La
violation des droits de l’homme des Sahraouis et l’occupation
répressive ternissent la réputation internationale du Maroc et doivent
être davantage au centre des préoccupations de la communauté
internationale, a affirmé la co-présidente du ’’Western Sahara Caucus’’
du Congrès américain, Mme Betty McCollum, dans un entretien accordé à
l’APS.
’’L’occupation du Sahara occidental par le Maroc et les violations
flagrantes des droits de l’homme du peuple sahraoui, qui défend
pacifiquement ses libertés fondamentales, doivent être davantage au
centre des préoccupations de toute la communauté internationale’’,
soutient Mme McCollum, membre démocrate de la Chambre des représentants
et co-présidente du groupe parlementaire du Sahara occidental,
’’Western Sahara Caucus’’, auprès de cette institution parlementaire
américaine.
Tout en soulignant son ’’profond respect’’ pour le
peuple marocain, cette élue du Minnesota a considéré que ’’l’intérêt du
Maroc réside dans le développement de ses capacités économiques,
sociales et politiques sur son propre territoire souverain plutôt que
de gaspiller ses ressources limitées et de ternir sa réputation
internationale avec cette occupation répressive du Sahara occidental’’.
Mme
McCollum n’a, alors, pas manqué de déplorer qu’un tel cas de
’’colonialisme’’ et de ’’répression’’ puissent encore exister en 2013.
Selon
elle, ’’l’occupation du Sahara occidental permet indûment au Maroc
d’exploiter les ressources économiques des territoires sahraouis
occupés, d’y exercer un contrôle politique et d’étouffer les
revendications des Sahraouis pour la liberté et à l’autodétermination".
Interrogée
sur la position du gouvernement américain quant à la question des
droits de l’homme, Mme McCollum a salué l’Administration de Barack
Obama pour avoir défendu, pour la première fois, ce dossier auprès du
Conseil de sécurité de l’ONU en ayant proposé, en avril dernier, un
projet de résolution pour l’introduction d’un mécanisme des droits de
l’homme au sein de la MINURSO, même s’il avait été rejeté par certains
membres.
Dans ce sillage, elle a estimé que la décision du Maroc
d’annuler brusquement, en avril dernier, l’exercice militaire
américano-marocain pour manifester son irritation face à cette démarche
de Washington ’’soulève de sérieuses questions quant à la fiabilité du
Maroc en tant que partenaire de sécurité des Etats-Unis’’.
A ce
propos, elle a mis en avant la nécessité urgente pour le président
Obama de soulever la question des violations des droits de l’homme des
Sahraouis lors de sa rencontre avec le roi Mohammed VI, prévue vendredi
prochain à la Maison-Blanche.
Les Etats-Unis, a-t-elle
poursuivi, ’’ne doivent surtout pas céder sur la question des droits de
l’homme, ainsi que sur une solution juste basée sur l’exercice du
droit à l’autodétermination par le peuple sahraoui".
Il est à
rappeler que Mme McCollum et l’élu républicain de Pennsylvanie, Joseph
R. Pitts, co-président le ’’Western Sahara Caucus’’ qui se compose de
plusieurs autres élus démocrates et républicains de la Chambre basse du
Congrès.
Créé en août dernier, ce groupe parlementaire
bipartisan vise à défendre le droit du peuple sahraoui à
l’autodétermination et à la protection des droits de l’homme des
Sahraouis, en considérant que la gravité de cette violation des droits
de l’homme et le contexte sécuritaire dans la région obligent le
gouvernement américain à intervenir activement pour résoudre cette
crise de longue date.
Cette initiative du Congrès américain, qui
intervient après la création, à New York, du groupe américain de
solidarité avec le peuple sahraoui, ainsi que l’intérêt accru des Think
tanks et des médias américains, depuis ces derniers mois, au dossier du
Sahara occidental témoignent d’une attention de plus en plus
grandissante de la part des milieux officiels et de l’opinion publique
américains pour la question sahraouie.
Inscrit depuis 1964 sur la
liste des territoires non autonomes, et donc éligible à l’application
de la résolution 1514 de l’Assemblée générale de l’ONU portant
déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples
coloniaux, le Sahara occidental, dernière colonie en Afrique, est occupé
depuis 1975 par le Maroc avec le soutien de la France. |