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vendredi 19 février 2016

À Grenoble débats sur la solidarité avec les prisonniers politiques au Maroc



Organisée par « Maroc Solidarités  Citoyennes » Grenoble

Rencontre d’information et de débats
sur la solidarité avec les prisonniers politiques au Maroc

1er mars, de 18h à 20h30

au siège de l’association « Rencontre des cultures »
9 rue Hoche à Grenoble
(prendre le passage entre la CCI et la crèche « l’Ilot marmots » jusqu’à l’entrée du parc derrière la CCI)



Marie Jo Fressard viendra  présenter son livre :
"Marraine des deux plus anciens prisonniers politiques du Maroc".

Condamnés à perpétuité, ils furent libérés en 2008, après une incarcération de 25 ans qui aurait été plus longue sans le soutien et les démarches incessantes de Marie-Jo.
Elle sera accompagnée de Luk Vervaet qui a longtemps enseigné auprès de prisonniers à Bruxelles, et qui est très engagé dans la lutte contre les atteintes aux droits de l'Homme, notamment au Maroc : il est aussi animateur du Comité de Soutien au libraire belgo-marocain, Ali Aarras incarcéré au Maroc depuis 2008, maltraité, torturé et sans perspective de passer en jugement. L’une et l’autre  alterneront leurs voix pour répondre à vos interrogations sur la nature du système carcéral au Maroc.


Cette rencontre est organisée avec le soutien des associations  suivantes :  CIIP (Centre d’Information Inter-Peuples) – CADTM 38 (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde) – ATTAC 38 (Association pour la Taxation des Transactions financières et l’Aide aux Citoyens) – LDH Iran (Ligue des Droits de l’Homme en Iran)

samedi 18 février 2012

Maroc Informations sur la situation au Maroc


Par le bureau de l'association Maroc Solidarités citoyennes, 18/2/2012

Les nouvelles que nous recevons du Maroc révèlent que les tensions se multiplient sur le terrain des droits humains, économiques et sociaux et sur celui des droits civiques, notamment des libertés d'expression et de manifestation.
L'adoption par referendum d'une nouvelle réforme constitutionnelle qui n'a pas changé fondamentalement l'organisation des pouvoirs, l'élection d'un nouveau Parlement et la nomination d'un nouveau gouvernement dirigé par le PJD, ont débouché pour le moment sur une parfaite continuité des politiques appliquées par les pouvoirs publics au Maroc. C'est pourquoi sans doute, comme dans tous les pays arabes, des mobilisations populaires continuent à manifester dans de nombreux endroits au Maroc, sous les bannières du Mouvement du 20 Février, pour réclamer une véritable démocratie, un changement radical dans la politique économique et sociale capable de créer des emplois et de combattre la pauvreté, et pour engager une lutte effective contre la corruption.

Les méthodes répressives restent un pilier du régime marocain

Malheureusement, cette continuité se manifeste également dans le recours aux méthodes brutales de répression et aux emprisonnements arbitraires décidés par des tribunaux aux ordres des autorités. Citons seulement quelques victimes de ces méthodes: les emprisonnements arbitraires de Rachid Niny, directeur du quotidien Al Massae, du rappeur El Haked, du champion de boxe Zakaria Moumni, des syndicalistes Seddik Kabouri et Mahjoub Chenou, tous traînés en justice et condamnés à la prison sur la base de procès fallacieux et de "preuves" fabriquées par la police. Mêmes réactions à l'encontre des étudiants qui demandent seulement à s'organiser dans leur syndicat l'UNEM: Ezedine Eroussi, incarcéré à Taza pour cette raison, est en grève de la faim depuis le 19 décembre et maintenant en danger de mort, quatre autres étudiants accompagnent sa grève incarcérés à la prison Aïn Kadous de Fès.*
 Ou à l'encontre d'un montagnard du village d'Imider (région de Tinghir), Moustapha Ouchtoubane, parce qu'il participe à la lutte des villageois contre une société minière (la SMI, propriété du holding royal) qui épuise leurs ressources en eau et pollue leurs terres. Et sans même parler ici des Sahraouis emprisonnés pour avoir protesté contre la violation des droits humains dans leur région ni des militants islamistes arrêtés après l'attentat terroriste de 2003 à Casablanca sans la moindre preuve d'une responsabilité de leur part. Enfin le Mouvement du 20 février, dont les manifestations répétées sur tout le territoire sont caractérisées par leur caractère pacifique, déplore une dizaine de morts en un an d'existence parmi ses militants dues aux brutalités policières ou même aux tortures qui leur sont infligées, comme dans le cas de Kamal Ammari, décédé à Safi entre les mains des forces de l'ordre après une banale manifestation.
Dans ce contexte répressif, relevons une bonne nouvelle: à l'occasion de la fête du Mouloud, le souverain a décidé de libérer 458 prisonniers, parmi lesquels de nombreux droits communs, mais aussi des militants islamistes ainsi que les syndicalistes de Bou Arfa et Zakaria Moumni le champion du monde de boxe. Nous nous en réjouissons, mais ces grâces octroyées n'en relèvent pas moins de l'exercice du bon plaisir du pouvoir, comme en témoigne le maintien en prison du journaliste Rachid Niny ou du militant d'ATTAC-Maroc Abdeljalil Agadil à Safi.


