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vendredi 5 février 2016

Elise Lucet s'attaque aux pesticides et aux multinationales de l'agrochimie


Publié Le 2 Février 2016 à 18h02
 
L'émission Cash Investigation présentée par Elise Lucet diffusera ce mardi 2 février à 20h55 sur France 2 un reportage intitulé "Produits chimiques : nos enfants en danger". Cette enquête révèle comment les multinationales de l'agrochimie inondent nos régions avec leurs pesticides, au risque de mettre en danger la santé des populations.
Elise Lucet et l'équipe de "Cash Investigation" se sont invités à l'assemblée générale des actionnaires de Bayer afin de dénoncer les dangers du folpel, un pesticide vendu en France par la multinationale allemande. Extrait de "Cash Investigation. Produits chimiques, nos enfants en danger", une enquête de Martin Boudot, diffusée mardi 2 février à 20h50 sur France 2.

Elles s'appellent Syngenta, Monsanto, Bayer ou Dow, vous ne les connaissez peut-être pas. Ce sont des multinationales de l'agrochimie qui fabriquent les pesticides utilisés dans l'agriculture. Leurs produits se retrouvent dans les aliments, dans l'eau du robinet et même dans l'air que l'on respire. Certains sont cancérigènes ou neurotoxiques, d'autres sont des perturbateurs endocriniens particulièrement dangereux pour les enfants. 

"Cash Investigation" a eu accès à une base de données confidentielles sur les ventes de pesticides en France, produit par produit, département par département, entre 2008 et 2013. En moyenne, ce sont près de 65 000 tonnes de pesticides purs qui sont épandues chaque année sur notre territoire. Aujourd'hui, l'Hexagone est le premier consommateur de produits phytosanitaires en Europe.
Après plusieurs semaines de discussions, le Ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a accepté de répondre aux questions d'Elise Lucet sur les pesticides. Pour l'occasion, l'équipe de "Cash Investigation" a réalisé un décor inédit : une carte géante, celle de l'utilisation des pesticides dangereux en France, réalisée à partir des données secrètes auxquelles les journalistes ont eu accès.

Des molécules dangereuses
Depuis 1980, les cancers infantiles augmentent de 1% par an en France, soit environ 2 500 cas supplémentaires chaque année. C'est la deuxième cause de mortalité chez l'enfant. Existe-t-il un lien entre ces maladies et l'exposition aux pesticides ? Pour les scientifiques du monde entier, il n'y a plus guère de doute.
Le folpel produit par Bayer, l'atrazine de Syngenta ou le chlorpyrifos-éthyl de Dow Chemical... Derrière ces noms inconnus du grand public se cachent des molécules aux risques sanitaires avérés. Des molécules qui rapportent des milliards d'euros aux multinationales. Après un an d'investigation en France, en Allemagne, en Suisse ou aux Etats-Unis, "Cash Investigation" révèle comment certains produits mettent nos enfants en danger. Elise Lucet et les journalistes de Cash ont notamment rencontré des familles exposées à l'atrazine (le pesticide que l'on retrouve le plus dans l'eau du robinet en France et qui est pourtant interdit dans notre pays depuis 15 an) avant de s'inviter à un dîner organisé par le fabricant, la multinationale Syngenta.

La démocratie polluée par les pesticides
Le dernier volet de l'enquête a conduit l'équipe de "Cash Investigation" à Hawaï. Le climat de cet archipel paradisiaque permet quatre récoltes par an. C'est pourquoi les multinationales y testent leurs produits. Dans ce qui est probablement le plus grand labo à ciel ouvert d'expérimentation d'OGM au monde, elles font un usage massif de pesticides. On y recense dix fois plus d'anomalies congénitales que la moyenne aux Etats-Unis. La mobilisation des citoyens a permis de faire passer une loi locale pour limiter les dégâts. Les industriels ont immédiatement répliqué, attaquant cette loi devant les tribunaux, et ils ont gagné... A Hawaï, au grand jeu de la démocratie, c'est la chimie qui l'emporte.
"Cash Investigation. Produits chimiques, nos enfants en danger", une enquête de Martin Boudot, diffusée mardi 2 février à 20h55 sur France 2. A voir absolument !
A savoir : Cette diffusion est complétée le lendemain par la parution du livre TOXIC - Produits chimiques : nos enfants en danger (Les Arènes) d'Antoine Dreyfus et Martin Boudot, ce dernier étant l'auteur du documentaire.
Retrouvez plus d'informations sur l'enquête "Produits chimiques, nos enfants en danger" sur le site www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/cash-investigation/
Voir la page Facebook de l'émission Cash Investigation
ME

vendredi 11 avril 2014

France, Emmanuel Giboulot a été déclaré coupable



Condamné !

