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samedi 27 avril 2013

Sahara Occidental: Le Maroc a raté une occasion en or

Par: | 25/4/2013

Rabat aurait pu recueillir davantage d’appuis pour son projet d’autonomie si elle avait collaboré sur les droits de l’homme à l’ONU

Les “poids lourds” de la communauté internationale, à commencer par les États-Unis, souhaitent que le Sahara Occidental soit marocain. Certains l’ont dit à demi-mots, d’autres plus ouvertement, comme la France, qui, socialiste ou de droite, ne rate pas une occasion de marquer son appui au plan d’autonomie offert par Rabat depuis 2007. Seule une poignée de pays latino-américains et africains ne sont pas de cet avis. Sm_le_roi-christopher_ross-m_0
   Les occidentaux veulent d’un Sahara marocain non pas parce qu’ils pensent que cette ancienne colonie espagnole appartient de droit au Maroc –aucune capitale n’a reconnu la souveraineté marocaine sur ce grand morceau de désert- mais parce ce qu’ils ne veulent pas déstabiliser la monarchie alaouite; parce ce qu’ils préfèrent qu’un territoire grand comme la moitié de l’Espagne soit contrôlé par le Maroc plutôt que par un État supposé faible comme ceux du Sahel.
   Qui plus est les Occidentaux trouvent maintenant que, à cause de l’instabilité au Sahel, il y a urgence à résoudre le conflit qui dure depuis 38 ans. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, l’a d’ailleurs souligné dans son rapport envoyé ce mois-ci au Conseil de Sécurité ; le président François Hollande l’a répété pendant son récent voyage au Maroc.
   Les autorités marocaines viennent de rater une occasion en or de marquer des points, de donner des arguments à ces « poids lourds » pour défendre la cause de l’autonomie. Rabat l’a fait en rejetant de façon tonitruante le projet de résolution américain pour élargir le mandat de la Minurso, le contingent des Nations Unies déployé au Sahara, pour qu’il puisse surveiller le respect des droits de l’homme par le Maroc mais aussi par le Front Polisario qui exerce son autorité sur la frange orientale de ce territoire et sur les camps de réfugiés de Tindouf (sud-ouest de l’Algérie). La Minurso est la seule force de maintien de la paix de l’ONU qui n’a aucune attribution en matière de droits de l’homme.
   Ce refus marocain a été assorti d’arguments pour le moins fragiles. L’initiative était, d’après Rabat, une « atteinte à la souveraineté » marocaine, comme si la présence de la Minurso au Sahara ou la visite de Juan Méndez, le rapporteur de l’ONU sur la torture, m’empiétaient pas sur les prérogatives du Maroc. Elle allait aussi « dénaturer » le mandat de la Minurso, comme si la non-tenue du référendum, accordé en 1991, ne l’avait pas déjà beaucoup altéré. Elle finirait également par « déstabiliser » le processus de négociation, comme si celui-ci avait avancé d’un pouce depuis qu’elle a commencé il y a 22 ans.
   Les responsables marocains ont, par ailleurs, décrit les réfugiés de Tindouf comme des marocains « séquestrés » par le Polisario. Octroyer de nouvelles attributions à la Minurso était l’occasion rêvée de le démontrer et, peut-être même, de les libérer du joug des « séparatistes »
   La palme de l’intervention plus gauche revient, malgré tout, à Youssef Amrani, le vrai ministre des Affaires Étrangères du Maroc, qui n’a pas hésité à dire  que le Polisario est une « organisation terroriste ». Il n’a cependant pas expliqué pourquoi les représentants marocains se réunissent depuis si longtemps avec des terroristes.
   Du côté espagnol quelques suggestions fort maladroites ont aussi été formulées. L’entourage du ministre des Affaires Étrangères, José Manuel García-Margallo, a soutenu sans embarras que le Haut Commissariat aux Réfugiés devrait s’occuper des droits de l’homme dans la zone. Et pourquoi pas l’Organisation Mondiale du Commerce ? A défaut de la Minurso ce devrait être le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme qui s’en chargerait, mais Rabat n’en a pas non plus voulu.
   Rabat a certes gagné une bataille ces jours-ci, mais elle n’a pas gagné la guerre. Grâce à son offensive diplomatique, et à l’aide précieuse de Paris, Moscou et Madrid, c’est une résolution diluée, loin des aspirations initiales de Etats Unis, recueillies dans le rapport de Ban Ki-moon, que le Conseil de Sécurité a approuvé ce jeudi par unanimité. A l’ONU le dossier des droits de l’homme au Sahara est à peu près clos jusqu’à l’année prochaine.
   Mais à peine la porte est-elle refermée à New York qu’elle se rouvre à Bruxelles. Le ministre espagnol de l’Agriculture, Miguel Arias Cañete, a avoué contrarié, lundi dernier, que l’accord de pêche entre le Maroc et l’Union Européenne  achoppait désormais uniquement sur des « problèmes politiques ». Certains pays du nord de l’Europe, a-t-il ajouté, posent des questions sur les « avantages [de l’accord] pour les populations et sur les sujets en rapport avec les droits de l’homme ».
   Si les autorités marocaines veulent que le projet de fédération ou de confédération qu’envisage Christopher Ross, le médiateur de l’ONU, aille de l’avant, il faut qu’elles y mettent du leur. Si Rabat veut donner une chance à son projet d’autonomie il faut qu’elle fasse en sorte qu’il soit crédible. Si le Maroc veut un soutien plus actif des « poids lourds » de l’occident il doit être plus coopératif en matière des droits de l’homme. Au XXI ème siècle c’est un enjeu crucial.
   Des ONG prestigieuses, comme Human Rights Watch ou la Fondation Robert Kennedy, au rapporteur de l’ONU sur la torture, en passant par le Département d’État américain la semaine dernière, tous affirment, unanimement, que les autorités marocaines malmènent les indépendantistes au Sahara. Rabat ne peut pas, à la fois, offrir l’autonomie et bastonner les saharaouis qui la rejettent.

