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samedi 13 décembre 2014

Les Palestiniens exigent de l’ONU l’arrêt de sa complicité dans le siège de Gaza



Par Ali Abunimah publié le jeudi 27/11/2014.


« Ne récompensez pas Israël pour le massacre de Gaza ».
C’est le message que les Palestiniens demandent aux peuples du monde de transmettre aux autorités des Nations Unies pour qu’elles cessent d’être complices du siège israélien de Gaza qui continue.
Cet appel intervient alors qu’il est de plus en plus clair que le soi-disant Mécanisme de Reconstruction de Gaza négocié entre Israël et l’ONU a échoué.

La fermeture du territoire, qui abrite près d’1,8 millions de Palestiniens, imposée en 2007, est restée aussi stricte que jamais en dépit de promesses de 5,4 milliards de dollars pour l‘aide à la reconstruction à la suite de l’attaque israélienne de l’été qui a tué plus de 2 200 personnes et laissé Gaza presque totalement dévasté.
La complicité de l’ONU et des entreprises criminelles
Alerte par mail du BNC (comité national du boycott) aujourd’hui : « il est temps que l’ONU se rende compte de l’ampleur de l’indignation au moment où des précisions se font jour sur la complicité de l’ONU dans le maintien de Gaza en état de siège et sur la façon dont les entreprises israéliennes vont profiter de la reconstruction de Gaza »

Le BNC, le groupe dirigeant de la campagne palestinienne de boycott, désinvestissement, sanctions, a prévenu que « les entreprises qui sont prêtes à empocher des profits par la fourniture de matériaux de reconstruction sont des entreprises criminelles ».
Cela comprend des entreprises telles que les cimentiers Nesher & ReadyMix qui « pillent les ressources naturelles palestiniennes et participent à la construction des colonies illégales » a déclaré le BNC.

Pas de reconstruction
En octobre, l’Intifada électronique a révélé les détails du Mécanisme de Reconstruction de Gaza, négocié avec Israël par Robert Serry, le coordinateur spécial de l’ONU pour le Processus de Paix au Moyen Orient (UNSCO).
L’Intifada électronique a révélé que l’arrangement secret met effectivement l’ONU en position d’autorité sur la poursuite du siège de Gaza.
Sous couvert de la reconstruction, l’ONU pilote et rassemble des informations précises d’ordre privé sur les familles palestiniennes à prendre en charge par Israël qui a un droit de veto sur le choix des familles qui peuvent obtenir de l’aide pour la reconstruction de leur maison.
Et, en dépit des promesses selon lesquelles l’accord permettrait au moins aux Palestiniens devenus sans abri à cause des bombardements israéliens de reconstruire rapidement, le mécanisme ne marche pas.
Les 28 camions de ciment entrés aujourd’hui à Gaza ne sont que la deuxième livraison de matériaux de construction pour le secteur privé depuis l’assaut de l’été, selon l’agence de presse Ma’an News.
C’est une petite goutte d’eau dans le seau, qui suit une précédente livraison, petite également, de 75 camions il y a plus d’un mois.
L’ONU estime que plus de 100 000 maisons ont été endommagées ou détruites dans les attaques israéliennes, ce qui a touché plus de 600 000 personnes - un tiers de la population de Gaza.
Raes Fattuh, un responsable de l’autorité palestinienne basée à Gaza, a dit à l’agence Ma’an que les livraisons ont été interrompues par Israël depuis octobre.

Le coup de sifflet de l’UNWRA
Même l’UNWRA, l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, qui a au départ accueilli avec précaution le Mécanisme de reconstruction de Gaza, y va maintenant de son coup de sifflet.
Pierre Kräkenbuhl, commissaire général de l’UNWRA, a dit la semaine dernière que « malgré de premiers résultats, le processus de reconstruction s’avère beaucoup trop lent et particulièrement inefficace ».
« Si cela continue, nous arriverons à l’hiver sans progrès dans la reconstruction des maisons de ceux, nombreux, qui sont encore déplacés, dont ceux qui se trouvent encore dans les écoles de l’UNWRA. Les habitants de Gaza méritent plus et mieux que cela » a-t-il ajouté.

