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samedi 4 juillet 2015

Le document confidentiel qui révèle les relations secrètes entre le Makhzen et le Front national

Le document confidentiel qui révèle les relations secrètes entre le Makhzen et le Front national

Houari Achouri, Algérie Patriotique 1/7/2015

Le Front national (FN) veut faire sortir d’une prison en région parisienne où il a été transféré en mai 2012, à partir du Maroc, le terroriste français Robert Richard, condamné à perpétuité par la justice marocaine pour sa participation aux attentats terroristes du 16 mai 2003, qui avaient fait plus de 40 morts et une centaine de blessés à Casablanca. 
 Pour cela, le terroriste doit bénéficier de la grâce royale que l’eurodéputé membre du FN Bruno Gollnisch a sollicitée en faisant intervenir l’ambassadeur du Maroc auprès de l’Union européenne (UE). C’est ce qui ressort d’un document (mis en ligne par Algeriepatriotique) révélé sur Twitter par le hacker marocain Chris Coleman. Dans une lettre, datée du 31 juillet 2014, envoyée par l’ambassadeur du Maroc à son ministre des Affaires étrangères, cette demande de grâce royale est étayée par des arguments qui montrent la collusion honteuse entre le Maroc et le FN au Parlement européen. Mais en échange de quoi, le Maroc peut-il répondre favorablement à la démarche du FN et permettre au terroriste Robert Richard d’être libéré avant de purger sa peine ? L’ambassadeur marocain rappelle les positions du FN à l’égard du Maroc – «positives et constructives» – et surtout le fait que les membres du groupe FN au Parlement européen ont voté en faveur du protocole de pêche Maroc-UE. En libérant le terroriste français, le roi exprimerait ainsi sa reconnaissance au FN pour ses positions favorables au Maroc. On sait que l’accord de pêche Maroc-UE, par exemple, n’est pas facile à obtenir et à mettre en œuvre. A l’intérieur du royaume, les voix s’élèvent contre cette forme de bradage d’une richesse qui appartient à tous les Marocains et qui n’en profitent pas ni dans son exploitation ni dans la consommation de poissons qui partent vers d’autres destinations. L’opposition à cet accord se manifeste également au plan régional et international à cause de son incidence sur les richesses halieutiques du Sahara Occidental, sous occupation marocaine. Le soutien du FN à l’accord de pêche est donc le bienvenu pour le Maroc. En pressant le roi de donner satisfaction à une demande de grâce émanant du FN, l’ambassadeur du Maroc pense certainement au rôle grandissant du parti d’extrême droite dans la vie politique française. C’est le sens à donner à ses contacts avec Marine Le Pen et à son intention de poursuivre ces contacts avec le FN tout en soulignant leur discrétion, car il ne s’agit pas de dévoiler au grand jour cette complicité qui s’installe alors que «les positions positives et constructives» du FN ne sont pas encore absolument sûres. La preuve, le 20 juin 2015, un communiqué du FN a critiqué l’installation d’une usine Peugeot à Kenitra, en rappelant que Marine Le Pen ne fera jamais passer l’intérêt de la France après celui du Maroc et qu’un retournement est toujours possible. Une première preuve en a été donnée, au début de cette année: l’eurodéputé Aymeric Chauprade, partisan acharné du Maroc au sein du FN a été désavoué par Marine Le Pen qui l’a destitué de son poste de conseiller aux affaires internationales. Chauprade était au service du Makhzen qui le faisait travailler contre les intérêts du peuple sahraoui en lutte pour son droit à l’autodétermination et à l’indépendance. L’ambassadeur du Maroc auprès de l’UE ne va pas lâcher d’un pas Marine Le Pen et ses eurodéputés, mais il sera difficile pour lui d’être discret.
Houari Achouri
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TelQuel

Les relations qu’entretient l’ambassadeur marocain à l’UE avec le Front national

Marine Le Pen, Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch au parlement européen. Crédit : Claude TRUONG-NGOC/Wikipedia.Les relations qu’entretient l’ambassadeur marocain à l’UE avec le Front national
29 /6/2015


👤 Par Pauline Chambost

 Un document de « Chris Coleman » évoque les « contacts discrets »qu’entretient la mission marocaine auprès de l’Union européenne avec le Front national français.

