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mercredi 4 mars 2015

La réconciliation franco-marocaine, à quel prix ?

Par Sahara Info n°78, mars 2015


L’association des Amis de la RASD soutient depuis près de 40 ans le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination. Droit bafoué depuis 1976 par le voisin marocain qui occupe, oblige à l’exil, torture un peuple qui en dépit de tout, tient bon !
Aussi l’association des Amis de la RASD n’est jamais indifférente à ce qui se passe au Maroc, à tout ce qui pourrait permette à ce pays du sortir du carcan d’une monarchie autoritaire, qui se sert de la question du Sahara occidental pour sauvegarder son pouvoir.
Mais l’actualité récente de ce pays, de ses rapports avec la France, n’est pas encourageante alors que nous pouvions espérer des avancées à la veille de la réunion du Conseil de sécurité.
La Monarchie a fixé le cadre fin 2014 avec le Forum mondial des droits de l’homme, tenu à Marrakech. Une grande opération de communication où le Conseil des droits de l’homme marocain (CNDH) est à la manœuvre pour vendre l’existence d’un Etat de droit. Mais en même temps, l’AMDH (Association marocaine des droits de l’homme) est pratiquement interdite de bouger, dénoncée comme « agent de l’étranger », Wafae Charaf, militante du 20 février, condamnée à 2 ans pour avoir porté plainte contre les policiers qui l’avaient agressée. En France c’est l’ACAT (Association des chrétiens pour l’abolition de la torture) qui a reçu une convocation de la justice marocaine dans le cadre d’une plainte pour « diffamation, outrage envers les corps constitués, utilisation de manœuvre et de fraude pour inciter à faire de faux témoignages, complicité et injure publique ».
C’est ensuite la presse qui est dans la ligne de mire. Un journaliste de F24 expulsé, deux autres venus réaliser un documentaire pour FR3, également expulsés et dépouillés de l’ensemble de leur matériel. Jean-Louis Perez et Pierre Chautard ont été suivis, surveillés, puis « rattrapés » par la police marocaine dans les locaux de l’AMDH. Intrusion musclée d’une trentaine de policiers qui ont également molesté une des militantes de cette association, Rabia Bouzidi.
Face à cette violence hors de proportion, les autorités françaises, à Rabat comme à Paris, ont prudemment tourné le regard, pour ne pas compromettre la toute récente réconciliation franco-marocaine. Réserve qui n’a pas manqué d’interroger ces deux journalistes qui ne se sont pas sentis protégés dans ce pays dit « ami ».
Mais cette prudence n’a pas été suivie par tous ceux qui ne se satisfont pas de la situation marocaine ! Ainsi l’association qui décerne le prestigieux prix Albert Londres, a refusé de tenir son édition en mai 2015 à Tanger : « Le prix Albert Londres ne peut pas laisser planer le doute d’une quelconque connivence avec des autorités qui ordonnent ou laissent faire ». Ainsi, les principales associations des droits de l’homme, LDH, FIDH, REMDH (réseau euro- méditerranéen des droits de l’homme), FEMED et OMCT (associations qui luttent contre la torture), « s’inquiètent, déplorent, voire condamnent les actes de violence et la recrudescence des entraves à la liberté d’information, d’association et de réunion au Maroc depuis plusieurs mois ».
Mais c’est surtout, le prix payé par nos autorités, pour sceller notre « réconciliation » avec le Maroc, qui a suscité l’ incompréhension et l’indignation de nombreuses associations. (MRAP, AFASPA, ACAT, ASDHOM, LDH, Maître Baudoin, Président honoraire de la FIDH, Plate-forme solidarité avec le peuple sahraoui, Camion Citerne pour les Sahraouis etc) : Abdellatif Hammouchi, chef des renseignements marocains, élevé au rang d’officier de la légion d’honneur. Ce dernier, est en effet l’objet de plaintes déposées par l’ACAT, pour torture et complicité de torture. Plaintes retenues par la justice française.
L’ACAT, traque partout dans le monde les pratiques de tortures et l’impunité des bourreaux. Ses dossiers sur le Maroc sont épais et anciens. Aussi il faut saluer sa forte protestation aux portes de la Grande Chancellerie : « C’est la légion d’honneur que l’on déshonore. Abdellatif Hammouchi est mis en cause par au moins deux victimes qui allèguent avoir été torturées au centre de détention de Temara, administré par la DST dont il était responsable ».
Le délégué général de l’ACAT, Jean Etienne de Linares, est intervenu de son côté : « La remise de la légion d’honneur à M.Hammouchi est un affront aux victimes de la torture, aux droits de l’homme et à un symbole de la République française ».
L’association des Amis de la RASD, s’étonne que cette logique de la raison d’Etat impose à nos autorités de brader ainsi nos valeurs, qui pourtant sont depuis janvier, sans cesse rappelées et exaltées. Elle les appelle à préparer avec fermeté dans le respect du droit international, la réunion du prochain Conseil de sécurité, qui devra statuer sur le mandat de la Mission de paix de l’ONU, la MINURSO. Compte-tenu du contexte marocain, dénoncé par l’ensemble des associations des droits de l’homme, il est urgent qu’avec un mandat élargi, la MINURSO ait le pouvoir de protéger les Sahraouis soumis à l’occupation marocaine et à tous les excès d’un système sécuritaire. La liberté d’expression ne peut s’arrêter aux portes du Maroc.