La patate chaude
L’accord négocié par Serry pour l’ONU a nourri la colère parmi les Palestiniens et le trouble dans les organisations internationales d’aide. Mais ces dernières ont largement échoué à se faire entendre.
Au cour des dernières semaines, les grandes organisations d’aide ont gardé le silence sur la critique du Mécanisme de Reconstruction de Gaza.
Par exemple, Oxfam, l’une des plus grosses ONG d’aide qui travaillent dans les territoires occupés de Cisjordanie et à Gaza, a, à plusieurs reprises, décliné les demandes de commentaires consistants de la part de l’Intifada électronique sur le Mécanisme de Reconstruction de Gaza.
Un représentant d’Oxfam a donné une réponse dans ces termes : « nous n’estimons pas être les mieux placés pour donner des commentaires sur le mécanisme ».
« Pour des informations plus précises » a-t-il ajouté, « nous suggérons de contacter AIDA ou UNSCO qui ont négocié l’accord ».
Mais lorsque l‘Intifada électronique a contacté AIDA, l’association des agences de développement international basée à Jérusalem occupée, il lui a été dit qu’AIDA n’est qu’un organe de coordination qui n’a pas à faire de commentaires. La suggestion était de s’adresser à ses membres, dont Oxfam fait partie.
Joint par téléphone, Nick O’Reagan, directeur régional de l’UNOPS, le bureau de l’ONU pour les services d’appui aux projets qui est le responsable opérationnel pour le plan de Gaza, s’est refusé à parler de ce sujet avec l’Intifada électronique.
Il semble que les agences d’aide rivalisent dans l’art de se passer la patate chaude et sont - pour quelle raison ? – réticentes à critiquer l’échec d’un mécanisme qui a été facturé par l’ONU comme étant le salut pour les victimes palestiniennes du dernier spasme de violence d’Israël.

L’ONU reconnaît des défaillances
Nicole Ganz, porte-parole de l’UNSCO, a refusé de s’exprimer directement sur les critiques du BNC mais a orienté l’Intifada électronique vers les deux déclarations précédentes de Robert Serry ce mois-ci.
Dans une déclaration du 21 novembre, Serry a reconnu – bien que de façon allusive – l’échec de son mécanisme à relancer la reconstruction à Gaza.
Serry a aussi annoncé que l’ONU, Israël et les services de Ramallah de l’Autorité palestinienne, étaient arrivés à une « meilleure compréhension » en vue de commencer à débloquer le flux de matériaux de construction.
C’est ce qui a sans doute abouti à la petite livraison de ciment d’aujourd’hui, mais même Fattuh de l’AP a dit à l’agence de presse Ma’an qu’il ne savait absolument pas si cette livraison n’était pas faite une fois pour toutes.
Serry a aussi déclaré que « des précautions spéciales ont été prises pour éviter l’utilisation abusive de renseignements personnels sur ceux qui souhaitent accéder au mécanisme ». C’est une réponse vague à l’indignation palestinienne face à la possibilité pour Israël d’utiliser des informations obtenues via l’établissement par l’ONU des besoins sur des familles palestiniennes dans le but d’opposer son veto sur qui obtient de l’aide.
Le manque de transparence de l’ONU sur le mécanisme signifie qu’il est impossible d’évaluer les allégations de Serry sur les « précautions ».
Mais Serry a aussi admis que les « ressources existantes » ne suffisent pas et a exhorté les États donateurs à « mettre à disposition d’urgence » les fonds sur lesquels ils s’étaient préalablement engagés.
Ce responsable de l’ONU a également fait appel « à toutes les parties concernées à apporter leur plein soutien pour rendre le mécanisme opérationnel à l’échelle nécessaire » - suggérant ainsi qu’on en est loin.
Serry continue à présenter l’ONU comme simple soutien de l’Autorité palestinienne dans la mise en place d’un accord dont l’AP serait responsable en dernière analyse. Mais en réalité, c’est Serry lui-même qui a négocié et promu le Mécanisme de Reconstruction de Gaza ; c’est pourquoi la colère palestinienne est dirigée de façon croissante contre l’ONU.
Serry dit qu’il « continue à croire que s’il est mis en œuvre de bonne foi, (le Mécanisme de Reconstruction de Gaza) serait un pas en avant vers la possibilité de lever les fermetures qui demeurent ».
C’est une croyance que peu de Palestiniens partagent. Nombre d’entre eux croient plutôt, avec le désespoir croissant à Gaza tandis que la température hivernale baisse, que l’ONU aide Israël à donner une couverture internationale à son siège et aussi bien à en tirer des profits.

Agir maintenant
Le message du BNC est que les Palestiniens de Gaza ne peuvent plus attendre et qu’ils ne vont certainement pas compter sur la « bonne foi » d’Israël.
Le BNC propose, sur son site internet, un formulaire simple permettant d’envoyer des messages aux plus hauts responsables de l’ONU, Serry compris.
« Agissez tout de suite en envoyant un message aux responsables clef de l’ONU, les pressant d’empêcher Israël de tirer profit de la destruction de Gaza et d’adopter une politique d’achats excluant les entreprises criminelles des appels d’offres pour la reconstruction de Gaza » c’est la demande du BNC.
Le BNC en appelle aussi aux Européens pour qu’ils exigent la suspension de l’accord d’association UE-Israël, l’accord de libre-échange qui permet à Israël l’accès aux marchés et aux financements européens.