Le Maroc ne semble pas boycotter l’extrême droite française. Le compte Twitter anonyme « Chris Coleman » a publié ce 29 juin une lettre de l’ambassadeur marocain auprès de l’Union européenne à l’intention du ministère des Affaires étrangères. Datée du 31 juillet 2014, la correspondance évoque les relations que la mission cultive avec les eurodéputés Front national (FN).
En début de texte, l’ambassadeur évoque un entretien qu’il a tenu avec Bruno Gollnisch, eurodéputé FN. Il explique notamment que l’élu sollicite une grâce royale pour Robert Richard, ressortissant français condamné à perpétuité au Maroc pour son implication dans les attentats terroristes de 2003. Une information surprenante étant donné que Robert Richard a déjà demandé cette grâce en 2009 et qu’il a été extradé vers la France en 2012.

Poursuite des « contacts discrets »

Mais surtout, la correspondance révèle que cette rencontre avec Bruno Gollnisch n’est pas anecdotique, que les entretiens entre élus FN et représentation marocaine sont réguliers, bien que secrets. L’ambassadeur écrit : « Il convient de souligner que j’avais auparavant eu des contacts avec Mme Le Pen ». Et comme le parti aurait « des positions à l’égard de notre pays positives et constructives »(l’ambassadeur fait référence au protocole de pêche Maroc-UE), la mission « compte poursuivre ses contacts ‘discrets’ avec les élus du Front national au parlement européen ».
Les liens entre FN et pouvoir marocain ont déjà été soulevés : Aymeric Chauprade, membre du parti d’extrême droite et proche de Marine Le Pen serait « l’expert royal pour le Sahara occidental », selon le site d’information français Rue89.
Le compte anonyme publie depuis le 3 octobre des documents présentés comme officiels et confidentiels, émanent du ministère des Affaires étrangères notamment. Le gouvernement a réagi en décembre parlant de « campagne enragée » contre le Maroc, sans démentir la véracité des documents publiés.

vendredi 29 novembre 2013

Grave ! Aymeric Chauprade, au service de Marine Le Pen et Mohamed VI


Par Olivier Quarante, journaliste,« L’expert » 22/11/2013 





Aymeric Chauprade (Capture)
Aymeric Chauprade (Capture)


Mohamed VI a recours à Aymeric Chauprade, un géopoliticien français, qui vient de se faire une nouvelle fois l’avocat de la position marocaine au Sahara occidental à l’ONU. Idéologue plus que scientifique, défenseur d’une « realpolitik », tout nouveau candidat du Front National aux prochaines élections européennes, il est « expert royal pour le Sahara occidental ».
Making of
Cet article du journaliste Olivier Quarante a été publié initialement sur son blog « Nouvelles du Sahara » sous le titre « Monsieur Sahara occidental de Mohamed VI : un français, candidat du Font National ». Le titre et les intertitres sont de Rue89. Blandine Grosjean

Selon le magazine Valeurs Actuelles, Aymeric Chauprade a adhéré au Rassemblement Bleu Marine en septembre dernier.
Ce rassemblement est la vitrine du Front National version Marine Le Pen, présidente de ce parti d’extrême-droite français, dans le but d’attirer en son sein des personnes qui n’osent ou ne veulent pas pour des raisons diverses prendre leur carte au FN.

Conseiller discret de Le Pen depuis 4 ans

Aymeric Chauprade en fait partie. Il deviendrait très prochainement conseiller de la fille Le Pen pour les relations internationales, si l’on en croit la lettre électronique Maghreb Confidentiel. Mais, selon Lefigaro.fr il fait déjà partie du staff de la fille de Jean-Marie Le Pen, la conseillant depuis quatre ans, mais discrètement (son nom ne figure pas dans la liste de ses conseillers politiques disponible sur le site du parti).
Ancien enseignant en géopolitique au Collège inter-armées, Aymeric Chauprade est aussi conseiller de Mohamed VI pour le Sahel, selon Maghreb Confidentiel, et « expert du Royaume du Maroc pour le Sahara occidental », comme il l’explique lui-même.
C’est à ce titre qu’il vient d’intervenir le 8 octobre dernier devant la 4ème commission des Nations-Unies qui se réunit pour aborder notamment les questions de décolonisation.
Le 9 octobre 2012, cet intellectuel français faisait déjà partie des « pétitionnaires » autorisés à prendre la parole dans l’hémicycle du siège de l’ONU à New-York. Le compte-rendu des interventions précise qu’il faisait bien partie de la délégation marocaine. Ces propos rapportés alors sont les mêmes que ceux prononcés en octobre 2013 :
Aymeric Chauprade « a estimé que la question du Polisario ne peut être séparée de la question touarègue et du fondamentalisme ». « Ceux qui regardent le Sahara occidental avec les vielles lunettes du passé et de la guerre froide doivent revoir leur position », a-t-il conclu en 2012.