Chère amie, cher ami,

Hier 7 avril, à 13h30, le tribunal correctionnel de Dijon s’est prononcé dans l’affaire Emmanuel Giboulot. Celui-ci a été déclaré coupable et condamné à verser une amende de 1 000 euros, dont 500 avec sursis.

Voilà Emmanuel jugé comme un délinquant pour avoir voulu préserver la santé des consommateurs. On marche sur la tête !


Naturellement, il fait appel de cette décision invraisemblable.

Le principe de précaution est inscrit dans la Constitution, la magistrate aurait donc pu et dû le relaxer. Et ce d’autant plus que l’urgence de la situation n’était pas caractérisée puisque l’épidémie de flavescence dorée était contenue en Saône-et-Loire.


Un immense décalage avec le public

En fait, la position du tribunal – qui protège le préfet – montre surtout l’immense décalage qui existe entre les autorités et le grand public. Alors qu’en quelques jours la pétition lancée par l’IPSN, que vous pouvez encore signer ici, a rassemblé plus d’un demi-million de signatures et que les médias se sont emparés de l’affaire, les institutions locales restent frileuses.

La raison en est simple : les autorités tentent de ménager la chèvre et le chou et restent du côté de la logique économique ; les consommateurs, eux, savent qu’il en va de leur santé. L’urgence et la gravité ne sont pas du côté de la flavescence dorée ou de la cicadelle (l’insecte qui répand la maladie), mais de la dégradation de la santé de notre environnement qui nous menace directement.

Et la vigne est un exemple symptomatique de la situation :


  • Les dangers des pesticides pour les vignerons sont bien connus : outre la maladie de Parkinson développée par de nombreux travailleurs de la vigne, on parle de plus en plus de « la maladie du vigneron », ou dit plus crûment des cancers de la vessie, provoqués par les pesticides. La mort de Frédéric Ferrand dans le Bordelais et le combat engagé par son père contre les pesticides ont suscité l’émoi du public mais pas des autorités qui considèrent que nous manquons encore de données sur le sujet… [1] Combien de morts faut-il pour lancer des études ?

  • Mais il n’y a pas qu’eux. De plus en plus, les habitants des régions viticoles se méfient des épandages. Certains soutiens d’Emmanuel Giboulot racontent que, dans le Mâconnais, les traitements contre la flavescence dorée étaient insupportables et qu’en période de traite, tout le monde restait chez soi pour ne pas être intoxiqué. On comprend mieux pourquoi en période vacances scolaires, alors que de nombreux enfants visitaient la région, Emmanuel Giboulot ne souhaitait pas traiter. Mais la justice le déclare quand même coupable !
Quant aux amateurs de vin qui s’inquiètent, on leur dit depuis des années que les résidus encore présents sur les peaux au moment des vendanges sont évacués dès la fermentation. Vraiment ? Et quid des molécules entrées dans la terre l’année précédente et dont la vigne et les raisins se sont abreuvés ?


Pour protéger notre santé, préservons la nature…

Les pesticides nuisent à la santé de ceux qui travaillent la vigne et détruisent notre environnement qui en est saturé. Ils fragilisent l’écosystème dans lequel poussent les vignes dont, à terme, ils menacent la survie. Et il en va des vignes comme pour le reste de l’agriculture et de l’exploitation des ressources naturelles.

Préserver notre santé passe par le développement d’une agriculture biologique au service de l’homme et de la nature et non plus de quelques groupes industriels qui se sont donné le droit – avec le blanc-seing de l’administration et de la justice – de nourrir et d’empoisonner les Terriens ! À dire vrai, on sait aujourd’hui qu’il faut aller beaucoup plus loin. Le combat continue.

