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samedi 21 juin 2014

Maroc : Nouvelle polémique autour de l’ONEE après une fête à plus de 2 millions de dirhams

Par Mohammed Jaabouk , Yabiladi.com, 16/6/2014


Quelques jours après l’affaire des primes de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable, l’entreprise publique est au cœur d’une nouvelle polémique. Alors que les autorités marocaines ont dévoilé il y a plusieurs semaines un plan de sauvetage financé en partie par une hausse des factures, cela n’a pas empêché l’office d’organiser une fête à plus de 2 millions de dirhams.
L’Office national de l’électricité et de l’eau portable (ONEE) présidé par Ali Fassi Fihri est de nouveau sous les feux des projecteurs. Le quotidien arabophone Al Massae a révélé dans son édition d’aujourd’hui que l’établissement public avait organisé pendant trois jours au club de l’ONEE, situé à Aïn Sebâa à Casablanca, une grandiose fête. Ces festivités internes strictement réservées à quelques cadres supérieurs de l’ONEE auraient couté plus de 2 millions de dirhams aux finances de l’office.

Les primes, la fête, l’ONEE ne boude pas son plaisir
La même source ajoute que le dernier jour de ces réjouissances a été marqué par la présence d’une délégation française. Des artistes et des comédiens bien côtés au Maroc se sont relayés pour amuser et divertir les invités. La fête, financée entièrement, par des fonds publics intervient juste une semaine après l’éclatement du scandale des primes versées par la société publique à son personnel.
Force est de constater qu’une fois assurée de l’éloignement, au moins jusqu'à fin 2017, du spectre de la faillite grâce aux 45 milliards de dirhams injectés par le gouvernement Benkirane dans ses caisses, la direction de l’ONEE semble ne pas vouloir gouter à l’austérité. Les premiers à en profiter ont été les employés après la distribution de primes, variant de 5000 dirhams pour les petits fonctionnaires à 250 mille dirhams pour les cadres supérieurs.
Cette décision, qui parait inopportune vu la situation économique très compliquée de l’ONEE,  n’a été ni dénoncée ni commentée par le gouvernement marocain. Un silence qui a, apparemment, encouragé le management présidé par Ali Fassi Fihri à continuer à dépenser sans compter. Et ce en gratifiant quelques cadres,  leurs familles et des invités français triés sur le volet d’une très belle fête. Pas sûr que les ménages marocains apprécient surtout qu’ils devront bientôt faire face à une augmentation de leurs factures.

samedi 30 novembre 2013

Risque de conflit armé ? Le Maroc va augmenter substantiellement le budget de l’armée


Par Badr Soundouss, 29/11/2013
  Mohamed VI recevant le général Abdelaziz Bennani (Photo Le Matin)
Mohamed VI recevant le général Abdelaziz Bennani (Photo Le Matin)
Sur sa lancée bienfaitrice, le gouvernement marocain de l’islamiste Abdelilah Benkirane n’a pas augmenté seulement les prix des carburants, des produits de première nécessité et le budget royal, mais pour faire plaisir à tout le monde il s’apprête à augmenter le budget de la défense, autrefois appelé budget de guerre.
C’est ce qui ressort d’un rapport confidentiel publié par le site spécialisé Strategic Defence Intelligence (SDI), et qui est repris par un autre site, DefenceWeb
Selon ce rapport, à partir de l’année prochaine la somme allouée aux armées marocaines passera de 3,8 milliards de dollars en 2014, à 4,5 milliards de dollars en 2018.
Cet argent ne servira évidemment pas pour faire du social et améliorer un petit chouia le sort des pauvres militaires retraités qui ont défendu leur pays durant la guerre du Sahara, mais pour acquérir des avions militaires, des véhicules blindés, des systèmes de radar, des sous-marins à propulsion Diesel-électrique et des navires de guerre.
Dans une phrase mi-figue mi raisin, SDI explique que « le futur de la défense marocaine est un marché attractif », avec une augmentation annuelle des flouss alloués à la défense de 4,4%.
En ce temps de vaches maigres, c’est plutôt Byzance !
Mais bon, si on peut comprendre que le pays a le droit de moderniser ses forces armées pour se défendre contre ses ennemis extérieurs, ce rapport intrigue quand il évoque une menace intérieure. Une phrase interpelle le lecteur attentif. C’est que cette « modernisation » des armées ne va pas servir uniquement pour défendre les frontières du territoire national, lutter contre la contrebande des armes, le trafic de drogue (!), la menace terroriste,  et se prémunir contre un probable retour aux armes du Front Polisario, mais aussi, comme le souligne SDI, pour des « exigences de la sécurité intérieure ».
Mais que veut dire donc « exigences de la sécurité intérieure » ? Qui menace la stabilité intérieure du Maroc pour que ce soit l’armée et non les forces conventionnelles du ministère de l’intérieur ou de la gendarmerie qui soit chargée du maintien de l’ordre royal ?
Car ces derniers temps, nous avons plutôt entendu les responsables marocains vanter à Washington la « stabilité » intérieure du Maroc.
L’autre point fort du rapport concerne la corruption. Le Maroc étant classifié par des organisations internationales, souligne le SDI, « comme un pays hautement corrompu ». « Le manque de transparence » dans les affaires liées à la défense nationale, lit-on, la « politique sécuritaire » et « l’absence d’audit interne » du département chargé de l’administration de la défense nationale a « aggravé le niveau de corruption dans ce secteur ».
Ce qui veut dire que ceux qui sont chargés de négocier les contrats d’achat d’armement avec les Etats-Unis et certains pays d’Europe occidentale, pays alliés traditionnels du Maroc, s’en mettent plein les poches.
Qui sont ces honnêtes gens, civils et militaires, hommes de la plus haute confiance du sultan, qui se servent des intérêts supérieurs de la nation pour s’enrichir ? Apparemment, le Maroc ne va pas seulement doper ses forces armées, mais il va également fortifier les comptes bancaires à l’étranger de certains « patriotes ».
Et quand on sait que la justice marocaine n’a absolument rien entrepris pour enquêter sur l’achat de deux appartements parisiens par l’ancienne ministre de la santé, Yasmina Baddou, une civile, imaginez enquêter sur un militaire…. Surtout si c’est un gradé.
Garde à vous !

