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mercredi 20 janvier 2016

Aylan : la réponse assassine d’un dessinateur palestinien à Charlie Hebdo


C’est le dessin qui ne passe vraiment pas... Dans le flot de contestations, critiques ou dénonciations du dessin de Riss dans Charlie Hebdo sur Aylan, l’enfant réfugié syrien retrouvé mort sur une plage de Turquie, une réponse sort du lot et fait vraiment mal : c’est celle du dessinateur palestinien de Syrie, Hani Abbas, qu’il a publiée sur sa page Facebook.
On y voit le cadavre du petit Aylan sur la plage, poignardé dans le dos par un stylo à plume sur lequel est écrit « Charlie Hebdo ».
La réponse de Hani Abbas à Charlie Hebdo sur sa page Facebook
Hani Abbas à Charlie Hebdo sur sa page Facebook - Via Facebook
Dans Charlie, Riss avait imagine que si Aylan avait survécu et grandi, il aurait pu devenir à son tour un harceleur sexuel comme ceux de la gare de Cologne le soir du 31 décembre... Dans sa chronique de jeudi, Daniel Schneiderman avait bien décrit le malaise provoqué par la caricature de Charlie.
La réponse assassine à ce dessin douteux fait d’autant plus mal qu’il provient d’un dessinateur membre du groupe « Cartooning for peace » qui s’était solidarisé avec Charlie Hebdo après l’attaque du 7 janvier 2015, et qui milite pour un monde sans frontières entre dessinateurs de pays parfois ennemis.
Hani Abbas a, de surcroit, une légitimité personnelle forte, ayant dû, selon le site de Cartooning for peace, fuir la Syrie pour un dessin :
« En postant un dessin sur Facebook en 2012, immortalisant la fleur symbole de la révolte syrienne, ce jeune professeur a été menacé par les services secrets syriens. Hani Abbas est alors contraint de se réfugier en Suisse où il continue de dénoncer les horreurs de la guerre avec un talent et un sens de l’humour décapant. »
En mai 2014, il a reçu le Prix international du dessin de presse des mains de Kofi Annan à Genève.
La reine Rania de Jordanie – qui avait participé à la marche de Paris le 11 janvier 2015, après l’attaque de Charlie Hebdo – entre à son tour dans le débat, en postant sur son compte Twitter la caricature d’un dessinateur jordanien, Ossama Hajjaj, dont elle dit qu’il « résume sa pensée ».
Il prend le contrepied de Riss en montrant ce qu’Aylan aurait pu devenir : un médecin, un enseignant, un bon père de famille... Un dessin produit en trois langues (arabe, français et anglais) pour être bien sûr que le message passe.

 Résultat de recherche d'images pour "Osama Hajjaj Aylan"
Merci à Driss Jaydane de se mouiller. On attend cela de nombre de démocrates qui se sont totalement fourvoyés dans l'affaire Charlie, à trop vouloir défendre l'indéfendable sous prétexte de liberté d'expression. La dernière caricature de Riss, sur le petit Aylan en dit long sur l'état de pensée odieux de Charlie depuis l'arrivée de l'extrémiste Philippe Val.

vendredi 23 octobre 2015

"Ne m'enterrez pas !": la mort d'un enfant, icône du drame au Yémen

Par Catherine Gouëset, l'Express, publié le
Le petit Yéménite Farid Shawki, est mort quelques jours après la scène où il implore que l'on ne l'enterre pas.
Le petit Yéménite Farid Shawki, est mort quelques jours après la scène où il implore que l'on ne l'enterre pas.copie d'écran Facebook

Un petit garçon de 6 ans, Farid Shawki, blessé par une attaque contre sa maison à Taez, dans le sud du Yémen, a lancé un cri de détresse sur son lit d'hôpital. Sa mort en fait le symbole du conflit oublié qui déchire son pays.

Les sanglots de Farid Shawki, 6 ans, blessé lors du bombardement de sa maison à Taez, dans le sud du Yémen, sont un peu à l'image du conflit qui ravage son pays, oublié de tous. Le son est feutré. L'enfant pleure à peine. Il implore les médecins de sa petite voix : "Ne m'enterrez pas, Ne m'enterrez pas". L'équipe médicale tente de le rassurer. Blessé à la tête et à la main, l'enfant souffre aussi d'une hémorragie interne.
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C'est un éclat d'obus tiré par un missile tiré par des combattants houthis qui est à l'origine de sa présence aux urgences, précise la BBC qui souligne que le pays est aussi bombardé par les avions de la coalition conduite par l'Arabie Saoudite.
Farid est mort quelques jours après le tournage de ces images. La vidéo postée sur une page Facebook a été visionnée plus de 140 000 fois et près de 500 000 fois sur Al Jazeera. "A l'instar du petit Aylan dont la mort a symbolisé la tragédie du peuple syrien, l'appel de Farid incarne la tragédie du peuple yéménite", a écrit un activiste yéménite sur la page Facebook.

5000 morts dont 500 enfants en six mois de guerre