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mardi 8 décembre 2009

Affaire Aminatou Haidar : situation confuse ...les témoignages de solidarité continuent d'affluer

Par l'ASVDH, 5/12/2009

Le Maroc empêche la famille Haidar et de défenseurs des droits humains de se rassembler à l'aéroport d'El-Ayoun
LETTRE D'INFORMATION, TÉMOIGNAGE
Le 04/12/20 09 vers 19h15, la Famille d'Aminatou Haidar présidente du CODESA, ses enfants et ses amis défenseurs des Droits Humains se sont rendus à l'aéroport de El Aaiun, participer à la réception d'Aminatou Haidar.
Parmi eux Sidi Med Daddach président du CODAPSO, Ghalia Djimi, vice-présidente de l'ASVDH et Dah Mustafa membre de l'ASVDH.
Ils ont rapporté : « Dès notre arrivée, les policiers nous ont empêché de rentrer à l'intérieur de l'aéroport, en nous demandant de nous éloigner et de nous mettre à côté de nos voitures.
À 19h40 les policiers nous ont ordonné de quitter l'aéroport le plus vite possible, sous la menace d'appeler les camions de dépannage pour mettre nos voitures à la fourrière.
À ce moment-là, toutes les lumières ont été éteintes et nous avons quitté le lieu.
D'autres voitures ont été arrêtées avant d'arriver à l'aéroport, par les policiers qui ont encerclé la zone. »
Des dizaines des Sahraouis, femmes, hommes, jeunes et vieux s'étaient rendus à la maison de la défenseur des Droits Humains Aminatou Haidar, croyant son arrivée imminente.
La déception a été très grande, après l'information que son avion n'avait même pas pu décoller de l'aéroport de Lanzarote, vu l'interdiction de l'atterrissage de son avion à El Aaiun , surtout de la part son plus jeune fils Mohamed.
L'ASVDH lance un appel urgent à l'ONU, à l'UA, aux organisations internationales, pour qu'ils fassent pression sur l'Etat Marocain et Espagnol, afin de mettre fin aux souffrances de notre camarade Aminatou Haidar en la grève de la faim menée depuis 19 jours avec une volonté de fer, et alors que sa santé se détériore jour après jour, et qu'ils répondent à son désir, le retour inconditionnel à son pays et auprès de ses enfants.
L'ASVDH salue hautement son courage, sa volonté, sa patience et sa détermination.


