Le bureau
national, Paris le 3/9/2013
Notre association n’est pas, à ce jour, intervenue
publiquement à propos des révolutions syrienne ou égyptienne, sauf quand les
conséquences pour les Palestiniens étaient incontestables. Ce fut le cas à
propos du camp de réfugiés de Yarmouk en Syrie, ou récemment du blocage de
Rafah.
Nous sommes évidemment très préoccupés et choqués par les événements
dramatiques en cours, mais nous savons qu’il peut y avoir entre nous à leur
propos des appréciations divergentes. Il nous semble vital de maintenir notre
cohérence et notre capacité d’intervention en nous centrant sur ce qui est
l’objet même de notre association : la solidarité avec le peuple
palestinien.
De ce fait, nous ne pensons pas opportun de prendre aujourd’hui
une position publique sur la Syrie.
L’intervention annoncée nous
amène néanmoins à rappeler, en interne à ce stade, quelques points forts tirés
de l’expérience politique d’une association riche d’un passé qui remonte aux
années 70.
Une intervention militaire ne peut s’affranchir du droit et de la
légalité internationale. L’ONU est aujourd’hui paralysée sur la question
syrienne en raison notamment de l’opposition de la Russie. Mais personne ne
semble vouloir faire le rapprochement avec la paralysie de l’ONU sur le dossier
palestinien du fait du veto américain. Pour un conflit dont la centralité est
pour nous établie et qui pourrit la situation régionale depuis plus de 60 ans,
c’est dramatique.
Nous sommes devant une double évidence : le « deux-poids,
deux-mesures » de la politique occidentale et l’impunité totale accordée à
Israël lorsqu’il commet des massacres contre le peuple palestinien. Le rapport
du juge Goldstone parlait de crimes de guerre, voire de crimes contre l’humanité
après les massacres à Gaza et l’utilisation du phosphore blanc, mais les
Etats-Unis et les pays européens, dont la France, ont tout fait pour bloquer la
moindre condamnation d’Israël par l’ONU.
Les responsabilités sont lourdes
parmi les puissances (pays occidentaux et Russie) qui ont tour à tour ou en même
temps équipé et formé les armées de tous les pays de la région, en leur
facilitant, sans état d’âme, l’accès à des armes de destruction massive. Armes
dont on a vu les effets avec l’emploi effroyable de l’arme chimique contre la
population syrienne.
La question de la prohibition des armes nucléaires et
chimiques ne peut se limiter à la Syrie et à l'Iran, elle concerne tous les pays
de la région, et, au premier chef, Israël. L’arsenal nucléaire d’Israël, seule
puissance nucléaire de la région, constitue une menace permanente pour la paix
et ne peut qu’inciter à une folle course à l’armement. Le développement des
drones par Israël, et les encouragements de certains pays, dont la France, qui
veulent leur en acheter quelques unités, constituent également un facteur de
déstabilisation.
Notre ligne de conduite repose sur le droit
international comme base de résolution des conflits et sur le droit des peuples
à disposer d'eux-mêmes.
En ce sens, nous croyons en la capacité des peuples
à se mettre en mouvement et à faire l’histoire, quelles qu’en soient les
vicissitudes dramatiques.
C’est, à notre modeste place, ce que nous cherchons
à faire en mobilisant l’opinion française pour que notre pays joue enfin son
rôle pour que soit mis un terme en Palestine à une injustice historique qui
menace la paix du monde.
Paris le 3 septembre 2013
Le bureau
national