Une situation particulièrement alarmante dans les villes de Safi et de Taza

La ville de Safi a une tradition revendicative qui remonte aux luttes pour l'indépendance du Maroc , aux mobilisations des ouvrières des conserveries de sardines, des pêcheurs et des travailleurs du port. C'est pourquoi les manifestations du Mouvement du 20 février y sont particulièrement massives et c'est aussi pourquoi les jeunes de ce mouvement y sont soumis à une violence policière inadmissible. Nous relayons en attaché l'appel à la solidarité internationale lancé par ATTAC-Maroc pour obtenir la fin de ces exactions.

La ville de Taza, située dans le Moyen Atlas à l'est de Fès, fait partie de ce Maroc périphérique abandonné par les politiques du capitalisme mondialisé : celui-ci concentre ses investissements sur les villes et les grandes plaines de la côte atlantique du pays. Fortement atteinte par le chômage et le sous équipement, la population de Taza s'est massivement soulevée contre cette marginalisation, à l'image des protestations de masse qui s'étaient produites à Sidi Ifni en 2008. Au lieu de prêter attention à ces revendications, le gouvernement a répliqué avec les mêmes méthodes : concentration de forces armées pour investir la ville et opérations de ratissage dans les quartiers populaires, avec irruptions violentes dans les habitations, destruction du mobilier, vols et maltraitances envers les habitants. La situation à Taza pourrait déraper vers des affrontements incontrôlables...


Que faire pour obtenir la cessation de ces atteintes aux droits humains et manifester notre solidarité avec ceux qui exigent une véritable démocratie au Maroc ?

Vous avez l'occasion d'en débattre en participant à la rencontre que nous organisons avec le Centre d'Information Inter-Peuples le 2 mars prochain, salle 150 de la galerie de l'Arlequin. Nous recevrons un invité très engagé dans le « Mouvement du 20 février », Omar Aziki, Secrétaire Général de l'association ATTAC/CADTM Maroc. Cette rencontre est soutenue par plusieurs organisations iséroises: ATTAC, la Ligue des Droits de l'Homme, Survie, le NPA.

Nous aurons l'occasion, au cours de cette rencontre, de proposer une pétition pour réaffirmer notre soutien au peuple marocain et pour exiger le respect des droits humains dans toutes leurs dimensions par les autorités marocaines, particulièrement par le nouveau gouvernement issu de la récente révision de la Constitution.
*
Deux pétitions sont mises  en ligne. Il faut des milliers de signatures pour faire pression sur le pouvoir marocain http://www.petitionenligne.fr/petition/etudiants-emprisonnes-en-greve-de-la-faim-ezedine-en-danger-de-mort/2151

Une autre pétition avec des nouvelles plus récentes sur la situation de plus en plus préoccupante d’Ezedine, et des autres grévistes est mise en ligne sur cyberacteurs:
http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/silence-etudiants-marocains-greve-faim-ezedine-eroussi-danger-mort-431.html

 
CENTRE D’INFORMATION INTER-PEUPLES - 
MAROC SOLIDARITES CITOYENNES

MAROC :
QUELLES LUTTES ? QUELLES SOLIDARITÉS ?
 Soirée-débat   
 le vendredi 2 mars 2012
 à 20h
Salle 150 de la Villeneuve
(galerie de l’Arlequin – station de tram « Arlequin »)
Grenoble
avec Omar AZIKI
Secrétaire Général d’ ATTAC/CADTM MAROC
 Manifestations du Mouvement du 20 février, luttes des diplômés chômeurs, mobilisations syndicales, pas un jour ne passe sans que les résistances ne s’expriment. Comment s’insèrent ces luttes au Maroc dans le processus révolutionnaire qui traverse la région ?
Le pouvoir manœuvre : une réforme constitutionnelle, des élections, un nouveau gouvernement. Mais rien ne change pour la grande majorité de la population. La répression continue : des centaines de manifestants en prison, des étudiants de l’UNEM en grève de la faim, des chômeurs quotidiennement matraqués, des villes comme Taza en état de siège, la torture et des morts à Safi, et la liste est  longue. Quelle est la vraie réalité du pouvoir autocratique ?
En France, un silence assourdissant des grands médias, un soutien ouvert du gouvernement au pouvoir. Pourquoi ?
Comment ici, est-il possible de construire des solidarités utiles ?  Venez en débattre !

