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dimanche 3 avril 2011

Ecrire contre l'expulsion des étrangers gravement malades

Par Bruno Spire, le président de AIDES, 28/3/2011

. L'heure est grave, nous avons une fois de plus besoin de vous pour interpeller votre Sénateur !

L'Assemblée nationale s'entête à vouloir supprimer le droit au séjour pour soins. Elle est même allée jusqu'à supprimer également la protection contre l'expulsion des étrangers gravement malades qui n'ont pas d'accès aux soins dans leur pays. Être séropositif au VIH, sans garantie de soins au pays ne permettra plus, demain d'avoir une carte de séjour et n'empêchera pas d'être mis de force dans un charter vers la mort.
Les sénateurs vont discuter le projet de loi sur l'Immigration à partir du 12 avril : ensemble, nous pouvons, vous pouvez les convaincre de rejeter ces dispositions qui vont conduire tout simplement à la mort de milliers de personnes. Expulsé au Mali en 2007 et porteur d'une hépatite B, M. Kanouté Tiéni est mort le 8 mars dernier, victime des politiques migratoires françaises : http://www.aides.org/presse/expulse-au-mali-en-2007-et-porteur-dune-hepatite-b-m-kanoute-tieni-est-mort-le-8-mars-dernier
Si vous aussi êtes indignés et inquiets des mesures proposées, si vous aussi pensez que les étrangers ne sont pas la cause de tous les maux de notre société, interpellez directement votre sénateur : plus nous serons nombreux, plus nous aurons de poids.
A cette fin, vous trouverez :
- un mail type ci-dessous que vous pouvez adapter et adresser aux sénateurs de votre département ou de votre région
-  les coordonnées de vos sénateurs (classée par régions) à l'adresse suivante : http://dl.free.fr/kH6xzlsvQ
Merci beaucoup pour votre soutien, le combat continue ….
Vous trouverez des informations régulières sur le blog de la campagne inter associative : http://unmotdesmorts.org/
 Association nationale de lutte contre le VIH/Sida et les hépatites virales

Mail type pour vos Sénateurs
Titre : "Immigration, Intégration, Nationalité" – étrangers malades : dites non aux restrictions !
Madame la Sénatrice, Monsieur le Sénateur,
Je suis ...(à compléter), résidant à (compléter)….
L'Assemblée nationale s'entête à vouloir supprimer le droit au séjour pour soins et la protection contre l'expulsion des étrangers gravement malades qui n'ont pas d'accès aux soins dans leur pays (articles 17ter et 26 du projet de loi). Le Sénat s'était opposé à ces restrictions.
En tant que citoyen, je soutiens les conclusions de nombreux rapports d'experts et de sociétés savantes pointant les risques pour la santé, voire la pour vie de ces personnes[1]. Plus de 11 000 citoyens ont déjà signé une pétition s'opposant à ces restrictions : http://www.aides.org/petition-stop-aux-restrictions-du-droit-au-sejour-pour-soins-873
Je compte sur vous pour rejeter ces dispositions qui mettent à mal le droit au séjour pour soins et condamnent des malades à retourner mourir dans leur pays !
Refusez de rétablir la peine de mort pour les étrangers gravement malades !
Je vous prie d'agréer, Madame la Sénatrice, Monsieur le Sénateur, l'expression de nos salutations respectueuses
Signature
[1] Les avis des sociétés savantes et des experts : http://www.aides.org/download.php?filepath=/sites/default/files/doc/1 Droit au séjour des étrangers malades avis des organisme et institutions x_0.pdf
· APPEL des médecins pour la suppression de l'article 17 ter du projet de loi « Immigration, intégration, nationalité », signé par plus de 1 000 médecins : http://www.aides.org/download.php?filepath=/sites/default/files/doc/2 APPELmedecins Deroit au séjour pour soinsx_0.pdf

lundi 29 novembre 2010

Droits de l’Homme, lutte contre le SIDA : Le Maroc déçoit les militants

Source Le Soir Echo, 25/11/2010

A une semaine de la journée mondiale de lutte contre le sida, une nouvelle tombe comme un couperet sur les espoirs des militants des droits de l’Homme. A la surprise générale, ils apprennent que les Nations Unies viennent de supprimer la référence explicite à l’orientation sexuelle dans l’amendement condamnant les exécutions sommaires ou arbitraires et les assassinats, voté par l’assemblée générale tous les deux ans. 
 En somme, l’orientation sexuelle ou, en d’autres termes, l’homosexualité n’est plus admissible en tant que motif de condamnation. Le plus préoccupant, aux yeux de nos militants, c’est que cette décision fait suite à une motion proposée par le Maroc, unique pays arabe et musulman, et par le Mali. Adoptée par 79 voix contre 70, cette modification a été appuyée en grande partie par les pays africains et arabes. «Par le passé, nous étions habitués à ce que le Maroc s’aligne sur la position de certains pays conservateurs pour rayer toute référence à l’orientation sexuelle dans les résolutions de l’ONU sur le sida. Ce qui est arrivé, lors de ce vote, est nouveau, puisque le Maroc, avec le Mali, a pris les devants pour s’opposer farouchement à cette résolution», s’étonne Dr. Othman Mellouk, coordinateur du plaidoyer en Afrique du Nord pour la Coalition internationale de préparation aux traitements du sida (ITPC). Et de préciser : «La résolution visait, en premier lieu, les pays condamnant l’homosexualité à la peine de mort, ce qui n’est pas le cas du Maroc !». A présent, le texte, qui faisait clairement référence à l’homosexualité depuis onze ans déjà, change «orientation sexuelle» par «raisons discriminatoires de n’importe quel motif», sans aucune précision. Les observateurs rappellent pourtant que différents motifs sont explicitement cités dans cette résolution, dont les enfants des rues et les minorités religieuses et ethniques. «La position prise par le Maroc a surpris beaucoup d’observateurs des droits de l’Homme de par le monde qui classent désormais le pays parmi les plus rétrogrades. Elle pourrait être interprétée par certains fanatiques comme une légitimation du meurtre en toute impunité de personnes homosexuelles, lesbiennes ou transgenres», estime le coordinateur du plaidoyer en Afrique du Nord pour l’ITPC.Dans le cadre de la lutte contre le sida, la catégorie des homosexuels reste l’une des plus vulnérables au VIH, donc prioritaires pour l’accès au traitement préventif et curatif. Sa discrimination renforce sa stigmatisation et, par conséquent, l’aggravation du fléau en son sein. La Finlande, la France et la Suisse se sont rapidement prononcées sur cette décision en exprimant leur «regret que la discrimination fondée sur la préférence sexuelle ne soit pas explicitement mentionnée cette année». Les défenseurs des droits humains sont plus virulents en annonçant qu’il s’agit là d’une preuve de l’évolution de l’homophobie et de l’intégrisme religieux.