Traduction SF pour l’Agence Media Palestine

mercredi 13 août 2014

Khaled Meshaal reste inébranlable sur les demandes de son mouvement pour conclure une trêve durable


Le chef politique du Hamas Khaled Meshaal reste inébranlable sur les demandes de son mouvement pour conclure une trêve durable dans le conflit avec Israël dans la bande de Gaza, notamment pour la levée du blocus de l’enclave, dans une interview exclusive accordée à l’AFP, depuis sa résidence fortifiée à Doha, au Qatar.
Le cessez-le-feu de 72 heures, conclu dimanche avec Israël, « est l’un des moyens ou des tactiques destinés à faire réussir les négociations ou acheminer l’aide humanitaire », a affirmé M. Meshaal.
« L’objectif auquel on tient est que les demandes palestiniennes soient satisfaites et que la bande de Gaza vive sans blocus », a-t-il ajouté.
« Cet objectif, nous y tenons et en cas d’atermoiement d’Israël et de poursuite de l’agression, le Hamas et les autres factions palestiniennes sont prêts à résister sur le terrain et sur le plan politique et (…) faire face à toutes les éventualités », a-t-il poursuivi.
Meshaal, dirigeant du Hamas en exil basé au Qatar, a tenu ces propos au moment où les Palestiniens annonçaient au Caire une trêve de 72 heures à Gaza, qui a été ensuite acceptée par Israël.
Il a répondu aux questions de l’AFP pendant une heure dans sa résidence de Doha, qui était entourée de strictes mesures de sécurité.
Parlant d’un ton calme derrière sa barbe poivre et sel, Meshaal n’a cessé de répéter que la levée du blocus n’avait rien de « fantaisiste ».
« Ce n’est pas une demande fantaisiste car il est du droit du peuple palestinien de vivre sans blocus, un blocus qui l’affame et lui interdit de quitter Gaza. La bande de Gaza doit être ouverte pour permettre à deux millions de Palestiniens de voyager, d’aller se faire soigner ou d’étudier à l’étranger comme tous les peuples du monde ».
« L’une des conséquences de cette guerre est que la question de l’ouverture des terminaux a été placée sur les agendas régionaux et internationaux », a-t-il dit.
Outre la levée du blocus, le Hamas demande notamment la réouverture de l’aéroport et le lancement des travaux d’un port dont Israël ne veut pas voir le Hamas acheminer des armes sophistiquées dans l’enclave palestinienne.
Concernant les pertes humaines subies par les Palestiniens  –près de 2 000 morts selon les chiffres du ministère de la santé à Gaza, contrôlée par le Hamas — Meshaal a estimé qu’ »aucun peuple ne s’est débarrassé de l’occupation sans en payer le prix ». « 1,5 million d’Algériens et 3,5 millions de Vietnamiens ont perdu la vie pendant les guerres coloniales », a-t-il indiqué.
Pour Meshaal, l’autre conséquence de la guerre est que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a « subi une défaite sur le plan militaire ».
« Netanyahu tente de faire de la surenchère après avoir perdu sur le plan militaire », a-t-il affirmé.
« Il se débat dans une crise intérieure et tente d’atteindre par la négociation ce qu’il n’a pas réussi à réaliser sur le plan militaire », a dit le chef du Hamas.
Selon lui, le Premier ministre israélien a été « surpris par la force de la résistance palestinienne ».
« Les manifestations à travers le monde et la colère contre les crimes d’Israël ont contraint Netanyahu à retirer son armée de la bande de Gaza », a encore affirmé le chef du Hamas.
« Netanyahu fait face à son opinion qui estime que l’opération armée n’a pas abouti et qu’elle n’a pas permis d’apporter la sécurité aux Israéliens et il fait face à des pressions internationales pour mettre fin à la guerre ».
A la question de savoir si le Hamas était prêt à négocier la paix avec Israël, Meshaal a répondu qu’il n’était pas « illicite du point de vue de l’islam de parler à son ennemi (…) mais la négociation suppose qu’il soit enclin à la paix, ce qui n’est pas le cas d’Israël ».

Le Hamas garde ses alliances
Concernant les liens du Hamas avec ses alliés que sont l’Iran et le Hezbollah chiite libanais, Meshaal, a indiqué que les contacts avec ces deux parties, ennemis farouches d’Israël, n’ont jamais cessé.
« Il y a eu des contacts avec l’Iran avant et après la guerre et il n’y a pas de rupture entre nous et le Hezbollah. Il y a eu ces dernières années quelques différences notamment sur le dossier syrien mais les liens se sont maintenus », a-t-il déclaré.
« Ce qui nous unit, c’est notre combat commun contre l’occupation israélienne », a souligné le chef du Hamas, en affirmant que son mouvement « n’a plus de contact avec le régime de Damas », où il était basé avant le début du conflit syrien.
Il a rendu un hommage appuyé au Qatar qui l’accueille depuis son départ de Syrie en 2012.
« Le rôle du Qatar est important et exceptionnel », a-t-il déclaré, en estimant que sa présence à Doha n’était pas « un fardeau pour le Qatar » du moment que le Hamas n’intervient pas dans les affaires d’autrui.
Enfin Meshaal a indiqué que la réconciliation palestinienne n’avait pas encore été achevée mais qu’elle avançait « pas à pas ».
http://www.liberation.fr/monde/2014/08/10/le-chef-du-hamas-inebranlable-sur-la-levee-du-blocus-de-gaza_1078733