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samedi 21 février 2015

Après l'expulsion de journalistes français, le jury Albert-Londres renonce à se rendre au Maroc

Le Monde.fr avec AFP 
Le drapeau du Maroc.

image: http://s1.lemde.fr/image/2015/02/20/768x384/4580610_3_d04c_le-drapeau-du-maroc_b5e84b4cdee63adfbe62eb1210290167.jpg
Les prix Albert-Londres 2015 ne seront pas remis, comme il était prévu, à Tanger. Après l'« expulsion manu militari » de journalistes français qui travaillaient au Maroc, le jury du prestigieux prix de la presse française renonce à ce projet.
Dans un communiqué, l'association estime que « les conditions – précaires – de la liberté de la presse dans le royaume [du Maroc] sont de notoriété publique et le prix Albert-Londres ne comptait certes pas les passer sous silence. Mais cette volonté systématique d'obstruction au travail d'enquête de journalistes courageux et intègres fait preuve d'un irrespect total à l'égard d'un métier et de valeurs que nous défendons ».
« Le prix Albert-Londres ne peut pas laisser planer le doute d'une quelconque indulgence pour des pratiques contraires à notre éthique, encore moins d'une connivence avec des autorités qui ordonnent ou laissent faire. »
« LES AUTORITÉS ONT GARDÉ LE MATÉRIEL »
L'expulsion de Jean-Louis Perez et de Pierre Chautard, de l'Agence Premières Lignes, qui réalisaient un documentaire pour France 3 sur l'économie du Maroc, fait suite à des problèmes similaires subis par des confrères de France 24 en janvier à Rabat, ajoute le communiqué.
Les deux journalistes ont été arrêtés le 15 février au soir à Rabat dans les locaux de l'Association marocaine des droits de l'homme (AMDH), où ils réalisaient une interview. « Ils ont été mis dans un avion pour Paris. On leur a rendu leur passeport à la dernière minute. En revanche, les autorités marocaines ont gardé tout leur matériel : leurs caméras, leurs ordinateurs et leurs téléphones portables également », a déclaré à l'Agence France-presse Benoît Bringer, rédacteur en chef de Premières Lignes.
Le 77e prix Albert-Londres sera remis dans une autre ville étrangère, qui sera choisie dans les jours qui viennent. 
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mercredi 18 février 2015

Des journalistes français expulsés de Rabat : Réconciliation franco-marocaine au détriment de la liberté d’expression


Des journalistes français expulsés de Rabat


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El Watan, Ghezlaoui Samir, 18/2/15 
 
 Les intérêts du gourvernement français avec le Maroc semblent primer sur les droits de l’homme
zoom Les intérêts du gouvernement français avec le Maroc...


Pourtant, depuis les attentats contre Charlie Hebdo, les autorités françaises ont multiplié les déclarations vertueuses en faveur de la liberté totale des journalistes dans l’exercice de leur travail. Le silence assourdissant de Paris, après l’expulsion par Rabat des journalistes Jean-Louis Perez et Pierre Chautard, en dit long sur la nouvelle diplomatie française adoptée avec le Maroc.


C’est à un pur chantage que cède la France pour des raisons économiques et stratégiques. Même les ONG françaises restent partiellement silencieuses, à l’exception de Reporter sans frontières (RSF).
Dans un communiqué, rendu public le jour même, RSF a dénoncé «une censure odieuse et demande la restitution du contenu du tournage des deux journalistes». Nos deux confrères étaient en train de réaliser un documentaire pour France3  sur les droits de l’homme au Maroc quand ils ont été arrêtés puis expulsés par la police marocaine. «L’objectif des autorités marocaines est clairement affiché : empêcher la réalisation du documentaire en question et saisir des informations sur leurs sources.
Le Maroc ne peut exercer de censure sur des journalistes français qui avaient sollicité une autorisation de tournage sans obtenir de réponse», a déclaré Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. C’est donc la deuxième fois, en quelques semaines, que les autorités marocaines agissent ainsi.
Le 23 janvier dernier, des journalistes de la chaîne arabophone de France24 ont été empêchés de tourner une émission sur la liberté d’expression. Pour comprendre l’attitude de Paris envers Rabat concernant ce volet, il faut remonter à février 2014.
De passage à Paris, Abdellatif Hammouchi, le chef du contre-espionnage marocain, a été arrêté et interrogé par une juge d’instruction. Il est, en effet, visé par plusieurs plaintes pour torture. Le makhzen avait aussitôt suspendu sa coopération judiciaire avec la France et remis en cause de nombreux accords bilatéraux. A Paris, c’est la panique. Les AE françaises ont tout fait pour arranger la situation. Le 31 janvier 2015, un nouvel accord quasi-secret a été signé. Le 14 février, jour de la Saint-Valentin, le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé depuis Rabat que «M. Hammouchi sera bientôt décoré de la Légion d’honneur à Paris» !
 

Ghezlaoui Samir