 2011 dans toutes les régions de notre pays jusqu’à la victoire.■
Le Secrétariat National

vendredi 25 mars 2011

Alain Juppé critiqué par le comité de soutien du mouvement du 20 février au Maroc

Maroc: le mouvement du 20 février critique le soutien de la France au roi

AFP le 24 /3/2011
aris - Les soutiens en France du mouvement du 20 février au Maroc qui manifeste pour des réformes démocratiques, ont critiqué mercredi le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé qui a jugé "visionnaire" le discours de Mohamed VI sur une révision constitutionnelle.
"La diplomatie française est en train de faire av,ec le peuple marocain la même erreur qu'avec le peuple tunisien. Il n'y a pas d'exception marocaine", a estimé Ayad Ahram, secrétaire général de l'association de défense des droits de l'homme (ASDHOM) lors d'un point de presse "du comité de suivi du 20 février".
Le 9 mars, le souverain chérifien a prononcé un discours dans lequel il annonçait, à la surprise générale, une révision constitutionnelle qui sera soumise à referendum et prévoit la séparation des pouvoirs et un renforcement des pouvoirs du Premier ministre ainsi que du Parlement.
Le discours royal est intervenu peu après des manifestations qui avaient vu des dizaines de milliers de personnes descendre dans les rues du pays le 20 février, répondant à un appel lancé sur Facebook par de jeunes Marocains eux-mêmes inspirés par l'exemple des Printemps arabes.
Mais les organisateurs du mouvement du 20 février, qui réclament plus de justice sociale et une évolution vers une monarchie parlementaire, sont sceptiques sur la volonté de changement du roi et entendent poursuivre la mobilisation.

Pour Ayad Ahram, les annonces du roi sont "de la poudre aux yeux vendue à l'étranger".
"Il faut que la Constitution émane des forces représentatives du peuple et non pas de celui qui y a intérêt. On rejette le fait du prince, nous ne voulons pas d'une Constitution octroyée", a renchéri Mohamed Moubaraki, ancien exilé politique.