Propagande marocaine

Engagé comme « chef de file incontesté d’une nouvelle école réaliste de géopolitique française » celui qui dirige encore la chaire de géopolitique au Collège des Forces armées royales de Rabat depuis 2003 considère que « la nouvelle ligne de fracture sépare bien ceux qui souhaitent conjuguer souveraineté des États et autonomies, les mêmes défendant un islam modéré et enrichi des traditions locales, et ceux qui, a contrario, veulent purement et simplement détruire l’État-nation au profit d’un projet religieux extrémiste ».
Une fois décrit ce nouveau paysage géopolitique binaire, le conseiller occulte s’interroge faussement pour asséner un élément de la propagande marocaine :

« Chacun sait que les populations sahraouies sont travaillées par ces mêmes forces fondamentalistes comme l’ont été les populations touarègues, fait qu’en 2005 déjà le chef du Polisario reconnaissait lui-même dans les colonnes d’un journal algérien. Par quel miracle le Polisario aurait-il échappé à la dérive mafieuse et fondamentaliste que connaissent toutes les populations nomades du Sahara depuis plus de 10 ans ? »
On pourra remarquer l’usage d’expressions peu scientifiques et qui ont pour but de poser des évidences. « Chacun sait… », « Par quel miracle… », peuvent surprendre dans la bouche d’un spécialiste de géopolitique, fréquemment sollicité par les médias, comme France Culture début novembre (mais sur la Chine) ou, plus souvent, sur Radio Courtoisie, antenne faisant la part belle aux penseurs et activistes de la droite extrême, sur laquelle il est invité régulièrement.

Un idéologue qui se présente comme un « expert »

Il participait encore le 6 novembre 2013 à émission de Paul-Marie Coûteaux, qui fut proche de Philippe de Villiers, comme lui même
Quelle influence a ce dernier sur la position intransigeante de Mohamed VI sur le Sahara occidental ? Est-elle à l’origine du « durcissement » actuel du Roi vis-à-vis des Etats-Unis et de l’Algérie, comme l’article diffusé sur Demain Online le 8 novembre 2013 le laisse entendre ?
Une chose est sûre : derrière le paravent de l’intellectuel sommeille un idéologue qui présente ses idées comme des vérités objectives. Exemple, tiré de son intervention devant la 4ème Commission en octobre dernier :

« Les populations sahraouies du Sud du Maroc ont le droit à un avenir stable et au développement. Elles ont compris, dans leur très large majorité, que le Maroc pouvait offrir cet avenir. »

Faire fructifier ses idées identitaires

Son approche actuelle de la géopolitique, présentée sur le blog realpolitik.tv qu’il a créé (sous-titré « la géopolitique sur le net »), ressemble à un combat pour faire exister et reconnaître une pensée (la sienne, on l’aura compris). Comme il semble l’avouer lui-même, il préfère dorénavant rester en distance du monde de la recherche et de l’université pour se consacrer aux « affaires du monde ».
Aymeric Chauprade le dit dans une interview accordée le 30 septembre 2013 : son activité principale consiste plus à conseiller qu’à enseigner. Le « conseil international » à un pays des Caraïbes, au Royaume du Maroc pour le Sahara occidental, à des banques privées suisses et du Moyen-Orient, ou encore à la Russie, un pays dont il s’est « fortement rapproché », selon ses propres termes.
Une manière de faire fructifier son image d’intellectuel brillant, de spécialiste militaire. Un moyen également d’exploiter concrètement son « œuvre » basée sur la question identitaire des Européens : « Très tôt, dans ses ouvrages, il pose le problème des fortes colonies de peuplement originaires d’Afrique et d’Asie qui s’installent en Europe occidentale tandis que vieillissent les populations de souche européenne », peut-on lire sur la biographie publiée sur son propre site.

Mis au ban du monde universitaire

Peut-être plus simplement, il s’est agi de trouver de nouveaux terrains d’investissement, sans doute plus lucratif que le travail universitaire, après l’épisode survenu en janvier 2009 avec la publication de son livre intitulé : « Chronique du choc des civilisations » : « L’alliance objective entre l’Amérique et l’islam radical y apparaît clairement et le premier chapitre sur le 11 septembre suggère une remise en question du dogme officiel », lit-on sur sa page de présentation.
Sa position lui a valu d’être mis au ban du monde universitaire et de la recherche, le Ministre de la Défense de l’époque, Hervé Morin, mettant fin à ses enseignements dans plusieurs écoles militaires et lui retirant sa chaire de géopolitique à l’école inter-armées de défense. Sur cet événement, Aymeric Chauprade n’hésite pas à parler d’ « épuration » sur son blog.
Un journaliste de l’hebdomadaire Le Point, Jean Guisnel, avait, le 4 février 2009, pointé « une perception pour le moins curieuse des attentats du 11 Septembre ». Aymeric Chauprade avait attaqué le magazine en justice, mais le tribunal n’a pas donné raison à ses arguments. Le 18 novembre dernier, sur Europe 1, il a à nouveau remis en cause la version officielle des attentats survenus le 11 septembre 2001.

