Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

Affichage des articles dont le libellé est Kelaat M’Gouna. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Kelaat M’Gouna. Afficher tous les articles

samedi 11 juin 2016

Maroc : dans les prisons secrètes de Hassan II







Agdz, Kelaat M'Gouna, Tazmamart, Derb Moulay Chérif… Les centres de détention des années de plomb se transforment en lieux de mémoire. Reportage exclusif.


Il fait 32 degrés à l’ombre. Nous avançons sur une route escarpée en direction de la Kasbah d’Agdz, dans le Haut Atlas (Sud), longeant des maisons en béton construites sur les vestiges de vieux remparts, ultimes témoins de l’histoire de ce village jadis situé sur la route des caravanes reliant Marrakech à Tombouctou. Au bout de la route, le djebel Kissane, avec ses curieuses cuvettes d’origine inconnue (kissane signifie « tasses », en arabe).
Il domine la magnifique palmeraie de Mezguita, qui s’étale à perte de vue, et la Kasbah El Had, construite en 1948 par le pacha El Glaoui, figure historique du Maroc sous protectorat français. C’est dans cette kasbah pittoresque, complètement à l’écart, que le roi Hassan II faisait jeter ses opposants après que sa police leur eut fait subir les pires tortures dans les centres de détention secrets de Casablanca et de Rabat.

Lieux mythiques
Entre 1976 et 1981, date de fermeture de la kasbah, 400 personnes y ont séjourné dans le secret le plus absolu, ventilées en trois groupes : « le groupe des événements de 1973 », date de la grande révolte de la gauche marocaine ; « le groupe Bnouhachem » – du nom de son leader -, qui était affilié à l’organisation marxiste-léniniste Ila al-Amam ; et « le groupe des Sahraouis », accusé d’accointances avec le Polisario.

À l’époque, aucun villageois n’osait s’approcher de la kasbah de peur d’y être à son tour enfermé ou de subir l’une des nombreuses malédictions qui entouraient le lieu. « On nous disait, rapporte une vieille dame enveloppée dans son haïk, que les détenus sahraouis allaient nous égorger si jamais ils prenaient la fuite. »