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lundi 23 novembre 2015

Le voile n’a rien de sacré, il n’y a aucun texte qui oblige la femme à se couvrir la chevelure


Par Maya Zammit avec France Algerie.com

– «Je n’ai trouvé aucun texte qui oblige la femme à se couvrir la chevelure. Le combat que les musulmans ont mené pour le port du voile me désole, parce qu’il donne une image négative de la façon dont l’islam perçoit la femme», a déclaré Tareq Oubrou, imam de Bordeaux, dans une interview accordée à L’Express. Religieux érudit, cet imam français d’origine marocaine, prône un islam moins «tape-à-l’œil» et appelle à un ajustement des pratiques rituelles avec les réalités de la société.
L’imam Tareq Oubrou s’insurge : «Le hijab n’a rien de sacré» - Crédit photo © Shutterstock.com
L’imam Tareq Oubrou s’insurge : «Le hijab n’a rien de sacré» – Crédit photo © Jolpress/Shutterstock.com
«Cette tendance à tout ritualiser conduit certains fidèles à parler plus de la pratique que de Dieu lui-même», regrette-t-il. Ce fils d’instituteur marocain, élevé aux confluents de la tradition musulmane et de la modernité occidentale, n’hésite pas à s’en prendre aux «ignares qui déterminent aujourd’hui ce qui est orthodoxe». Auteur du livre Un imam en colère, Oubrou dénonce vivement «l’islam d’apparence», affirmant que le plus important n’est ni le look ni la tenue vestimentaire, mais plutôt la foi. «On est musulman lorsqu’on a la foi ; c’est la grâce de Dieu qui sauve.
Le voile n’est pas spécifiquement musulman : il l’est devenu. Presque absente du Coran, c’est une prescription construite progressivement, au terme d’une histoire dont l’épisode colonial est un chapitre majeur. Si le port du voile nous choque, c’est moins en raison de l’outrage fait aux femmes ou de l’entorse à la laïcité que parce qu’il bouleverse un ordre visuel fondé sur la transparence, et lui oppose un provocant plaidoyer pour l’opaque, le caché, le secret, l’obscur.
Et pour les musulmanes qui se voilent en Occident, n’est-ce pas un jeu de dupes, une impiété nichée au cœur d’une intention religieuse ? Car en montrant qu’elles se cachent, elles cachent en réalité qu’elles se montrent ? Scrutant tour à tour la lettre du Coran, le voyeurisme de l’art orientaliste, les dévoilements spectaculaires orchestrés en Turquie ou au Maghreb, Bruno Nassim Aboudrar délivre une lecture inédite des stratégies à l’œuvre derrière le voile. Bruno-Nassim Aboudrar – Jolpress
Les pratiques cultuelles, elles, sont aménageables», martèle-t-il, estimant que l’islam est «une religion qui évolue avec l’évolution de la société». Il considère, à titre indicatif, que les prières peuvent être effectuées après le travail et que le jeûne du Ramadan peut être reporté en cas de maladie. Pour lui, l’islam se trouve confronté à un vrai problème, celui des comportements qui relèvent de l’éthique personnelle et qui sont devenus des marqueurs pour beaucoup de musulmans : manger halal, porter le voile, etc. «Avec le halal, nous ne sommes pas dans le sacré. Le fidèle a seulement pour obligation d’alléger au maximum la souffrance de l’animal», explique-t-il. Il assure en bon théologien que le hijab et ses dérivés (niqab, foulard, burqa…) n’ont absolument rien de sacré.
Tareq Oubrou appelle les musulmans à ne pas confondre religion et identité. Il demande aux musulmans de renoncer «à une certaine visibilité» pour redorer leur blason. «Il faut que les musulmans puissent accorder leurs gestes à leur foi sans perturber le fonctionnement de la société par des revendications outrancières, quitte à renoncer à une certaine visibilité», estime cet imam qui a mené une vaste réflexion théologico-canonique sur les conditions de l’expression et de la pratique musulmane dans un espace sécularisé.
Extraits de Comment le voile est devenu musulman de Bruno-Nassim Aboudrar (Flammarion – mars 2014)
Il est certain que le voile musulman n’a qu’une place très mineure dans la révélation. Il se peut que Muhammad ne l’ait pas voulu et que les circonstances seules aient suggéré le verset qui en prescrit l’usage aux musulmanes. Il n’est guère douteux non plus que le fiqh soit une juridiction patriarcale tardive, parfois éloignée de l’esprit du Coran et partiale dans le choix de sa lettre. La nouvelle exégèse « féministe » musulmane serait entièrement convaincante si elle avait convaincu et que ses positions étaient aujourd’hui majoritaires. Mais le moins qu’on puisse dire est que ce n’est pas le cas. Le voile résiste dans l’islam contemporain avec le patriarcat, et même sans lui. «Jolpress»