Contre « l’oligarchie mondialisée », « le projet européiste »

L’intellectuel a sauté une étape importante en s’affichant au grand jour au sein de la famille frontiste en participant à l’université d’été du Front National les 14 et 15 septembre dernier.
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Compléments d'information (liens)

« Monsieur Sahara occidental » de Mohamed VI : un Français, candidat du Front National


Mohamed VI a recours à Aymeric Chauprade, un géopoliticien français, qui vient de se faire une nouvelle fois l’avocat de la position marocaine au Sahara occidental à l’ONU. Idéologue plus que scientifique, défenseur d’une « realpolitik », tout nouveau candidat du Front National aux prochaines élections européennes, il est « expert royal pour le Sahara occidental ».
Selon le magazine Valeurs Actuelles (1), Aymeric Chauprade a adhéré au Rassemblement Bleu Marine en septembre dernier. Ce rassemblement est la vitrine du Front National version Marine Le Pen, présidente de ce parti d’extrême-droite français, dans le but d’attirer en son sein des personnes qui n’osent ou ne veulent pas pour des raisons diverses prendre leur carte au FN. Aymeric Chauprade en fait partie. Il deviendrait très prochainement (2) conseiller de la fille Le Pen pour les relations internationales, si l’on en croit la lettre électronique Maghreb Confidentiel. Mais, selon Lefigaro.fr (3), il fait déjà partie du staff de la fille de Jean-Marie Le Pen, la conseillant depuis quatre ans, mais discrètement (son nom ne figure pas dans la liste de ses conseillers politiques disponible sur le site du parti).
Ancien enseignant en géopolitique au Collège inter-armées, Aymeric Chauprade est aussi conseiller de Mohamed VI pour le Sahel, selon Maghreb Confidentiel, et « expert du Royaume du Maroc pour le Sahara occidental », comme il l’explique lui-même. (4)

C’est à ce titre qu’il vient d’intervenir le 8 octobre dernier devant la 4ème commission des Nations-Unies qui se réunit pour aborder notamment les questions de décolonisation.
Le 9 octobre 2012, cet intellectuel français faisait déjà partie des « pétitionnaires » autorisés à prendre la parole dans l’hémicycle du siège de l’ONU à New-York. Le compte-rendu des interventions précise qu’il faisait bien partie de la délégation marocaine. (5) Ces propos rapportés alors sont les mêmes que ceux prononcés en octobre 2013 :
Aymeric Chauprade « a estimé que la question du Polisario ne peut être séparée de la question touarègue et du fondamentalisme« . « Ceux qui regardent le Sahara occidental avec les vielles lunettes du passé et de la guerre froide doivent revoir leur position« , a-t-il conclu en 2012.

« La dérive mafieuse et fondamentaliste » du Polisario…
Engagé comme « chef de file incontesté d’une nouvelle école réaliste de géopolitique française« , celui qui dirige encore la chaire de géopolitique au Collège des Forces armées royales de Rabat depuis 2003 (6) considère que « la nouvelle ligne de fracture sépare bien ceux qui souhaitent conjuguer souveraineté des États et autonomies, les mêmes défendant un islam modéré et enrichi des traditions locales, et ceux qui, a contrario, veulent purement et simplement détruire l’État-nation au profit d’un projet religieux extrémiste« . (7)
Une fois décrit ce nouveau paysage géopolitique binaire, le conseiller occulte s’interroge faussement pour asséner un élément de la propagande marocaine :
« Chacun sait que les populations sahraouies sont travaillées par ces mêmes forces fondamentalistes comme l’ont été les populations touarègues, fait qu’en 2005 déjà le chef du Polisario reconnaissait lui-même dans les colonnes d’un journal algérien. Par quel miracle le Polisario aurait-il échappé à la dérive mafieuse et fondamentaliste que connaissent toutes les populations nomades du Sahara depuis plus de 10 ans ? »
On pourra remarquer l’usage d’expressions peu scientifiques et qui ont pour but de poser des évidences. « Chacun sait… », « Par quel miracle… », peuvent surprendre dans la bouche d’un spécialiste de géopolitique, fréquemment sollicité par les médias, comme France Culture début novembre (mais sur la Chine) ou, plus souvent, sur Radio Courtoisie, antenne faisant la part belle aux penseurs et activistes de la droite extrême, sur laquelle il est invité régulièrement (8).
Quelle influence a ce dernier sur la position intransigeante de Mohamed VI sur le Sahara occidental ? Est-elle à l’origine du « durcissement » actuel du Roi vis-à-vis des Etats-Unis et de l’Algérie, comme l’article diffusé sur Demain Online le 8 novembre 2013 le laisse entendre (9) ? Une chose est sûre : derrière le paravent de l’intellectuel sommeille un idéologue qui présente ses idées comme des vérités objectives. Exemple, tiré de son intervention devant la 4ème Commission en octobre dernier : « Les populations sahraouies du Sud du Maroc ont le droit à un avenir stable et au développement. Elles ont compris, dans leur très large majorité, que le Maroc pouvait offrir cet avenir ».

