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mercredi 22 février 2017

Un mur encercle la dernière colonie d’Afrique

MO*redactie
Afrika-redacteur
21 Février 2017


Les Sahraouis accueillent chaque visiteur comme un ambassadeur de leur cause. (...)

Je me suis glissé entre les multiples visiteurs des camps de réfugiés à proximité de la petite ville algérienne de Tindouf. Comme cela semble être l’usage ici, la responsable (une femme) de la daïra (commune) m’a assigné une famille, qui recevra de l’argent du gouvernement pour cet accueil. Les visiteurs réguliers peuvent choisir leur résidence.
Je dors dans une maison en pierre, sur un matelas de mousse élégamment recouvert d’étoffes tissées, dans le salon. Partout, des tapis couvrent le sol. À l’extérieur, un cabanon abrite la toilette et la douche. Un tuyau y conduit l’eau, qui jaillit d’un robinet moderne. Au matin, le petit-déjeuner nous est apporté sur un plateau. Il y a du thé, du café, du lait, du sucre, des baguettes et du fromage La Vache Qui Rit. Durant les quatre jours de notre visite au camp Boujdour, nous ne manquons de rien. Notre famille d’accueil dort sous une tente, dehors. En été, les températures y sont par ailleurs bien plus agréables qu’à l’intérieur des maisons en pierre, qui accumulent beaucoup trop de chaleur.

jeudi 15 janvier 2015

Le Maroc malade du Sahara occidental




Depuis le 3 octobre 2014, un mystérieux hacker publie des centaines de documents. Cette abondante littérature mise à disposition de tout internaute confirme la centralité de la question du Sahara occidental dans la sphère politique marocaine. La priorité accordée à ce dossier a été réaffirmée dans le discours du roi, prononcé le 6 novembre 2014 à l’occasion du 39e anniversaire de la « marche verte ».
 

Le Sahara occidental constitue une véritable obsession du pouvoir. Érigé en «  cause nationale  » selon la phraséologie officielle, il est au centre des préoccupations politiques du pays depuis près de quatre décennies. Mais à mesure que le conflit s’enlisait et que la «  récupération des provinces du Sud  » rencontrait de multiples obstacles, l’obsession du régime devenait plus importante encore. Le poète marocain Abdellatif Laâbi ne s’est pas trompé en considérant son pays «  malade du Sahara  ».
Lorsqu’elle éclate, au milieu des années 1970, cette «  affaire du Sahara  » — ainsi que la nomment les Marocains — est assez banale dans le contexte de l’époque. Quelque peu décalée par rapport à l’ère des décolonisations, la revendication d’une ancienne colonie espagnole par le Maroc et par un groupe d’indépendantistes ne surprend pas. Elle est perçue comme une lutte entre des États-nations qui se construisent en affirmant leur souveraineté sur des territoires aux frontières incertaines et aux populations partagées et somme toute peu concernées.
Compte tenu de la disproportion des forces entre le Maroc et la poignée de guérilleros du Front Polisario, le conflit ne devait être que de courte durée dans l’esprit de Hassan II. Le temps qu’un formidable consensus politique se fasse autour du trône alaouite dans ce Maroc miné par des tensions et des divisions politiques, et après deux coups d’État perpétrés par l’armée contre la personne du roi en 1971 et 1972.