Par Maya Zammit avec France Algerie.com
 http://www.tunisiadaily.org/2015/03/31/le-voile-na-rien-de-sacre-il-ny-a-aucun-texte-qui-oblige-la-femme-a-se-couvrir-la-chevelure/

samedi 7 décembre 2013

Il était aujourd'hui la burqa...

Comment une femme peut-t-elle arriver à se cacher le visage? Question qui choque beaucoup de gens.
 J'étais enfant dans la ville de Salé, voisine de Rabat, et ma mère me prenait de la main et nous traversions les ruelles parfumées de la vieille ville. Nous passions souvent chez Abbas, le fournisseur officiel des El Rhaib, voir s'il y a des nouveautés à prix payable. Il écoutait Brahim El Alami, Fouiteh, Warda al jazairya, Naima Samih dans yak a jerhi, et d'autres et d'autres. Elle portait un niqab traditionnel, beaucoup de femmes le portaient, et je savais combien elle aimait la musique. Mon défunt père avait un tourne-disque, 45 tours, et avait sont style de musique préféré, Chaabi dont la signification du mot arabe est sublime, ce qui est du peuple. Mon père écoutait Fatna Bente Alhoussine et Miloud Lmghari, il écoutait aussi Dahmane Al Harachi ( Une de ses chansons les plus célèbres Ya Rayah (Ô partant) a connu un grand succès à sa sortie en France en 1973 , Rachid Taha en a fait la reprise. 
La chanson originale a fait le tour du monde et a été traduite en plusieurs langues tout en gardant la même mélodie) . Mon père aimait la musique et je suis fier d'aimer la musique grâce à l'ambiance de fête qui régnait dans les foyers.

Du baptême au mariage, chaque étape de la vie est célébrée. Le mot arabe Nachat, l'ambiance joviale, signifiait que l'heure était à la fête. On s'amuse, on danse et on boit on cachette. On mange, on se soûle, et danse jusqu'au matin. Oui, c'était la fête!

Comme les autres femmes de sa génération, ma mère a décidé de laisser le niqab maghrébin traditionnel. Elle l'a tout simplement dépassé dans un Maroc qui avançait, un Maroc où la femme voulait être autre que soumise.

Aujourd'hui, quand je vois cette régression vers la burqa et dérivés, je me demande comment avions nous pu revenir si loin en arrière.

Comment l'histoire a pu avancer à reculons? Ma mère s'est battue pour arracher son ngab, et d'autres s'acharnent pour le reprendre comme signe de retour au point de départ!

Il était aujourd'hui la burqa...

À mon ami Mohammed Belmaïzi

Mohammed Belmaïzi Merci mon cher Driss, c'est émouvant d'évoquer ce parcours immobile. Heureusement que cet état est démenti par la nature qui bouillonne en nous. Les révolutions qui se passent sous nos yeux en sont une manifestation. Il y a une immense aspiration au changement. Mais il y a aussi les forces des ténèbres, la sacralité de l'ignorance... comme disait notre regretté Mohamed Arkoun.

La femme sera libre ou ne sera pas! Et là je pense à ce roi, qui avait interdit aux femmes de sortir de chez elles... je retrouverai son nom. Comme quoi l'histoire des femmes est liée à la tyrannie du pouvoir.

Le meilleur hijab qu'une femme devrait porter? Son sourire et son front fier et lisse! Une idée inspirée de Jibran Khalil Jibrane