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dimanche 18 août 2013

Au Maroc, la chasse aux étrangers tue et pendant ce temps l'UE négocie et se tait




Par Stéphane Arrami, 13/8/2013

Dans le nord du Maroc et dans d’autres villes du pays (Mekhnès, Rabat, etc.), les scènes se répètent depuis des mois, voire des années, mais elles ont, ces dernières semaines, atteint une ampleur sans précédent.
La police et les militaires marocains raflent en toute impunité des centaines d’enfants, de femmes et d’hommes, pour la plupart originaires de pays subsahariens. Ces chasses à l’homme ont principalement lieu dans les villes du nord du pays, El Hoceima, Ksar El Kebir, Nador, Taourirt et Tanger : le 27 juillet, 140 migrants ont été interpellés autour de la ville de Nador, et quelques jours plus tôt – le 24 juillet – ce sont près de 300 migrants qui ont été arrêtés dans le quartier Boukhalef à Tanger.

Ces traques donnent lieu à des scènes humiliantes voire inhumaines, et personne n’est épargné. À Tanger, une mère sénégalaise avec son enfant âgé de deux ans a été violentée en pleine rue par les forces de l’ordre pour être conduite presque dénudée dans un camion policier en vue de son refoulement à la frontière maroco-algérienne. Aux alentours de Nador, une réfugiée a été contrainte d’abandonner son bébé de sept mois dans la forêt, une autre y a laissé un de ses jumeaux, âgé de trois ans.

Ces violences policières, qui obéissent à des stratégies ciblées, entraînent la mort de nombreux migrants.
Après que les polices espagnoles et marocaines de part et d’autre de ces frontières traquent ces personnes nuit et jour, elles sont généralement conduites par bus près d’Oujda à la frontière avec l’Algérie, pour y être abandonnées, quand elles ne sont pas emprisonnées.

Le gouvernement marocain et les autorités de l’Union européenne, qui rivalisent depuis des années de déclarations contre les migrants présents au Maroc, sont responsables de cette politique xénophobe et mortifère.
Pour rappel, le 7 juin 2013, le Maroc, l’UE et neuf États membres de l’UE ont signé une déclaration conjointe qui établit un ensemble d’objectifs politiques. Ce texte qui prévoit une série de mesures pour une « meilleure gestion de la migration », ne constitue qu’un maillon supplémentaire du processus de sous-traitance du contrôle migratoire vers le Maroc.
Sous pression et en toute impunité, celui-ci exécute avec zèle les exigences de l’UE, qui se défausse ainsi allègrement de ses responsabilités, sans se soucier des conséquences de cette externalisation  et en cautionnant ces actes.

Nous demandons à ce que Cécilia Malmström, commissaire européenne aux affaires intérieures, Laenser Mohand, ministre marocain de l’Intérieur, Saâd Eddine El Othmani, ministre marocain des Affaires étrangères et de la coopération, et les ministres des Affaires étrangères des neuf États membres de l’UE agissent urgemment pour faire immédiatement cesser les exactions policières au Maroc à l’encontre des migrants.
Nous demandons également à ce que les exilés présents sur le territoire marocain soient traités dignement, quelle que soit leur situation administrative.
Enfin, nous rappelons aux autorités espagnoles et aux autres Etats membres de l’Union européenne leur obligation de se conformer aux principes de la convention européenne des droits de l’homme, et à ce titre de traiter les demandes d’admission sur le territoire de l’UE de celles et ceux qui demandent à bénéficier d’une protection, et de ne plus les refouler vers un pays où ils risqueraient de subir des traitements inhumains et dégradants.

Le 2 août 2013                               
AMDH / Migreurop

dimanche 21 octobre 2012

Appel aux vivants : Grève générale des détenus européens dans les prisons marocaines


Des détenus dans la Prison noire de Laâyoune (Photo DR)

