Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

Affichage des articles dont le libellé est mort de Rémi Fraisse. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est mort de Rémi Fraisse. Afficher tous les articles

lundi 2 novembre 2015

Décès de Rémi Fraisse : violences policières, vers un non-lieu de plus ?

Le 26 octobre 2014, Rémi Fraisse est décédé, touché par une grenade offensive lancée par la gendarmerie sur le site du barrage contesté de Sivens, dans le Tarn. Un an après ce drame, le gendarme, auteur du lancer de la grenade, n’a toujours pas été mis en examen et aucun responsable hiérarchique n’a été inquiété.
remifraisse
Le 22 / 10 / 2015 Le 26 octobre 2014, Rémi Fraisse est décédé, touché par une grenade offensive lancée par la gendarmerie sur le site du barrage contesté de Sivens, dans le Tarn. Un an après ce drame, le gendarme, auteur du lancer de la grenade, n’a toujours pas été mis en examen et aucun responsable hiérarchique n’a été inquiété. L’ACAT redoute un non-lieu, une issue trop fréquente dans les cas de violences policières. L’État doit garantir par des mesures d’interdiction concrètes qu’à l’avenir aucune arme létale ne soit utilisée en opération de maintien de l’ordre.

mardi 4 novembre 2014

Conflit de pouvoirs : pour Rémi Fraisse


02 novembre 2014 | Par arié alimi - Mediapart.fr
Rémi Fraisse, un botaniste égaré - Libération

Je ne connaissais pas Rémi Fraisse. Et je ne pensais pas
en acceptant de défendre ses parents, en qualité de parties civiles, que j’aurai également à le défendre. Car depuis une semaine, depuis le moment où il s’est effondré, touché par une grenade lancée par un membre de la gendarmerie mobile, il ne se passe pas un moment sans que l’on fasse offense à sa personne et à sa mémoire.
Casseur, djihadiste vert, ecoloterroriste…. Le discours du gouvernement ou de certains syndicats agricoles s’est établi et n’a cessé de monter en puissance. D’abord pour tenter de nier l’existence même des origines de sa mort. Rappelons-nous que dans les premiers moments, on ne parlait que d’un corps découvert dans la foret. On apprendra plus tard que le parquet, la direction de la gendarmerie et le gouvernement savaient déjà ce qu’il s’était passé puisque les gendarmes avaient quelques instants après sa mort ramassé le corps de Rémi.
Alors pourquoi  pendant deux jours, ce silence assourdissant, pourquoi cette absence de réaction du parquet, du gouvernement, pourquoi le refus de dire cette vérité que l’on connait depuis le début ? Pourquoi le parquet a-t-il tenté de semer une confusion indécente sur les circonstances de sa mort en ne donnant que des bribes d’informations, en ne parlant lors de la première conférence de presse que d’une explosion, laissant croire à la possibilité d’un décès dû à un Cocktail Molotov, pourquoi avoir lancé de fausses pistes, comme celles du sac à dos disparu, volontairement récupéré par les manifestants, et qui aurait pu contenir des substances explosives ? Simplement pour discréditer un jeune homme pacifiste, militant de la fédération Nature Environnement, botaniste, qui n’a jamais fait usage de violence ou eu maille à partir avec les forces de l’ordre. Salir l’image d’un jeune homme mort qui militait pour l’environnement et pour les générations avenir?
Y a-t-il attitude plus basse et plus veule ?
Pourquoi ne pas assumer ses responsabilités et dire : nous l’avons tué. Notre politique l’a tué. Nous n’avons pas voulu choisir la voie du dialogue, nous avons voulu montrer que nous sommes forts aux yeux des Français, et cela passe par des démonstrations de violences contre ces militants majoritairement pacifistes. Nous les avons harcelés, frappés, nous avons brulé leurs effets personnels, les avons délogés sans autorisations judiciaires, puis nous avons fait usage de Flash balls, de grenades fumigènes et de désencerclement. Et comme ils ne partaient toujours pas, nous avons fait lancer des grenades contenant des explosifs, en les jetant sans sommations, sans respecter les règles élémentaires d’usage de ces grenades, en l’air directement sur les manifestants, ou même dans des lieux clos, comme dans une caravane occupée. Nous les avons blessés, alors qu'ils tentaient simplement de sauver notre patrimoine naturel, eux qui ont cette conscience que nous n’avons plus, à force de vouloir produire et gagner toujours plus.
Je suis désolé de dire cela, je ne suis qu’avocat. Je ne devrais pas parler de ce qui me dépasse, de ce qui dépasse mon champ d’action, le droit. Mais c’est plus fort que moi. Je me dois aujourd’hui de défendre Rémi Fraisse, ou plutôt ce qu’il en reste. Un corps dans une morgue. Un corps au centre d’un conflit de pouvoir. De tous les pouvoirs, politiques, judiciaires, militaires, médicaux, médiatiques. Un corps autopsié, malmené, disséqué par la France entière qui se le déchire, comme Damien supplicié en place publique, objet de la toute-puissance de la souveraineté. Un corps auquel le pouvoir refuse de redonner un nom, une dignité. Un corps que le pouvoir refuse de rendre à ses parents qui à ce jour n’ont toujours pas pu voir leur enfant, auquel ils ont donné naissance, qu’ils ont vu faire ses premiers pas, dire ses premiers mots, crier ses premières révoltes, et qu’ils ne pensaient pas devoir inhumer, envers et contre toute logique générationnelle.
Ce n’est pas qu’un drame ou une tragédie qui s’est nouée autour de Rémi. Il est mort parce qu’il s’est retrouvé par hasard au milieu d’une déflagration de pouvoir et d’expression de la violence publique. Ce qui a tué Rémi Fraisse, ce n’est pas seulement un gendarme jetant une grenade offensive en pleine nuit en direction de jeunes manifestants, quelle que soit la violence de ceux-ci. Ce qui a tué Rémi, c’est la violence Etatique. Un Etat gouverné par des hommes dont la boussole n’est orientée que vers la prochaine échéance électorale,  des hommes motivés par leur stratégie de communication, et qui en ont oublié que l’Etat dont ils sont les représentants n’était finalement qu’une simple fiction destinée en premier lieu à protéger ceux qui avaient accepté de se soumettre à sa violence légitime. Mais lorsque la violence n’est plus légitime, lorsque l’on utilise des armes de guerre non pas contre un autre Etat belligérant, mais contre sa propre population,  lorsque l’Etat tue ceux qu’il est sensé protéger, alors la question de l’Etat, de son fonctionnement, de ses intérêts et de ses représentants doit inéluctablement être posée.
 Dimanche à 16H00, je serais devant le mur de la paix, avec une renoncule à feuille d’ophioglosse sur le torse, et je penserai aux parents de Rémi Fraisse, je penserai à Rémi, et à toute cette vie, plus importante que tout le reste, qui s’est en allée. Pour Rémi Fraisse.

