Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

Affichage des articles dont le libellé est CMCPM. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est CMCPM. Afficher tous les articles

vendredi 30 novembre 2012

La condamnation à la peine capitale au Maroc reste malheureusement encore possible

                    
Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc

Par Ayad Ahram, ASDHOM, 30/11/2012

Le département de l’information de l’Assemblée générale de l’ONU a déclaré dans son communiqué de presse du 19 novembre 2012 que :

« La Troisième Commission, chargée des affaires humanitaires, sociales et culturelles, a adopté aujourd’hui un projet de résolution A/C.3/67/L.44/Rev.1 invitant l’Assemblée générale des Nations Unies à appeler les États Membres pratiquant des exécutions capitales à instituer un moratoire sur celles-ci et ce, en vue d’aboutir à leur abolition définitive. »  

Cette résolution a été adoptée par 110 voix pour, 39 voix contre et 36 abstentions.
Le communiqué finit par exposer les explications de vote données par les parties qui y ont pris part.
On y découvre celle du délégué du Maroc qui « a souhaité que ce projet de résolution entrât dans une nouvelle phase et qu’un compromis fût trouvé pour l’année prochaine. Il a affirmé que dans son pays aucune peine de mort n’avait été prononcée ni exécutée. Le Royaume a organisé plusieurs réunions à différents niveaux qui ont offert l’opportunité de défendre soit le maintien soit l’abolition de la peine de mort. Ce débat favorisera la construction d’une position conforme aux avis des citoyens marocains, a-t-il encore dit, avant de rappeler que dans les cas de requêtes d’extradition, son pays veillait à ce que les personnes concernées ne soient pas condamnées. Il a également fait état d’un congrès régional sur la peine de mort qui a eu lieu au Maroc. »

Si le Maroc n’a pas suivi l’Egypte, le Soudan et l’Inde, entre autres, qui ont voté contre cette résolution en invoquant «la diversité des contextes juridiques, culturels et religieux du monde » et qui ont déclaré que « toutes les règles ne peuvent s’appliquer en tous lieux et en toutes circonstances », il n’en demeure pas moins qu’il s’est abstenu en se basant sur cette déclaration qui relève du mensonge et de l’affichage.

Mensonge, car le Maroc continue à prononcer des condamnations à la peine capitale comme c’était le cas en octobre 2011 à l’encontre du suspect principal de l’attentat terroriste de l’Argana à Marrakech.

Affichage, car il se vante d’appliquer les normes universelles en termes de respect des droits de l’Homme, de favoriser l’organisation de colloques et séminaires sur le sujet et d’avoir permis à l’Instance Équité et Réconciliation (IER) d’exister pour tourner la page douloureuse des atteintes aux droits de l’Homme au Maroc.

Sauf que le délégué marocain à cette Troisième Commission de l’ONU a oublié que ce colloque régional sur la peine capitale a été organisé à Rabat du 18 au 20 octobre par l’association Ensemble Contre la Peine de Mort (ECPM) en partenariat avec la Coalition Marocaine Contre la Peine de Mort (CMCPM) qui regroupe plusieurs organisations marocaines de défense des droits de l’Homme. Lequel colloque a interpellé les autorités marocaines pour qu’elles mettent enfin en œuvre les recommandations de l’IER qui commencent à dater et notamment celle concernant un moratoire sur la peine capitale.
Maître Badinter, l’homme de l’abolition de la peine capitale en France, était présent à ce colloque. Il pourra rappeler au délégué du Maroc qui se cache derrière « la construction d’une position conforme aux avis des citoyens marocains », que lorsqu’il a présenté sa loi à l’approbation de l’Assemblée Nationale française en 1981, l’opinion publique française était dans sa majorité pour la peine capitale.

L’ASDHOM, qui soutient la Coalition marocaine contre la peine de mort dans son plaidoyer, condamne le vote du Maroc relatif au moratoire sur la peine capitale. Elle considère que cette attitude fait preuve du manque de volonté politique de couper avec le passé. Ce vote répétitif depuis plusieurs années maintenant ne saura tromper personne.
L’ASDHOM demande à l’Etat marocain de mettre au moins ses décisions internationales en matière des droits de l’Homme en conformité avec sa propre et nouvelle Constitution qui consacre, du moins dans son texte, le droit à la vie.
L’ASDHOM soutient par ailleurs la marche nationale qui aura lieu ce dimanche 2 décembre à l’appel des organisations des droits de l’Homme au Maroc pour exiger un « pouvoir judiciaire indépendant capable de mettre fin à l’impunité » et réclamer, entre autres, l’abolition de la peine capitale.
     
