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mercredi 9 octobre 2013

Lampedusa : Un sujet de honte et de déshonneur

Un sujet de honte et de déshonneur

C’est un petit endroit de paradis. Il y fait très souvent beau et le vent qui souffle de la mer n’apporte pas que de l’air frais. Elle s’appelle Giusi Nicolini. Elle est maire d’une petite bourgade. Elle a été élue en mai 2012. Dans cette petite ville de 6.000 habitants, elle gère sa commune comme elle peut. Elle voit et fréquente tous les jours des personnes dans la plus grande détresse humaine. Alors, l’an dernier déjà,  elle a pris sa plume et a écrit à l’Union européenne pour essayer de réveiller les consciences. La voici
« Je suis le nouveau maire des îles de Lampedusa et Linosa. Élue en mai dernier, le 3 novembre, j’ai déjà reçu 21 cadavres de personnes noyées qui tentaient d’atteindre Lampedusa et pour moi c’est tout simplement insupportable. Pour Lampedusa, c’est un énorme fardeau de douleur. Nous avons dû demander de l’aide par le biais de la préfecture aux maires de la province afin de donner une sépulture digne à onze personnes parce que la commune n’avait plus de place disponible.
J’en ferai d’autres, mais je retourne à tous une question : jusqu’où faudra-t-il agrandir le cimetière de mon île ?
Je ne comprends pas qu’une telle tragédie puisse être considérée comme normale, comme s’il était possible de ne pas être obsédé chaque jour par l’idée, par exemple, que onze personnes dont huit très jeunes femmes et deux garçons de 11 et 13 ans meurent tous ensemble pendant un voyage qui aurait dû être pour eux le début d’une nouvelle vie.
Le nombre des réfugiés s’élevait à 115 ; 76 n’ont pas été sauvés mais le nombre de morts que restitue la mer est toujours plus élevé.
Je suis indignée par le sentiment d’habitude qui semble avoir envahi le monde, je suis scandalisée par le silence de l’Europe qui vient de recevoir le prix Nobel de la Paix, et qui est silencieuse face à une tragédie qui fait autant de victimes qu’une guerre.

Je suis de plus en plus convaincue que la politique d’immigration européenne considère ce bilan de vies humaines comme un moyen de modérer le flux migratoire, quand ce n’est pas un moyen de dissuasion.
Mais si le voyage en bateau est pour ces personnes la seule façon d’espérer, je crois que leur mort en mer doit être pour l’Europe un sujet de honte et de déshonneur. [...]
Tout le monde doit savoir que c’est à Lampedusa et ses seuls habitants [...] que revient le devoir de traiter ces personnes avec dignité, et de rendre un peu de dignité à notre pays et à l’Europe entière.
Si ces morts sont seulement les nôtres, alors je veux recevoir les télégrammes de condoléances après chaque noyé que l’on me « livre ». Comme s’il avait la peau blanche, comme s’il s’agissait d’un de nos enfants noyé pendant les vacances. »
Bibliothèque provisoire de 
Lampedusa
Bibliothèque provisoire de 
Lampedusa
Mais Lampedusa n’est pas seulement cela. Personne ne parle de la vie sur l’île. A Lampedusa, « il y a beaucoup », mais il manque beaucoup de choses. Il n’y a pas de livres, par exemple. Et la maire Giusi Nicolini veut remédier à cette situation en faisant de Lampedusa un avant-poste pour les lecteurs et le berceau du livre comme un outil d’intégration. Alors, en juillet 2013, elle a lancé cet appel :
 » Lampedusa ne dispose pas d’une bibliothèque et même une boutique où vous pouvez acheter des livres, vous vivriez dans une ville où vous ne pouvez acheter des livres? Je ne le crois pas ! Donc, si vous avez des livres à la maison, de toute nature, que vous ne lisez pas ou qui ont déjà été lus et dont vous voulez vous débarrasser, adhérer à l’initiative »
Tout le monde peut contribuer. Comment ? Les livres doivent être adressées directement au maire de l’île: Giusi Nicolini, maire-don de livres pour l’ouverture prochaine de la Bibliothèque de Lampedusa – Ibby Via Cameroni, 92010.