Avec tout mon dévouement,

Augustin de Livois

PS : Deux citations qui me paraissent particulièrement à propos :


« Malgré la crise majeure des années 2007-2009, la sphère de l’économie n’a toujours rien appris et continue de fonctionner selon de vieux postulats érigés au rang de dogme. Il a fallu attendre l’émergence de l’écologie, fortement dopée par cette crise, pour que les hommes prennent conscience du caractère limité des ressources de la nature – d’où cette question posée et reposée : “Comment assurer une croissance illimitée de la production des biens et des services alors que celle-ci est assise sur des ressources limitées ?” – celles précisément que la planète met à notre disposition. (…) Or partout dans le monde les écosystèmes, c'est-à-dire les milieux naturels, se dégradent. » (Jean-Marie Pelt) [2]

« Comment pouvons-nous parler de progrès alors que nous détruisons encore autour de nous les plus belles manifestations de la vie ? Nos artistes, nos architectes, nos savants, nos penseurs suent sang et eau pour rendre la vie plus belle et en même temps nous nous enfonçons dans nos dernières forêts, la main sur la détente d’une arme automatique. (…) Il faut lutter contre cette dégradation de la dernière authenticité de la Terre et de l’idée que l’homme se fait des lieux où il vit. Est-ce que nous ne sommes vraiment plus capables de respecter la nature, la liberté vivante, sans aucun rendement, sans utilité, sans autre objet que de se laisser entrevoir de temps en temps ? La liberté elle-même serait alors anachronique. (…) Il faut absolument que les hommes parviennent à préserver autre chose que ce qui leur sert à faire des semelles, ou des machines à coudre, qu’ils laissent de la marge, une réserve, où il leur serait possible de se réfugier de temps en temps. C’est alors seulement que l’on pourra parler de civilisation. » (Romain Gary dans Les racines du ciel)
Sources :

[1] Cancers dans le monde agricole : « on sous-estime l'impact des pesticides »

[2] Les dons précieux de la nature, Fayard 2010


vendredi 20 juillet 2012

Urgent. Pétition pour la protection des abeilles : Non aux épandages aériens de pesticides dans le Lot

Par Nathalie Chalut-Michel, via Change.org
 
M. B. Gonzalez, Préfet du Lot : Non aux épandages aériens de pesticides dans le Lot
Dans de nombreux départements français, les préfectures autorisent des épandages aériens de pesticides toxiques qui risquent de décimer les abeilles. C'est le cas du Lot où j'habite et où j'anime une association de protection de la nature. J'ai décidé d'agir avant qu'il ne soit trop tard.

Le Préfet du Lot M. Gonzalez a ouvert une consultation publique sur le sujet, qui prend fin le 22 juillet. J'ai donc lancé une pétition urgente sur Change.org lui demandant d'interdire ces épandages dangereux. Et des milliers de voix pourraient le convaincre de prononcer l’interdiction. Cliquez ici pour signer ma pétition Le problème concerne toute la France. Alors que d'autres préfets cèdent à la pression des lobbys de l'agrochimie pour autoriser ces produits dangereux, une première victoire dans le Lot pourrait envoyer un signal fort remettant en cause l'ensemble des autorisations. Cliquez ici pour rejoindre mon appel Je sais combien les abeilles, garantes du maintien de la biodiversité, sont directement menacées par l'exposition aux pesticides utilisés dans l'agriculture. En raison de sa dangerosité pour la santé animale et humaine, l'épandage aérien de pesticides est d’ailleurs interdit en France depuis 2010. Mais un arrêté ministériel de 2011 autorise les préfets à accorder des dérogations, qui sont en train de devenir la norme: 800 demandes de dérogation ont été déposées dans le pays depuis le début de l'année, et plusieurs préfectures les ont déjà acceptées. La pression est en train de monter : citoyens, apiculteurs et élus se mobilisent pour refuser ces épandages. C'est le cas dans le Lot où ensemble, nous remettrons ma pétition à la fin de la consultation publique. Avec votre aide, nous pouvons gagner. Signez ma pétition demandant au Préfet du Lot d'interdire les épandages aériens de pesticides.
Merci d'agir pour faire changer les choses

Nous, citoyens et citoyennes du Lot et d'ailleurs en France, demandons au Préfet de refuser les épandages aériens de pesticides, effectués au profit de quelques agriculteurs et des grands groupes de l'agrochimie. Au détriment des abeilles menacées par ces pesticides toxiques. A notre détriment à tous.
C'est urgent, nous avons jusqu'au 22  juillet pour exprimer notre opposition résolue à ces épandages, dans le cadre de la période de consultation du public à la Préfecture du Lot.
La pétition sera remise au Préfet le lundi 23 juillet à 10 heures. Un grand nombre de signatures d'ici la fin de la semaine pourrait conduire le Préfet à les interdire. Nous enverrions ainsi un signal fort à l'ensemble des Préfets qui sont en train d'autoriser ces épandages dans d'autres départements.
Merci de signer et de faire passer le message!