Haidar, dans des termes exactes


ParJOSÉ MARÍA RIDAO, 07/12/2009
La fissure ouverte dans les relations entre l'Espagne et le Maroc par la situation d'Aminetou Haidar semble condamnée à continuer de s'accroître, avec la circonstance aggravante que, entre-temps, commencent à vanner les vieux fantômes qui s'efforcent de les engourdir régulièrement. Peu à peu, les déclarations de part et d'autre de la Période critique ressurgissent les vieilles invectives sur l'orgueil des Espagnols ou le caractère traître des Marocains. De plus, par déduction, de commencer l'exhibition de la liste respective d'injustices, du Sahara à l'affaire Persil, en passant par Ceuta, Melilla et l'interminable nombre de frottements qui se produisent inévitablement entre les pays qui partagent une frontière.
Cette pente insensée devrait immédiatement cesser, non seulement parce que la détérioration des relations entre l'Espagne et le Maroc peut sembler désastreuse pour les intérêts partagés entre eux, ceux de sécurité, mais aussi parce que se compliquerait la solution urgente du contentieux qui pourrait finir par coûter la vie à l'activiste de droits de l'homme sahraoui.
Le Maroc a adopté une décision intolérable contre Haidar, en lui retirant son passeport et forcer, de fait, sa déportation et probablement son exil pour avoir écrit "Sahara Occidental" dans la case correspondante à la nationalité d'un formulaire administratif de frontière. Non seulement le châtiment imposé à Haidar ne garde aucune proportion avec son action ; mais pour qu'il existe un châtiment il faut au préalable une loi qui l'établisse.
Mais, en plus, on se trouve devant le fait que, même en supposant que l'ordre marocain inclue une loi semblable, le châtiment imposé à Haidar serait contraire aux droits de l'homme basiques, comme c'est le droit à la nationalité et de rentrer dans son propre pays. Peu importe, à ces effets, que Haidar ne se considère pas comme Marocaine et estime que son pays n'est pas le Maroc. La Déclaration de Droits de l'homme n'établit pas d'obligation pour les sentiments de Haidar, mais pour les actions du Maroc, et encore plus depuis que celui-ci considère que le Sahara Occidental appartient à son territoire.
Mais, à côté de la décision intolérable du Maroc, il existe de graves inconnues sur la réponse du gouvernement espagnol. Haidar a été repoussée à l'aéroport d'El Aaiún, dépouillée de son passeport et introduite dans un avion espagnol. Selon les informations publiées, le pilote a sollicité une autorisation pour embarquer une passagère sans documentation et quelqu'un la lui a accordée. Il est difficile de supposer que c'était la compagnie même, non seulement parce que ce serait aller contre la réglementation internationale sous sa propre responsabilité , mais aussi parce que, une fois à Lanzarote, la police a affranchi le passage de Haidar bien que, toujours selon des informations de la presse, elle manquait de documents.
Il est important de savoir si, en effet, Haidar est arrivée ou non documentée et qui, comment et pourquoi son entrée dans un territoire espagnol a été autorisée si elle ne l'était pas. De ces données dépend, ni plus ni moins, la responsabilité du Gouvernement espagnol dans ce cas . En somme, la responsabilité d'avoir collaboré volontaire ou involontairement avec le Gouvernement marocain dans l'exécution d'un châtiment arbitraire et contraire aux Droits de l'homme comme c'est la déportation et probablement l'exil d'une personne. En plus de la condamnation qui mériterait dans le cas que ces extrêmes se confirmaient, dans l'erreur, ou quelque chose de plus qu'une erreur, il porte la pénitence : c'est lui qui paie les conséquences d'une violation commise par le Maroc.
Le pire qui peut faire l'Espagne pour trouver une sortie est de se jeter dans les bras de solutions imaginatives, pour ne pas dire des arguties de courte portée comme celle qui, apparemment, a été tentée vendredi passé, lorsqu'il a dû avorter un vol spécial à El Aaiún dans lequel Haidar avait déjà embarqué. C'est comme ajouter à l'erreur la honte d'être découvert en trichant. Il ne s'agit pas de trouver une manière ingénieuse pour rendre Haidar à El Aaiún comme si c'était une pomme de terre chaude ; il s'agit de projeter le problème dans ses termes exactes.
Et les termes exactes sont que, à la marge de l'erreur, pour l'appeler de cette façon, que l'on a pu commettre après avoir collaboré direct ou indirectement dans l'expulsion de Haidar et qui exige une clarification immédiate de la part du Gouvernement espagnol, le Gouvernement marocain ne peut pas dans aucun cas agir comme il l'a fait contre cette sahraouie. Tant que ce reproche et cette condamnation ne sont pas exprimées à Rabat, soit bilatéralement comme dans les forums internationaux si nécessaire, quelles que soient les mesures humanitaires que le Gouvernement espagnol adopte en faveur de Haidar ne seront que des manières additionnelles de complicité dans une déportation et probablement dans un exil. Un peu inconcevable pour un Gouvernement que, comme il dit, essaie de se comporter internationalement conformément aux principes et aux valeurs.
 Une solidarité internationale importante en faveur d'Aminatou Haïdar
Zapatero reconnaît la difficulté de son pays à résoudre la crise
Alors que la militante sahraouie Aminatou Haïdar entame, aujourd'hui, son 22e jour de grève de la faim à l'aéroport de Lanzarote, dans les îles Canaries, la tension monte entre l'Espagne et le Maroc après les propos tenus par le chef de cabinet de M. Moratinos. Une véritable crise diplomatique, impliquant plusieurs pays et instances internationales, se profile à l'horizon.
