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vendredi 3 avril 2009

Solidarité avec Sidi Ifni !

MANIFESTATION A PARIS
La communauté de Sidi Ifni Ait Baamrane en Fance avec la coordination du Collectif international de solidarité avec Sidi Ifni, organise une manifestation pour dénoncer les évènements du samedi noir à Sidi Ifni et demander la libération immédiate et inconditionelle des détenus politique suite à ces événements. A cette occasion les organisateurs lancent un appel à toute la communauté marocaine et à tous les militants pour assister a cette manifestation.
Cette manifestation aura lieu le samedi 4 Avril 2009 à l'esplanade du TROCADÉRO à 15h
Les 22 prévenus de Sidi Ifni doivent de nouveau comparaître devant le tribunal d’Agadir le 9 Avril. Ces jeunes, dont des militants et responsables associatifs, ont été arrêtés arbitrairement la suite de la répression sauvage qui s’est abattue sur la population de Sidi Ifni en juin dernier.

lundi 23 mars 2009

Lettre n°5

Il n’y a plus de saisons…
Arrestations, détentions arbitraires, procès iniques (suite…). Les procès des jeunes de Khénifra et des paysans de Khenichet sont encore ajournés ( voir les lettres précédentes). Le lecteur qui dit ne pas être d’accord avec le titre « la saison des procès » n’a pas tort : il n’y a pas de saison pour les procès, c’est toute l’année, et ça dure depuis des décennies…Des lycéens sont condamnés à Goulimine, Chakib El Khayari toujours en détention. Triste printemps...
Sommaire
Pleins feux sur l’AMDH
Mohamed El Mouden
Khénifra- Goulimine - Khénichet
La lutte obstinée des habitants de Ben S’mim pour défendre le plus vital de leur patrimoine : L’EAU !
Disparitions forcées : deux documents sur les engagements de l’État

Pleins feux sur : L’AMDH, cette conscience du peuple
Ce qui fait plaisir aujourd'hui c'est la participation de plus en plus importante des "gens du peuple" aux sit in et aux autres activités de l'AMDH. L'AMDH, par le sérieux de ses militant-es, par la justesse des positions de ses directions nationales et locales, par l'engagement effectif de ses militant-es dans la défense des droits des citoyen-nes, par son refus de cautionner les politiques antidémocratiques, antinationales et antipopulaires du pouvoir en place...par tout cela l'AMDH est devenue pratiquement la conscience de notre société.Finie la vision classique, vision paternaliste, qui fait de la défense des droits humains une affaire d'élite, d'intellectuels et autres petits bourgeois. A Beni Mellal les paysans pauvres imazighens (femmes et hommes, petits et grands) descendus de leurs montagnes pour protester contre la marginalisation et l'exclusion dont ils sont victimes, ont vécu des moment inoubliables avec les militants de l'AMDH de la région ; à Mohammedia les ouvrières ont répondu présentes à l'invitation de la section locale de l'AMDH pour commémorer la journée de la FEMME ; à Sidi Slimane, les femmes et hommes du peuple travailleur étaient au rendez-vous pour commémorer avec la section locale de l'AMDH cette même journée ; il y a quelques semaines les paysans pauvres et les petits éleveurs des Aît Hanini (région de Khénifra) n'ont trouvé de soutien qu'auprès des militant-es de l'AMDH de la région...
Les masses populaires osent boycotter les élections makhzeniennes.
Les victimes du système commencent à découvrir petit à petit les vrais défenseurs des droits humains
Les masses commencent à distinguer consciemment leurs amis de leurs ennemis
Et surtout les masses populaires commencent à prendre conscience de leur propres forces et de la nécessité de lutte comme seul moyen pour s'imposer. Les créatures sorties des urnes du makhzens étaient, sont et seront incapables de résoudre les vrais problèmes. Ces créatures, nonobstant les bonnes intentions de certains, ne peuvent jouer que le rôle de figurants dans un feuilleton dont tous les actes sont conçus dans leurs moindres détails par le palais et son entourage.
Une jeunesse de défi
Après la rencontre du 28 février - 1er mars 2009 au centre festival de la CNSS à Mohammedia au cours duquel 180 militantes de l'AMDH venues de différentes régions du Maroc (2 par section) ont eu l'occasion de débattre d'un certain nombre de sujet relatifs aux droits humains en général et aux conditions de la Femme en particulier, donc après cette rencontre qui a connu un grand succès, le même centre a hébergé la rencontre nationale des jeunes de l'AMDH et ce les 13, 14 et 15 mars 2009. Plus de 200 jeunes représentant 69 sections, ont vécu des moments inoubliables: rencontres humaines et débats de haut niveau.
Les lycéens (majoritaires), étudiants et quelques jeunes mis en chômages, filles et garçons, toute cette fierté de notre société, ont enrichi positivement des discussions au niveau des assemblées et au niveau des ateliers. Ce qui a attiré mon attention c'est l'énergie avec laquelle nos jeunes abordent le thème de la laïcité. Nos jeunes ont compris que sans laïcité on ne peut en aucun cas aspirer à une société démocratique. L'Etat, la politique, l'organisation sociale d'une manière générale, doivent se libérer de l'emprise du religieux. La religion doit rester une affaire personnelle, une affaire privée. Aujourd'hui, les vrais croyants sont pris en tenaille : d'un côté l'exploitation idéologique du religieux par l' Etat pour légitimer l'absolutisme du makhzen, d'un autre côté l'exploitation idéologique du religieux par les organisations islamistes dans leur combat qui vise la remise de la société dans les ténèbres du moyen âge.
(…) Bravo à cette jeunesse prometteuse, véritable lumière dans cet obscure océan, et à l'AMDH qui est devenue une véritable école en matière des droits humains, des droits de citoyenneté.
Ali Fkir

Procès des étudiants de Marrakech, groupe de Zahra, remis au 2 avril 2009
Les familles des détenus, rassemblées devant la Cour d’Appel, ont été victimes de graves brutalités policières de la part des forces dites de l’ordre. Elles réaffirment leur détermination à poursuivre leur combat pour la libération des étudiants injustement détenus.