Expert en conseil international
Son approche actuelle de la géopolitique, présentée sur le blog realpolitik.tv qu’il a créé (sous-titré « la géopolitique sur le net »), ressemble à un combat pour faire exister et reconnaître une pensée (la sienne, on l’aura compris). Comme il semble l’avouer lui-même, il préfère dorénavant rester en distance du monde de la recherche et de l’université pour se consacrer aux « affaires du monde ». Aymeric Chauprade le dit dans une interview accordée le 30 septembre 2013 : son activité principale consiste plus à conseiller qu’à enseigner. Le « conseil international » à un pays des Caraïbes, au Royaume du Maroc pour le Sahara occidental, à des banques privées suisses et du Moyen-Orient, ou encore à la Russie, un pays dont il s’est « fortement rapproché », selon ses propres termes. Une manière de faire fructifier son image d’intellectuel brillant, de spécialiste militaire. Un moyen également d’exploiter concrètement son « oeuvre » basée sur la question identitaire des Européens. « Très tôt, dans ses ouvrages, il pose le problème des fortes colonies de peuplement originaires d’Afrique et d’Asie qui s’installent en Europe occidentale tandis que vieillissent les populations de souche européenne », peut-on lire sur la biographie publiée sur son propre site. (6)
Peut-être plus simplement, il s’est agi de trouver de nouveaux terrains d’investissement, sans doute plus lucratif que le travail universitaire, après l’épisode survenu en janvier 2009 avec la publication de son livre intitulé : « Chronique du choc des civilisations ». « L’alliance objective entre l’Amérique et l’islam radical y apparaît clairement et le premier chapitre sur le 11 septembre suggère une remise en question du dogme officiel », lit-on sur sa page de présentation (6). Sa position lui a valu d’être mis au ban du monde universitaire et de la recherche, le Ministre de la Défense de l’époque, Hervé Morin, mettant fin à ses enseignements dans plusieurs écoles militaires et lui retirant sa chaire de géopolitique à l’école inter-armées de défense. Sur cet événement, Aymeric Chauprade n’hésite pas à parler d’ « épuration » sur son blog. (6) Un journaliste de l’hebdomadaire Le Point, Jean Guisnel, avait, le 4 février 2009, pointé « une perception pour le moins curieuse des attentats du 11-septembre ». (10) Aymeric Chauprade avait attaqué le magazine en justice, mais le tribunal n’a pas donné raison à ses arguments. (11) Le 18 novembre dernier, sur Europe 1, il a à nouveau remis en cause la version officielle des attentats survenus le 11 septembre 2001. (12)

A la tribune de l’université d’été du FN
L’intellectuel a sauté une étape importante en s’affichant au grand jour au sein de la famille frontiste en participant à l’université d’été du Front National les 14 et 15 septembre dernier. (13)
En prononçant un discours très offensif, contre les « conformistes », « l’oligarchie mondialisée », « le projet européiste », « le projet mondialiste américain », en faisant même de « Jean-Marie Le Pen (…) l’espoir du redressement français » et de Poutine, l’artisan du redressement de la Russie « de manière spectaculaire », Aymeric Chauprade épouse les thèses (et les refrains) frontistes. Pour lui, le redressement, tel qu’il le définit, d’un pays cautionne a priori des mesures anti-démocratiques et autoritaires. « L’immigration massive est le problème majeur de la France et des Européens de l’ouest qui vont disparaître dans une logique de repeuplement », a-t-il expliqué sur Agoravox. Au cours de son discours devant le parterre des militants frontistes, il a appelé au « départ » de ceux qui « ne respectent pas notre civilisation ». Un « monde multipolaire », tel qu’il le réclame, ce qui signifie : à chacun son identité chez soi.
En annonçant déjà être en train de constituer un groupe avec d’autres partis d’extrême-droite européens, le Maroc pourra en tout cas, s’il est élu bien sûr, compter sur sa voix pour défendre les intérêts du royaume au Parlement européen. Le pouvoir chérifien acceptera-t-il ce soutien extrême ?