URL source: http://blogs.mediapart.fr/blog/arie-alimi/021114/conflit-de-pouvoirs-pour-remi-fraisse

mercredi 29 octobre 2014

Mort de Rémi Fraisse : les propos indignes d’un élu socialiste


Par Michel Soudais, politis,   28/10/2014

 
Le président du conseil général et (nouveau) sénateur du Tarn, Thierry Carcenac (PS), à l’origine du projet de barrage contesté sur le Tescou, a jugé hier « stupide et bête » la mort du jeune étudiant toulousain, Rémi Fraisse, dimanche, à l’issue d’une manifestation contre ce projet :
« Mourir pour des idées, c’est une chose, mais c’est quand même relativement stupide et bête. »
Il n’est pas certain que l’élu, mal à l’aise, lors de la conférence au cours de laquelle il a tenu ces propos, en ait mesuré toute la portée .
Cette phrase suscite de nombreuses réactions indignés. « Indigne », « dégoût », « affligeant », « minable », « abjection » figurent parmi les mots les plus employés sur les réseaux sociaux où ces propos sont dénoncés. Y compris par des responsables politiques. Pour François De Rugy, coprésident du groupe Ecologiste à l’Assemblée nationale, M. Carcenac « ajoute à l’entêtement l’indécence ». « Combien sont morts pour que Carcenac ait le droit de parler ? » interroge Martine Billard, secrétaire nationale du Parti de gauche. Même la présidente du MJS, Laura Slimani fait part de son « envie de vomir »  :
Nombreux sont ceux qui, à l’instar du chroniqueur de France-info, Guy Birenbaum qui estime que « ce qu’a dit monsieur Carcenac est infiniment plus choquant que ce qu’a écrit @gerardfiloche » et « attend l’indignation du Premier ministre », réclament des responsables socialistes qu’ils condamnent les propos de leur camarade. C’est le cas de l’association ATTAC qui, dans un communiqué, demande sa démission pour ces propos.
Des propos qui, si l’on y réfléchit bien, sont également une insulte à tous ceux qui, à une époque où c’était noble, sont « morts pour des idées »...