Un témoin torturé : Mohamed El Mouden
Le comité des jeunes pour la libération des détenus politique au Maroc/Le comité préparatoire à Marrakech
Avis au public
Hier mardi 10 mars 2009 un militant du comité préparatoire pour la CONSTITUTION du comité des jeunes pour la libération des détenus politique au Maroc, et militant de l’Union nationale des étudiants du Maroc à Marrakech: le camarade Mohamed El Mouden a été enlevé, et il a été emmené dans une direction inconnue, avant qu’il soit accompagné à la station de police de Jamaa Lafna, où il a été victime de toutes sortes de tortures durant 4 jours avant qu’il soit mis en prison de Boulemharez la nuit du vendredi 13 mars 2009.
En tant que comité préparatoire pour la constitution du comité des jeunes pour la libération des détenus politique au Maroc, nous déclarons notre condamnation de l'enlèvement et la torture subie par le camarade Mohamed EL Mouden.
Nous affirmons notre combat jusqu'à la libération de tous les prisonniers politiques au Maroc, y compris de notre camarade et membre du Comité préparatoire Mohammed.Marrakech le 14/03/2009
Informations en arabe:
http://assoulkhttabi.blogspot.com

Le procès des Lycéens de Khénifra remis au 2 avril 2009

Fait divers. Explosion au lycée
Un lycéen de Khénifra est déféré devant le tribunal militaire pour une affaire qui ressemble à un pétard mouillé. Une farce à un professeur vire au cauchemar pour un lycéen de Khénifra. Âgé de 19 ans, N.B. sera jugé par le tribunal militaire de Rabat pour “tentative délibérée de dégradation d’un établissement public à l’aide de produits explosifs et constitution de bande criminelle”. En fait, il ne s’agit que d’une (mauvaise et dangereuse) blague imaginée par le lycéen dans le but...de faire peur à l’un de ses enseignants. N.B n’ayant pas agi seul, ses neuf complices, mineurs, ont été incarcérés à la prison civile de Meknès. En détention préventive depuis vendredi 27 février, ils seront présentés au Parquet le 17 mars. Leurs avocats réclament la liberté provisoire tout en faisant appel à la clémence du tribunal. Un énorme élan de solidarité s’est déclenché au sein du lycée Abou Kacem Zayani, où les jeunes détenus poursuivent leurs études en première année de baccalauréat. Selon Mustapha Addari, coordinateur de l’AMDH à Khénifra, “les camardes des accusés ont observé mercredi 4 mars un sit-in devant l’enceinte de l’établissement scolaire et ont adressé une lettre ouverte au roi”. Les professeurs ont également signé une pétition où ils décrivent ces dix lycéens comme des élèves studieux et brillants. Affaire à suivre… Amal Baba Ali
L’espoir Mohammed VI
Le procès des lycéens de Khénifra, poursuivis pour avoir expérimenté des bombes artisanales, vient d’être reporté au 2 avril. “Ils risquent de rater leurs examens”, souligne une source associative locale. Leur seul espoir est que la Cour d’appel de Meknès accepte de leur accorder la liberté provisoire. A noter que des élèves du lycée Aboulkacim Azzayani ont demandé une intervention de Mohammed VI pour mettre fin au calvaire de leurs dix camarades.
Source : TELQUEL, mars 2009

Condamnation d’élèves à Goulimine
Plusieurs élèves ont été condamnés le 18 mars à des peines de 3 mois de prison avec sursis pour une manifestation de protestation tenue en marge d’une fête le 10 mars dernier à Assa, suite à laquelle 6 élèves avaient été arrêtés alors qu’ils rentraient chez eux à Zak en bus.

Le procès des paysans de Khénichet reporté au 25 mars
sur le chemin de Souk lgharb...
ce devait être le jugement des détenus de Khenichet
ces pauvres gens
obligés de détourner
quelques aliments
affamés, isolés
après les dernières inondations...
J’ai pris le train pour Kenitra
des discussions par-ci, par- là
"wlah la sawatna"(juré on ne votera plus)
"wati chkoun daha fik,rah dairin mabraw"(qui s'intéresse à ton avis, ils font ce qu'ils veulent de toutes façons)
le paysage est si beau
on en oublie presque
tous les ravages qu'a connus cette région
"allo, le jugement est à souk lgharb"
je prends un de ces taxis
où on s'entasse comme du bétail..
la discussion est bon enfant au début
mais dès que je commence à poser des questions
sur Khenichet et ce qui s'est passé
on se crispe..
on me regarde de biais..
les gens ont peur depuis leur manif contre l'humiliation
le froid ,la faim
les pressions deviennent de plus en plus fortes
c’est le cheikh, le mokadem
qui menacent
car si 10 sont arrêtés
plusieurs autres sont déclarés en état de fuite..
j'arrive enfin
trop tard
le jugement a été reporté
(…)
smirnova, 18 mars 2009
Ben S’mim, source de discorde
Rappel : Le 13 septembre 2007 la population se mobilise et marche sur la source. 7 personnes sont alors arrêtées, 3 seront relâchées dans les heures qui suivent et 4 seront emprisonnées jusqu´au 17 octobre. Encore plus fort, le village est encerclé par les forces de l´ordre, les deux routes d´accès sont fermées avec interdiction de sortir sous peine d´arrestation pour les villageois ! L´électricité est coupée tous les soirs en pleine période de Ramadan pour empêcher les villageois de se réunir. Ce véritable état de siège durera jusqu´au 6 octobre 2007. Bilan : plusieurs fausses couches dues à l´impossibilité d´accéder à un hôpital, des blessés dont un vieillard sérieusement molesté.

Au Maroc, Ben Smim refuse que sa source soit mise en bouteilles
Par Cerise Maréchaud,
La Croix, 18.03.2009

Dans ce petit village du Moyen Atlas, la construction d’une usine de mise en bouteilles de l’eau de la source provoque manifestations et procès.
En cette heure de labeur aux champs, Ben Smim sommeille. Une mosquée, une école, un dispensaire, des maisons en pisé et en brique. Ce village de 3 000 habitants, à 70 km de Fès, contraste avec les terres alentour, arrosées l’automne dernier par des pluies que le Maroc n’avait pas connues depuis trente-cinq ans. « Ce vert, c’est trompeur », avertit Moulay Ali Tahiri, 72 ans. Ce doyen de la zaouia (communauté religieuse et tribale) de Ben Smim est, avec une dizaine de villageois, poursuivi par la justice pour s’être opposé à la construction d’une unité de mise en bouteilles de la source d’eau.
Depuis le début des travaux en 2006, des manifestations populaires, réprimées par les forces de l’ordre, n’ont pas empêché l’usine de sortir de terre. Des bulldozers s’activent encore à flanc de colline, et l’exploitation devrait commencer « d’ici à l’été », annonce le Français Nicolas Antaki, directeur de l’Euro-Africaine des eaux (EADE). Créée en 2001, cette société marocaine a signé en 2005 un contrat avec le royaume, détenteur à 60 % de la source Ben Smim, et devrait produire une centaine de millions de litres d’eau en bouteilles par an.« Qu’est-ce qu’on va y gagner ? L’été, on n’a presque plus une goutte pour abreuver les bêtes », déplore, entre deux coups de bêche, Abdellah Adghoghi. Dépendants d’une agriculture quasi vivrière, dans un pays en situation de stress hydrique (700 m3 par habitant et par an) dont la majorité des ressources en eau est absorbée par les exportations agricoles, les habitants s’inquiètent. À Ben Smim, la moitié des terres est en jachère une année sur deux. « La saison dernière, on a perdu 15 % du cheptel. Sans eau ni herbe, on a dû vendre des bêtes à des prix dérisoires pour acheter du fourrage », dit Moulay Ali Tahiri.

