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samedi 30 novembre 2013

«Les Etats-Unis soutiennent une solution juste approuvée par le Front Polisario et le Maroc»

Par Fella Hamici, 23/11/2013
Brahim Ghali, ambassadeur de la Rasd à Alger :
«Les Etats-Unis soutiennent une solution juste approuvée par le Front Polisario et le Maroc»

Le Temps d'Algérie : Qu'avez-vous trouvé de pertinent dans les déclarations d'Obama sur la question sahraouie ?
Brahim Ghali : Ce qui est intéressant dans l'entretien entre le président des USA, Barack Obama, et le souverain du Maroc, Mohammed VI, vendredi soir, est le fait d'aborder la question des procès de civils traduits devant les tribunaux militaires marocains. Dans le communiqué conjoint signé à la fin des discussions, les deux parties se sont engagées à mettre fin à cette pratique contraire à l'étique et aux droits de l'homme. Il ne s'agissait que de civils sahraouis manifestant pacifiquement pour l'indépendance de leur territoire. Le président américain a rappelé le Maroc à l'ordre.
Durant cette rencontre, la question de la violation des droits de l'homme du peuple sahraoui par le Maroc a été soulevée. Le président américain a rappelé l'engagement de son pays à l'amélioration des conditions de vie du peuple sahraoui, appelant à la protection et à la promotion des droits de l'homme dans les territoires sahraouis, et ce, dans le cadre des exigences de l'ONU.

Le président Obama soutient-il, selon vous, le plan marocain pour l'autonomie lorsqu'il l'a qualifié d'approche potentielle ?
 Les Etats-Unis soutiennent une solution juste approuvée par les deux parties qui sont le Front Polisario et le Royaume marocain. La position des USA, contrairement à ce que veulent faire croire les responsables marocains, est cohérente avec les positions de l'ONU.
L'Assemblée générale onusienne appelle chaque année à une solution pacifique mutuelle entre les deux parties. Les déclarations d'Obama appuient, aussi, le travail entrepris par Christopher Ross, l'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara occidental dans sa mission afin de parvenir à un règlement définitif du conflit.
Le président Obama a précisé qu'il s'agissait d'une approche potentielle certes. C'est depuis 2003, à l'époque où George W. Bush était président des USA, qu'ils soutiennent ce plan. L'autonomie des Sahraouis est incluse dans trois initiatives : l'indépendance du Sahara occidental, l'autodétermination ou l'intégration au Maroc. Que le Royaume marocain laisse le peuple sahraoui décider de son sort.

Que signifie, selon vous, la mention «d'un chapitre spécial consacré dans ce communiqué à la question sahraouie» ?
Ce communiqué conjoint a consacré effectivement un chapitre spécial à la question du Sahara occidental et les droits de l'homme, au même titre que les autres volets relatifs aux relations bilatérales américano-marocaines. Donc, les USA estiment que le conflit sur le Sahara occidental est une affaire internationale et pas interne comme veut le faire entendre le régime marocain.
Fella Hamici
http://www.letempsdz.com/content/view/107930/1/

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Le Maroc contre le référendum par crainte du triomphe de l'option de l’indépendance (ex.juriste MINURSO)

WASHINGTON,  22/11/ 2013 (SPS)  - 

Le Maroc s'oppose à la tenue d'un référendum  d’autodétermination au Sahara occidental du fait qu'il redoute fortement que  l'option de l’indépendance le remportera aux urnes, a affirmé l'ex. conseillère  juridique américaine à la MINURSO, Mme Katlyn Thomas, dans un entretien accordé  à l'APS.
Avocate, actuellement, au barreau de New York, Mme Thomas était chargée  des questions juridiques au sein de la MINURSO et avait contribué, en 1995,  aux négociations sur les critères d’éligibilité, agréés par les parties au conflit  pour la tenue du référendum d’autodétermination du peuple sahraoui, et avait  aussi participé, en 1999, à l’élaboration de la liste des électeurs dans le  but de la tenue de ce référendum.
Ayant suivi de très près le dossier sahraoui au sein de cette mission  de l’ONU, Mme Thomas réfute la thèse selon laquelle le référendum n'a pu avoir  lieu en raison de désaccords entre le Maroc et le Front Polisario sur la composition  des listes électorales.
Dès le départ, affirme la juriste, le Maroc avait fait preuve de tergiversations  et posait des entraves en dépit de nombreuses concessions qui lui avaient été  accordées non seulement dans  l’établissement de la liste électorale mais aussi  dans les options intégrées au référendum.
A ce sujet, elle rappelle qu'initialement, deux options étaient prévues  dans le référendum promis depuis 1991: l’indépendance ou le rattachement au  Maroc.
Mais le Maroc exigea l'introduction d'une autre option qui est celle de  l'autonomie et qui fut acceptée comme troisième alternative à proposer à côté  de celles de l’indépendance et du rattachement au royaume marocain.
En dépit de tout cela, observa Mme Thomas, le Maroc a finalement rejeté  la solution de la tenue d'un référendum pour tenter d'imposer son plan d'autonomie  comme seule solution possible.
Pour Mme Thomas, au lieu d'astreindre le Maroc à respecter ses engagements  envers l'ONU et le Front Polisario tels que prévus par le Plan de règlement  après le cessez-le-feu de 1991, certains membres du Conseil de sécurité ont  apporté leur appui à sa proposition d'autonomie.
A propos des droits de l'homme et de l'attitude américaine à l’égard de  cette question, cette juriste considère que le projet de résolution présenté  en avril dernier par les Etats-Unis pour introduire le mécanisme de surveillance  de ces droits au sein de la MINURSO a marqué un ''net changement'' dans la position  du gouvernement américain.
A ses yeux, ''le gouvernement américain veut sincèrement améliorer la  situation des droits de l'homme du peuple sahraoui''. (SPS)
062/700