(1)www.valeursactuelles.com/politique/exclusif.-%E2%80%9Ccoming-out%E2%80%9D-d%E2%80%99aymeric-chauprade-au-fn20130913.html
(2)www.africaintelligence.fr/MC-/diplomatie/2013/11/07/aymeric-chauprade,107993435-BRC
(3)www.lefigaro.fr/politique/2013/11/08/01002-20131108ARTFIG00350-aymeric-chauprade-un-conseiller-international-controverse.php
(4)www.agoravox.tv/actualites/international/article/geopolitique-entretien-avec-40962 (2 mn 40)
(5)http://www.un.org/News/fr-press/docs/2012/CPSD505.doc.htm
(6)www.realpolitik.tv/aymeric-chauprade/
(7)//blog.realpolitik.tv/2013/10/discours-daymeric-chauprade-a-la-tribune-des-nations-unies/#more-355 / http://www.un.org/News/fr-press/docs/2013/CPSD529.doc.htm
(8)Il y participe encore le 6 novembre 2013 : http://www.dailymotion.com/video/x173nnk_aymeric-chauprade-sur-radio-courtoisie-06-11-2013_news (émission de Paul-Marie Coûteaux, qui fût proche de de Villiers, comme Aymeric Chauprade)
(9)www.demainonline.com/2013/11/08/aymeric-chauprade-le-facho-qui-conseille-mohamed-vi-au-sahara/
(10)www.lepoint.fr/actualites-monde/2009-02-04/chauprade-l-homme-qui-forme-les-officiers-et-deforme-l-histoire/1648/0/313659
(11)www.lepoint.fr/editos-du-point/jean-guisnel/le-tribunal-administratif-avalise-le-renvoi-d-aymeric-chauprade-des-ecoles-de-la-defense-07-07-2011-1350338_53.php
(12)http://lelab.europe1.fr/t/aymeric-chauprade-tete-de-liste-fn-aux-europeennes-revient-sur-les-choses-douteuses-dans-la-version-officielle-des-attentats-du-11-septembre-11918
(13)http://www.frontnational.com/videos/udtfn-conference-daymeric-chauprade-la-france-face-aux-defis-geopolitiques-mondiaux/

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Une Réponse à « Monsieur Sahara occidental » de Mohamed VI : un Français, candidat du Front National

Decaster Michèle le 23 novembre 2013 à 16 h 36 min
« Qui se ressemble s’assemble ». Le choix du Roi n’est pas étrange, il est logique qu’il choisisse un homme de compétence pour développer sa politique coloniale. Racisme et colonisation ont toujours marché de pair et permis l’exclusion, la prédation, les atteintes graves aux droits de l’Homme et le non respect du droit international.
Cet état de fait devrait faire s’interroger les gens de gauche qui soutiennent le refus du Maroc d’admettre qu’un référendum digne de ce nom ne peut comporter une seule réponse ; que le « droit des peuples à disposer de leur avenir » implique nécessairement qu’il y ait choix entre deux options.

samedi 9 novembre 2013

Aymeric Chauprade, le « facho » qui conseille Mohamed VI au Sahara


 Aymeric Chauprade (Photo DR)
Aymeric Chauprade (Photo DR)
Depuis quelques temps, les harangues de Mohamed VI contre l’Algérie (qui le lui rend tout autant), le département d’Etat américain, les ONG des droits de l’Homme etc., ont montré une étonnante inflexion autoritariste de la diplomatie marocaine sur la question du Sahara occidental.
Beaucoup s’interrogent aussi sur le dernier discours offensif du roi sur cette question dans lequel il s’est attaqué à une partie de l’administration américaine, mais sans la nommer explicitement – on sait toute l’inimitié de Momo le sixième à l’égard de John Kerry le placide depuis que ce dernier a pris la place de sa copine Hillary Clinton, mais tout de même !
Décomplexées, les forces de l’ordre marocaines n’hésitent plus d’ailleurs à casser du sahraoui comme au bon vieux temps de Driss Basri sans se soucier des rapports sur les droits de l’homme de Juan Mendez ou de la Fondation Kennedy. Et quand l’Amérique impériale critique les agissements du roi, Rabat annule les opérations militaires conjointes (African Lion) avec Washington par mesure de rétorsion. Touche pas mes dudunes du Sahara !