"Au Maroc, le paysan n’est rien"
«Le débit que nous a accordé la direction du bassin hydraulique de Sébou est de 3 litres/seconde. Or, le débit moyen de la source de Ben Smim est de 80 litres/seconde, 20 en période de sécheresse », rassure Nicolas Antaki. « Le loup est dans la bergerie. Au Maroc, le paysan n’est rien », avertit l’économiste Mehdi Lahlou, fondateur de l’Association marocaine pour un congrès mondial de l’eau (ACME). « La procédure réglementaire suivie garantit la transparence », estime pour sa part Mokhtar Bzioui, du Conseil mondial de l’eau, ancien responsable à la Direction nationale de l’hydraulique. « On n’a pas confiance ! », tranche Moulay Ali Tahiri. « Une enquête a été faite avant la signature du contrat et tout le monde était favorable », rétorque Nicolas Antaki, excédé par les allégations selon lesquelles son entreprise dissimulerait des intérêts haut placés. « J’ai mis huit ans à suivre la procédure administrative, qu’on ne vienne pas dire que je profite de passe-droits ! »Au village, on doute des bienfaits de l’usine pour cette région où le chômage touche pourtant les jeunes de plein fouet. « Il a parlé de 200 emplois. Mais tout sera mécanisé ! Douze personnes y travailleront », ironise Moulay Ali Tahiri.
« Je refuse de rentrer dans ce jeu, riposte l’investisseur. Mais, pour tous les postes industriels, je n’ai pas intérêt à faire venir à mes frais des gens d’autres régions. » Une usine, les villageois n’ont rien contre, « mais pas si elle prend juste notre eau, lance cette femme en djellaba rose. C’est sacré. » « Nos petits pois et nos haricots sont mis en boîte à Tanger, pourquoi pas ici ? », interroge Moulay Ali Tahiri pour montrer qu’il n’a « rien contre le développement ». Nicolas Antaki met en avant les « 10 millions de dirhams de taxes » (900 000 €) que l’EADE devrait verser par an à la commune de Ben Smim. Une manne pour financer des projets.
« À commencer par la réparation de cette seguia (rigole) de bric et de broc par laquelle est acheminée l’eau des agriculteurs, et qui cause une majorité de pertes ! »Moulay Ali Tahiri refuse de voir la collectivité locale, regroupant 11 tribus opposées par « de vieilles rivalités », gérer et partager un budget qui revient à la seule zaouia de Ben Smim, assure-t-il en brandissant un vieux dahir (décret royal) de Mohammed V, grand-père de l’actuel souverain. « L’eau appartient à l’État, pas à une communauté », rétorque Nicolas Antaki. « Ça ne veut pas dire qu’il peut marchander ce bien public », estime Mehdi Lahlou. L’association ACME a intenté un procès. « Elle a été déboutée par le tribunal administratif de Meknès, conclut l’entrepreneur. Un contrat est un contrat. »

Pour en savoir plus sur la lutte à Ben S’mim, cliquer
ici
Et consulter les sites
- du
CNRS / gestion de l'eau au Maroc et risques liés à la sécheresse
- du gouvernement marocain
l'ensemble des projets ayant trait à la gestion de l'eau
contexte hydrologique sévère
- de l'Institut de recherche pour le développement au Maroc (IRD)

Forum marocain pour la Vérité et la Justice
Comité de Coordination des Familles des disparus et des victimes de la disparition forcée au Maroc

Communiqué rendu par l’Assemblée générale
Casablanca le 21 mars 2009
Les familles des disparus dont le sort est inconnu, les familles des disparus victimes des violations graves des droits de l’homme décédées et les rescapés de la disparition forcée au Maroc, réunis à l’initiative du Comité de coordination à Dar Al Mohami (la maison de l’avocat) à Casablanca le 21 mars 2009 dans le cadre d’une assemblée générale qui coïncide cette année avec la commémoration du 44ème anniversaire du soulèvement du 23 mars 1965 ;
Partant des résultats de l’Instance Equité et Réconciliation contenus dans le rapport final de celle-ci, et de l’action du Comité de suivi de la mise en œuvre des recommandations de l’IER créé par le Conseil consultatif des Droits de l’Homme (CCDH) ;
Se basant sur les positions et revendications exprimées par les familles des disparus et les victimes de la disparition forcée à plusieurs occasions et dans plusieurs documents, le dernier en date étant le mémorandum soumis au CCDH par le Comité de coordination des familles des disparus dont le sort est inconnu et des victimes de la disparition forcée lors de sa dernière rencontre avec le Conseil le 20 janvier 2009 ;
Ayant à l’esprit les débats qui ont eu lieu durant cette dernière rencontre ;

Considèrent que les résultats des cinq dernières années dans le cadre du règlement des dossiers de la disparition forcée, en dépit de leur importance, restent en deçà des revendications de la révélation de la vérité, la réparation des préjudices subis par les victimes et leurs familles de manière à en limiter les effets, la préservation de la mémoire de manière à concrétiser la devise : non à l’oubli.
Déclarent que le règlement des dossiers de la disparition forcée reste largement lacunaire, en ce sens que le sort de dizaines de disparus forcées reste inconnu, les lieux d’enterrement de plus de 280 victimes déclarées décédées restent inconnus, l’identité de près de 200 décédés dans les soulèvements qu’ont des villes marocaines restent inconnues, les analyses génétiques (ADN) de 180 échantillons prélevés sur des dépouilles des victimes n’ont pas été faites, bien que les prélèvements ont été effectués depuis près de 3 ans.
Estiment que les actions de réparation, en particulier les volets médical et de réinsertion sociale restent partiels, au moment où la régularisation des situations administrative et financière des rescapés de la disparition forcée n’a pas encore débuté ;
Considèrent que la dernière réunion du Comité de coordination avec le CCDH n’a pas été fructueuse. D’une part, le CCDH entend se défaire de sa responsabilité quant à la poursuite des investigations sur les disparus forcés dont le sort est encore inconnu, et répond aux revendications concernant l’activation des analyses génétiques et la publication des listes des disparus par des faux-fuyants. D’autre part, il se limite, à formuler des promesses d’examiner nombre de revendications tendant à la réparation individuelle et à tergiverser sur la mise en ouvre d’autres mesures qu’il avait promises auparavant.
Soulignent les lacunes au niveau de la mise en œuvre des recommandations formulées par l’Instance Equité et Réconciliation, en particulier la ratification de la Convention internationale de protection de toutes les personnes contre la disparition forcée ainsi que d’autres instruments pertinents, et le retard dans le prise de mesures relatives à la bonne gouvernance sécuritaire et à la lutte contre l’impunité.
Se déclarent attachées à leurs revendications qui, sans être satisfaites, le dossier de la disparition forcée restera ouvert et loin du règlement définitif.
Elles réitèrent les revendications suivantes :
- Révéler le sort de tous les disparus forcés, par la création d’un mécanisme adéquat qui se chargera des investigations et disposera des attributions et compétences nécessaires pour mener ces investigations à terme et déterminer les responsabilités des crimes de la disparition forcée.
- Activer le processus d’analyse ADN quant aux dépouilles des victimes décédées, de proclamation des résultats, de remise des dépouilles aux familles qui le désirent afin de leur permettre de les inhumer comme il se doit, tout en préservant les lieux d’inhumation connus dans les anciens lieux de détention et de les aménager dans le sens de la préservation de la dignité des victimes.
- Publier les listes des victimes de la disparition forcée, qu’il s’agisse des décédés, des rescapés ou de ceux dont le sort est inconnu, ces listes doivent aussi comporter toutes les informations sur les conditions de décès.
- Permettre aux victimes et aux ayants droit une couverture médicale, activer les processus de leur réintégration sociale et de la régularisation de leur situation financière, administrative et professionnelle de manière à leur garantir un revenu fixe susceptible de leur garantir leur droit à la vie digne.
- Régler les questions liées aux biens des victimes et de leurs familles spoliés ou placés sous séquestre, à travers la mise en œuvre du droit au recouvrement ou de remboursement.
- Activer le processus de ratification de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre la disparition forcée ainsi que le statut de Rome de la Cour pénale internationale.
- Mettre en œuvre les recommandations de l’Instance Equité et Réconciliation en ce qui concerne l’incrimination constitutionnelle de la disparition forcée, la réforme de la justice, la prise de mesures nécessaires pour l’instauration d’une bonne gouvernance sécuritaire de manière à mettre un terme à l’impunité.
- Préserver les lieux de détention secrète pour préserver la mémoire dans le cadre de la réparation communautaire.
- Présenter des excuses aux victimes, à leurs familles et à la société marocaine pour les violations graves des droits humains perpétrées à leur encontre par l’Etat et ses organes.
Appellent toutes les organisations et associations des droits humains et à vocation politique, syndicale et culturelle à soutenir leurs revendications légitimes en vue d’une équité effective et d’une véritable réconciliation.