La position du Washington Times moins ambigue que celle d'Obama

par Agence merzak_tigrine, 23/11/2013

Le roi marocain devrait être prêt à faire face à des questions sur lesquelles sa politique est “carrément en contradiction”, a souligné le journal américain Washington Times.
Si le Maroc entretient une relation particulière avec les États-Unis, le journal américain Washington Times a estimé, dans un article consacré à la visite du roi Mohamed VI, que cette relation amicale ne doit surtout pas éloigner Washington de ses valeurs et rester silencieuse face aux violations des droits de l'Homme des Sahraouis par le Maroc. Le quotidien souligne que, lors de sa rencontre prévue hier avec le président Obama, le roi marocain devrait être prêt à faire face à des questions sur lesquelles sa politique est “carrément en contradiction” avec les valeurs et les intérêts américains, à savoir les violations continues des droits de l'Homme et le statut du Sahara Occidental. L’auteur de l'article a noté que la poursuite de l'occupation du Sahara Occidental par le Maroc et la maltraitance de la population sahraouie sont des problèmes d'une extrême importance de par leur gravité. Selon lui, Barack Obama devrait clairement indiquer au roi Mohamed VI qu'il est d’accord avec les résolutions de l'ONU en vertu desquelles le statut du Sahara Occidental doit être décidé par référendum. Le journaliste rappelle que pour soutenir ce référendum, l'ONU a mis en place une Mission de paix en 1991 appelée, justement, “Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara Occidental”, alors que le référendum n’a toujours pas eu lieu. Il relèvera particulièrement que contrairement aux autres missions de la paix de l'ONU, la Minurso ne comporte toujours pas de mécanisme de surveillance des droits de l'Homme. Le Washington Times rappelle que les États-Unis “ont cherché à remettre en cause cette anomalie” en avril dernier par un projet de résolution présenté au Conseil de sécurité mais qui n’a finalement pas abouti. Il a dénoncé le fait qu’au lieu d'accepter que le peuple sahraoui décide de son propre avenir, le roi marocain propose ce qu’il appelle “l’autonomie” pour le Sahara Occidental. Établissant un parallèle avec l'histoire des États-Unis, le quotidien de la capitale US assure que les pères fondateurs des États-Unis n'auraient probablement pas accepté une telle offre d’“autonomie” au sein de l'empire britannique en 1776, et le peuple du Sahara Occidental ne veut également pas d'un tel accord aujourd'hui, mais veut plutôt qu'on lui restitue son pays. Faisant référence au discours prononcé au Caire en 2009, le journal souligne que le président Obama avait, alors, défendu avec éloquence que les actions d'un gouvernement devraient refléter la volonté du peuple qui aspire à la liberté d'expression, à la primauté du droit et à une gouvernance transparente. Barack Obama avait aussi fait valoir qu'il s'agissait de valeurs non seulement américaines mais universelles et que les gouvernements qui défendent ces droits sont plus stables, efficaces et sécurisés. “S'il pense à ce qu'il disait à l'époque, M. Obama devrait demander au roi marocain de soutenir le processus mené par l'ONU et de décider d'un délai, de préférence au début de 2014, pour mettre fin à l'occupation du Sahara Occidental et de libérer tous les prisonniers politiques.” C’est dans cette optique que le quotidien américain a soutenu que dans une “relation mature” entre pays alliés, “le roi marocain doit s'attendre à ce que le président américain soulève ces questions lors de leur rencontre et que ce dernier doit effectivement le faire”. Enfin, le Washington Times, estime que Barack Obama, qui s’est prononcé, à plusieurs occasions, en faveur de la démocratie et des droits de l'Homme, “a maintenant une chance réelle de démontrer qu'il pense ce qu'il dit”.
M. T./Agence
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