Un « expert » à la solde de Mohamed VI et de …  Marine Le Pen
Qui est donc à l’origine de ce durcissement ? Taïeb Fassi-Fihri, planqué au Cabinet royal ? Salaheddine Mezouar qui vient d’atterrir aux Affaires étrangères ? Personne n’y croit évidemment. Ils ne sont là que pour la galerie évidemment.
C’est un homme méconnu du grand public qui murmure depuis quelques temps à l’oreille de celui qui se rêve en petit Poutine du Maghreb : l’universitaire français Aymeric Chauprade que le roi a bombardé « conseiller pour le Sahel » si l’on en croit la très informée lettre Maghreb Confidentiel, qui nous apprend par ailleurs, ô surprise !, que le même Chauprade sera nommé avant la fin du mois spécialiste des questions internationales du Front national par sa présidente Marine Le Pen. 
Le Front national vous connaissez ? Euh… oui. C’est le parti français d’extrême droite qui n’aime ni les Arabes, ni les Noirs (ses militants les appellent des « singes », des « guenons » et autres amabilités du genre), ni les Juifs. Le FN, c’est le parti qui a défendu le « démocrate » Saddam Hussein, à l’époque de Papa Borgne Jean-Marie, et qui défend aujourd’hui la Syrie du sanguinaire Bachar El Assad.
Donc, lors de la dernière université d’été du Front National en septembre dernier, Chauprade déclarait tout son amour à Jean-Marie Le Pen :
« Je tiens à dire devant vous, ici, que je ne serais pas ce que je suis, c’est-à-dire un résistant, si durant tant d’années, bataillant au cœur du Système, je n’avais regardé Jean-Marie Le Pen comme l’espoir du redressement français ».
Et d’ajouter à l’endroit de son héritière, Marine :
« Nous avons d’abord un chef, Marine, qui a démontré des qualités de caractère et de conviction, que personne ne possède dans l’offre politique concurrente, nous avons une dynamique forte qui fera sans doute du Front national bientôt le premier parti de France, nous avons des Français qui sont en train de se réveiller, agressés dans leur identité, agressés dans leurs valeurs familiales, agressés dans leur situation économique et sociale ».
Savoir que Mohamed VI a pris comme conseiller, au Maroc, un type qui fricote en France avec le parti qui veut jeter les bougnoules marocains, dont beaucoup sont les poules aux œufs d’or du Makhzen avec les milliards qu’ils envoient chaque année au bled, ça a du piquant… Comme cet argent finance le régime, on peut dire que ce sont les bougnoules marocains en France contribuent quelque part à payer le salaire marocain de l’ami Chauprade.

Viré en France, accueilli à bras ouverts au Maroc
Mais qui est donc Chauprade ? C’est un géopoliticien qui ne cache pas ses convictions, très proches de l’extrême droite européenne ou de sites de propagande néo-fasciste comme Fdesouche.com, le « blog (…) consacrée à des thèmes de prédilection comme l’immigration ou le racisme anti-blancs »). Directeur de campagne du souverainiste Philippe de Villiers aux européennes de 2004, en charge de la Revue française de géopolitique laquelle combat l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, il a planché en juillet 2007, parmi d’autres intervenants aux idées affirmées, lors des Universités d’été du mouvement Renaissance catholique sur le thème : « Le nationalisme est-il un péché ? ». Un nationalisme exacerbé digne des milices royalistes de Momo en réalité.
« Chroniqueur expert » au Figaro – un journal connu pour son droitisme légendaire et pour son adoration du Makhzen et dont le propriétaire, Serge Dassault est visé par une enquête de la justice française pour « tentative d’assassinat »-, il est aussi l’auteur prolifique de livres qu’il fait acheter à des centaines d’exemplaires par nombre d’écoles militaires où il dispense ses cours, dont au Maroc, le Collège royal d’enseignement militaire supérieur de Kénitra (CREMS).
Et pour ne rien gâcher, il est également prof à l’Université Paris-Descartes où pullulent les Makhzéniens de France et directeur de collections chez Ellipses, l’éditeur entre autres de Charles Saint-Prot, le perroquet français du roi.
Son dernier gros pavé sur le thème du choc des civilisations cher à l’Américain Samuel Huntington a provoqué quelques ricanements et lui a causé de nombreux soucis en France. Les thèses conspirationnistes qu’il y expose sur le 11-septembre lui ont valu son renvoi de la chaire de géopolitique qu’il occupait au CID ( Collège interarmées de défense, anciennement École de guerre). « Ce qui pose problème sous la plume de cet enseignant qu’on penserait enclin à une certaine rigueur, c’est qu’il conforte de son autorité « scientifique » ces théories complotistes qu’il ne conteste pas, avec lesquelles il ne prend pas de distance » disait de lui Jean Guisnel, le spécialiste des affaires militaires au Point. Un homme défendra pourtant sa cause : Jean-Marie Le Pen.
Proche de Bernard Lugan, un autre extrémiste de droite défenseur tout azimut du Makhzen, et collaborateur de Radio Courtoisie, la radio de l’extrême droite française, Aymaric Chauprade continue pourtant d’encadrer les futurs officiers marocains ou d’avoir tribune ouverte dans les colonnes de L’Economiste, le quotidien du Makhzen économique.