Campagne internationale pour mener le Maroc vers la ratification de la convention internationale contre les disparitions forcées
En 2007 le Maroc a signé la convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées. Mais le Royaume hésite encore à la ratifier. Pour faire pression, des organisations des droits de l’homme du monde entier, y compris du Maroc, vont mener à partir de demain une campagne de sensibilisation auprès des autorités. Détails.
Sensibilisation
La FEMED ( Fédération Euro-méditerranéenne contre les Disparitions forcées) la coalition internationale contre les disparitions forcées (ICAED), l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH), l’Organisation Marocaine des Droits Humains (OMDH), le Forum Marocain pour la Vérité et la Justice (FMVJ) et l’Association des Parents et Amis de Disparus au Maroc (APADM) vont mener différentes actions de sensibilisation au cours du mois de mars 2009 sur ce texte qui vise à protéger tous les individus contre les disparitions forcées.
Dès aujourd'hui, des rencontres entre ces organisations et les autorités marocaines devraient avoir lieu. Par ailleurs, plusieurs organismes internationaux vont envoyer des lettres aux autorités marocaines pour qu’elles ratifient la convention.
10 États ont à ce jour ratifié la Convention : France, Cuba, Albanie, Argentine, Mexique, Sénégal, Bolivie, Honduras, Kazakhstan et Uruguay mais 20 ratifications sont nécessaires pour que la convention puisse entrer en vigueur.
81 Etats ont à ce jour signé la Convention dont le Maroc, qui a signé le 6 mai 2007 à Paris, mais hésite encore à la ratifier. Lors d’une rencontre avec une délégation de la FEMED en juin 2008, Mohamed Liddidi, Secrétaire Général du Ministère de la justice et le Secrétaire Général de la Primature ont déclaré “qu’il n’existait aucun obstacle à la ratification de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées”.
Le Ministre de la Justice a confirmé cette position, en réponse à une lettre envoyée par l’Organisation Marocaine des droits de l’Homme (OMDH), dans le cadre de la journée internationale contre les disparitions forcées tenue le 30 août 2008.
Les organisations des droits de l’Homme au Maroc espèrent que les autorités marocaines ratifient la convention au plus tôt. “Les autorités marocaines ont avancé que le problème est strictement un problème de temps. On attend toujours la ratification surtout que la primature, le ministère de la justice et le conseil consultatif des droits de l’Homme a maintes fois confirmé que le Maroc n’est pas contre une telle ratification”, a estimé un membre du bureau exécutif du FMVJ.
A rappeler que parmi les recommandations de l’Instance Equité et Réconciliation figure celle relative à la consolidation de la protection constitutionnelle des droits humains dont “la prohibition de la disparition forcée, la détention arbitraire, le génocide et autres crimes contre l’humanité, la torture et tous traitements ou peines cruels, inhumains ou dégradants”.
Source :
http://www.aufaitmaroc.com/fr/actualite/maroc/article/campagne-internationale-pour-mener-le-maroc-vers-la-ratification-de-la-convention-internationale-contre-les-disparitions-forcees/

vendredi 20 mars 2009

Une idée de vacances solidaires

découvrir le désert marocain tout en aidant des familles nomades en situation précaire


Moha, Touareg sédentarisé à Merzouga m’avait écrit en novembre 2008 pour me demander de faire connaître le site de son auberge familiale à tous ceux « qui veulent découvrir le désert, sa culture, son patrimoine de sable, ses fossiles et ses gravures rupestres, voir les belles dunes allant jusqu’à 150 mètres de hauteur, admirer le lever et le coucher de soleil, faire des randonnées à dos de dromadaire et bivouaquer dans différents sites magnifiques ».

Il explique que le rôle social de son auberge lui tient à cœur: « nous employons des nomades, des familles très pauvres qui travaillent avec leurs dromadaires en randonnées, en bivouac, et gagnent avec nous un peu d’argent pour mieux vivre » Ne pas avoir de réservations le préoccupe pour eux.

Dans le Guide Globe-Trotters : « Partir …au MAROC autrement », l’auberge familiale de Moha est chaudement recommandée : « Au centre du village de Merzouga (…) une adresse rustique mais chaleureuse comme on les aime. »

Avec quelques amis nous lisons les pages du site www.merzouga-dromadaire.com et les témoignages enthousiastes nous donnent envie d’aller découvrir par nous - mêmes Moha, son auberge et la région de Merzouga.

Nous prenons contact et pour joindre l’utile à l’agréable, nous lui proposons d’aller lui montrer la fabrication et le fonctionnement des fours solaires. C’est en vieux Trafic Renault, chargé de tout le nécessaire pour fabriquer des fours, ainsi que , à la demande de Moha, de vêtements destinés à des familles de nomades, que nous arrivons à Merzouga le 14 janvier 2009.

