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lundi 20 juillet 2009

INVITATION

L'AMDH organise à la Bibliothèque Nationale à 17h30 le mardi 21 juillet 2009
une lecture-débat du dernier livre
de Jaouad Mdidech: Vers le large.
Cette lecture sera faite par Mme Rabea Mardi

Jaouad Mdidech est un ex-détenu de la prison centrale de Kénitra du groupe du procès de janvier 1977. Auteur du livre sur Derb Moulay Chrif: La Chambre Noire

mercredi 24 juin 2009

"Vers le large", de Jaouad Mdidech

L’Organisation Marocaine des Droits Humains a le plaisir de vous inviter à la présentation et signature du roman « Vers le large », nouvel ouvrage de Jaouad Mdidech à l’hôtel Diwan (32, rue Hassan Sghir) à Casablanca et ce le vendredi 26 Juin 2009 18 heures.

Monsieur Mdidech est journaliste, professeur, ancien détenu politique et a passé 15 ans à la Prison Centrale de Kénitra, à Derb moulay chrif .
Il a publié auparavant « la chambre noire », un autre témoignage sur les années de plomb.

Participeront à cette lecture, Driss Bouissef, écrivain et ancien détenu également à la Prison centrale de Kenitra et Et-Tayeb Houdaifa, journaliste, chef de service culture à La vie éco.

De « la chambre noire » à une liberté « vers le large »
par Mounir BENSALAH, Des maux à dire, 18/6/2009
Auteur d’un best seller marocain, la chambre noire, Jaouad Midech récidive avec un roman, pour le moins attachant.

« La chambre noire », un des premiers livres marocains à raconter la sombre période des années de plomb, est une sorte d’exorcisme de l’auteur. Livre préfacé par Abraham Serfaty et
adapté au cinéma par Hassane Benjelloun, il raconte les circonstances des arrestations du groupe de Casablanca et les supplices du fameux « mouroir » de Derb Moulay Chrif. Ce premier ouvrage représentait une rétrospective du protagoniste / auteur, comme un défilé de son vécu passé, au milieu des atrocités du centre de détention macabre de Hay Mohammadi.

« Vers le large » est un ouvrage exogène. Il est plutôt dirigé vers les autres. L’auteur, en première partie, réalise, à coup de portraits, l’histoire du quartier Alif de la prison centrale de Kénitra. L’auteur fait le tour des années à travers des personnages, tantôt importants, tantôt passagers, tantôt célèbres, tantôt sans gloire. D’un Hassan, gardien de prison de son état, à Nelson Mandela, à une charmante infirmière, le romancier extériorise ses maux, ses sensations, ses effrois, son quotidien à travers son regard sur l’autre, ou in fine sur lui même. Entre personnages représentant l’agonie, le trépas, le désespoir, … l’auteur en fait jaillir des protagonistes emblèmes de l’espoir, de la vie, de l’humain. Un échange succinct en salle d’attente du dentiste avec Hicham, un enfant de 8 ans, alors que l’auteur ait passé le même age en prison, le fait oublier pour un moment sa douleur, son incarcération, pour se poser maintes questions sur le monde enfantin. La thématique de la femme et de l’enfant est très présente dans cette première partie, pourtant assombrie dans le récit d’un lieu où l’absence de la femme et de l’enfant est ressentie comme « une cruauté insoutenable ». « Imaginez un monde peuplé uniquement d’hommes, sans enfants, sans femmes. Un supplice ! Une vraie Géhenne ! » s’indigne l’auteur. Portant, au bon milieu de son séjour à la prison de Kénitra, l’auteur n’hésite pas à voler quelques instants pour consommer de simples actes humains « ordinaires ». Aimer une femme au bon milieu d’une souffrance clinique, échanger avec un enfant, entendre la souffrance de L., impliqué par erreur dans les proèces des groupes gauchistes d’Ila Amam et 23 Mars, …

« Le jour où je suis sorti du quartier B, c’est comme si j’avais franchi le portail de la prison pour rejoindre le large. Mon soulagement était incommensurable. » raconte l’auteur dans
un article paru en 2005 à propos de Hakimi Belkacem, un rescapé de la peine capitale à laquelle il avait été condamné en 1985, pour atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat. C’est le même sentiment de Mdidech à sa sortie de la prison. « Il a 38 ans quand il est libéré et se sent perdu. Le Maroc a changé, et il n’est pas sûr d’y trouver sa place. » lui réserve Jeune Afrique dans un portrait collectif d’anciens détenus.

« Rejoindre le large », c’est la définition que donne l’auteur à sa nouvelle vie, et au second chapitre de son nouveau roman. Un horizon et des sensations nouveaux. Après quinze ans de réclusion, un homme de trente huit ans a encore des choses à bâtir. Jaouad Mdidech est catégoriquement dans l’affirmative. Il saura mieux faire en gardant son amour à la vie, son souffle d’optimisme et son humanisme.

A sa sortie de prison, « les premiers jours, [il] se sentait déplacé, et surtout tout écœuré par l’hypocrisie ambiante ». Tout avait changé entre temps : les gens, les lieux, les noms des rues, … mais, non sans nostalgie, l’auteur prend goût à retrouver ses vieilles habitudes, celle d’une vie « normale », antérieure. La thématique de la femme revient en force également dans la seconde partie du roman, en atteste un portrait hommage aux femmes des ex-prisonniers politiques, et à travers elle, certainement, à la femme marocaine.

L’ouvrage est plutôt un message d’espoir, d’optimisme que porte l’auteur sur la vie. Les portrait qu’il illustre à la fin : Abdelfattah Fakihani ( que nous lui souhaitons un prompt rétablissement ), Ahmed Merzouki, Driss Bouissef, … sont autant de « revenants », qui malgré les souffrances et le calvaire de l’internement, ont pu retrouver la vie, avec beaucoup humanisme.
La première lecture de ce livre est organisée par l’OMDH le Vendredi 26 Juin, à l’hotel Diwan de Casablanca à 18h.