Paris, le 29 novembre 2012
Bureau exécutif de l’ASDHOM  www.asdhom.org

ASDHOM 79, rue des Suisses  92000 Nanterre

mercredi 22 février 2012

Le problème de la peine de mort est à l'ordre du jour au Maroc.Trois associations interpellent Robert Badinter

Le 10 février la CMCPM (coalition marocaine contre la peine de mort) avait organisé à Rabat un débat autour de "La constitution et le droit à la vie"en présence de magistrats, de parlementaires, d’univerf'sitaires et de défenseurs des droits de l'Homme

Le 22 février, à Mohammedia,  la Coalition Marocaine Contre la Peine de Mort et Pénal Reform International ont organisé avec succès une journée sous le thème: "Droit Humains et Droit à la vie" . Plusieurs militant-es de l'AMDH (section de Mohammedia) ont assisté à cette activité
               http://www.youtube.com/watch?v=6_YZjIK1qIU&feature=youtu.be
------------------------------------------------------
 Le 10 octobre les animatrices de Solidarité Maroc 05 et des Amis du peuple du Sahara Occidental (APSO) avaient déjà interpellé au sujet de la peine de mort au Maroc Monsieur Robert Badinter qui intervenait souvent dans la presse pour l'anniversaire de l'abolition de la peine de mort en France. Lire "lettre ouverte".


 Réponse de Monsieur Robert Badinter 


ROBERT   BADiNTER

                                                                                Paris, le 17 octobre 2011
                                                                                   Madame Maire-José FRESSARD
­                                                                                   Solidarité-Maroc 05
                                                                                   17 rue Eymar
                                                                                   05 000 GAP
Chère Madame,
 
Je vous remercie de votre courrier qui a retenu toute votre attention. La lutte contre la peine de mort doit se concentrer d'abord sur les pays où elle est pratiquée. S’agissant du Maroc, le mouvement abolitionniste marocain est très actif et soutenu pas des ong et par la Commission internationale contre la peine de mort dont je fais partie.
Ce n’est pas pour autant que les défenseurs des droits de l'homme doivent rester inactifs face aux violations graves des droits humains dans ce monde, y compris au Maroc. Ce à quoi je m'emploie moi-aussi.

Je vous prie de croire à l'assurance de mes sentiments les meilleurs.
                                                                                             Robert Badinter 
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Les arguments de M. Badinter ne nous ont pas convaincues. La vice-présidente de l'ASVDH s'est jointe à nous pour préciser notre point de vue

Solidarité Maroc 05
APSO, Amis du Peuple du Sahara Occidental
ASVDH, Association Sahraouie des Victimes des violations graves des Droits de l’Homme commises par l’État du Maroc
Gap, le 2 février 2012
Cher Monsieur Badinter,                                                  
Du fait d’une erreur inexpliquée, votre réponse du 17/10/2011 à notre courrier à propos de la peine de mort au Maroc vient seulement de nous parvenir. Nous vous remercions de votre attention.

Cependant vos arguments ne nous ont pas convaincues. Bien sûr, depuis 1993 il n’y a eu aucune exécution capitale officielle au Maroc. Mais il semble qu’aucun engagement de ne pas appliquer les sentences n’ait été signé, et dans le climat actuel de détention arbitraire, de procès fabriqués, de torture inacceptable, de répression violente, et d’impunité pour les tortionnaires, tout semble possible de la part du régime marocain.
N’est-ce pas une exécution capitale de la pire espèce que de mourir suite à un tabassage ? Ou froidement exécuté comme l’enfant sahraoui Najem Elgarhi, 14 ans, tué par les balles policières le 24 octobre 2010, comme le jeune sahraoui Said Dembar exécuté à bout portant par un policier marocain d’une balle au milieu du front le 23 décembre 2010…

Pourquoi continuer à condamner à mort ? Pour donner une leçon par la souffrance de l’attente et l’incertitude à ceux qui sont, selon la sentence, promis à mourir ? N’est-ce pas pervers ? Ceux qui sont passés par les couloirs de la mort  n’étaient pas persuadés que c’est une peine « pour rire » … Que penser de cette pratique qui détruit psychiquement un individu à défaut de le pendre physiquement…

Le 12 janvier 2012, pour la deuxième fois, sourde aux appels et interpellations incessants de la Coalition marocaine pour l’abolition de la peine de mort que vous soutenez, la Chambre criminelle de la Cour d’appel de premier degré de Casablanca a condamné le citoyen Najib Zaïmi à la peine capitale.

La nouvelle Constitution marocaine dit garantir le droit à la vie, alors comment comprendre ce double langage sinon par une volonté cynique de dominer le peuple et d’essayer de plaire sur le plan extérieur ?
Notre courrier précédent vous demandait simplement de « citer » le Maroc parmi les pays non-abolitionnistes. Nous renouvelons notre demande à laquelle s’associe une organisation qui nous a rejointes.
Merci de ne pas continuer à laisser croire que le régime marocain est opposé à la peine de mort.
Veuillez agréer nos sincères salutations