Nous sommes tout de suite conquis par l’enthousiasme, l’humour, l’intelligence et la gentillesse de cet ancien nomade touareg dynamique, un peu poète, un peu philosophe. Sa préoccupation constante d’aider les plus démunis nous touche beaucoup. Sa connaissance parfaite de la région, son souci de préserver la nature en font un guide très agréable et très compétent. Conteur hors pair, il sait tenir an haleine ses auditeurs avec ses histoires (presque vraies) de fantômes ou ses théories sur la marche du monde.

Nous faisons connaissance avec toute sa famille, surtout son frère Ali et son fils ainé Belkacem, souriant garçon de 10 ans qui ne quitte son père que pour aller à l’école.

C’est avec enthousiasme que Moha s’est lancé dans l’aventure des fours solaires, invitant les voisins à des repas cuits avec le soleil et les persuadant de l’utilité de ce mode de cuisson écologique et économique qui va changer leur vie.

L’auberge, agrandissement de la maison familiale, se trouve en plein centre du village. Grand bâtiment tout en longueur, surmonté d’une grande terrasse d’où on peut admirer les hautes dunes au-delà du village. Elle est bien aménagée, les chambres sont agréables, la grande salle très accueillante. Le tout est simple, rustique, sans clinquant, sans prétention. Le quartier est animé, loin des luxueux centres touristiques à l’écart du village. L’école, le centre médical, la poste, la gendarmerie se trouvent à proximité de l’auberge , où les hommes du village viennent boire le thé, tandis que les femmes vont bavarder à la cuisine. Elles vont se charger de distribuer les vêtements aux familles dans le besoin.

La cuisine, traditionnelle, est excellente : tajines, couscous, omelettes berbères … et, depuis peu les plats cuits dans le four solaire !

Sur le plan découvertes la région immédiate est très riche .
Les dunes où il a fait bon se promener, pour aller passer une nuit dans le campement, adorable petite oasis d’où on n’a plus envie de partir , la visite à la communauté des gnaoua qui nous a offert un concert et du thé, la ville proche de Rissani où l’association des menuisiers est immédiatement gagnée par la fièvre des fours solaires (et en fabrique pour 600 dh), Taouz, ses gravures rupestres et la vieille kasbah, l’usine de polissage des orthocéras, la palmeraie, le lac temporaire devenu immense étendue d’eau bleu turquoise en cet hiver pluvieux… De quoi ne jamais s’ennuyer.

Le prix de la demi-pension est plus que raisonnable : 20 € et réduction pour séjours prolongés. Tous les renseignements pratiques se trouvent sur le site.

Merci de diffuser cette information à vos amis et connaissances, c’est l’occasion de découvrir et faire découvrir une façon de passer les vacances dans un environnement somptueux , tout en apportant une aide aux villageois et aux nomades en situation précaire.
Cet endroit est idéal pour un séjour en famille, et aussi pour tous ceux qui ont envie de découvrir le Maroc authentique. (ce mot galvaudé a ici tout son sens !)
Nous conseillons de choisir le printemps ou l’automne, même si cet hiver exceptionnellement froid et pluvieux n’est pas toujours la règle.

L’équipe : Claudie, Henri, Geneviève, André, Ahmed et Marie-Jo

Contact : Solidarité Maroc 05
17 rue Jean Eymar
05000 Gap
solidmar05@gmail.com

mardi 17 mars 2009

Lettre n°4

Gap-Carcassonne-Paris, 17 mars 2009

Un empêcheur de trafiquer en rond mis à l’ombre
SOMMAIRE
Pleins feux sur : Chakib El Khayari
Une nouvelle arme de destruction des nerfs des militants : l’ajournement des procès
Mohamed El Mouden, Un témoin des violences faites au groupe de Zahra, a été enlevé
Une victoire à Beni-Mellal
Ouvrir la frontière

Chakib El Khayari

ARRESTATION D’UN MILITANT (des droits de l’home) MAROCAIN
Le Procureur du Roi de Casablanca a ordonné la détention et la mise en examen de Chakib El- Khayari, le porte-drapeau de la lutte contre le trafic de drogue dans le nord du Maroc, comme a annoncé à la fin de la nuit de jeudi le Ministère de l’Intérieur à Rabat.
Mr. El-Khayari a été invité par Encod à prendre part à une délégation au Sommet de l’ONU sur les Drogues à Vienne du 11 au 13 Mars.
Khayari préside en outre l’Association des Droits de l’Homme du Rif depuis laquelle il a dénoncé la persécution des sub-sahariens dans le nord-est du Maroc ou l’arbitraire de la police espagnole au moment d’empêcher l’entrée à Melilla de Marocains qui sont en règle.
Ce militant Rifain est un personnage connu par tous les journalistes qui ont travaillé dans la région de Nador. Je me souviens de lui assis dans un cibercafé poussiéreux, enseignant avec passion dans Google Maps la situation des vedettes rapides qui transportent le haschich sur les côtes espagnoles ou regarder avec des jumelles à la nuit tombante au bord de la Petite Mer, la lacune salée qui baigne Nador, pour apercevoir comment se chargeaient de drogues les hors-bords .
Dix policiers en civil l’ont arrêté mercredi à six heures du matin dans son domicile de Nador, dans le nord-est du pays. Les agents ont saisi son ordinateur et quelques objets personnels. Ils n’ont pas indiqué à sa famille où ils l’emmenaient. Des membres de la société civile marocaine et de l’association américaine Human Rights Watch ont demandé aux autorités de respecter la loi et d’informer sur le lieu et le motif de sa détention.
Quarante-deux heures après le Ministère de l’Intérieur a indiqué que Khayari avait été arrêté par ordre du procureur et mis à disposition de la justice. Il a été préalablement interrogé au siège de la Brigade Nationale de la Police Judiciaire sur ces déclarations qui impliquaient dans le trafic de drogue, mais sans apporter de preuves "des personnes qui ont accédé à d’importants postes dans les institutions de l’Etat". Ces déclarations, continue le communiqué de l’Intérieur, " manquent de fondements" et " tendent à endommager l’image des autorités publiques et judiciaires nationales" qui " s’efforcent de combattre le trafic de drogue dans la côte nord du Maroc et dans la province de Nador" .
Ce "militant qui dérange" , comme le décrivait mercredi le journal Le Soir de Casablanca, a laissé entendre que lors du plus grand coup de filet antidrogue de l’histoire du Maroc, qui s’est déroulé en janvier et au début de ce mois, sont seulement tombés des "poids plumes" et qu’on a évité de faire des recherches chez ceux qui détiennent les manettes.
Jusqu’à présent, 109 personnes ont été arrêtées à Casablanca par trafic de drogue entre Nador et l’Espagne, la Belgique et les Pays-Bas. La majorité (76) sont militaires ou membres des forces de sécurité (29 marins de la Marine Royale, 27 agents des Forces Auxiliaires, 19 gendarmes et un soldat). L’amiral et le chef inspecteur de la Marine Royale a été aussi démissionné par le roi Mohamed VI, qu’il considère " négligent" , comme en a informé la presse marocaine.
À la fin de l’année dernière la surface consacrée à la culture du haschich au Maroc a été réduite à 60.000 hectares, 65% de moins qu’il y a cinq ans, quand il s’élevait à 134.000. Le Ministère de l’Intérieur s’est fixé comme objectif qu’en décembre 2009 ne restera seulement 50.000 hectares consacrés au haschich. L’Afghanistan vient de dépasser le Maroc comme producteur et exportateur de haschich.
Source : http://www.chanvre-info.ch/info/fr/ARRESTATION-D-UN-MILITANT-de.html

