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mercredi 20 mai 2015

France-La justice a dénoncé des faits présumés de torture au Maroc

PARIS, 19 mai (Reuters) - 

Le parquet de Paris a dénoncé le 27 mars dernier à la justice marocaine des faits de torture présumés qui auraient été commis au Maroc à l'encontre d'un Franco-Marocain, sur ordre du patron du renseignement marocain, a-t-on appris mardi de source judiciaire.
Le dépôt de plusieurs plaintes à Paris visant Abdellatif Hammouchi pour "torture" et "complicité de torture" avait poussé Rabat à suspendre sa coopération judiciaire avec la France le 27 février 2014.
La demande, par un juge français, d'entendre le haut fonctionnaire lors d'un passage à Paris avait scellé la rupture, qui a duré près d'un an.
Les faits dénoncés par le parquet de Paris sont relatifs à une plainte déposée par Zakaria Moumni, un ancien boxeur, en février 2014. Il dit avoir été torturé pendant quatre jours sur ordre d'Abdellatif Hammouchi.
Au terme d'une enquête préliminaire, le parquet a jugé "opportun" de dénoncer les faits aux autorités marocaines, explique une source judiciaire, qui souligne que cette procédure est assez "classique" quand la personne visée se trouve à l'étranger.
"Le parquet considère qu'il y a un certain nombre d'éléments qui ont été réunis dans le cadre de l'enquête", dit cette source. "A charge pour les autorités marocaines de poursuivre le dossier", ajoute-t-elle, soulignant qu'il ne s'agit pas d'un dessaisissement.
Après une rupture qui a duré près d'un an, la coopération judiciaire entre Paris et Rabat n'a repris que le 31 janvier dernier, après que les autorités des deux pays se furent mises d'accord sur un texte amendant leur convention d'entraide judiciaire.
Cet accord, qui devra être ratifié par les parlements des deux pays, suscite l'inquiétude de nombreux défenseurs des droits de l'Homme en France, où la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH) s'apprête à demander son rejet par les parlementaires.
Cette autorité indépendante, dont les avis sont consultatifs, craint des risques de violation par la France de ses obligations internationales si cet accord entrait en vigueur.
Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé début février qu'Abdellatif Hammouchi se verrait remettre "prochainement" les insignes d'officier de la Légion d'honneur. (Chine Labbé, édité par Sophie Louet)

 http://www.challenges.fr/monde/20150519.REU4029/france-la-justice-a-denonce-des-faits-presumes-de-torture-au-maroc.html

jeudi 15 janvier 2015

Abdellatif Hammouchi et Mounir Majidi accusés de « torture » en direct sur BFMTV et I-Télé

Zakaria Moumni à la "marche républicaine" de Paris (Photo capture d'écran)
Zakaria Moumni à la « marche républicaine » de Paris (Photo capture d’écran)
Alors qu’elle couvrait la « marche républicaine » de Paris contre le terrorisme du dimanche 11 janvier, une envoyée spéciale de la chaîne française BFMTV a interviewé en direct l’ancien champion du monde de boxe thaïe Zakaria Moumni sur les raisons de sa présence.
Moumni en profita alors pour faire un plaidoyer contre la torture au Maroc et en accusant nommément le patron de la DST marocaine, Abdellatif Hammouchi, et le directeur du cabinet privé du roi Mohamed Mounir Majidi.
« Le Maroc est un pays où on continue à torturer des gens. J’ai été victime de tortures (…). J’ai été enlevé, torturé et séquestré pendant quatre jours. Et j’ai été en prison pendant dix-huit mois. J’ai pu identifier le directeur de la DGST marocaine Abdellatif Hammouchi dans la salle de torture. Il y a une plainte… (…) Le commanditaire de tout cela c’est le secrétaire particulier du roi Mohamed VI, Mounir Majidi, qui m’avait menacé de mort ici à Paris ». 
Tout était dit en quelques minutes. Mais ce n’était pas fini. Quelques minutes plus tard, Moumni était interviewé par une autre chaîne française, I-Télé. Et, bis repetita, il déballa encore une fois ses accusations contre les autorités marocaines, en citant encore une fois Hammouchi et Majidi.
« Les autorités marocaines n’ont pas leur place ici. J’ai été victime de tortures au Maroc. J’ai été enlevé, séquestré et torturé parce que j’ai osé manifester devant la résidence du roi Mohamed VI en France, devant son château à Betz. Et j’ai été enlevé par les services secrets à l’aéroport de Rabat. J’ai été séquestré et torturé pendant quatre jours. J’ai été électrocuté, suspendu la tête en bas, tabassé, privé de sommeil, privé de nourriture, privé d’eau et après j’ai été jugé suite à un procès inique et je suis resté dix-huit mois en prison. Après j’ai été gracié par le roi du Maroc. Là, aujourd’hui, il y a une plainte contre le directeur de la DGST marocaine, Abdellatif Hammouchi, et une plainte contre le secrétaire particulier du roi Mohamed VI, Mounir Majidi pour torture et complicité de torture dans le pôle spécialisé crimes contre l’humanité, crime de guerre (…). »
D’autre part, une dépêche de l’agence de presse britannique Reuters où il est question du cas de Zakaria Moumni a été reprise en temps réel par une centaine de sites à travers le monde.
A la vue de ces deux vidéos et de ces articles, il est quasiment certain maintenant que le refus du ministre des affaires étrangères, Saleh-Eddine Mezouar, de participer à la marche de dimanche a beaucoup à voir avec les sorties médiatiques de Zakaria Moumni.
On a dû, en haut lieu, ordonner au ministre de s’effacer de peur qu’ils soit apostrophé en public par le boxeur qui a prouvé ces derniers temps qu’il pouvait accéder partout.
Le prétexte de Mezouar mettant en avant l’exhibition des caricatures du prophète Mohammed lors de la marche n’a convaincu personne. Cette exhibition n’a pas empêché le roi de Jordanie et son épouse, ainsi qu’une ribambelle de représentants de pays musulmans et de taïfas du Golfe persique d’y participer.
Dernière question : Mounir Majidi va-t-il déposer plainte contre BFMTV et I-Télé pour avoir recueilli le témoignage de l’ancien champion du monde de boxe thaïe ?
Demain
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