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mercredi 17 février 2016

Déchéance de la nationalité, débat en Belgique et en France


Nadine Rosa-Rosso
Voici la réaction du PTB à la critique sur son abstention dans le vote relatif à la déchéance de la nationalité: " Pour répondre avec beaucoup de retard : grâce aux réactions des militants et sympathisants, le ptb tient à rectifier et admet fermement son erreur quant au vote d'abstention. Nous sommes nouveaux au parlement et devons apprendre encore bcp de cette grosse machine. De plus nous fonctionnons de manière presque totalement bénévole et nous avons encore d'énormes lacunes sur les dossiers autres que la fiscalité, le socio-économique ou la Palestine par exemple". Quelle honte! Quand j'étais au PTB, dans les années 90, nous avons mené de longues campagnes sur l'octroi de la nationalité et même introduit (via Cecile Harnie) une proposition de loi (alors que nous n'avions aucun élu! et donc aucune expérience parlementaire), ensuite nous avons mené de longues campagnes contre les projets de loi antiterroristes. Ce sont donc deux sujets que le parti maîtrisait parfaitement. Et que vient faire le bénévolat quand il s'agit d'élus disposant de dotations??? Non, il s'agit simplement de lâcheté politique programmée. Voir la résolution politique du PTB qui affirme que dans sa tactique, le PTB doit mettre en veilleuse les thèmes relatifs au racisme et à la guerre (publiée par l'actuelle direction). Voilà où mène la tactique. Il ne s'agit nullement d'un manque d'expérience mais bien d'une stratégie populiste délibérée.
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Luk Vervaet a partagé un lien.
Le Premier ministre français, Manuel Valls, a une longueur législative belge de retard: sur sa page Facebook, il plaide pour la déchéance de nationalité pour faits de terrorisme en argumentant qu'en Belgique aussi, le débat existe.
Or, la Belgique est bien plus loin que cela. Le projet de loi du gouvernement Michel "visant à renforcer la lutte contre le terrorisme" a été voté le 16 juillet dernier à la Chambre et est paru au Moniteur au mois d'août dernier. Le texte est donc en vigueur. 
En effet, en février 2015 déjà, après les attentats contre Charlie Hebdo, le gouvernement fédéral adoptait un arsenal de 12 mesures antiterroristes. Parmi les mesures proposées par le ministre de la Justice Koen Geens, la déchéance de nationalité pour les personnes condamnées dans le cadre de faits de terrorisme pour une peine de plus de 5 ans de prison. 
La loi s'applique donc désormais aux personnes ayant la double nationalité, qui ont acquis la nationalité belge après la naissance, par exemple par la naturalisation. Le délai de 10 ans après la naturalisation, au-delà duquel la déchéance n'était pas possible, disparaît. 
La déchéance de nationalité belge peut être prononcée par le juge, sur réquisition du ministère public, dans les cas cités plus haut, lorsque ces Belges de double nationalité ont été condamnés "comme auteur, coauteur ou complice, à une peine d’emprisonnement d’au moins cinq ans sans sursis pour une infraction terroriste" telle que définie dans le code pénal. 
Une polémique très ciblée
Le débat en Belgique a nettement moins déchaîné les passions qu'en France. La Ligue des Droits de l'Homme s'est opposée à la mesure. Mais c'est surtout la référence maladroite, jugée après coup déplacée puis retirée, mise en exergue par l'Echo lors d'une interview de Rudi Vervoort, le ministre-président bruxellois, qui a marqué les esprits : "La déchéance de nationalité, c’est une recette qui a été utilisée par les Allemands pour considérer que les Juifs n’étaient pas des citoyens à part entière. Le régime de Vichy a fait la même chose : les lois d’exception de Vichy, c’était aussi la déchéance de nationalité des Juifs français à qui on retirait tous leurs biens. La déchéance de nationalité, ça a une histoire", avait-il affirmé, avant de se reprendre sur la nature inadéquate de sa comparaison. 
La polémique a donc davantage porté sur la nature des propos de Rudi Vervoort que sur la mesure-même proposée par le gouvernement. 
Dans les rangs socialistes, le ministre de l'Aide à la jeunesse de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Rachid Madrane avait toutefois également dénoncé la "portée stigmatisante" du projet gouvernemental. "On n'humilie pas les terroristes. On humilie toute une communauté qui vit paisiblement", avait affirmé le ministre."

Pas pour la deuxième et troisième génération
Par contre, le point le plus polémique de la mesure a été reporté à plus tard : le gouvernement fédéral envisageait dans un premier temps d'appliquer également la mesure de retrait aux ressortissants de la deuxième ou la troisième génération. La loi votée au Parlement ne les concerne pas. 
Ceci explique l'ampleur de la polémique française: la déchéance de nationalité existe déjà en France mais uniquement pour des binationaux ayant acquis la nationalité française au cours de leur vie. Ce dont il est question ici, c'est de son extension à tous les binationaux nés en France.
C'était exactement la version la plus "hard" du projet gouvernemental belge, lorsqu'il en était au stade de débat, et avant qu'il n'aboutisse à un projet de loi plus "soft". 
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Voici la réaction du PTB à la critique sur son abstention dans le vote relatif à la déchéance de la nationalité: " Pour répondre avec beaucoup de retard : grâce aux réactions des militants et sympathisants, le ptb tient à rectifier et admet fermement son erreur quant au vote d'abstention. Nous sommes nouveaux au parlement et devons apprendre encore bcp de cette grosse machine. De plus nous fonctionnons de manière presque totalement bénévole et nous avons encore d'énormes lacunes sur les dossiers autres que la fiscalité, le socio-économique ou la Palestine par exemple". Quelle honte! 