• Site de soutien à Chakib El Khyari
• Communiqué de Human Rights Wach du 18 février concernant l’arrestation de Chakib El Khyari
• AMNESTY INTERNATIONAL , 20/02/ 2009 : Appel à la remise en liberté immédiate d’un défenseur des droits humains
• APPEL URGENT DE L’OBSERVATOIRE POUR LA PROTECTION DES DÉFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME

Lettre au roi du Maroc sur Chakib El Khiyari
Sire,

Par la présente, nous tenons à exprimer notre profonde préoccupation face au sort de Chakib El-Khayari, qui est placé en détention à l’Office national de la police judiciaire de Casablanca depuis le 17 Février 2009.
Mr.El-Khayari est reconnu et respecté en tant que défenseur des droits humains dans la province de Nador et internationalement. Il a fondé l’Association des Droits de l’Homme dans le Rif en 2005, qui traite d’un certain nombre de questions telles que le traitement des migrants d’Afrique sub-saharienne au Maroc et la violence faite les femmes. Chakib El-Khayari est également connu pour son action de soutien aux droits culturels des Amazighs au Maroc. En Décembre 2008, il est apparu sur la télévision nationale marocaine pour exprimer ses connaissances et ses opinions sur un certain nombre de questions liées au trafic de stupéfiants dans la région, sur la participation et la corruption de certains agents publics, et la nécessité d’élaborer des stratégies non-répressives afin de réduire les méfaits la culture du cannabis dans la région.
Dans quelques semaines, M. El Khayari devra se rendre en Europe, à l’invitation de la Coalition européenne pour des politiques justes et efficaces en matière de drogues (ENCOD), une plate-forme réunissant 170 organisations de la société civile européenne. Le 4 Mars, M. El Khayari participera à une conférence au Parlement européen, pour discuter des politiques de l’Union européenne à l’égard de la culture de plantes illicites. Le 11 et 12 Mars, il est censé prendre part au débat de haut niveau de la Commission Interministérielle des Nations Unies sur les stupéfiants à Vienne, en tant que membre d’une délégation internationale d’ONG qui apporteront les informations vérifiables sur les conséquences désastreuses qui s’opposent aux bienfaits supposés de la politique d’éradication des productions de plantes illicites dans les pays des régions concernées.
Nous craignons que Chakib El-Khayari soit pris pour cible en raison de ses positions sur les Droits de l’Homme et de ses activités anti-corruption dans la région de Nador. Nous considérons son arrestation comme une violation grave de la liberté d’expression, un droit humain qui doit être garanti en démocratie. Le fait qu’il ait été arrêté juste avant sa participation à des rencontres internationales semble indiquer que le gouvernement marocain ne souhaite pas que le monde entende les témoignages d’une population directement touchée par les politiques néfastes menées au nom de la guerre aux drogues.
Afin de mettre en place des politiques durables à l’egard de la culture du cannabis et du trafic de drogues au Maroc, il est essentiel que des points de vue, comme ceux défendus par M. El Khayari et d’autres représentants légitimes des communautés affectées soient entendus publiquement. Des solutions aux problèmes liés à la culture du cannabis au Maroc ne peuvent être trouvées, que par le biais d’un échange libre et ouvert aux idées et aux opinions différentes, et non pas par la répression.
Nous vous demandons de protéger l’intégrité physique de M. El Khayari et d’assurer sa libération immédiate et inconditionnelle.
Dans l’attente d’une réponse, recevez, Majesté, nos salutations distinguées.
Pour ENCOD,
André Fürst, Suisse
Jan Ludewig, Allemagne
Virginia Montañes, Espagne
Joep Oomen, Belgique
Freek Polak, Hollande
Alessandra Viazzi, Italie
(membres du comité exécutif)
Association des Français d'origine marocaine
Association des MRE d'Europe
Source : http://www.arrif.com/modules.php?name=Forums&file=viewtopic&p=36627

Une nouvelle arme de destruction des nerfs des militants : l’ajournement des procès
Le procès 866/08 contre les militants du Souss est reporté du 12/03 au 07/05/09, le gendarme « insulté » ne s’étant pas présenté devant le juge. (Voir lettre N° 1, alinéa 1). Rappelons que le procès des étudiants de Marrakech (groupe de Zahra), reporté du 5 août 2008 au 26 février 2009, puis au 19 mars, celui des 22 détenus de Sidi Ifni est ajourné du 5 mars au 9 avril

Avis à l'opinion publique nationale et internationale
Mohamed El Mouden, Un témoin des violences faites au groupe de Zahra, a été enlevé
par Les familles des détenus à Marrakech le 11/03/2009
Hier le 10/03/2009, un des témoins de l'affaire de nos fils les détenus politique à Marrakech –groupe de Zahra- a été victime d'une opération d'enlèvement . C'est le militant basiste MOHAMED EL MOUDEN, et ce lorsqu'une voiture de police s’est arrêtée, et 4 personnes en civil sont descendues et l'ont mis dedans. Puis ils ont pris la route.
Souvenez-vous bien que le militant enlevé est le deuxième témoin dans cette même affaire, après l’enlèvement de la militante MARIEM BAHMMOU, et le destin de ce militant est encore inconnu.En tant que familles des détenus politiques, en tirant la sonnette d'alarme en ce qui concerne ce crime, nous déclarons à l'opinion publique nationale et internationale :
• Que nous allons faire des actions militantes plus développées contre les violations et les infractions dont nous et nos fils sont victimes.
• En tant que familles nous considérons que l'Etat Marocain est responsable des crimes dont nous et nos fils sont victimes, d'abord dans la station de police de Jamaa Lfna quand notre fils Tawfiq Chwini (membre des familles des détenus et détenu lui même) a été torturé et ensuite en enlevant les témoins de nos fils l’un après l'autre.• Nous considérons que l'AMDH à Marrakech a aussi sa part de responsabilité devant ces crimes qui se passent devant ses yeux sans qu'elle fasse aucune réaction, et nous la considérons responsable de la torture que notre fils Mohamed El Moden a subies.
• Nous condamnons fermement cet enlèvement sioniste.
• Nous déclarons notre adoption du militant Mohamed El Moden.
• Nous appelons tous ceux qui s'intéressent au destin de la démocratie et des droits de l'homme de faire une action urgente afin de mettre fin à la série d'enlèvements, de torture et de détentions politiques.