mardi 17 janvier 2012

Conférence sur le mouvement du 20 février à Clichy (92)


 Par Ayad Ahram, ASDHOM, 17/1/2012

Le Mouvement Marocain du 20 février Paris/Ile-de-France organise une conférence sous le thème

20 février, un an de lutte : 
Enjeux et perspectives

En présence de : 
Ahmed Assid, René Gallissot et Didier Le Saout
Date: Dimanche 22 janvier à 15h
Lieu : Salle Heidenheim
6, place du marché 
92110 Clichy/Seine
Métro : Mairie de Clichy (ligne 13)


samedi 25 juin 2011

COMPRENDRE LE « MOUVEMENT MAROCAIN DU 20 FÉVRIER »


Par Marc Olivier, Maroc Solidarité Citoyenne, 25/6/2011

avec Ayad Ahram, représentant du Comité de soutien de Paris-Île de France au mouvement du 20 février

Le 8 juin dernier, le CIIP et Maroc Solidarités Citoyennes ont convié le public grenoblois à une conférence-débat sur ce mouvement, version marocaine de l'immense mobilisation sociale qui traverse l'Afrique du nord et le Moyen-orient.
Ayad Ahram a d'abord rappelé que le mouvement actuel, certes partie prenante de ce « printemps méditerranéen », trouve ses racines dans les nombreuses mobilisations qui se sont manifestées au Maroc depuis l'indépendance (il cite les actions des diplômés-chômeurs depuis 30 ans, les manifestations du mouvement des mal logés, les coordinations contre la vie chère, la révolte de Sidi Ifni etc..). Il ne s'agit donc pas de rassemblements de jeunes tombés du ciel sur un simple clic des réseaux sociaux, mais une mobilisation populaire de toutes les couches de la société qui émerge depuis le 20 février, dans les grandes villes comme dans les plus petits villages, et qui est porteuse de cette mémoire des résistances passées. Cette mobilisation populaire se produit autour d'une base commune de revendications politiques :
• pour une constitution démocratique émanant de la volonté du peuple
• pour la démission du gouvernement actuel et la dissolution des deux chambres du Parlement
• pour la séparation des pouvoirs et une justice indépendante
• pour une pleine reconnaissance de l'amazighité
• pour une politique sociale de création d'emplois et de hausse des salaires
• pour la libération des démocrates emprisonnés et le jugement de tous les criminels (tortionnaires, assassins, corrompus et spoliateurs des richesses de la nation)
Selon Ayad Ahram, le fonctionnement du mouvement traduit son caractère profondément innovant dans le champ politique marocain. Partout où il s'organise, les décisions d'action sont prises par des « coordinations » auxquelles tous les citoyens ont le droit de participer à titre individuel. Ces coordinations dirigent localement le mouvement en adaptant ses objectifs -au delà de la plate-forme nationale- aux problèmes locaux. Parallèlement, les partis, syndicats, associations diverses qui soutiennent le mouvement constituent des « comités de soutien » ou des « conseils locaux » où s'expriment ces organisations et qui appuient les décisions prises par les coordinations. Cette règle de fonctionnement responsabilise directement les citoyens appelés à décider eux-mêmes de la conduite du mouvement, tout en prenant appui sur les organisations politiques et sociales qui déclarent soutenir la mobilisation. Comme l'a dit un participant au débat, « il s'agit d'un extraordinaire processus de conscientisation citoyenne ».
Le mouvement du 20 février est confronté aux manoeuvres du pouvoir maghzénien pour le diviser et pour affaiblir la mobilisation populaire. D'un côté le maghzen (c'est à dire l'appareil d'état monarchique) l'accuse d'être manipulé par l'extrême gauche (la « Voix démocratique ») et par les islamistes (Justice et bienfaisance), ce qui est matériellement impossible compte tenu de l'ampleur de cette mobilisation. De l'autre le roi, dans son discours du 9 mars, a promis une réforme de la constitution et institué une commission d'experts qu'il a lui-même nommés. Il tente ainsi de préserver son pouvoir absolu, sans répondre aux revendications posées par le mouvement du 20 février. C'est pourquoi les manifestations ont continué et se sont élargies après le 9 mars.
Selon Ayad Ahram, il faut comprendre que le 20 février n'est pas un parti nouveau, mais une massive mobilisation populaire exigeant l'application des valeurs démocratiques de liberté, de justice et de dignité. C'est pourquoi ce mouvement ne met en cause ni la monarchie ni le roi. En affirmant « le roi peut régner mais ne doit pas gouverner », il laisse le soin aux partis de proposer aux citoyens leurs programmes politiques, afin que le peuple marocain, par ses choix librement exprimés, prenne lui même son destin en mains.