Appel aux vivants

Les nombreux rapports relatifs à la problématique de l’incarcération au Maroc, rédigés par divers organes habilités en la matière, tant à l’échelle nationale qu’internationale, ont porté un sérieux coup à son image de marque.
Les récentes déclarations de Juan Mendez, le rapporteur de l’ONU sur la torture, en guide de prémisses, lors de la clôture de sa visite guidée au royaume le mois dernier, n’ont pas fait état d’exception à la règle en confirmant la gravité d’un constat préalablement défini comme tel.
La vision officielle de l’incarcération au Maroc ne s’est jamais inscrite dans un processus d’insertion sociale du détenu et/ou de sa réhabilitation et n’a jamais obéi à aucune conception humaine de l’individu. Pire, elle a toujours émané d’une longue logique d’épuration à large échelle, ponctuée par l’exclusion d’une large couche sociale perçue par le système comme inutile, victime d’une marginalisation forcée, dictée par les politiques défaillantes du système et des élites corrompues.
Cette détermination traduit dans les faits, l’état d’esprit d’un système s’articulant autour de la traite des êtres humains comme remède aux méfaits d’une gestion publique désastreuse, hanté ( le système ) par un souci inassouvi de sacrifier la large couche populaire et la livrer en pâture aux sévices d’une justice despotique, vassale d’un dictat nommé corruption.
Aux responsables européens, après vous avoir pendant des années sollicités afin d’intervenir auprès des autorités marocaines pour que les conventions ratifiés avec le Maroc soient respectés dans notre situation. Principalement le respect des droits humains ainsi que notre dignité et le droit à un procès équitable. La plupart d'entre de nous n’avons pas eu le droit à un procès équitable et avons fais l’objet de maltraitances physiques. Certains d’entre nous avons été torturés dans le centre de torture à Témara près de Rabat. Ou l’on nous a soutiré des aveux sous la tortures physique souvent pour des affaires politiques, d’opinion, de règlement de compte ou autres.
Malgré nos différentes demandes et sollicitations auprès des pays de l’Union Européenne qui sont restées jusqu’à aujourd’hui sans réponse.
Nous réclamons donc:
- L’annulation, la révision des procès des détenus qui clament leur innocence.
- Le droit à la défense, ce qui implique la visite d’un avocat étranger et la simplification des procédures.
- L’accélération des transfèrements dans les pays d’origine, qui sont toujours retardés.
- Un vrai représentant des autorités consulaires pour le soutien en tout genre qui n’existe pas aujourd’hui dont le cas de la Belgique qui est flagrant.
- L’intervention des autorités européennes pour le bon fonctionnement et le respect des accord ratifiées entre l’UE et le Maroc.
- La création d’un corps diplomatique Européen pour s’assurer du respect des ratifications et de nos droits.
 Nous vous informons que l’état physique et moral des prisonniers européens est au plus bas. Loin de leur famille, vivant dans des conditions inhumaines ( Rapport Mendez). Nous alertons l’opinion publique ainsi que les responsables politiques à maintes fois sollicités, sans réponse de leur part qui nous laisse penser à une certaine complicité.
DE CE FAIT POUR FAIRE VALOIR NOS DROITS, L’UNIQUE MOYEN QUE NOUS AYONS EST D’ENTAMER UNE GRÈVE DE LA FAIM FERME DE 3 JOURS À COMPTER DU 22/10/2012 au 24/10/2012 POUR ATTIRER L’ATTENTION SUR LE CALVAIRE QUE NOUS ENDURONS
GRÉVISTES EUROPÉENS DANS DIFFÉRENTES PRISONS DU MAROC. 
URL courte: http://www.demainonline.com/?p=22354
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Pour le bureau exécutif de l’ASDHOM,  Ayad Ahram, secrétaire général, 21/10/2012

L’incarcération au Maroc connait son lot de violations, de déni de droits et d’exactions.
Les détenus européens, souvent d’origine marocaine, ne sont pas épargnés et connaissent le même sort.
L’ASDHOM a déjà interpellé les autorités marocaines sur le cas Aarrass, ce Belgo-marocain accusé de « terrorisme » et livré au Maroc sans aucune preuve par l’Espagne alors que la Belgique s’était déjà prononcée contre son extradition pour accusations non fondées contre lui.

De leurs arrestations jusqu’aux procès, plusieurs irrégularités sont souvent commises à commencer par l’atteinte au droit de la défense.
Une fois jetés en prison, les conditions se dégradent de plus en plus et l’humain tombe dans l’abîme.
L’ASDHOM vient d’être saisie, encore une fois, de ce dossier. Les détenus européens au Maroc entament une grève de la faim de trois jours, à compter du 22 octobre 2012, pour alerter sur leur situation.
L’ASDHOM leur apporte son soutien moral et interpelle les autorités marocaines sur leurs engagements internationaux en matière de respect des droits élémentaires.
Nous publions ci-dessous le communiqué que ces détenus ont publié à l’occasion. Ils ont besoin, comme tous les autres prisonniers dont les droits ont été bafoués, de notre soutien