lundi 22 avril 2013

Mohamed VI et ses conseillers accumulent les errements

La Tribune du Sahara

Par Haddamin Moulud Said22/4/2013, 

La décision des USA de présenter un projet de résolution sur la supervision des droits de l’homme au Sahara Occidental par la MINURSO, a poussé le palais royal au Maroc à fouler aux pieds la constitution du pays.
Le roi Mohamed VI, incapable, en raison de son incompétence, de tenir une réunion avec ses subordonnés, n’a pas hésité à humilier son Premier Ministre en le rendant un simple serviteur aux ordres de ses conseillers de deuxième catégorie lors de la réunion d’urgence tenue au palais royal pour informer les partis des derniers développements de la question du Sahara Occidental.
conseillers_du_Roi_Mohammed_VI_en_2008Les milieux démocratiques au Maroc ont qualifié cette réunion d’insulte soulignant qu’il était plus décent que cette réunion soit présidée par le Roi en tant que « Chef d’Etat ». Seulement celui-ci est connu pour son inaptitude dans l’exercice de sa fonction de plus haut responsable dans le pays. Raison pour laquelle, il brille par son absence dans les grands rendez-vous nationaux et internationaux.
Avant le décès de Hassan II, nombreux étaient les commentaires récurrents sur l’opportunité de nommer Moulay Rachid héritier de la couronne à la place de son grand frère. En raison de l’incompétence du prince Mohamed, au Maroc et en dehors du Maroc, beaucoup pensaient que le poste d’héritier reviendrait au très sage Moulay Rachid, à l’époque candidat du tout-puissant Driss Basri.
Pour combler ce défaut, le Makhzen a mené une campagne de propagande immense pour qu’il soit considéré comme le Roi des Pauvres. Le nouveau titre a fait fureur au Maroc et à une certaine presse qui, bien que républicaine, est addicte aux monarchies du XIXe Siècle de la France d’outremer.
La raison pour laquelle Mohamed VI a adopté ce titre est évidente : faire disparaître les commentaires sur son manque d’aptitude pour hériter le trône. Et l’astuce a marché. Le citoyen simple, majoritaire dans la société marocaine, n’a plus parlé des flagrantes carences pour régner dans un pays ancré dans les années médiévales. Rappelez-vous que le Maroc est la seule monarchie dans le monde où l’on voit encore les sujets se prosterner et baiser la main de leur Seigneur. Ce qui, d’ailleurs, donne beaucoup de jus à certains programmes de télévision dans le Machrek.
Toutefois, le fil du temps a démontré que ceux à qui il a confié le destin du pays n’ont pas été à la hauteur de ses espoirs. Ils ont accumulé les maladresses l’une derrière l’autre:
1) -. Qui se souvient de la rogne enfantine de Mohamed VI lorsqu’il a décidé d’expulser Aminatou Ali Haidar. Le pauvre a fini par avaler sa fierté parce que l’héroïne a fini par rentrer à El Aaiun sans accepter d’être marocaine;
2) -. Ou sa fanfaronnade au moment d’annoncer et de donner l’ordre, en pleine cérémonie de son mariage, de l’invasion de l’île espagnole de Persil. Une île qui, comme vous le savez, a été rétablie à l’Espagne en grande pompe;
3) -. Et la décision catastrophique de retirer la confiance à l’Ambassadeur Christopher Ross. Un autre crapaud que le Maroc a dû avaler sans qu’aucun intellectuel marocain n’élève la voix.
4) -. Et dans une affaire comme la protection des droits de l’homme qu’une certaine presse marocaine assure qu’elle finira inévitablement par s’imposer un jour, pourquoi Mohamed VI la rejette avec ce qui en résulte de dégradation pour l’image du Maroc?.
5) -. Sa colère d’annuler les exercices militaires conjoints avec l’armée américaine. Y a-t-il quelqu’un qui s’imagine qu’une puissance comme les USA tolère de pareils chantages?.
Il est difficile de croire que dans un pays comme le Maroc, personne ne met en doute les occurrences enfantines d’un homme qui ne rate pas une occasion de porter atteinte à l’image internationale du Maroc.