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lundi 9 juillet 2012

Des salafistes demandent l’exécution d’un journaliste marocain

par encrenoir, 7/7/2012 

Trois leaders religieux marocains bien en vue ont publiquement soutenu la mise à mort d’un journaliste pour avoir voulu favoriser une plus grande liberté sexuelle dans le royaume d’Afrique du Nord. 
 
Mme Khadija Riyadi de l’Association marocaine des droits humains (créée le 24 juin 1979) demande l’abrogation de l’article 490 du Code pénal qui interdit les relations sexuelles avant le mariage sous peine d’emprisonnement. Mokhtar el-Ghzioui, le rédacteur en chef du quotidien Al-Ahdath al-Maghribia, a soutenu publiquement la thèse d’un militant des droits de l’homme marocain visant à décriminaliser la sexualité en dehors du mariage. Il a affirmé dans une interview télévisée la semaine dernière, qu’il ne voit pas d’un mauvais œil si sa mère ou sa sœur avaient des relations sexuelles en dehors des liens du mariage. 

 Le 28 juin, un prédicateur dans la ville moyen-orientale d’Oujda près de la frontière d’Algérie en a ensuite fait une vidéo publiée sur YouTube condamnant el-Ghzioui de «dyouth » un terme religieux désignant quelqu’un qui laisse volontiers sa femme commettre l’adultère, et ainsi a appelé à sa mise à mort. Al Ahdath Al Maghribia considère « cet appel manifeste au meurtre est un signe inquiétant d’une dérive », ce qui interpelle les pouvoirs publics à « assumer pleinement leurs responsabilités dans la protection de la liberté d’opinion et d’expression ». 

 Le prédicateur, Abdallah Nahari, a ensuite été convoqué par le procureur général du Roi pour répondre à l’accusation d’incitation à un crime. Abou Hafs, Omar el-Heddouchi et Hassan al-Kettani, trois éminents membres du volet ultraconservateur salafiste marocain, ont tous appuyé la fatwa de M. Nahari sur leurs pages Facebook jeudi soir.

 « L’arrogance des laïcs est devenue intolérable », a déclaré M. Kettani. « Un dyouth raconte qu’il laisserait sa famille pécher et est dénoncé par un cheikh, puis c’est le dernier qui est menacé de prison? » Les trois hommes ont connu les geôles marocaines en 2003 pour ensuite être mis en cause pour avoir inspiré une série d’attentats par des militants islamistes à Casablanca qui ont tué 45 personnes. Ils ont été graciés par le roi en février dernier. 

 Jeudi, plusieurs journalistes ont manifesté devant les bureaux du journal à l’appui de M. El Ghizioui. À la tête de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) Khadija Riyadi, a appelé à l’annulation de l’article 490 du Code pénal criminalisant les rapports sexuels en dehors du mariage dans une interview offerte le 18 juin, des étincelles inattendues d’un débat dans les médias d’État usuellement conservateurs. Elle a décrit la controverse comme un chapitre d’une lutte entre la monarchie et le gouvernement islamiste nouvellement élu qui est arrivé au pouvoir aux élections de novembre, en soulignant que son organisation a souvent pris de telles positions et a été ignorée par les médias de l’establishment. 

 Les partis politiques d’opposition qui conservent des liens étroits avec le palais essaient souvent de faire mal paraître le gouvernement islamiste en les dépeignant comme trop conservateurs sur les questions sociales. « Nous savons que le gouvernement islamiste n’est pas universellement aimé par les niveaux supérieurs du pouvoir, et je me rends compte que de nombreux acteurs politiques, notamment ceux liés au palais, ont exploité mes déclarations pour régler leurs comptes avec le gouvernement élu », a-t-elle déclaré à l’ Associated Press. Et spécifie : « Pourtant, cela ne signifie pas qu’il n’est pas nécessaire de ne plus débattre sur ces sujets. » 

Une nouvelle constitution, adoptée sous la pression des manifestations du printemps arabe donne aux politiciens élus du Maroc plus de pouvoirs, mais l’autorité suprême du pays se trouve encore dans les mains du roi. 