L’objectif est de promouvoir l’intégration. Il n’est pas un hasard, en effet, que le maire soit également soutenue par IBBY (Conseil international du livre pour les jeunes) une association internationale qui promeut le livre pour enfants comme outil d’intégration, avec une initiative lancée en mai dernier, et qui a recueilli la meilleure édition de livres sans mots pour les donner à Lampedusa, l’île la plus éloignée de la Méditerranée.
Avec de l’imagination, on peut aller loin surtout lorsqu’on a la conviction profonde que les morts de là bas sont aussi nos morts à nous. Aujourd’hui, je voudrais être Giusi Nicolini.

mardi 17 mai 2011

Assemblée Nationale : Les immigrés rapportent plus qu'ils ne coûtent

Par Libération en numérique , 12/5/2011
Des parlementaires de tous bords ont rendu public mercredi, à l’Assemblée nationale, un rapport d’audit mené pendant près d’un an sur la politique d’immigration de la France pour «éclairer l’approche des phénomènes migratoires».


Si aucune recommandation conjointe n’émerge de cet audit conduit auprès de 35 chercheurs et experts, les parlementaires (députés, sénateurs et représentants français au Parlement européen) à l’origine de la démarche entendent bien «peser» sur le sujet ou «interpeller» leurs formations respectives.


Ainsi, Sandrine Mazetier (PS) a indiqué qu’elle «interpellera les candidats à la primaire socialiste» sur la politique d’immigration qu’ils entendent mener.
Etienne Pinte (UMP), opposant notoire à la politique du gouvernement dans ce domaine, a regretté qu’«aujourd’hui on alimente les peurs, alors qu’il faut faire appel à l’intelligence de nos concitoyens».


Il a assuré qu’il «ne déserterait jamais sa famille comme Eric Besson (ex-PS) l’a fait avec la sienne» mais qu’il entendait «peser» sur elle, citant en exemple l’abandon par la majorité de la déchéance d’extension de nationalité dans le projet de loi sur l’immigration.


Le rapport apporte un éclairage sur des aspects souvent peu ou mal connus du grand public. Ainsi, le fait que les migrants subsahariens ont en moyenne un niveau d’instruction supérieur aux personnes vivant en France métropolitaine (40% d’entre eux sont diplômés du supérieur) ou encore, que le taux d’activité entre les étrangers de 30 à 49 ans et les Français du même âge est sensiblement identique.


L’universitaire Lionel Ragot a souligné que si la France optait pour une «immigration zéro» ce n’est pas 3% mais 5% du PIB supplémentaire qu’il faudra trouver à l’horizon 2050 pour financer la protection sociale.


Martine Billard (Parti de Gauche) a fait état d’une autre étude selon laquelle si les immigrés «coûtent» annuellement 47,9 milliards d’euros en dépenses de protection sociale, il rapportent 60,3 milliards en cotisations, soit un solde largement positif.


Tous les parlementaires présents ont regretté les fins de non-recevoir des responsables institutionnels sollicités et que ce rapport d’audit n’ait pu se faire dans un strict cadre parlementaire (le rapport ayant été financé par eux-mêmes).
(Source AFP)
Libération en numérique 
--> Lire le rapport, ici

http://issuu.com/smazetier/docs/rapport_de_l_audit_de_la_politique_d_immigration__?viewMode=magazine&mode=embed

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Des parlementaires épinglent la politique d'immigration



Fait rare, la politique d’immigration française a été passée au crible. Ce mercredi 11 mai, à l’Assemblée nationale, des parlementaires de tous bords politiques rendaient public un épais rapport d’audit sur "la politique d’immigration, d’intégration et de développement" de la France. Financé par les députés et les sénateurs après plusieurs rejets d’évaluation par le biais institutionnel, ce rapport a pour objectif de "sortir de l’opacité et de l’instrumentalisation".

Politique du chiffre, précarisation du séjour des étrangers, mensonges par omission... voilà ce que révèle un audit rendu public par des parlementaires de toutes tendances. Par Estelle Gross et Benjamin Harroch. 

Sollicités, Xavier Bertrand, ministre du Travail de l’Emploi et de la Santé, Maxime Tandonnet, conseiller de Nicolas Sarkozy, ont refusé d’y prendre part. Le député Europe Ecologie-Les Verts, Noël Mamère, qui a participé à l'élaboration de l'audit, n'a d'ailleurs pas manqué de le souligner : "Si le gouvernement était sincère, il répondrait aux parlementaires qui ne seraient pas obligés de s’organiser en dehors du cadre de l’Assemblée".