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jeudi 9 juillet 2015

André Chassaigne : "Le courage et la dignité du peuple grec face au chantage et à l’injustice est un message de résistance et d’espoir pour toute l’Europe."

 André Chassaigne : "Le courage et la dignité du peuple grec face au chantage et à l’injustice est un message de résistance et d’espoir pour toute l’Europe."

Mercredi, 8 Juillet, 2015
Humanite.fr

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Photo Patrick Kovarik/AFP
 
Débat sur la Grèce à l'Assemblée nationale. Intervention André Chassaigne mercredi 8 juillet 2015.
 
Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,
Chers collègues,
 
Nous vivons un moment historique : la politique et la démocratie sont de retour en Europe !
Le courage et la dignité du peuple grec face au chantage et à l’injustice est un message de résistance et d’espoir pour toute l’Europe.
Les Grecs ont dit « Non » aux diktats de la Troïka, « Non » à l’Europe de l’austérité aveugle, générale et absolue, « Non » à l’Europe des financiers, principaux responsables de la crise qui frappe l’Europe des peuples.
La Grèce a dit « Non » aux humiliations. Elle a refusé de courber l’échine et relevé la tête.
Le peuple grec a signifié, en notre nom, qu’il est insupportable de voir M. Juncker, organisateur de la fraude et l’évasion fiscales lorsqu’il était premier ministre au Luxembourg, jouer les pères-la-vertu. 
Qu’il est insupportable de voir M. Draghi et la BCE se montrer inflexibles, alors même que l’actuel président de la BCE était responsable de Goldman Sachs en 2006 et a contribué à falsifier les comptes de l’État grec pour favoriser son entrée dans l’euro. 
Qu’il est encore plus insupportable de voir Mme Lagarde aussi intransigeante pour 1,6 milliard d’euros dus au FMI, alors qu’elle était si conciliante avec Bernard Tapie quand elle était ministre de M. Sarkozy.
Le dogmatisme n’est pas du côté de Tsipras, comme certains voudraient le faire croire. Il est de celui d’une Troïka autiste qui impose un cadre austéritaire et rigoriste, sans possibilité de négociation. 
A l’inverse, le gouvernement grec ne cesse de chercher la voie du dialogue et du compromis. 
 
Alexis Tspiras n’est ni radical, ni irresponsable.
Il n’est pas pour le statu quo. 
Son programme prévoit des réformes fiscales et économiques d’importance.

lundi 6 juillet 2015

Grèce. Yanis Varoufakis s'explique: "Je porterai le dégoût des créanciers avec fierté"


Fabrice Savel avec AFP, Humanite.fr, 6/7/2015

Photo : Reuters
Photo Yanis Varoufakis : Reuters
Le ministre des Finances Yanis Varoufakis a annoncé ce matin sa démission du gouvernement, au lendemain de la victoire du "Non". Lire la traduction de sa déclaration.
Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a annoncé lundi sa démission au lendemain de la victoire du non au référendum sur les propositions des créanciers d'Athènes. "Peu de temps après l'annonce des résultats du référendum, on m'a informé d'une certaine préférence de certains membres de l'Eurogroupe, et de "partenaires" associés, (...) pour mon "absence" des réunions; une idée que le Premier ministre a jugé potentiellement utile à l'obtention d'un accord. Pour cette raison je quitte le ministère des Finances aujourd'hui", explique Yanis Varoufakis sur son blog. Selon lui, "la valeur" du résultat du référendum, qui a vu le non l'emporter à 61,31%, est "importante", "comme (celle de) tous les combats pour les droits démocratiques". "La grande légitimité apportée à notre gouvernement" doit être "investie immédiatement dans un OUI à une solution adéquate", a-t-il ajouté, appelant à un accord comprenant "une restructuration de la dette, moins d'austérité, une redistribution en faveur des plus démunis, et de vraies réformes".
Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, démissionne. Il s'en explique :
"Le référendum du 5 Juillet restera dans l'histoire comme un moment unique où une petite nation européenne s'est levée contre la servitude de la dette.
Comme toutes les luttes pour les droits démocratiques, le rejet historique de l'ultimatum posé le 25 juin ultimatum à la Grèce par l'Eurogroupe n'est pas sans coût. Il est donc essentiel que la grande confiance accordé à notre gouvernement par le splendide vote NON soit investi immédiatement d'un OUI à une résolution appropriée - à un accord qui implique une restructuration de la dette, moins d'austérité, la redistribution en faveur des plus modestes, et de réelle réformes.
Peu après l'annonce des résultats du référendum, j'ai été mis au courant d'une certaine préférence de certains participants à l'Eurogroupe, et de «partenaires» pour... mon «absence» de ses réunions; une idée que le Premier ministre a jugé potentiellement utile pour parvenir à un accord. Pour cette raison, je quitte le ministère des Finances aujourd'hui.
Je considère qu'il est de mon devoir d'aider Alexis Tsipras à exploiter, comme il l'entend, la capitale que le peuple grec nous a accordé par référendum d'hier.
Et je porterai le dégoût que j'ai inspiré aux créanciers avec fierté.
Nous, à gauche, savons comment agir collectivement, sans attachement aux privilèges de la charge. Je vais soutenir pleinement le Premier ministre Tsipras, le nouveau ministre des Finances, et notre gouvernement.
L'effort surhumain pour faire honneur au brave peuple de Grèce, et le célèbre OXI (NO) entendu par les démocrates du monde entier, ne fait que commencer."
Yanis Varoufakis