 Le Maroc est majoritairement musulman, et boire de l’alcool et le sexe hors mariage est interdit par la loi. L’article 490 du Code pénal marocain prévoit une peine d’un mois à un an de prison pour toute relation sexuelle en dehors du mariage entre deux personnes adultes. Les lois ne sont cependant pas strictement appliquées. Selon l’Association marocaine « Insaf » (Équité), plus de 80.000 enfants naissent chaque année en dehors du mariage. 
http://www.lencrenoir.com/index.php/2012/07/des-salafistes-demandent-lexecution-dun-journaliste-marocain/afistes-demandent-lexecution-dun-journaliste-marocain/----------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Par AufaitMaroc, 8/7/2012

Liberté sexuelle  : 

Le débat entre islamistes et laïcs fait rage

L'article 490 du code pénal prévoit une peine d'emprisonnement d'un mois à un an pour les personnes ayant des relations sexuelles hors mariage./K.Alaoui

L'appel au meurtre de l'imam Abdellah Nhari à l'endroit du journaliste Elmokhtar Laghzioui, qui a affirmé être favorable à la liberté sexuelle, a relancé le débat sur le sujet quelques jours après la demande d'abrogation de l'article 490 du code pénal qui prévoit une peine de prison pour toute relation sexuelle extra-maritale.

L'article 490 du code pénal prévoit une peine d'emprisonnement d'un mois à un an pour les personnes ayant des relations sexuelles hors mariage./K.Alaoui
L'appel au meurtre lancé il y a quelques jours par l'imam adical Abdellah Nhari contre le journaliste Elmokhtar Laghzioui, qu'il a traité de “dayoute (littéralement “qui n'est pas jaloux”, ou “cocu” en arabe courant, ndlr) avant de souligner qu'en islam, le dayoute doit être tué”, relance un débat entre islamistes et laïcs sur la liberté sexuelle.
L'imam réagissait aux propos du journaliste qui disait être “favorable” aux libertés individuelles, notamment en matière sexuelle, même s'agissant de sa “mère ou sœur”.
Même si l'imam a indiqué que ses propos n'étaient pas un appel au meurtre, l'affaire fait l'objet d'une enquête judiciaire. Elle a de même relancé le débat sur la liberté sexuelle qui a connu un nouvel épisode après la demande d'abrogation de l'article 490 du code pénal qui prévoit une peine d'un mois à un an de prison pour toute relation sexuelle extra-maritale entre deux adultes, par l'Association marocaine des droits humains (AMDH).
Dans les faits, cet article est quotidiennement transgressé, les relations sexuelles en dehors du mariage étant discrètes mais largement tolérées.

L'Etat défenseur de la chasteté
“Je ne comprends pas pourquoi l'Etat s'érige, à travers cet article, en défenseur de la chasteté alors qu'il prétend avoir une Constitution démocratique”, a déclaré à l'AFP Zineb El Rhazoui, fondatrice du Mouvement alternatif pour les libertés individuelle (MALI).
“Nous savons tous que les relations sexuelles en dehors du mariage sont courantes au Maroc. Le fait que tout cela soit caché favorise les abus et les atteintes aux libertés individuelles.”
Khadija Ryadi, présidente de l'AMDH.
A leur tour, les conservateurs islamistes critiquent les appels à la liberté sexuelle en dehors du mariage. “Les courants laïcs utilisent la provocation et la permissivité pour des calculs qui n'ont rien à voir avec l'art et la création, afin de porter atteinte aux mouvements islamistes”, selon le journal islamiste Attajdid.
Et El Moukri Abouzeid, député et membre dirigeant du PJD, d'enfoncer le clou: “Tout acte sexuel en dehors du mariage est considéré comme un acte de débauche, un crime”.
Au-delà des débats passionnés que peut susciter ce sujet qui touche tant la sphère intime que sociétale, ce sont deux visions du monde, entre laïcité et religion, qui se voient confrontées, opposées... incompatibles?
aufait avec AFP

jeudi 21 juin 2012

Maroc : Peine de prison pour toute relation sexuelle hors mariage

Par Au fait Maroc, 19/06/2012 

 Un mois à un an de prison pour toute relation sexuelle en dehors du mariage entre deux adultes, c'est la peine que prévoit l'article 490 du code pénal marocain. Mardi, l'Association marocaine des droits humains a demandé une annulation de cette loi, alors qu'au sein du parti au pouvoir (PJD) il n'en est pas question. 

Qu'en pense le Marocain lambda ? Réactions. 

 Amour-mosquee_19062012155429_a_la_une Le débat sur la liberté sexuelle au Maroc est remis sur la table par l'Association marocaine des droits humains (AMDH). Mardi, elle a demandé une abrogation pure et simple de l'article 490 du code pénal qui prévoit une peine de prison allant d'un mois à un an pour toute relation sexuelle en dehors du mariage entre deux adultes. Pour le parti islamiste au pouvoir, le PJD (Parti de la justice et du développement), il n'est pas question d'annuler une telle loi car tout acte sexuel en dehors du mariage est une “débauche”, un “crime”. 

