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samedi 21 juin 2014

Maroc : Lhaqed s'est vu refuser la liberté provisoire. Procès reporté au 24 juin.






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Affiche de soutien au rappeur marocain.
La justice marocaine a refusé la demande du chanteur pro-réformes, arrêté en marge d'un match de football, le mois dernier. Neuf autres militants ont obtenu gain de cause.
Le tribunal d'Aïn Sebaa, près de Casablanca, a rejeté mardi soir une demande de remise en liberté provisoire du rappeur Mouad Belghawat, alias Lhaqed (le rancunier), considéré comme le chanteur du mouvement marocain pro-réformes du 20-Février. Âgé de 26 ans, Lhaqed est actuellement jugé pour ébriété sur la voie publique, atteinte à agent des forces de l'ordre, insultes et vente de billets au marché noir, à la suite de son arrestation en marge d'un match de football le mois dernier. Le rappeur, qui plaide son innocence, a réclamé, à de multiples reprises, sa remise en liberté provisoire. Au terme d'une audience houleuse de plus de quatre heures, son procès a été reporté au 24 juin, selon un correspondant de l'AFP.
Lhaqed est écroué à la prison d'Oukacha, où il a déjà purgé une peine d'un an - jusqu'en mars 2013 - après sa condamnation pour outrage à la police, liée à la diffusion d'un clip sur YouTube.
Neuf autres militants du mouvement du 20-Février emprisonnés à la suite de leur arrestation en avril en marge d'une manifestation ont, eux, été remis en liberté provisoire, lors d'une audience en appel, a-t-on appris de sources judiciaires. Ils avaient été arrêtés le 6 avril durant une marche syndicale ayant rassemblé 10.000 personnes à Casablanca dans le but de protester contre la politique du chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane.
Né durant le Printemps arabe, le mouvement du 20-Février réclame des réformes sociales et politiques profondes, mais ses activités ont décliné à cause de la répression. Les autorités affirment, quant à elles, que les principales revendications ont été satisfaites avec l'adoption à l'été 2011 d'une nouvelle Constitution, à l'initiative du roi
 http://www.lefigaro.fr/musique/2014/06/20/03006-20140620ARTFIG00018-maroc-lhaqed-s-est-vu-refuser-la-liberte-provisoire.php

jeudi 5 avril 2012

Maroc : Liberté provisoire refusée pour le rappeur L7a9ed

Par Yabiladi, 4/4/2012

Le tribunal de première instance de Casablanca a rejeté, ce mercredi 4 avril, la demande de liberté provisoire pour le rappeur marocain et militant au sein du Mouvement du 20 février, Mouad Belghouat, alias L7a9ed. La cour a également decidé de reporter le procès au 16 avril. Arrêté le 29 mars dernier, Mouad Belghouat est poursuivi actuellement pour « atteinte à une institution publique » : la Direction générale de la sûreté nationale. 
Il est accusé d’avoir dénoncé dans l’une de ses chansons certains éléments de la police qui seraient à l’origine de sa première arrestation et de l’avoir publié sur internet avec des photos « portant atteinte à leur réputation ».

L7a9ed a reconnu être l’auteur de la chanson mise en cause. Il a toutefois affirmé que le montage de photo est l’oeuvre d’ « un internaute anonyme ». « Dans la chanson, Mouad accuse certains policiers de corruption, ce n'est pas un scoop, tout le monde le dit et les organisations internationales le confirment », explique son avocat Larbi Chentoufi, cité par l'Associated Press. « Il s'agit d'un procès politique. Lhaqed est devant les juges pour ses opinions », a-t-il ajouté.

Pour rappel, le rappeur avait déjà été arrêté une première fois en septembre 2011, avant d’être condamné, par la suite, à quatre mois de prison pour « agression avec coups et blessures contre un manifestant pro-régime ».
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Par Zineb El Rhazoui, Vox Maroc, 5/4/2012

Mouad El Haked sous pression à Oukacha



Le rappeur Mouad Belghouat, alias El Haked, dans une manifestation à Casablanca

Dur, dur, pour les surveillants de la prison d'Oukacha à Casablanca d'avoir affaire à quelqu'un comme le rappeur Mouad Belghouat, alias El Haked. Incarcéré pour la deuxième fois depuis quelques jours à cause de son franc-parler, il est le miroir brisé de ces petits fonctionnaires dociles qui exécutent les basses besognes du régime dans les plus secrètes de ses cours: ses geôles. 

 Malgré l'omerta qui pèse sur l'univers carcéral marocain, et plus particulièrement sur les conditions de détention de Mouad, la vérité arrive toujours à percer les hauts remparts de la prison. Vox Maroc a appris de plusieurs sources à l'intérieur d'Oukacha que le rappeur fait actuellement l'objet d'une vengeance en règle de la part de l'administration pénitentiaire. Celle-ci lui a manifesté sa volonté de "le briser" suite aux propos qu'il a tenus après sa première incarcération, où il a dénoncé les conditions infâmes dans lesquelles il était maintenu en détention.

Depuis sa récente arrestation, Mouad a d'abord été mis sous écrou dans le bâtiment 3 de la prison d'Oukacha, où il partageait sa cellule avec 35 autres détenus. Quatre jours plus tard, il a été transféré dans le bâtiment 6 où il a été mis en cellule avec deux détenus, particulièrement hostiles, sélectionnés par la hiérarchie de la prison pour mener la vie dure au rappeur. Tout autre prisonnier qui tente de s'approcher de la cellule fait l'objet de remontrances de la part du chef de bâtiment. Celui-ci se nomme Abdelwahed, alias "jeudi" comme l'appellent les pensionnaires du bâtiment 6. Un homme à la carrure imposante qui édicte sa loi aux détenus du haut de son 1m90. Selon les sources de Vox Maroc sur place, "Jeudi" aurait bien signifié aux prisonniers que tout contact avec le rappeur était indésirables et pourrait faire l'objet de représailles. Par ailleurs, Mouad a été le seul à être interdit d'utilisation de la cabine téléphonique mise à disposition des détenus.

Selon des témoins dans la prison, El Haked est considéré avec respect par les autres prisonniers qui voient en lui une personne qui dit tout haut ce que la plupart d'entre eux pensent tout bas.