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dimanche 25 janvier 2015

Grèce Syriza largement en tête vers une victoire historique


Humanite.fr, 25/1/2015


PHOTO LOUISA GOULIAMAKI / AFP
Syriza obtient entre 35,5% et 39,5% des suffrages et entre 146 et 158 sièges au Parlement, la majorité absolue étant de 151 sièges.
Syriza arrive largement en tête des élections législatives avec entre 35,5% et 39,55% des suffrages, selon les sondages sortis des urnes. En deuxième position la Nouvelle démocratie, auquel appartient le Premier ministre conservateur Antonis Samaras, est crédité de 23 à 27%. La troisième place se joue entre le parti d'extrême droite "Aube dorée" et les centristes de to potami. La majorité absolue est à sa portée, Syriza aurait entre 146 et 158 sièges au Parlement, la majorité absolue étant de 151 sièges.
Derrière, les néo-nazis d'Aube Dorée arriveraient en troisième position à 6,4 % - 8 %, à égalité avec les centristes du parti To Potami (la rivière). Viennent ensuite, le parti communiste (KKE) avec un score compris entre 4,7 % et 5,7 %, les sociaux-démocrates du Pasok auraient entre 4,2 % et 5,2 % et les Eurosceptiques de droite de l'ANEL (Grecs Indépendants) à 3,5 %-4,5 %. La parti de l'ancien premier ministre George Papandréou, Kinima, pourrait obtenir plus des 3 % nécessaires à l'entrée à la Vouli : son score est estimé entre 2,2 % et 3,2 %.
En termes de sièges, Syriza pourrait obtenir entre 146 et 158 sièges. Il en faut 151 pour obtenir la majorité absolue. Nouvelle Démocratie obtiendrait de 65 à 75 sièges, Aube Dorée et To Potami, entre 17 et 22 sièges chacuns. Le KKE aurait entre 13 et 16 députés, le Pasok entre 12 et 15, ANEL entre 10 et 13, Kinima entre 0 et 8...
"Cela semble être une victoire historique" et c'est "un message qui n'affecte pas seulement les Grecs mais qui résonne dans toute l'Europe et apporte un soulagement", "elle envoie un message contre l'austérité et en faveur de la dignité et de la démocratie."a déclaré à la télévision Mega Panos Skourletis, le porte-parole de Syriza. La victoire a été saluée par une explosion de joie au kiosque de Syriza, en plein centre d'Athènes.
Si les sondages se confirment, Alexis Tsipras, 40 ans, deviendra le plus jeune Premier ministre du pays depuis 150 ans.
L'incertitude demeure sur le nombre d'élus que rassemblera la formation d'Alexis Tsipras et donc sur la possibilité pour Syriza de gouverner seul ou d'être contraint à des négociations pour conduire une coalition avec un ou plusieurs petits partis comme To Potami (centre), les socialistes du Pasok ou encore les Indépendants grecs (anti-austérité).
Quelque 9,8 millions d'électeurs étaient appelés à voter pour élire 300 députés. Le parti Syriza du député européen Alexis Tsipras, 40 ans, qui prône la fin de l'austérité, était le grand favori du scrutin.
Alexis Tsipras souhaite relever le salaire minimum pour les Grecs, abolir certaines taxes pour les plus pauvres, obtenir des créanciers du pays qu'ils réduisent la dette de la Grèce… Tout en respectant les institutions européennes proprement dites, et en n'ayant aucune intention de faire sortir le pays de la zone euro, Alexis Tsipras a également fait comprendre qu'il ne se considérerait pas tenu par les exigences de la "troïka" des créanciers (FMI, UE et BCE).