Ban Ki-moon lors de sa visite dans les camps de réfugiés sahraouis. Toufik D./New Press, 10/3/2016
Dans une note aux correspondants en
réponse aux questions sur le Sahara Occidental, le secrétariat général
de l’ONU réagit fermement au communiqué du ministère marocain des
Affaires étrangères qui a été d’une rare virulence contre Ban Ki-moon
suite à ses déclarations sur la question sahraouie (voir article d’Algeriepatriotique).
L’ONU rappelle que «le statut du territoire du Sahara Occidental reste à
déterminer, car il est un territoire non autonome». Ce fait est reconnu
par «tous les États membres de l'ONU, y compris le Maroc», et se trouve
consigné dans «les résolutions annuelles de l'Assemblée générale
adoptées sans vote». Le secrétariat général de l’ONU rappelle également
que «le Conseil de sécurité a demandé à l'ONU de faciliter les
négociations visant à une "solution politique mutuellement acceptable
qui permette l'autodétermination du peuple du Sahara Occidental"».
Ce
communiqué de l’ONU revient sur le périple de Ban Ki-moon et décrit
comment «samedi dernier, le secrétaire général a personnellement été
témoin d'une situation désespérée dans un camp de réfugiés du Sahara
Occidental résultant de décennies de vie sans espoir dans les conditions
les plus difficiles». Il justifie l’emploi du mot «occupation» pour
expliquer la situation des réfugiés sahraouis qui «méritent un avenir
meilleur». Les réfugiés sahraouis ne peuvent pas rentrer chez eux dans
«des conditions qui incluent des arrangements de gouvernance
satisfaisants en vertu desquels tous les Sahraouis peuvent exprimer
librement leurs désirs», souligne l’ONU, qui insiste sur le fait que la
solution passe par de «véritables négociations de bonne foi et sans
condition préalable», pour «donner de l'espoir à ces gens et leur
permettre de rentrer chez eux». La note du secrétariat général de l’ONU,
et particulièrement la fermeté de ton, constitue un autre camouflet
pour le Makhzen déjà sérieusement secoué par la visite du premier
responsable de l’organisation onusienne dans les territoires sahraouis
libérés.

