Reportage
Dans leur villa de Californie, un quartier huppé de Casablanca, Achraf et Zineb*, la trentaine, forment un jeune couple emblématique d’un Maroc ouvert, prospère et dynamique. Ils se sont fraîchement installés dans cette partie de la capitale économique très convoitée par les nouveaux riches. Tous deux sont cadres dans le secteur bancaire et « possèdent » une « petite bonne » de 14 ans. Le père de celle-ci connaît la famille d’Achraf. « Amina* est très attachée à notre bébé Hajar », précise Achraf en esquissant un sourire presque fier.
Avant de travailler à Casablanca, Amina « vivait avec ses parents et ses nombreux frères et sœurs à Béni Mellal », une ville située dans le centre du royaume, au pied du Moyen-Atlas.
« Il y a deux ans, sa mère nous l’a confiée pour qu’elle vive dans une
ville où elle aura plus d’opportunités. Nous la traitons comme notre
propre fille, ajoute le jeune cadre. Ma femme va l’inscrire dès l’année prochaine dans une association pour qu’elle apprenne la couture », conclut-il.
Une loi controversée
La question des « petites bonnes » est un sujet très controversé au Maroc. Un projet
de loi interdisant le travail des jeunes filles de moins de 18 ans a
été adopté le 31 mai par la première chambre du Parlement. Mais le même
texte autorise une période transitoire de cinq ans au cours de laquelle
le travail
domestique des filles de 16 à 18 ans serait autorisé. Les ONG actives
dans ce domaine espèrent que leur plaidoyer portera ses fruits avant le
vote de la Chambre des conseillers, deuxième chambre du Parlement.
