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samedi 28 juin 2014

Maroc: nouvelle comparution pour le rappeur « Lhaqed », jugement le 1er juillet


Par Mohamed Khouya, 26/6/2014

Le rappeur Mouad Belghawat, considéré comme le chanteur du mouvement du 20-Février, a comparu mardi pour « atteinte à agents des forces de l’ordre » devant le tribunal de Casablanca qui a mis son jugement en délibéré au 1er juillet. Agé de 26 ans, « Lhaqed » (« le rancunier », son surnom) a été arrêté le mois dernier en marge d’une rencontre de football et inculpé pour « ébriété sur la voie publique », « atteinte à agents des forces de l’ordre », « insultes » et « vente de billets au marché noir ».
Il est incarcéré à la prison d’Oukacha, d’où il était sorti en mars 2013 après avoir purgé une peine d’un an pour « outrage à la police », en raison d’un clip diffusé sur Youtube. Il lui avait notamment été reproché un photomontage d’un policier dont la tête avait été remplacée par celle d’un âne.
Mardi, les demandes de remise en liberté provisoire des avocats du rappeur, qui a clamé son innocence, ont toutes été refusées, et le jugement a été mis en délibéré au 1er juillet.
Durant cette dernière audience, la défense a par ailleurs décidé de se retirer, affirmant que le tribunal n’avait « retenu aucune de (ses) requêtes », dont « la convocation des officiers de police judiciaire ayant rédigé les PV » et celle « des témoins à décharge ».
La partie civile a pour sa part demandé un « jugement exemplaire » contre un « récidiviste », avec des dommages et intérêts « de 100.000 dirhams (9.500 euros environ) pour chacun des deux policiers blessés ».
Le rappeur, lauréat en 2012 du prix de l’intégrité de l’ONG Transparency Maroc, a sorti en février un nouvel album, dont la présentation dans une librairie de Casablanca avait été interdite selon les organisateurs.
Né durant le Printemps arabe, le mouvement du 20-Février, dont il est l’une des figures, réclame des réformes politiques et sociales profondes au Maroc.
Ses activités ont décliné depuis un an, les militants dénonçant une répression à leur égard. Les autorités affirment de leur côté que l’essentiel des revendications ont été satisfaites avec l’adoption à l’été 2011 d’une nouvelle Constitution, sur initiative royale. »

jeudi 8 avril 2010

Affaire Belïraj : la défense des prisonniers politiques se retire


Les détenus entament une grève de la faim
Par ASDHOM, Bureau exécutif, Paris, 31/3/2010
Le procès en appel du groupe Belïraj qui se déroule au tribunal d’appel de Salé, a connu un tournant significatif le mercredi 17 mars 2010. La défense des six prisonniers politiques du groupe (Mohamed El Marouani, Abdelhafid Sriti, Mohamed Amine Raggala, Al Mostapha El Moâtassim, Laâbadla Maelâinin et Hamid Najibi qui a recouvré sa liberté le 19 février après avoir été condamné à deux ans de prison ferme) a décidé de se retirer du procès. Rappelons que la défense était constituée des bâtonniers Abderrahman Benamer, Abderrahim Jamaï, Abderrahim Ben Barka et des avocats Khalid Soufiani et Mustapha Erramid.
Dans son communiqué qu’elle a rendu public pour annoncer son retrait, on peut lire l’indignation de la défense. Elle considère qu’elle a désespérément essayé tout au long de ce procès « d’apporter un peu de lumière dans ce qu’elle estime être un long tunnel sombre et sans issue ». Tous ses droits ont été ignorés et bafoués. Toutes ses demandes, que ce soit sur la forme ou sur le fond du dossier, ont reçu une fin de non recevoir. Elle est convaincue que tout était joué d’avance. Le groupe était déjà condamné quoi qu’il arrive.
La défense a dénoncé dans son communiqué tous les aspects négatifs qui ont entaché le procès : manque flagrant de garanties, absence totale de transparence, dépendance de la justice, pression accrue du ministère de l’Intérieur, impossibilité de consulter le dossier dans son intégralité, etc.
Elle estime que tout a été fait pour la décourager et l’empêcher de faire son devoir de défense. Elle en avait assez de cette mascarade. Elle en appelle à l’opinion nationale et internationale ainsi qu’aux organisations de défense des droits de l’Homme pour faire pression sur les autorités marocaines afin de les amener à revenir sur cette injustice.
Les prévenus ont bien saisi la portée de la décision de leur défense. Ils ont également décidé de quitter le procès.
Dix sept détenus ont même entamé une grève de la faim à partir du lundi 22 mars pour protester contre les conditions dans lesquelles s’est déroulé leur procès et réclamer leur libération. Nous venons d’apprendre qu’en plus de sa grève de la faim, le prisonnier politique Laâbadla Maelâinin a entamé une grève de la soif pour protester contre le traitement dégradant et inhumain qui lui a été infligé le 31 mars quand il a voulu assister à l’audience du procès. Leurs familles craignent le pire. Elles ont publié un communiqué de soutien et appellent l’opinion à se solidariser avec les leurs.
La famille du détenu d’opinion Sriti a, quant à elle, décidé d’entamer une grève de la faim ouverte et tournante jusqu’à ce que la vérité éclate et que son fils retrouve sa liberté et sa dignité.
L’Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM) qui suit ce procès avec attention, a déjà interpellé le ministre de la justice au Maroc en lui adressant le 24 février 2010 une lettre accompagnée d’un dossier complet sur cette affaire. Elle apporte tout son soutien au groupe, à ses familles et à sa défense. Elle réitère sa demande avec insistance pour que les droits du groupe et de sa défense soient respectés. Elle rappelle que le Maroc a des engagements en matière des droits de l’Homme et qu’il se doit de les honorer s’il ne veut pas être mis à l’index.
asdhom@asdhom.org