Quand j'étais au PTB, dans les années 90, nous avons mené de longues campagnes sur l'octroi de la nationalité et même introduit (via Cecile Harnie) une proposition de loi (alors que nous n'avions aucun élu! et donc aucune expérience parlementaire), ensuite nous avons mené de longues campagnes contre les projets de loi antiterroristes. Ce sont donc deux sujets que le parti maîtrisait parfaitement. Et que vient faire le bénévolat quand il s'agit d'élus disposant de dotations??? Non, il s'agit simplement de lâcheté politique programmée. Voir la résolution politique du PTB qui affirme que dans sa tactique, le PTB doit mettre en veilleuse les thèmes relatifs au racisme et à la guerre (publiée par l'actuelle direction). Voilà où mène la tactique. Il ne s'agit nullement d'un manque d'expérience mais bien d'une stratégie populiste délibérée.

dimanche 24 janvier 2016

État d'urgence,déchéance de nationalité. La citoyenneté menacée ?

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Le gouvernement veut maintenant prolonger l'état d'urgence de trois mois puis l’inscrire dans la constitution. En même temps il compte ouvrir la possibilité de la déchéance de nationalité pour les binationaux et réformer le code pénal. Quel est la signification de ces décisions lourdes qui rompent avec l’histoire de notre pays ? Quels dangers possibles pour les libertés publiques et notre modèle démocratique, juridique et social.

Pour éclairer ces débats l'Humanité organise une matinée d’information et de réflexions sur le thème : « État d’urgence, déchéance de nationalité, citoyenneté menacée »
Samedi 30 janvier, de 9h à 13h  dans l'amphithéâtre D 001 de l'Université Paris 8 à Saint-Denis.

Avec plusieurs grands spécialistes de ces questions :
Chacun d’eux y prononcera une conférence d’environ 30 a 35 mn et répondront a vos questions.
Anicet Le Pors - conseiller d’État honoraire, ancien ministre.
Dominique Rousseau - professeur de droit constitutionnel à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, ancien membre du Conseil supérieur de la magistrature. 
Jean-Paul Jouary - agrégé et docteur en philosophie, professeur en classes préparatoires aux grandes écoles à Paris, essayiste.
Vanessa Codaccioni - maîtresse de conférences en science politique à l’université Paris-VIII.


« État d’urgence, déchéance de nationalité, citoyenneté menacée »
Samedi 30 janvier. 9h-13h - Université Paris 8
2 rue de la Liberté 93200 Saint-Denis -
Amphithéâtre D 001- Entrée rue Guynemer (face au métro)
Métro Saint-Denis-Université (ligne 13) - Tramway : T3 - T5

Chaque conférence (30 mn) sera filmée puis diffusée en ligne sur
 
la chaîne des Agoras de l'Humanité

samedi 26 décembre 2015

Déchéance de nationalité: "Il faut un front républicain contre cette réforme"




François Hollande a finalement maintenu la déchéance de nationalité dans son projet de révision constitutionnelle. Pour l'historien Patrick Weil, c'est une "erreur" qui va diviser les Français.

A lire aussi

Déchéance de nationalité : "On n'exporte pas un terroriste", fustige le juge Marc Trévidic



L'ancien juge antiterroriste, aujourd'hui vice-président du tribunal de grande instance de Lille, s'est exprimé dans les pages de "la Voix du Nord".

Le juge Marc Trévidic, le 2 juillet 2015, à Paris.  (MARTIN BUREAU / AFP)

"Comment expulser un individu qui a toujours vécu en France ?" Dans une interview accordée à la Voix du Nord, jeudi 24 décembre, Marc Trévidic, l'ancien magistrat antiterroriste, juge avec sévérité le projet d'extension de la déchéance de nationalité aux binationaux nés en France.
"Imaginons qu'un autre pays, par exemple le Maroc, vote un texte similaire. Une personne y aura passé toute sa vie et, d'un seul coup, le Maroc nous l'envoie car également français. On n'exporte pas un terroriste", fustige le juge.

Une mesure "inapplicable ne peut pas avoir de caractère dissuasif"

"En réalité, c'est faire beaucoup de bruit pour rien et risquer, vraiment, de fabriquer des apatrides." Selon lui, cette mesure "très certainement inapplicable, ne peut pas avoir de caractère dissuasif".
Le célèbre juge rappelle que la "définition du terrorisme est assez floue". "L'état d'urgence permet d'assigner à résidence des écologistes, déplore-t-il. Que se passera-t-il, demain, si un régime autoritaire qualifie très largement des opposants de 'terroristes' ?"