Les autorités marocaines s’obstinent à entraver les activités d’une importante organisation indépendante de défense des droits humains, malgré deux décisions judiciaires statuant sur l’illégalité d’interdictions de réunions prévues par cette organisation, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.
Outre ces interdictions, des représentants du ministère de
l’Intérieur ont empêché plusieurs sections locales de l’Association
Marocaine des Droits Humains (AMDH) de notifier l’administration locale
du renouvellement de leur comité directeur afin de se conformer à la
loi. Les autorités ont également averti l’association qu’elle se verrait
retirer son statut d’« utilité publique » sous prétexte qu’elle opère comme une « entité politique s’opposant aux institutions de l’État ».
Le 15 février, la police s’est introduite de force dans les locaux du
siège national de l’association, a détenu une équipe de télévision
française présente sur les lieux et l’a expulsée du pays.
« Depuis longtemps, les dires du gouvernement qui prétend
simplement demander à l’AMDH de respecter la loi et les procédures
établies manquent de crédibilité », a indiqué Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch. « Les
manœuvres administratives, les avertissements et les interdictions du
gouvernement marocain à l’encontre de l’AMDH semblent avoir comme seule
visée celle d’entraver et de miner ses activités. »