Muet depuis le début de la crise, le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, été contraint de rompre son silence. Pressé par une opinion nationale et internationale franchement mobilisée pour défendre Aminatou Haïdar, M. Zapatero, cité par la presse espagnole, a reconnu la difficulté de son gouvernement à trouver une solution à cette crise. Il a déclaré hier que son pays « connaissait des difficultés avec le Maroc » sur le dossier de la militante sahraouie, ajoutant que « parfois, et c'est normal, il y a des difficultés » dans les relations de l'Espagne avec ses voisins. Soucieux beaucoup plus de préserver les intérêts de son pays, le chef du gouvernement espagnol a indiqué « espérer que nous trouverions une solution raisonnable » en « pensant évidemment et avant tout à Mme Haïdar ». Sévèrement critiqué par l'opposition qui l'accuse d'avoir « jeté l'éponge » dans cette affaire, M. Zapatero a affirmé que son gouvernement « n'a pas jeté l'éponge dans le cas Haïdar » et que « l'Exécutif travaille dans une double direction pour soutenir Mme Haïdar et trouver une solution à sa situation ». Il a ajouté que « le gouvernement doit tenter de mettre fin à cette situation qui n'est pas facile ». La presse espagnole a rapporté, hier, que le gouvernement espagnol a demandé officiellement au Maroc de remettre un passeport à Aminatou Haïdar.
L'étau se resserre sur le Maroc
En empêchant le retour de la résistante sahraouie chez elle, le gouvernement marocain s'est met à dos l'opinion internationale. Un étau diplomatique se resserre sur Rabat. Rare sont les fois où une militante des droits de l'homme a suscité un tel élan de solidarité internationale. D'est en ouest, les gouvernements comme les sociétés civiles se disent « scandalisées » par le cas Haïdar. Les Etats-Unis, qui se sont déclarés « préoccupés » par l'état de santé de la militante sahraouie, sont également sollicités par les Espagnols qui espèrent voir Washington agir sur ce dossier. Au Sénat américain, des sénateurs ont demandé à l'administration Obama de faire pression sur le Maroc. Toujours, au niveau de l'action diplomatique officielle, la ministre suédoise des Affaires étrangères, Mme Cecilia Malmstrom, dont le pays assure actuellement la présidence de l'Union européenne, a été sollicitée par des eurodéputés pour faire pression sur Rabat afin qu'il permette à « la Gandhi sahraouie » de retourner chez elle.
En Allemagne, le groupe des Verts au Bundestag appelle le ministre des Affaires étrangères à agir pour un retour immédiat de la militante sahraouie dans son pays. Seule la Ligue arabe reste insensible à la situation d'Aminatou Haïdar, et ce, malgré les appels du président de la République sahraouie, Mohamed Abdelaziz, l'invitant à agir en faveur d'un dénouement de la crise. En parallèle à l'action diplomatique, la mobilisation de l'opinion internationale ne faiblit pas. Un mouvement de solidarité internationale en faveur de celle qui est considérée comme le porte-voix du combat du peuple sahraoui pour son indépendance, s'intensifie et ne cesse de rallier à sa cause beaucoup de monde. Ainsi, des rassemblements sont organisés un peu partout en Europe. A Madrid, Bruxelles, Londres et dans d'autres villes européennes, des manifestations publiques ont été organisées, hier, par des syndicats et organisations non gouvernementales et des partis politiques, pour dénoncer le sort réservé à Aminatou Haïdar.
Par ailleurs, plus de 200 écrivains, universitaires et journalistes d'Espagne, d'Algérie, du Venezuela, d'Uruguay, du Mexique, de Panama, du Chili, du Brésil et des USA ont signé un appel dans lequel ils expriment leur « soutien actif à la militante » et demandent aux autorités marocaines et espagnoles « d'assumer leurs responsabilité s et d'assurer à l'activiste sahraouie, en grève de la faim, son droit de retourner dans son pays et sans condition ». Les signataires de l'appel, à leur tête le célèbre écrivain uruguayen Eduardo Hughes Galeano (membre du comité de parrainage du tribunal Russell sur la Palestine), l'Espagnol Antonio Muñoz Molina et sa compatriote Rosa Montero, demandent également à l'Espagne « d'exercer plus de pression sur Rabat afin de permettre un retour rapide à la militante sahraouie ».
La résistante sahraouie, qui entame, aujourd'hui, son 22e jour de grève de la faim, est « en danger ». Fernando Peraita, porte-parole de la plateforme de soutien à Aminatou Haïdar, dans une déclaration à la presse, met en garde contre la dégradation dangereuse de la santé de la gréviste. M. Peraita a déclaré : « Elle traverse un moment risqué. Le danger vient de ce que sa force mentale la fait paraître mieux qu'elle n'est réellement. Elle souffre de vertiges, de pertes de vision. Elle a passé une mauvaise nuit, avec des douleurs. » Mais malgré le danger qu'elle encourt, Aminatou Haïdar, très tenace, est déterminée à mener son combat jusqu'au bout. Elle déclaré qu'elle « poursuivra sa grève de la faim illimitée jusqu'à ce qu'elle obtienne son droit légitime de retour inconditionnel » dans son pays. Une détermination d'acier qui résume celle de tout un peuple qui se bat, depuis 1975, pour son droit à l'autodétermination.

2 commentaires:

  1. analyse tendancieuse et non-objective car elle occulte le fait que cette dame a offensé 34 millions de marocains et sans honte demande que des pressions soient exercées sur la Maroc. Et Beh, il est plus simple que des pressions soient exercées plutôt sur elle pour qu'elle revienne à la raison. Qu'elle ait le courage de demander pardon au Roi et ait du respect pour le pays qui la comble de largesses et d'attention qu'elle ne trouvera nulle part y compris chez le voisin vorace et soucieux de maintenir la région sous tension, voire en état de guerre non-déclaré: ses généraux y trouvent un intérêt évident qui n'échappe plus à personne sauf à ceux qu'ils entretiennent à coup de dollars... les soi-disants intellectuels évoqués dans votre texte sont à la solde de régimes dictatoriaux et peu respectueux des droits humains et de ce fait ne sont pas crédibles...aussi, ne sont-ils pas les mieux placés pour en parler...

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  2. je me demande quelle serait l'attitude de la presse espagnole et d'une partie de la societe civile si Aminato etait une basque pro independance

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