Association des Amis de la RASD 356 rue de Vaugirard 75015 Paris
www.sahara-info.org / www.ecrirepourlesliberer.com

mardi 10 février 2015

Mohamed VI à l'Elysée :comme un parfum de rattrapage ?


Sahara Info n°77

Mohamed VI est en visite privée à Paris depuis une semaine. Notre presse, toujours attentive à la sensibilité des monarques, indique ainsi que Mohamed VI ne boude plus et revient en France dans ses nombreuses propriétés. Il sera même reçu à l’Elysée à 17h ce lundi 9 février !

Ce dont notre presse ne se fait pas l’écho, en revanche, c’est de la présence au même moment de Madame Kim Bolduc, représentante spéciale pour le Sahara et chef de la MINURSO, dans les campements sahraouis. Elle y est venue pour rappeler : « Nous croyons à la nécessité de trouver une solution juste et permanente à ce conflit afin d’établir la sécurité dans la région ».
La présence du roi du Maroc en France et le rendez-vous à l’Elysée, obtenu comme en 2012 de haute lutte, se comprennent alors beaucoup mieux. Mohamed VI et son équipe, obsédés par la question du Sahara, voulaient la tête des deux envoyés du Secrétaire général, pas assez pro-marocains. Ils ont perdu ! Christopher Ross, peut revenir dans la région et Kim Bolduc vient d’être reçue à Rabat, avant de se rendre dans les campements sahraouis.
Rapport de forces diplomatique entre Ban Ki Moon et le Maroc qui a duré plus de 6 mois : Kim Bolduc, nommée en mai 2014 et devant prendre son poste début août, avait été interdite de Maroc et de Sahara Occidental depuis lors !
La « brouille » franco-marocaine est finalement devenue embarrassante pour Mohamed VI, qui a besoin du soutien français à la prochaine réunion du Conseil de sécurité qui discutera en avril du renouvellement du mandat de la MINURSO. C’est pourquoi il fait tout désormais pour réchauffer les relations…
La diplomatie française, aujourd’hui déployée largement dans le monde, doit soutenir résolument le Secrétaire général des Nations-Unies, et faire en sorte que dans ce conflit de décolonisation vieux de 50 ans, le droit enfin s’applique et permette à un peuple de territoire non-autonome de s’autodéterminer.
Comme l’a rappelé justement Madame Kim Bolduc, c’est à la fois une affaire de respect du droit et de sécurité dans la région. Or la situation au Sahara occidental est préoccupante.
Ainsi, le jeune Sahraoui Mohamed Lamine Haidallah est mort dans la nuit du samedi 7 février à l’hôpital Hassan II d’Agadir, des suites des graves lésions (commotion cérébrale) subies lors d’un tabassage perpétré contre lui trois jours auparavant à El Aïoun par un groupe de colons marocains. La presse marocaine de son côté faisait allusion à des troubles violents début janvier dans le quartier de Maatallah.
Il est temps pour les autorités marocaines de prendre la mesure de la situation et d’accepter les règles du droit international !

Association des Amis de la RASD 356 rue de Vaugirard 75015 Paris
www.sahara-info.org / www.ecrirepourlesliberer.com

lundi 9 février 2015

Titres sur http://solidmar.blogspot.com du 1 au 8/2/2015

 
La France et le Maroc sont réconciliés. Les relations diplomatiques vont reprendre et éviteront de nombreuses tracasseries aux bi-nationaux. Tant mieux. Mais le prix à payer ne met-il pas à mal l’indépendance de la justice de la France ?  La France doit au Maroc “respect et considération”, et, lit-on,  ne pourra plus dénoncer les actes tortures, qui pourront continuer en toute impunité !  Lire absolument l’étude de texte que fait Niko (blog Médiapart) de l’article du Monde : Salaheddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères exige le respect et la considération pour son pays
 
1 févr. - 8 févr.