Enfin une bonne nouvelle : le courage et la ténacité des habitants de zones marginalisées du Moyen-Atlas écrasées sous la neige, sont récompensés . Qu’ont-ils obtenu ?

Libérées de la peur, conscientes de leur force, les masses réalisent des exploits
par Ali Fkir (10 mars 2009)
C’est extraordinaire ! Elles, ils, sont formidables, ces femmes et ces hommes des Aït Abdi N’tinkarif (région de Beni Mellal) : elles, ils ont osé descendre en masse des « réserves » où leurs ancêtres ont été confiné-es depuis des siècles par le makhzen et par ses hordes. Elles, ils, se sont libéré-es de la peur du Makhzen. Elles, ils, ont osé faire face à cet ogre légendaire.
Marginalisé-es par l’Etat despotique, coupé-es du monde par les intempéries, affamé-es, glacé-es de froid, délaissé-es par l’ensemble des acteurs politiques… ces campagnard-es ont décidé de défier la logique makhzanienne qui ne voient en elles et en eux que des sujets ne méritant aucun droit de citoyenneté, de défier la vision de nos politicards qui ne voient en elles, en eux que des imazighes ignares, incapables de distinguer le vrai du faux…Quelles aberrations !
Malgré le froid, malgré la pluie, malgré les menaces des gens du makhzen…ces femmes, ces hommes, et avec courage et dignité , ont gardé devant le siège de la wilaya de Beni Mellal un sit in de 15 jours, réclamant ainsi leur dû, leur droits de citoyenneté .
Les militants de l’AMDH (section Beni Mellal), étaient là pour les épauler. Ces militants ont honoré les principes de la défense des droits humains. Ces paysannes et paysans pauvres ont trouvé en ces militants des gens dévoués.
Le lundi 9 mars 2009, le wali de Beni Mellal, le plus grand bonnet du makhzen de la région (administrativement parlant) a accepté (sur instructions bien sûr) de s’asseoir avec les représentants des ces humbles citoyen-nes (grand-es et fort-es par leur générosité, par leur bravoure, par leur lucidité). C’est une première ! Ce sont les véritables représentant-es (ils ne sont pas sorti-es des urnes du makhzen ) : 4 femmes (Fadma N’ali, Hannou Ou Assou, Itto Ali, Hadda Ou Abjdi), 4 hommes ( Hajji Ikhlef, Moha Ou Tachabout, Adnane Ikhlef, Oussaïd Msalki). C’est la parité ! On n’a pas besoin du quota imposé par le makhzen. C’est incroyable ! nos politicards et autres militantes bourgeoises sont incapable de comprendre comment ces Fadma, Itto et autres Hadda se sont imposées comme interlocutrices au même titre que leurs camarades hommes face aux potentats du makhzen qui font peur à plus de un.
Qui a assisté aux négociations ? les mêmes militants qui étaient là depuis la première heure du sit in qui a duré 15 jours : Abbassi Abbas, président de la section locale de l’AMDH, le grand Mohammed Bougrine du FMVJ(prisonnier des 3 rois, et malgré son âge avancé il n’a pas ménagé ses efforts pour soutenir le mouvement légitime de ces braves gens), Brahim Ahansal, Ismaïl Amrar, Mohammed Laâjila et Driss Jabri, tous membres du comité local de solidarité avec ces résistant-es.
C’est une première dans la résistance populaire.
Bravo les habitants d’Aït Abdi N’tinkarif !
Félicitations camardes Abbassi Abbas, Mohammed Bougrine, Ismaïl Amrar et surtout au militant Brahim Ahensal qui a assuré avec succès la couverture médiatique de cette expérience exemplaire, et à tous les autres !

Bni Mellal : Chapeau bas
tous les mots
toutes les émotions que je sens
je ne saurai les exprimer
à vous les Ait Abdi
ces symboles vivants de ce peuple
qui ne baisse pas l'échine
quand il est épaulé
soutenu par des camardes
passant des nuits dans le froid
sacrifiant leur vie familiale
donnant de leur porte monnaie
pour aider-à survivre
dans ces vie de ghetto
imposées par une autorité
sourde aux doléances de la population..
pour que le sit-in réussisse
et pour que le wali
daigne ouvrir le dialogue…
(extraits)
Smirnova, 11 mars 2009

Le drame humain gazaoui peut-il aboutir à une lueur d’espoir pour la population de l’Oriental ?
Lettre ouverte: Drame humain et drame humain
Par Fatiha Daoudi, Présidente de Ryage. Com, Association pour le développement humain et culturel de la région de l'Oriental marocain.

Notre association pour le développement humain et culturel de la région de l'oriental marocain Ryage.com vient d'apprendre le passage par le Maroc de la caravane humanitaire partie de Londres à destination de Gaza, porteuse d'aide et de confort à la population gazaouie.Cette caravane traversera notre pays jusqu'à sa frontière terrestre avec l'Algérie, et là, ô miracle, elle verra cette frontière s'ouvrir à son passage le dimanche 22 février!!!Ryage.com tout en soutenant cette initiative en faveur de la population de Gaza, saisit l'occasion de l'ouverture exceptionnelle de cette frontière pour rappeler le drame humain que vivent depuis 1994 des milliers de familles très proches, séparées par sa fermeture. Depuis sa création en 2007, notre association n'a eu de cesse d'attirer l'attention des officiels des deux pays sur ce drame humain. Jusqu'à ce jour, nous n'avons trouvé aucun écho du côté des responsables marocains que nous avons sollicité pour nous aider dans notre plaidoyer même si l'on peut mettre à leur actif, depuis près de deux ans, l'appel, à chaque occasion qui se présente, à l'ouverture de ces frontières. Les responsables algériens, quant à eux, s'appuient impunément sur la souveraineté de leur pays. Par cette lettre ouverte, nous voulons attirer l'attention de l'opinion publique sur le paradoxe et l'aléa des décisions unilatérales des responsables politiques. Est-ce que la décision d'ouvrir les frontières algériennes pour la caravane humanitaire veut dire que les responsables algériens sont plus sensibles au malheur des palestiniens qu'à celui de leur propre population ???Faut-il le rappeler, ces frontières très récentes dans l'histoire du Maghreb séparent une même population? Cette population ne mérite-t-elle pas, elle aussi, qu'on lui trouve des solutions humanitaires au drame qu'elle vit depuis la fermeture des frontières? Pourquoi ces milliers familles ne peuvent-elles pas traverser simplement les frontières terrestres pour se rendre visite au lieu d'être obligées de parcourir des milliers de kilomètres par voie aérienne ou pire de prendre le risque d'une traversée clandestine? Notre association a déjà proposé à maintes reprises des solutions humanitaires comme l'octroi de laissez-passer, après recensement de ces familles, ou encore l'ouverture de ces frontières terrestres à dates fixes.