Abroger ou maintenir l'article 490 du code pénal? Les avis des Marocains sont partagés sur la question.  

“Je ne suis pas d'accord que cette loi soit appliquée et d'ailleurs, j'ai l'impression qu'elle ne s'applique qu'à certains et pas à d'autres, car je vois autour de moi des appartements loués pour des ébats et personne ne bronche”, soutient Rachid Bahri, célibataire (42 ans), ancien militaire devenu vendeur détaillant de cigarettes. Citant en exemple les couples que se laissent aller au gré de la brise marine, des caresses et autres câlins près de la mosquée Hassan II de Casablanca, Rachid, confie être favorable à une application de l'article 490 du code pénal aux personnes qui s'adonnent à des relations sexuelles en public. 
 Pour Hanane, 31 ans, employée dans un magasin de prêt-à-porter, “la loi condamnant les relations sexuelles hors mariage mérite d'être maintenue parce que l'islam interdit déjà ce genre de rapports”. La jeune fille y voit même un moyen de dissuader d'éventuels actes d'infidélité. “Une telle loi permet aussi aux hommes mariés de rester fidèle”, pense-t-elle. 
 Partageant l'avis de sa voisine, Karima, une commerçante voilée (31 ans), ajoute qu'en dehors de la loi, c'est une question de principe religieux que “la femme doit d'abord s'appliquer pour que son homme en fasse de même.” 

Liberté et islam 

 Quant à Nissam, une professionnelle en communication, elle hésite entre l'abrogation et le maintien de la loi: “j’hésite à dire non parce que tout être humain a le droit de faire ce qu'il veut, et oui parce qu'on est dans un pays musulman, les familles ne tolèrent pas ça”, confie-t-elle dubitative. 
 Pour Soundouss, journaliste (42 ans), il n' y a point de doute. L'article 490 du code pénal est “ridicule”. “ C'est une atteinte à ma liberté et une telle loi ne mérite pas d'exister”. Mais, assure-t-elle, inquiète: “je ne crois pas que l'article va être abrogé”. 
 Abderrazak propose, quant à lui, de réformer l'article 490 du code pénal et d'en enlever la condamnation. Ce propriétaire d'une pizzeria, marié et âgé de 42 ans, affirme que les relations sexuelles hors mariage donnant naissance même à des enfants “ça arrive” mais au lieu de condamner, il propose de modifier la loi. Les islamistes au pouvoir l'entendront-ils de cette oreille? C'est la question qui taraude l'esprit des défenseurs des libertés humains _http://m.aufaitmaroc.com/maroc/societe/2012/6/19/liberte-versus-legalite#___1__

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L’AMDH veut la liberté sexuelle au Maroc
Par Yabiladi, 21/6/2012

Le débat sur la liberté sexuelle refait encore une fois surface au Maroc, mais la particularité cette fois-ci c’est que le pouvoir est aux mains des islamistes du PJD, attachés aux préceptes de l’Islam.

Au Maroc, les relations sexuelles hors mariage entre adultes sont passibles d’une peine de prison allant d’un mois à un an d’après le code pénal du pays.

Samedi, l’association marocaine des droits humains (AMDH) a proposé au gouvernement d’abroger cette loi, jugée hypocrite par Khadija Ryadi, présidente de l’AMDH, pour qui les relations sexuelles hors mariage étant fréquentes au Maroc.

Khadija Ryadi, intervenant lors d’un forum organisé à Rabat sous le thème "Les libertés et les mouvements des droits humains au Maroc", considère cette loi comme une atteinte aux libertés individuelles, car la liberté sexuelle est un droit consacrée par la législation internationale.

Les participants ont ensuite invité le gouvernement à appliquer la laïcité et la liberté de religion, mais aussi le droit de disposer librement de son corps.

Chez les islamistes le discours est bien différent. Ceux qui revendiquent la liberté sexuelle sont accusés de vouloir détruire la famille, socle de la société. Aussi, la recrudescence inquiétante des enfants abandonnés est attribuée aux libertés individuelles, qui, quand elles ont un impact négatif sur les libertés publiques, nuisent à la société toute entière.


http://www.bladi.net/amdh-liberte-sexuelle-maroc.html