On savait que le régime marocain n'aime pas la presse libre et frondeuse. Le journaliste Ali Lmrabet,
un temps emprisonné puis interdit professionnel, connu depuis des
années pour dénoncer les turpitudes grandes et petites du royaume sur
son site Demain online, est aujourd'hui menacé de se voir privé de papiers. Il raconte cet ordinaire bureaucratique de la répression.
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Le 11 avril 2015, le jugement moyenâgeux
qui m’avait condamné en 2005 à l’interdiction de la profession de
journaliste au Maroc durant dix ans et à la fermeture de mes deux
journaux journaux satiriques, prenait fin. Pendant ces dix dernières
années, je n’ai bénéficié d’aucune mesure de « grâce » ni d’un seul jour
de « réduction de peine ». J’ai intégralement purgé ma peine de dix ans
de goulag intellectuel et professionnel durant lesquels je n’avais pas
le droit d’écrire une seule ligne dans la presse écrite de mon pays, ni
de donner mon avis sur les ondes d’une radio ou divaguer à la
télévision. Rien.Mais pourquoi donc un pays aussi sympathique que le Maroc condamne un journaliste à ce cruel ostracisme ? Simplement parce que j’ai eu le malheur de déclarer à une publication qui n’était pas mienne que les réfugiés sahraouis des camps de réfugiés de Tindouf, en Algérie, sont des réfugiés, selon l’ONU, et non des « séquestrés du Front Polisario », comme le clame la propagande officielle marocaine.