mardi 10 mars 2009

Lettre n°3

La saison des procès se poursuit. Les jeunes sont les cibles préférées de la justice
Gap-Carcassonne-Paris, 10 mars 2009

SOMMAIRE
Pleins feux sur : Khadija Ziane
10 lycéens incarcérés en attendant leur jugement le 17 mars
Fabriquer et faire exploser un pétard, sorte de mini-cocktail Molotov, n’est certes pas au programme du baccalauréat, mais de là à se trouver en prison en attendant le verdict le 17 mars – même un procès militaire pour le plus âgé ! -…alors qu’il doit exister des sanctions à caractère plus scolaire adaptés à des délits de bons élèves momentanément indisciplinés…
Verdicts iniques contre de jeunes étudiants de Marrakech qui ont manifesté contre l’agression meurtrière de Gaza , manifestation violemment réprimée qui a coûté la vie à un étudiant.
Le procès du « groupe de Zahra » des 18 étudiants de Marrakech, en prison depuis 9 mois, est encore reporté (au 19 mars 2009)
Les étudiants incarcérés de l’université de Fès entament une grève de la faim

Le procès des jeunes inculpés de Sidi Ifni, en prison depuis 8 mois, est ajourné au 9 avril

Khénifra, Beni Mellal, Ifrane : le combat des sinistrés
Une jeune Sahraouie fait l’objet d’un enlèvement et d’une tentative de viol à El Aayun


Télécharger la lettre au format pdf
Télécharger la lettre au format .doc

mardi 3 mars 2009

Lettre n°2

Solidarité avec celles et ceux de Ouzioua, Taliouine, Marrakech, Sidi Ifni, Fès, Khénichet, Imintanout, Khénifra, du Rif…

Réseau de solidarité avec le peuple marocain
Solidarité Maroc 05 AZLS Tlaxcala
Gap-Carcassonne-Paris, 2 mars 2009

À Imintanout, on ne célèbrera pas la Fête du Trône…

NOUS AVONS APPRIS AVEC SOULAGEMENT QUE LES MILITANTS DU SOUSS INCULPÉS DANS LES DOSSIERS 1245/08 ET 1348/08 ONT ÉTÉ RELAXÉS LE 26 FÉVRIER.

NOUS CONTINUONS À EXPRIMER NOTRE SOLIDARITÉ TOTALE AVEC LES 8 MILITANTS D´OUZIOUA ET DE TALIOUINE QUI SERONT TRADUITS DEVANT LE TRIBUNAL DE PREMIÈRE INSTANCE À TAROUDANT LE 12 MARS 2009 POUR AVOIR PARTICIPÉ À UNE MANIFESTATION PACIFIQUE.
NOUS PROTESTONS CONTRE LA GÉNÉRALISATION DE RÉPRESSION ET D’INCARCÉRATION À L’ENCONTRE DES MILITANTS ASSOCIATIFS DONT LE SEUL CRIME EST DE LUTTER POUR LES DROITS POLITIQUES ET CIVILS, POUR LA VÉRITÉ, LA JUSTICE ET LE MIEUX VIVRE DE LA POPULATION :

- Ainsi, nous demandons d’urgence la libération de Zahra Bodkor et des étudiants de Marrakech détenus injustement depuis 9 mois pour avoir réclamé de meilleures conditions d’études et de vie

- Nous demandons la libération des détenus de Sidi Ifni, incarcérés dans des conditions inhumaines depuis 8 mois pour avoir protesté contre le manque de perspective d’avenir de la population, en particulier celle des jeunes. Ils seront traduits en justice le 5 mars

- Nous demandons la relaxe des paysans pauvres et des ouvriers agricoles de Khénichet, obligés de se réfugier sur les hauteurs à cause des inondations, sans aide ni secours, qui n’en pouvaient plus de supporter la pluie et le gel, condamnés de deux à dix mois de prison et de lourdes amendes, pour avoir demandé la justice et l’aide.

- Nous demandons la relaxe des 13 habitants d'Imintanout (région de Chichaoua), l'un des villages les plus dévastés lors des inondations d'octobre, arrêtés pour avoir protesté contre le retard de l'aide alimentaire .

- Nous demandons la libération du militant Chekib Khiari, reconnu et respecté par tous les habitants du Rif, en garde à vue depuis le 17 février pour avoir révélé la vérité à propos de trafic de drogue, déclaré prisonnier d’opinion par Amnesty International .

- Nous demandons la libération des 10 étudiants de l’université de Fès, humiliés, réprimés violemment et incarcérés pour s’être mobilisés contre le pacte national dont l’ objectif final est la privatisation de l’université marocaine.

- Nous demandons la libération des dix élèves du lycée Abou El Kacem Ezzayani de Khénifra, incarcérés pour avoir fait exploser un pétard lors de la fête de l’Achoura, et considérés comme une "bande" puisqu’ils étaient dans la même classe ! Incarcérés à Sidi Saïd à Meknès, ils seront jugés le 17 mars.

- Et nous demandons la libération de tous ceux qui se trouvent également humiliés, réprimés, emprisonnés mais dont nous n’avons pas entendu parler…

L’hiver a été rude au Maroc, il y a eu des morts de froid et de faim dans la neige, des morts sous leur maison écroulée ou emportés par les eaux, des malades sans aide médicale, des femmes enceintes qui perdent leur bébé (faute de moyens de transport et de centre de santé proche)…, et il y a eu la répression…
Nous espérons que le printemps apportera l’espoir d’une vie un peu meilleure dans le cœur de ceux qui souffrent « dans le plus beau pays du monde » …
Merci à toutes celles et tous ceux qui envoient des lettres de protestation.

Réseau de solidarité avec les militants du Souss*
Solidarité Maroc 05
Gap, Hautes-Alpes, France
Alliance zapatiste de libération sociale
Carcassonne-Paris
Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique
Monde

MESSAGES DE PROTESTATION À ENVOYER PAR FAX À :
M. Le Premier Ministre : - Fax : 00 212 37761777
M. Le Ministre de la Justice : - Fax 00 212 37723710
M. Le Ministre de l’Intérieur:
Fax 00 212 37766861 ou bien 212 37767404
M. le gouverneur de Taroudant Fax 00 212 28852018
M. le Wali (Préfet) d’Agadir Fax 00 212 28840249

Ou bien votre protestation à :
Premier ministre :
courrier@pm.gov.ma,
Ministre de la Justice :
courrier@mj.gov.ma
Ministre de l'Intérieur :
courrier@mi.gov.ma
Ou bien aux adresses suivantes :
Le ministre de la Justice :
http://www.annuaires.justice.gouv.fr/inc_alias/contact.php?contact=annuaires
Le ministre de l'Intérieur :
http://www.interieur.gouv.fr/sections/contact/ministre/ministre
Le Premier ministre :
http://www.pm.gov.ma/fr/contact.aspx

Si vous voulez rejoindre le Réseau, écrivez à
solidmar05[at]gmail.com