L’inventeur de la thèse « islamo-polisarienne »
Depuis des années, Chauprade est un des lobbyistes attitrés du Maroc à l’ONU. Le discours qu’il a prononcé le 8 octobre dernier devant la 4ème commission des Nations unies sur l’affaire du Sahara occidental a fortement inspiré celui qu’a prononcé le roi à l’occasion de l’anniversaire de la Marche verte.
Il y qualifie le Maroc d’ «Etat moderne, respecté, écouté, et stabilisateur pour l’Afrique » tressant des lauriers à la proposition marocaine d’autonomie dont « le fondamentalisme la combat avec une cruauté sans limites ». Une proposition souverainiste qu’il ne déroule pas d’ailleurs puisque personne, ni ses concepteurs, ni lui-même ne l’ont jamais détaillée …
L’universitaire-lobbyiste affirmait déjà en 2006 lors d’une conférence à Rabat sous le thème « Le Maroc est souverain dans son Sahara et le Polisario doit disparaître » que le Maroc « ne doit pas se faire d’illusion sur une quelconque alliance stratégique préférentielle avec les Américains car ces derniers se sont volontairement laissés éloignés de tout règlement du conflit au Sahara marocain par les gros intérêts algériens sonnants et trébuchants ». Même la MAP, notre Pravda locale, ne va pas aussi loin dans ses diatribes…
Pour lui, le danger viendra du «pourrissement intégriste du Polisario que l’Algérie s’efforcera toujours de contenir tant que le couloir atlantique par la république fantoche ne lui sera pas concédé ».

Les bougnoules dehors ! Vive les colonies !
Sur l’immigration maghrébine en France, il a une solution radicale : « Le départ de tous ceux qui ne veulent pas adhérer à notre civilisation produit de plus de 1500 ans d’histoire, dont nous sommes fiers et dont nous rendrons à nouveau fiers les petits Français ! ». Ce qui ne l’empêche pas par ailleurs de défendre la thèse colonialiste : « Quand on pense que cette année 2013 nos politiques ont failli laisser s’échapper de notre souveraineté, l’île de Tromelin, dans l’océan Indien, cet îlot qui avec son kilomètre carré de surface battue par les vents nous offre un domaine maritime de 285 000 km2, la moitié du territoire de la métropole, et bien sûr toutes les ressources halieutiques, les ressources en poisson qui vont avec ! ».
Anti-libéral primaire, nostalgique de la royauté en France, défenseur des autocraties arabes, voilà ce que pense Chauprade de la démocratie dans le monde arabe et de la chute de Mouaâmar Kadhafi, de Hosni Moubarak et de Zine El Abidine Ben Ali :
« C’est le développement qui fonde la démocratie et non l’inverse. Laissons les pays se développer souverainement, avec leur modèle et à leur rythme et mener leurs propres réformes politiques, au lieu de vouloir décréter partout la démocratie, ce qui détruit les équilibres fragiles et fait régresser les sociétés ! Ces régimes avaient besoin de temps pour faire évoluer les sociétés musulmanes, d’autant plus de temps, que l’islam est par essence politique et que lui appliquer un schéma de laïcité revient mécaniquement à entrer en conflit avec lui ».
On comprend mieux pourquoi il fait de Mohamed VI son héros et que ce dernier l’écoute religieusement. Mais, parbleu!, n’est-on au « royaume des mille contrastes » ?
Au fait, qui conseille M6 quand il recrute ses conseillers ?