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lundi 6 août 2012

Le M20F Suisse / Belgique condamne l'extrême désarroi provoqué par le Makhzen

 par Mohammed Belmaïzi,3/8/2012

Communiqué en commun : Suisse / Belgique 

 « Le Mouvement du 20 février pour la Suisse » et « la Coordination du Mouvement du 20 février de Belgique » condamnent fermement l’extrême tension et le désarroi que le Makhzen ne cesse de provoquer au Maroc. 

 Depuis la descente punitive sur Sidi Ifni en 2008, caractérisée par une violence inouïe exercée contre la colère des habitants de cette ville pillée de ses richesses, le Makhzen s’entête à poursuivre sa folle coercition contre les aspirations légitimes du peuple marocain. 

 Dans la foulée des soulèvements des peuples du Levant au Couchant, inaugurés en Tunisie en 2011, le Mouvement marocain du 20 février a acculé le Makhzen à reconnaître l’émergence d’une contestation ordonnée, pacifique et civilisée. Mais ce dernier n’a pour réponses que gesticulations cosmétiques et faux-fuyants, conjugués à une répression féroce contre de nombreuses villes : Taza ; Fès ; Aït Bouayache ; Chlihat ; Imeder ; Casablanca ; Rabat ; Safi … avec à la clef son macabre cortège de brûlés par désespoir, de torturés et de tués par les forces de l’oppression. L’humiliation et le comportement ordurier exhibé par ces dernières envers les citoyens, sont enregistrés et bien consignés dans de nombreux témoignages (vidéos et d’autres supports médiatiques). 

 Nous condamnons, notamment, la violence de l’Etat qui s’abat aveuglement sur les militants du Mouvements du 20 février, qui sont scandaleusement ciblés à Tanger, Nador, Al Hoceima… violemment tabassés, jugés à travers des procès iniques et condamnés à des peines d’emprisonnement absurdes qui ne relèvent que des représailles de l’Etat. Ces violations des droits humains orchestrés régulièrement contre les contestataires, prouvent sans ambages que l’Etat marocain se refuse, dans le contexte actuel des révolutions, à conduire le pays sur la voie naturelle de l’Etat de Droit. 

 Nous nous joignons au Conseil National d’Appui au Mouvement du 20 Février (CNAM20), pour soutenir la « Journée Militante Nationale contre le répression et la cherté de la vie », qui aura lieu au Maroc, le 11 aout prochain. Et nous continuons notre combat pour exiger l’instauration de l’Etat de Droit au Maroc.

samedi 28 juillet 2012

Le Maroc / Violence d'Etat / Sclérose et immobilisme...

Mohammed Belmaïzipar Mohammed Belmaïzi, 27/7/2012

A la dérive totale, ce Maroc des prédateurs incultes qui n’ont aucun projet de société, s’enfonce de plus en plus dans l’Etat-de-Non-Droit. Les gesticulations de la réforme de la Constitution suivie de la plus trompeuse des élections législatives, n’étaient qu’un paravent de l’immobilisme le plus improductif pour ne pas dire tragique. 

C’est que la tragédie se pointe à travers une gouvernance humiliante et dictatoriale. « Niet » contre tout ce qui bouge, tel est le fondement de ce pouvoir. Et le test engagé par la société civile, mettant à l’épreuve « l’ère nouvelle », est pertinemment concluant. En suscitant le débat autour d’un certain nombre de dossiers, l’ensemble de l’opinion publique en a pris pour son grade. Le suicide d’Amina Filali, mariée à son violeur, qui a soulevé indignation et colère partout dans le monde, n’a pas ébranlé l’arrogance des nouveaux apprentis sorciers au gouvernement marocain. Bassima Hakkaoui, ministre de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social, a déclaré que « l'article 475 du code pénal ne risque pas d'être abrogé, du jour au lendemain, sous la pression de l'opinion publique internationale ». Et d’ajouter, comble des combles : « Parfois le mariage de la violée à son violeur ne lui porte pas un réel préjudice ». 

 La revendication d’abrogation de l’article 475, ainsi que celle de l’article 490 du Code pénal qui condamne toute relation sexuelle hors mariage au Maroc se heurte au « niet » totalitaire. Mustapha Ramid, « ministre de la Justice et des Libertés », et son équipe ne dérogent ni à « la criminalisation de toute relation sexuelle entre homme et femme en dehors du mariage », ni à celle de l’avortement. Pour eux, c’est clair et limpide que « tout acte sexuel en dehors du mariage est considéré comme un acte de débauche, un crime ». 

 A cette crispation coercitive, il faut ajouter d’abord l’annulation de la gratuité de l’enseignement supérieur au titre de la prochaine loi de finances, au moment même où les députés exigent une augmentation de 4500 DH. Ensuite le projet de loi qui prévoit d'accorder aux militaires une immunité pénale contre toute poursuite judiciaire… 

Cette attitude de « l’Etat opposant » et à aucun moment dialogique sur des bases du « contrat social », va trouver son point culminant dans la répression, arrestation, torture et traitement inhumain et dégradant envers les jeunes du Mouvement du 20 février… avec des emprisonnements arbitraires à la clef. Des témoignages sont fermes à ce sujet : les jeunes ont des traces de coups violents sur leurs corps, mais aussi des blessures béantes sur la tête exigeant des points de suture. 

 Tout indique que cet Etat ne respecte point le débat et ne connaît pas l’effort et l’intelligence de sortie de crise. Un Etat qui gouverne contre l’opinion, contre le bon sens, contre la modernité et contre les aspirations du peuple… à l’instar, sur le plan sémiologique, de l’assassin Bachar Assad et sa clique qui opèrent à travers la politique de la terre brûlée. « Après moi le déluge » semble être l’adage de ces ennemis de leurs propres peuples. 

 Et paradoxalement, dans ce contexte où les peuples sont décidés à en finir avec les tyrans, l’Etat marocain semble croire que la tempête ne balaye que les autres, alors que l’irruption volcanique, sœur siamoise des horizons hermétiquement bouchés, emportera toutes les constantes (attawaabitt) ennemies de la Dignité, la Liberté et la Justice sociale.