Post-Scriptum : Pour les nuls, le Maroc n’a plus de ministère de la défense depuis le « suicide » par Hassan II du général Mohamed Oufkir en 1972. Ce département s’appelle aujourd’hui « Administration de la défense nationale » et il est dirigé par un ministre délégué auprès du chef du gouvernement. Son titulaire actuel est Abdellatif Loudiyi, un civil. Mais comme c’est le roi, de par sa condition de chef suprême des armées, qui mène la danse, ce département, squelettique en comparaison des centaines de milliers de personnes sous les drapeaux et de l’exorbitant budget qui lui est alloué, fait seulement de la petite intendance. 
URL courte: http://www.demainonline.com/?p=28353

samedi 16 novembre 2013

Le budget du Palais royal avait-il besoin d'être augmenté ?

Benkirane a bien augmenté le budget du Palais royal

benkirane
Contrairement à ce qui a été rapporté par des sites d’information, le budget du Palais royal prévu dans le projet de loi de finances 2014 n’a pas été diminué par rapport à 2013, mais a été augmenté de 8.678.000 DH.
En effet, en comparant la loi de finances 2013 publiée au Bulletin officiel 6113 bis du 31.12.2012 (page 3071 pour les dépenses de fonctionnement et page 3074 pour les dépenses d’investissement) et la projet de loi de finances 2014 disponible sur le site des ministères des finances (tableau B, article 40 et tableau C article 41), on s’aperçoit que :
1. Le budget d’investissement est resté le même : 131.608.000 DH
2. Dans le budget de fonctionnement :
2.1. Les deux rubriques du roi :
2.1.1 La rubrique LISTES CIVILES est la même 26.292.000 DH
2.1.2. La rubrique DOTATIONS DE SOUVERAINETE est la même                                 517.164.000 DH
2.2. Les deux rubriques de la Cour Royale :
2.2.1 La rubrique PERSONNEL est passé de 401.522.000 DH en 2013 à                        410.200.000 DH en 2014, soit une augmentation de 8.678.000 DH (elle                      doit correspondre aux 200 nouveaux postes budgétaires accordés pour 2014                ce qui donne en moyenne 3615 DH par mois et par salarié)
2.2.2 La rubrique MATERIEL ET DEPENSES DIVERSES est la même                          1.500.183.000 DH.
En conclusion, entre 2013 et 2014, le budget global du Palais (le roi et la cour royale), investissement et fonctionnement réunis, est passé de 2.576.769.000 DH (257,7 milliards de centimes) à 2.585.447.000 DH (258,5 milliards de centimes) soit une petite augmentation de 8.678.000 DH ( 867 millions de centimes), ou 0.34%.